‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 182 sur 287 · I. — De la faim · texte numérisé non relu

I. — De la faim

La faim est la sensation qui sollicite l'animal à prendre des matières alimentaires. Destinée à régler la mesure suivant laquelle ces matières doivent être ingérées, à commander des rapports d'une impérieuse nécessité, elle est faible à son début, devient de plus en plus vive, finit par être très pénible et par revêtir tous les caractères d'un besoin irrésistible.

Ses époques d'apparition ou de retour sont variables suivant les espèces, le régime, l'âge, les habitudes des animaux, les saisons et une foule de circonstances particulières qui influencent l'activité des fonctions organiques.

Elles sont bien plus éloignées chez les animaux à sang froid que chez ceux à sang chaud, chez les carnassiers que chez les herbivores ; on les voit se renouveler fréquemment chez les solipèdes et les ruminants: aussi ces animaux mangent-ils presque constamment quand ils sont dans les pâturages, et au moins deux fois par jour lorsqu'ils sont entretenus dans les étables ; elles se rapprochent plus encore chez les animaux granivores, les passereaux, les gallinacés; mais elles se reproduisent à de rares intervalles chez les carnassiers, les oiseaux de proie, surtout chez les reptiles et les poissons.

Cette sensation est plus vive et plus fréquente chez les jeunes animaux que chez les adultes, à cause de l'activité de la nutrition et de l'accroissement dans les premiers âges de la vie. Chez les oiseaux au nid, qu'ils soient granivores ou insectivores, elle revient à des intervalles très rapprochés. J'ai vu des moineaux faire jusqu'à douze repas dans une journée, bien qu'à chacun d'eux ils reçussent de la mie de pain à satiété, au point d'en avoir l'estomac plein et l'œsophage bourré sur toute salongueur.De jeunes rossignols nourris d'insectes, de larves et devers en ont fait autant : ils ouvraient le bec à tout instant, même pendant la nuit, dès que quelque bruit se faisaitautourd'eux. Elle est plus vive aussi en hiver qu'en été chez la plupart des mammifères et des oiseaux, elle s'affaiblit dans les saisons froides chez les espèces qui s'engourdissent, comme le font les loirs, les marmottes, le hérisson, les ours, et elle s'éteint même alors complètement chez les reptiles dont l'engourdissementest portéàses dernières limites. Tout ce qui rend lanutrition plusaclive, la combustion pulmonaire plus rapide, toutes les causes qui agissent dans le sens d'un travail modéré, d'une alimentation peu substantielle, favorisent le retour de la faim et donnent à cette sensation une plus grande énergie. Elle devient presque insatiable après certaines maladies, à la suite de déperditions abondantes, de longues privations, et se montre en rapport avec le degré d'activité de l'estomac : faible ou nulle quand cet organe ne fonctionne pas régulièrement,

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