‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 179 sur 287 · Leroy, Lettres 'philosophiques, etc., p · texte numérisé non relu

Leroy, Lettres 'philosophiques, etc., p

carnassiers, l'ours, le renard, le chien, sont encore omnivores, mais à un moindre degré que les premiers. Le porc et le sanglier \ivent déracines, de glands, de \ers, d'insectes et de reptiles ; ils s'habituent très bien au régime animal. Les rats etles souris, qui dévastent nos maisons, rongent tout ce qui se trouve à leur portée, s'engraissent aussi bien du produit denos récoltes, etmêrae des céréales en herbes, que des cadavres jetés aux voiries et des immondices des égouts. Le canard, qui met tant de constance à tamiser la vase surle boi'd d'une mare ou d'un ruisseau, se contente très bien des racines écrasées ou des pâtes qu'on lui distribue dans la basse-cour. Et, parmi les mammifères qui paraissent si parfaitement organisés pour un régime animal, ne voit-on pas le renard, quand il manque de gibier, se repaître de fruits, de raisins, de miel ; l'ours se contenter souvent d'aliments semblables et de racines ; la fouine et le putois grimper sur les arbres, notamment sur les cerisiers, pour en manger les fruits; la loutre ronger les racines des arbres lorsqu'elle ne trouve plus de poisson ; enfin, le chien ne peut-il pas vivre, même exclusivement, de substances végétales ?

Un très grand nombre d'animaux, appartenant aux trois catégories établies d'aprèsle mode d'alimentation , ont un goût très prononcé pour certaines substances minérales, notamment pour le sel marin. Les herbivores sont surtout remarquables par l'avidité avec laquelle ils recherchent les matières salées: la remarque en a été faite dès la plus haute antiquité, car Aristote dit déjà que le sel est très salutaire aux brebis, et qu'il contiibue à leur engraissement. Les troupeaux debêles bovines dépérissent dans certaines parties de l'Amérique où les fourrages et les eaux ne sont pas suffisamment salés, k moins qu'on ne mette du sel à la disposition des animaux. Le bétail des steppes distingue très bien, d'après M. Boussingault\ les sources qui contiennent une petite quantité de sulfate de soude ou de sel marin. Les chameaux kalmoucks ont aussi un goût très prononcé pour le sel, etPallas dit qu'ils s'engraissent d'autant mieux dans les steppes, qu'ils prennent plus de ce condiment. Chacun sait avec quelle avidité nos herbivores lèchent les murs salpêtres et toutes les substances salées. Divers animaux, poussés sans doute par un besoin analogue, mangent quelquefois de la terre. Pline avait fait cette observation pour le loup. Buffon a vu des porcs manger del'argile; tous les jours on voit des bœufs arrêtés au boutd'un sillon lécher la terre el en avaler des quantités appréciables. Aussi n'est-il pas rare de trouver des graviers dans le réseau de ces ruminants comme dans le caecum et le côlon du cheval, graviersqui viennent souvent aussi delaterre adhérenteaux fourrages ou aux racinesdonl se nourrissent nos grands herbivores. Les oiseaux granivores, et même beaucoup d'autres à régime mixte, ont l'habitude d'avaler des cailloux, le plussouvent siliceux, etcela autant pour favoriser la trituration des aliments que pour subvenir aux besoins de la nutrition. Il yen a constamment dans le gésier de nos gallinacés, et Burdach dit même que les femelles des oiseaux de cet ordre en portent à leurs petits encore dans le nid, caril croit qu'elles font des nids. J'en ai trouvé dans le gésier déjeunes moineaux qui n'avaient point encore de plumes, et qui, par conséquent, n'avaientreçu jusqu'alors, d'autre nourritureqno celle apportée par leurmère. Le

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