‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 218 sur 287 · SALIVE MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

SALIVE MAXILLAIRE

Rien.

Ne se trouble pas.

Setroubleet devient opaline.

Se trouble et devient plus visqueuse.

Magma blanc opaque et consistant comme du mucus épaissi.

Magma blanc opaque et demi-solide.

Magma gélatineux jaune rougeâtre assez consistant.

S'épaissit et se transforme en une glaire transparente.

S'épaissit, devient filante et muqueuse.

Floconsglaircux et visqueux.

La salive des sublinguales, peu épaisse, peu visqueuse, moins alcaline peutêtre que la salive des parotides et des maxillaires, n'a pas été analysée; mais il est facile d'en extraire assez sur le b(cuf pour en apprécier les propriétés et la comf)osilioii.

Enfin, la salive mixte, c'est-à-dire le mélange des divers fiuides destinés à humecter la bouche pendant l'abstinence, a d'autres caractères. Mais il faut dis-

INSALIVATION. H73

tinguer ici trois espèces de salives mixtes, savoir : 1° celle de l'abstinence qui provient des sublinguales, des diverses glandules, et, en très faible partie, des maxillaires ; 2° celle du repas qui est un mélange de toutes les salives suivant les proportions normales ; ."3° enlin, la salive mixte de la rumination, qui diflère de la première par l'absence à peu près complète du fluide des maxillaires. Cette distinction est importante : si on l'eût faite, les analyses données par quelques auteurs auraient une autrevaleur que celle qu'elles ont en réalité. La commission académique dont j'ai déjà parlé a employé un excellent moyen pour obtenir la seconde.

La salive mixte est plus épaisse, plus visqueuse que le produit des maxillaires et des sublinguales : elle a une alcalinité moins prononcée que la salive parotidienne comme la commission l'a constaté. J'ai cru remarquer que le degré d'alcalinité est en raison inverse de la viscosité, tant pour les fluides salivaires que pour certains produits de sécrétion, tels que la bile, le suc pancréatique et les sucs intestinaux.

On voit, d'après les analyses de ces diverses salives, que la salive mixte, est, en somme, une solution de deux ordres d'éléments; les uns organiques, les autres minéraux.

Les matières organiques sont la ptyaline et une matière analogue à l'albumine.

Lapfyaline est une substance gélatineuse, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, incoagulable par la chaleur et les acides, précipilable par l'acétate de plomb et le sublimé, qui paraît unie à la potasse, à la soude et à la chaux. Elle est, peut-être, moins une matière spéciale que l'ensemble des matières organiques de la salive.

L'autre matière, soluble dans l'eau et dans l'alcool, est précipitable par le tanin ; elle se coagule [lar la chaleur, par les acides, comme le fait l'albumine! elle se coagule aussi par le sulfate de magnésie, qui est sans action sur cette dernière substance.

Ces deux matières organiques, encore mal étudiées, contribuent probablement à la viscosité de la salive, néanmoins, cette propriété n'est pas proportionnée à leur quantité, car la salive parotidienne, la plus riche en principes organiques est, comme on le sait, la moins lilante. Peut-être la viscosité de ce liquide dépend-elle, ainsi que le pense .M. llobin, du mode d'association de l'eau avec les éléments organiques.

Les principes salins sont : 1" le carbonate de chaux, qui abonde dans la salive parotidienne, se déitose sur les dents et entre, pour la plus grande partie, dans la constitution des calculs salivaires;

2° La chaux, qui se transforme en carbonale (|uand la salive est exposée au contact de l'air; elle est en forte proportion dans la salive parotidienne du cheval qui se trouble à mesure que cette base passe à l'état de carbonate;

3° Des bicarbonates alcalins plus abondants dans la salive parotidienne que dans la mixte ;

4° Du phos|ihale de soude en forte [iroporlion, du phûs[)lKUe de cluiuv et de magnésie, dont la précipitation se fait facilement, en raison de leur faible solubilité;

o" Du sulfocyanure de potassium qui est constant clie/ l'homme , d'après

G. COLIS. - l'hysioL cotn[)., o*-' edit. I — \-i

Longet, dans les trois espèces de salives, et que l'on a signalé également dans la salive du cheval et du chien ; il n'y manque pas en effet, d'après mes propres observations, si la coloration rouge déterminée par le perchlorure de fer est un sur indice de sa présence ^ C'est sans preuve qu'on l'a dit plus abondant dans la salive du chien enragé, à laquelle même il donnerait la virulence.

A ces substances s'ajoutent, dans quelques cas, des principes accidentellement introduits dans le sang, tels que l'iodure de potassium, le mercure administré en frictions, et à compter du moment où il produit le ptyalisme, l'urée, quelques principes de la bile, etc.

Quant aux débris épithéliques, aux globules muqueux, à divers débris alimentaires, aux filaments de LeptothHx buccalis, à des fragments de cristaux, des particules de poussières, ils sont simplement mêlés à la salive mixte, qui les ramasse dans la bouche, mais ils ne se trouvent pas dans les salives claires obtenues par les fistules récentes. Toutefois, dans les salives des fistules, les épithéliums deviennent abondants au point de déterminer un trouble très marqué lorsque les canaux excréteurs ont éprouvé une certaine irritation.

Page 1