‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 25 sur 287 · Kofliker, Éléments d' kiitoloyie, p · texte numérisé non relu

Kofliker, Éléments d' kiitoloyie, p

diées avec soin en font plusieurs groupes : les unes étendues du lobe frontal au lobe occipital et insérées au bord externe du corps strié où elles forment la couronne rayonnante; les autres jetées de la tête du corps strié à la région temporale des lobes; enfin des séries, jetées de toute l'étendue des hémisphères à la masse dite noyau lenticulaire qui se trouve au bord externe du corps strié. Ces connexions expliquent les relations fonctionnelles qui existent entre l'écorce et les ganglions moteurs des hémisphères.

D'après M. Luys ^, c'est surtout par les fibres blanches que les différents territoires de l'écorce cérébrale se relient aux corps striés comme aux couches optiques et aux autres petits centres gris de l'encéphale.

Lorsqu'il s'agit de constater les propriétés et de déterminer le rôle des corps striés, on peut arriver à leur surface et dans toute leur épaisseur en trépanant le crâne exactement au niveau du point sur lequel ils sont situés. Sur le cheval (fig. 9) la tète du corps strié se trouve à environ trois centimètres et demi audessus d'une ligne transversale qui serait tangente au point le plus excavé du bord supérieur de l'arcade orbitaire.

En divisant en quatre zones transverses l'espace compris entre la ligne susindiquée et le sommet de la protubérance occipitale, l'ouverture de trépan, faite à un centimètre du plan médian, doit passer par la ligne qui sépare la première zone de la seconde. La pointe du stylet lésera la surface du corps en restant à mi-chemin dans le crâne ou à égale distance de la paroi frontale et de la paroi sphénoïdale ou inférieure. L'instrument traversera le corps strié si sa pointe s'enfonce à 3 centimètres au delà de la surface de ce ganglion.

Sur le chien on rencontrera le corps strié en trépanant en regard de la suture fronto-pariétale. Le gyrus sigmoïde, qui deviendra visible au fond de l'ouverture, indiquera le point que devra traverser l'instrument.

Les corps striés ont paru insensibles aux stimulations mécaniques, notamment aux piqûres de stylet, soit à la surface, soit à une certaine profondeur et ils se sont également montrés inexcitables aux stimulations de même nature dans leurs parties superficielles ; mais leur excitabilité a été mise en jeu par les courants électriques, dans les expériences récentes tentées par les physiologistes qui ont appliqué l'électricité à la détermination des propriétés de l'écorce cérébrale. Lorsque ces courants d'induction modérés sont appliqués à l'un des corps striés. Us provoquent une contraction générale de tous les muscles du côté opposé, contraction qui a pour résultat ce que les cliniciens appellent le pleurosthotonos, ou l'incurvation latérale du corps avec llexion légère des membres.

Sur les grands animaux l'excitation mécanique des corps striés ne parait pas assez vive pour déterminer cette contraction unilatérale opposée, mais elle peut l'être par des piqûres légères qui excitent sans donner lieu à un commencement de paralysie. Ainsi, sur une vaclie, la piqûre en deux points du corps strié a déterminé, du côté opposé à la lésion, la déviation latérale de la tête à un degré tel qu'elle venait s'appuyer sur l'épaule, et de ce côté encore, des

1. Luys, Nouveiles rec/io-c/ies sur la structure du cerveau {comptes rendus de VAcadé' mie des .Scfc/îce.s, 7 juillet 1884, et t' Encéphale, journal des maladies mentales et nerveuses, 1884, t. IV, p. 5i;j).

FiG. 9. — Cou|>e longitudinale de l'encéphale du cheval (*).

(*) I, Trajet du stylet aiTivaiit aux couches olfactives. II, trajet du stylet au corps strié. III, à la couche opliciue. IV, au Uiberculc bi^'èmiiiL' antérieur. V, au pont de Varole. YI, ùla région moyenne du cervelet

contractions saccadées dans le mastoïdo-huméral, absolument comme dans le cas d'une lésion du pédoncule cérébral.

