‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 196 sur 287 · MOUVEMENTS DES MACIK IRES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DES MACIK IRES

excellence. Cette obliquité, qui existe déjà chez les carnassiers, comme si elle devait y servir à quelque chose, est surtout très grande diins le bœuf et les rongeurs; elle permet au masséter de tirer en avant la mâchoire inlériture. en même temps qu'il l'élève vers la supérieure, et de déterminer, par conséquent, la prépulsion, quand le jeu du condyle n'est |»as mécaniquement limité en avant. Le ptérygoïdien externe, qui naît en dehors des apophyses ptérygoïdes, et qui se porte à la face interne du maxillaire tout près du condyle, dans un point postérieur à son origine, est aussi incontestablement un agent de prépulsion. On pourrait même considérer ce muscle comme un organe spécial de ce mouvement, bien qu'il serve aussi à l'élévation et à la diduction.

4° Réti*oi»ul»îon. — Après que la mâchoire inférieure a été portée horizontalement en avant, elle est ramenée en arrière : l'apophyse coronoïde se rapproche de la base de l'aicade, et le condyle vient heurter ce qu'on appelle, chez les solipèdes, l'éminence sus-condylienne. Ce mouvement, diamétralement opposé à celui de la prépulsion, en est une conséquence obligée; ils alternent nécessairement l'un avec l'autre, comme l'écartement alterne avec le rappi'ochement.

Il semble, à première vue, que le digastrique et le stylo-maxillaire soient les agents destinés à déterminer ce mouvement ; pourtant il n'en est rien, car la rétropulsion se produit lors du rapprochement des mâchoires, et ne peut, par conséquent, avoir lieu par l'action des organes chargés de l'écarlement : le seul muscle qui puisse y servir est le crotaphite; il est parfaitement disposé pour cet usage, en raison de son obliquité d'ensemble et de la situation postérieure de ses attaches immobiles, soit dans la fosse temporale, soit à la protubérance occipitale.

Les mouvements de prépulsion et de rétropuision qui, par leur exagération, caractérisent la mastication des rongeurs, sontassez étendus et faciles à constater chez les feolipèdes, surtout du côté opposéà celuisur lequel s'elTeclue le broiement des matières alimentaires. On voit parfaitement, lors de la mastication, le condyle du maxillaire glisser sous la (leau alternativetnent d'avant en arrière et d'arrière en avant. Au moyen d'un petit appareil extrêmement simple, on peut mesurer exactement l'étendue de ce déplacement et la com[)arer à celle du même mouvement dans les autres animaux. Cet appareil se compose d'un petit antde cercle gradué lixé par une petite tige aiguë sur l'arcade zygomatique, dans le point correspondant à l'articulation temporo-maxillaire, puis d'une aiguille recourbée à angle droit "sur elle-même et implantée sous le condyle. Lorsque la mâchoire se met en mouvement, l'aiguille se porte alternativement en avant et en arrière du point où elle se Irouvait placée dans l'état de repos : les degrés tracés sur le cercle donnent l'étendue métrique du dé|)lac('ment dans les deux sens.

o" Didiiei ion* — Le mouvement latéral ou de diduction plus on moins proprononcé chez tous les herbivores, caractérise essentiellement la mastication des ruminants, il n'a pas lieu chez les carnivores pour trois causes 1 l'enclavement du condyle maxillaire dans la cavité glénoïdedu temporal, la réception des molaires inférieures en dedans des supérieures et enlin l'entrecroisement des CanineSi

Son mécanisme n'est pas aussi simple qu'on [lourrail le croire. Lorsque la diduction a lieu, la mâchoire inférieure n'éprouve pas un déplacement latéral parallèle à son axe, c'est-à-dire égal à ses deux extréniités, mais bien une déviation

angulaire presque nulle en haut et très étendue au niveau des dents incisives. Yoici ce qui se passe lorsque la mâchoire se porte à droite. Le condyle maxillaire gauche décrit un arc de cercle qui a son centre représenté par le condyle droit, dont le déplacement est très peu étendu ; le premier se porte en avant, abandonne une partie de la surface du temporal: l'apophyse coronoïde gauche se projette en avant et en dedans, elle refoule fortement le coussinet adipeux de la fosse temporale : par suite de ce mouvpment, la salière gauche se creuse et se remplit alternativement, tandis que celle du côté opposé se creuse et se remplit beaucoup moins. D'autres changements se passent alors dans les parties antérieures des mâchoires; les axes des tables molaires cessent d'être parallèles; les molaires supérieures droites s'appliquent exactement sur les molaires inférieures du mèmecôlé, tandis que les gauches cessent de se correspondre ; enfin l'arcade incisive inférieure dépasse à droite d'un tiers et presque d'une moitié de sa largeur l'arcade supérieure ou le bourrelet qui remplace cette dernière chez les animaux ruminants. En un mot, dans ce mouvement circulaire, comme l'a appelé Ferrein, l'axe de la mâchoire inférieure croise celui de la supérieure, ce qui n'arriverait pas si la première éprouvait une déviation latérale également prononcée à son extrémité libre et à son extrémité articulaire.

Les mouvements latéraux ont ceci de remarquable qu'ils ne sont pas alternatifs, c'est-à-dire que la mâchoire inférieure ne se porte pas successivement à gauche, puis à droite de la supérieure, et ainsi de suite. Quand un cheval mange, si la mâchoire inférieure se porte à droite de la supérieure, elle revient dans sa position sans dépasser la dernière à gauche, puis se dévie à droite, et ainsi pendant un quart d'heure, une demi-heure, après quoi la direction change. 11 en est de de même chez le bœuf pour la première mastication et pour celle qui a lieu pendant la rumination; mais nous verrons, en traitant de cette fonction, que certains ruminants, tels que le chameau, font exception à cette règle.

Il importe de remarquer ici que ce mouvement latéral est plus prononcé ou plus étendu qu'il ne le paraît chez les solipèdes. Ce qui contribue à le rendre moins sensible chez ces derniers, ce sont les lèvres qui cachent, par leur longueur, les dents incisives, tandis que leur brièveté laisse voir plus distinctement le jeu des deux mâchoires dans les ruminants; mais quand on soulève la lèvre supérieure et qu'on abaisse la lèvre inférieure d'un cheval qui mange, on s'assure que l'arcade incisive dépasse, soit à droite, soit à gauche, l'arcade supérieure au moins du tiers de sa largeur, quelquefois même de la moitié. Le déplacement latéral est, je le répète, bien plus sensible chez les ruminants, mais il n'est pas beaucou[» plus étendu que chez les solipèdes.

Les mouvements latéraux, dont le mécanisme est fort irrégulier, ont poui' agents essentiels les plérygoïdiens, qui se contractent alternativement, ceux d'un côté, puis ceux du côté o[)posé. Il est facile de se rendre compte de leur action, si l'on se rappelle que leur extrémité fixe est beaucoup plus rapprochée de la ligne médiane que leur extrémité mobile ou maxillaire: car il n'y a, en moyenne, dans le bœuf, que 2 centimètres du plan médian aux apophyses ptérygoïdes, tandis quil y a 7 à 8 centimètres de ce plan au point de leur insertion. Le ptérygoïdien interne joue le rôle principal ; l'externe, qui est fort petit chez les

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