II. — Mouvements des macuoires
lis peuvent être au nombre de cinq : Vécnrlewenl,\e rapprochement , h prépttlsion, la rêlropublon et la dlduction. Les deux premiers appartiennent à tous les animaux, et sont les seuls qui se produisent chez les carnassiers ; les autres s'observent en |)lus, dans certaines limites, chez les omnivores et les herbivores.
1° ÉemHouioiit. — Il est produit par l'abaissement de la mâchoire inférieure, et en partie, peut-être, chez quelques animaux, par l'élévation de la mâchoire supérieure.
Dans ce mouvement, le condyle maxillaire tourne sur son axe d'arrièreen avant. Sa partie la plus postérieure qui, dans le rapprochement, tourbe, chez le cheval, àr;qiopliyse sus-condylienne, se porte en avant, et d'autant plus que l'abaissement devient lui-même plus considérable ; le sommet de l'apophyse coronoïde se projette antérieurement, s'abaisse et s'éloigne de la base de l'arcade zygomatique; enfin, la mâchoire inlerieure s'éloigne de la supérieure, en décrivant, par son extrémité libre, un arc de cercle plus ou moins étendu. Les deux mâchoires laissent alors entre elles un écartement triangulaire, d'une étendue variable, suivant les animaux. On sait que chez les carnassiers il est bien plus grand proportionnellement que chez les autres animaux, et cela devait être à cause du volume souvent considérable de leur i)roie ; il est, au contraire, assez faible chez les herbivores, si ce n'est lorsqu'ils bâillent ou qu'ils resitirent [)ar la bouche, comme cela se voit sur le bœuf, même sur le cheval après la section des nerfs pneumogastriques. Dans tous les cas, il ne peut guère y avoir chez ce dernier, entre les incisives supérieures et les inférieures, qu'un écartement de 8 à 10 centimètres.
Cet écartement des mâchoires résulte, pour les herbivores, du simple abaissement de la mâchoire intérieure ; il est produit, en partie, chez les carnivores, le chien notamment, par l'élévation du crâne et de la mâchoire supérieure sur l'encolure ; car, si l'on hxe le menton d'un chien à une tige immobile, on voit encore la bouche s'ouvrir presque aussi largement qu'auparavant parla seule élévation de la mâchoire supérieure.
L'abaissement de la mâchoire inférieure est effectué, chez tous lesanimaux,par le muscle digastrique, et, de plus, chez les solipèdes, par un muscle particulier, le stylo-maxillaire, (jui est, en réalité, une branche courte du premier. Ce muscle, qui porte toujours le nom de digaslricjue, bien qu'il n'ait souvent qu'un seul renflement charnu, comme chez le lièvre et le lapin, ou même point de tendon, comme chez le chien, est proportionnellement faible rel.ilivement au rôle qu'il doit remplir. Par suite de sa direction, qui est pi'es(|U(' parallèle à la ligne des molaires et à l'axe des branches du maxillaire, et par le fait de la situation postérieure dt
634 DE LA. DIGESTJON.
son point fixe, il semble devoir porter un peu en arrière la mâchoire à mesure qu'il l'abaisse. Cependant, l'examen du jeu de l'articulation temporo-maxillaire démontre clairement qu'il détermine une légère projection en avant du condylc et, par conséquent, un mouvement de prépulsion.
Le digastriqueagit sur un levier du troisième genre. Le bras delà puissance, qui est très long, place cemuscledansdes conditions tout à fait exceptionnelles, d'autant plus avantageuses que l'écartement des mâchoires est porté plus près de ses limites. On conçoit qu'une grande étendue de bras de levier était nécessaire à un muscle généralement très grêle, et ce bras de levier semble s'allonger à mesure que le muscle perd de son volume : en effet, celui-ci s'insère bien plus en avant chez le bœuf, le mouton et le cheval, où il est petit, que chez le chien, lechat,où il est proportionnellement plus fort.
Quelques autres muscles ont été aussi considérés comme contribuant à l'abaissement de la mâchoire inférieure. On a fait jouer ce r<Me chez l'homme au mylohyoïdien, au génio-hyoïdien et au ptérygoïdien externe; et on a dit, ù tort, que chez les animaux le sterno-maxillaire avait la même fonction.
Le poids de la mâchoire peut rendre l'abaissement plus facile chez les animaux qui ont la tête presque horizontale ou très oblique ; il est évidemment sans influence notable chez les autres.
Le digastrique est donc, en réalité, le seul muscle abaisseur de la mâchoire inférieure ; c'est l'unique antagoniste du crotaphite, dumasséteret des ptérygoïdiens réunis. Il n'agit évidemment que lorsque ces derniers sont dans le relâchement ; la contraction du plus petit d'entre eux suffirait à neutraliser la sienne.
2° Ra.pproclieineiit. — Lorsque la mâchoire inférieure, après avoir été abaissée, s'élève vers la supérieure, le condyle maxillaire tourne sur son axe d'avant en arrière ; le fond de l'échancrure corono-condylienne qui s'était éloigné du bord antérieur du condyle temporal s'en rapproche: le sommet de l'apophyse coronoïde remonte et se porte en arrière.
A l'abaissement delà mâchoire, un seul muscle suffit ; il en faut un grand nombre pour produire son élévation, car c'est tout à la fois le poids de la mâchoire et la résistance placée entre les dents que les muscles élévateurs doivent vaincre. Ces muscles pairs sont : le crotaphite, le masséler elles deux ptén/goïdiens : ils contribuent chacun, pour une part différente, à l'action commune.
Le crotaphite, qui est le muscle élévateur principal chez les carnassiers, où il surpasse, à lui seul, le volume de tous les congénères réunis, est inférieur au masséter chez les herbivores, notamment les solipèdes et les ruminants. Il remplit toute la fosse temporale, dont l'étendue est si considérable chez les premiers, et y vient rejoindre sur la ligne médiane celui du côté opposé, dont il demeure fort éloigné dans le bœuf, le porc, le lapin, etc. Né sur l'immense surface de la fosse et sur ses bords, il se continue, sans nulle démarcation en dedans de l'arcade zygomatiiiue, avec le rnasséler externe qui, en réalité, n'en est que la partie iniéiieure. Son insertion a lieu au sommel et sur les deux faces de l'éminence coronoïd(; jusque tout près de la dernière molaire dans plusieurs animaux, les solipèdes par exemple Par suite de cetie disposition, il agit bien plutôt sur un levier du troisième genre que sur un levier du premier, ainsi qu'on l'a dit