Si la lésion du corps strié est assez considérable pour affaiblir l'action motrice,, il se produit un commencement de paralysie à l'opposé de la lésion d'où résulte une déviation de la tète du côté de cette lésion a\ec tendance au tournoiement ou au mouvement de manège dans le même sens. Ainsi, sur un cheval, par une trépanation, la piqûre du corps strié droit, qui n'a déterminé ni douleur ni mouvements convulsifs, a donné lieu à une déviation de la tête du côté droit puis à la chute du corps. Sur le porc debout, par une trépanation, trois piqûres au corps strié droit n'ont déterminé aucun indice de sensibilité et donné lieu à l'inclinaison du cou et de la tête à droite ; sur le chien la piqûre du corps strié gauche a donné lieu à un commencement de paralysie à droite et déviation de la tête avec tendance au tournoiement du côté de la lésion. Enlin, sur plusieurs lapins, la piqûre puis la désorganisation par une petite ouverture de trépan, ont entraîné également l'incurvation du corps, même le tournoiement du côté de la lésion avec culbute en avant. Sur divers autres lapins la déviation de la tête et la tendance au tournoiement dans le sens indiqué ont persisté pendant plusieurs jours. Presque toujours la piqûre arrivant à la face inférieure du corps strié déterminait un bond, en avant, sans autre indice de sensibilité.

C'est par l'excitation mécanique d'un pédoncule cérébral que j'ai produit beaucoup mieux et , tout à la fois, le pleurosthotonos et le tournoiement. Les connexions intimes que les histologistes signalent entre le corps strié et le pédoncule portent à 'croire que les excitations du corps strié peuvent produire, en partie, leurs effets non directement mais par leur transmission au pédoncule.

La destruction des corps striés, donne lieu à la paralysie unilatérale apposée surtout H celle des mouvements involontaires plus complète et plus durable que celle qui résulte des lésions corticales. Elle la détermine, même lorsquelle est limitée à une faible étendue de ces corps. Nothnagel l'a produite sur le lapin par la simple désorganisation du noyau lenticulaire et sur le chien par celle du noyau caudé du corps strié. Cette hémiplégie n'entraîne point la perte ni même l'affaiblissement de la sensibilité. Elle a été observée plusieurs fois sur l'homme dans ces conditions. La destruction des fibres de l'expansion pédonculaire donne lieu à des effets semblables.

Il est à noter qu'après la destruction des deux corps striés, l'animal, s'il peut se tenir debout, conserve l'immobilité la plus absolue; ses membres demeurent dans la position qu'on leur donne. Il ne se déplace que sous l'influence d'une provocation; il bondit, fuit rapidement, comme s'il conservait toute liberté de se mouvoir automatiquement.

Magendie faisait jouer aux corps striés un rôle tout à fait spécial. Il se développerait, d'après lui, dans les centres nerveux deux forces diamétralement opposées : l'une qui excite les animaux à se porter en avant et qui a son siège dans le cervelet, peut-être dans la moelle allongée, l'autre qui les porte à se mouvoir en arrière ou à reculer, et qui a son point de départ dans les corps striés. Lorsque l'équilibre entre ces deux forces vient à être rompu, par la lésion du cervelet ou par celle des corps striés, les mouvements sont modifiés dans le sens de la force

FONCTIONS DE l'eNCKPIIALE. lit)

devenue prédominante. Ainsi, quand les corps striés sont détruits, la force qui tend à pousser en arrière étant annihilée, l'autre agit seule et entraîne le corps en avant. « Aussitôt l'animal s'élance dans cette direction et court avec rapidité; s'il s'arrête, il conserve l'attitude de la fuite ; on dirait que l'animal est poussé en avant par une puissance à laqui'lleil ne peut résister; dans cette course rapide, il passe quelquefois par-dessus les ()i)stacles qu'il rencontre. » Magendie a trouvé, en faveur de sa manière de voir, un argument dans le fait des chevaux immobiles (|ui ne peuvent point reculer, connue chacun le sait, et qui, une fois emportés, ont même beaucoup de peine à s'arrêter; il a rencontré dans les grands ventricules de ces animaux un épanchement de sérosité qui avait comprimé les corps striés et quelquefois altéré leur surface. Il n'y aurait rien à objecter au savant physiologiste si toutes les expériences concordaient a\ecles siennes et si l'explication de l'immobilité était vraie dans toutes les circonstances.

Mais Longet, n'a pas vu les lapins privés de leurs corps striés présenter une tendance plus prononcée que d'Iiabilude à se porter en avant. Ils se déplaçaient seulement lors d'une forte provocation, puis retombaient dans une complète inertie. Dans mes expériences je n'ai jamais constaté une tendance outrée à se porter en avant après la désorganisation d'un seul corps strié ou des deux. Limitée à un seul, sur le cheval, elle a produit l'hémiplégie, à un certain degré, l'affaiblissement, même la paralysie des deux membres postérieurs, et la chute du corps. Étendue aux deux, elle a déterminée la paralysie bilatérale.

