‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 202 sur 287 · COULE UANS LA BOUCHE · texte numérisé non relu

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Chez les ruminants, la première mastication, qui est très incomplète, est beaucoup plus rapide que celle des solipèdes. Le bœuf n'emploie, en moyenne, qu'un tiers de minute à broyer un bol plus volumineux que celui du cheval préparé en une minute; mais la seconde mastication est, chez cet animal, tiès ralentie comme nous le verrons plus tard.

La mastication devient lente cl de moins en moins pnrfaite à mesure que les lierbivores avancnten âge: l'usure et l'irrégularité des dents sont les principales causes qui la rendent dillicile chez les vieux animaux car il arrive un moment où les lames d'émuil ne forment plus que de très légères ^aillies à la surface de frottement qui, même quelquefois, devient tout à fait lisse. Il est à noter que, chez

les solipèdes,les molaires s'usent généralement plus vite que les incisives : aussi les premières ne parviennent à rester en contact , les supérieures avec les inférieures, que par suite de l'horizontalité acquise par les incisives. Sans ce changement de direction, il faudrait que les incisives éprouvassent une usure proportionnelle à celle des molaires, et c'est aussi ce qui arrive souvent.

L'acte que nous venons d'étudier a une très grande importance chez les herbivores et les granivores. Lorsque, grâce au l»on état des dents, il s'effectue aussi complètement que possible, les fourrages très divisés et les grains finement moulus se laissent imprégner des sucs digestifs et cèdent la plus grande partie de leurs principes nutritifs. Quand, au contraire, parle fait de la disparition des lignes d'émailet de l'irrégularité des arcades dentaires, les dents n'effectuent plus qu'une division grossière, les aliments conservent dans leur trame une forte partie de leurs matières solubles ; les fourrages aplatis se tassent dans les renflements de l'intestin, obstruent souvent ses détroits ; l'avoine aune partie de ses grains presque intacts; l'animal se fatigue les organes digestifs, se nourrit mal et contracte de graves indigestions. On sait combien chez l'homme l'imperfection de la mastication aggrave les infirmités qui accompagnent ordinairement la vieillesse.

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