‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 180 sur 287 · Boussingault, ouvr. rAlé, t. 11^ p · texte numérisé non relu

Boussingault, ouvr. rAlé, t. 11^ p

canard et le cygne en avalent également ; on trouvemême legésier de ce dernier si exclusivement rempli de graviers, que Borelli- avait presque pensé que le cygne se nourrissait de sable. L'autruche avale des cailloux très gros, des clous, des morceaux de fer, et, en cela, elle n'agit point par stupidiié, ainsi qu'on l'adit autrefois, mais elle cède à un inslinctpairaiteinent approprié aux besoins de l'économie.

Le régime qui paraît le mieux en iiarmonie avec la forme des dents et la disposition del'appareildigestif, doit se modiliersile service exigédes animaux les force â prendre un supplément considérable de nourriture. C'est ce qui arrive, notamment au cheval. Ce solipède, dans les conditions de nature, n'est ni granivore, ni frugivore ; à l'état sauvage ou en liberté, il ne cherche autre chose que l'herbe, mais une fois qu'il est au service de l'homme il abesoindeprendreun supplément de nourriture, sous forme de grains; il ne peut l'aire un tour d'hi[»podr()me, un voyage d'une certaine durée, un travail pénible quelconque, s'il a l'estomac bourré de fourrage. La raison en est simple : le fourrage exige une longue mastication ; cet aliment remplit en vingt-quatre heurescinq fois et demie l'estomac. Si l'animal doit prendre un supjjlément équivalent à la moitié de la ration normale, il mange, pendant un temps trop long, de quoi remplir sept à huit fois sa cavité gastrique : il manque de temps pour se reposer, se remplit outre mesure l'appareil digestif: devient mou et lent. Mais, s'il reçoit le sup[»lément en avoine, la durée de ses repas est réduite des deux tiers ou des trois quarts ; il y a économie de salive, l'estomac se remplit beaucoup moins, la digestion aie temps de se faire, la respiration est libre, le chyle est riche en graisse, en matières albuminoïdes, comme celui des carnassiers. Cet animal herbivore, dans le plan primitif de la nature, devient forcément et en grande partie granivore dès qu'il est soumis à un travail un peu pénible ; l'avoine doit alors entrer pour une grandepart dans sa ration. C'est un aliment riche en matière nutritive, léger, d'une digestion facile ; elle est pour lui l'aliment par excellence quicontientla viande, le pain, lagraissect les sels dans les plus heureuses proportions. La grande quantité de matière azotée qui s'y trouve la rend éminemment propre à développer le système musculaire des jeunes animaux, et à réparer les pertes que la contraction détermine d'une manière incessante chez les animaux de travail. Elle ace qu'il faut pour bien nourrir sans trop engraisser, pour exciter sans échauffer. C'est parelleque le cheval arrive àla perfection des formes ; c'est d'elle qu'il lire la plus grande somme possible de forces et d'ardeur; c'est à elle enlin qu'il emitrunte le fonds, la vitesse et la durée des services.

Quoique le régime soit réglé par l'organisation et les instincts des animaux, il est souvent possible de le modifier et même de le changer complètement. 11 est très peu d'espèces dont le mode d'alimentation ne puisse être plus ou moins perverti par le fait des soins de l'homme et d'une longue habitude. Si l'on ne parvient pas ;"i habituer le lion et le tigre au régime végétal, on y arrive pour le chat domestique ; si Spallanzani n'a pu réussir à obliger un aigle, après des jeûnes de quatre à cinq jours, à manger du pain, d'autres ont obtenu ce résultat. Le taureau, qui manifeste tant d'horreur pour la chair, linit par en manger lorsqu'elle est culte. On

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