Dans les cas d'immobilité, chez le cheval, les corps striés ne sont pas désorganisés. Ils sont simplement comprimés et leur compression ne coïncide même pas toujours avec un certain degré d'atrophie. La compression est produite par l'hydropise des grands ventricules et elle s'exerce à la fois sur les corps striés et les couches optiques. Cette hydropisie ne m'a paru manquer jamais, pourvu que l'autopsie fût faite avant la résorption du liquide ventriculaire. Elle a été, sur sept chevaux inunobiles dont l'autopsie a été faite avec soin immédiatement après la mort ou peu d'heures après, de lo, 20, 23, 30, 32, 35 et oo gr., soit de 3 à II fois la quantité normale. En outre, sur plusieurs de ces animaux, il existait d'un seul côté ou des deux des concrétions de cholestérine au plexus choroïde.

Ouoique l'hydropisie des ventricules soit une lésion à peu près constante de l'immobilité on n'est pas en droit d'attribuer cette immobilité uniquement à la compression des corps striés, puisque le liquide comprime les couches optiques autant que les corps striés et qu'il exerce, en outre, de dedans en dehors, une compression sur la capsule interne et sur la totalité des couches qui forment les parois de la cavité ventriculaire.

11 importe de tenir compte, dans l'interprétation des effets de l'hydropisie ventriculaire, de la compression exercée sur les couches optiques, car, dans les expériences de.Nothnagel comme dans celles de Ferrier, on a vu après la destruction d? ces couches que les animaux laissaient mettre leurs pattes dans toutes les situations les plus pénibles.

La conqu'ession produite sur les corps striés et sur les couches optiques par les concrétions de cholestérine doit produire des effets équivalents à ceux de l'hydropisie, à la comlition (jue les concrétions existent à droite et à gauche avec un

développement considérable, pour opérer comme le liquide, une compression bilatérale. J'ai vu un assez grand nombre de fois des concrétions de ce genre des deux côtés, du volume d'une noisette à celui d'un œuf de perdrix, concrétions qui avaient provoqué la résorption d'une partie des corps striés; néanmoins les animaux n'avaient aucune tendance exagérée à la propulsion.

La tendance à se porter en avant, que Magendie croyait le résultat delà lésion des corps striés n'est pas uniquement liée à ce qu'on appelle l'immobilité chez les solipèdes. Elle s'observe le plus souvent, chez ces animaux, dans les différentes formes de méningite ou d'encéphalite connues sous les noms de vertige essentiel ou de vertige abdominal.

En somme il est difficile de rattacher les troubles locomoteurs caractéristiques de l'immobilité à des lésions précises des centres nerveux. J'ai vu des chevaux qui reculaient très difficilement, conservaient les membres croisés, tenaient la tête baissée quand on la mettait dans cette situation, chevaux qui se montraient indociles, peu maniables, d'un arrêt diflicile une fois qu'ils étaient lancés, et tout cela sans autre chose que de petites concrétions des plexus choroïdes et un léger épanchement ventriculaire.

En résumé les corps striés sont des ganglions moteurs, principalement affectés aux mouvements automatiques ou involontaires.

Conciles oiïticfaies, — Elles constituent une seconde paire de ganglions cérébraux, en rapport, d'une part, avec les pédoncules, d'autre part avec les circonvolutions.

Dans leur substance grise, les cellules sont fusiformes ou pyramidales, et différentes de celles des corps striés; elles sont disposées dans le sens des libres. Ces fibres proviennent, en partie, des pédoncules cérébraux ; elles sont, pour la plupart, sensitives à ce qu'il semble ; les moins nombreuses sont motrices : aussi la couche optique est surtout un ganglion sensitif, tandis que le corps strié est un ganglion moteur. Ces couches sont, disent les histologistes, en communication par des faisceaux de libres avec les parties frontales, temporales et occipitales des hémisphères cérébraux. M. Luys y reconnaît quatre centres unis aux pédoncules et à l'écorce, dans les régions sensitives.

Le rôle des couches optiques a toujours paru d'une détermination difficile. Dans les expériences de Flourens et de Longet, ces couches se sont montrées insensibles et inexcitables, sous l'influence des irritations mécaniques. Les courants électriques, d'une intensité égale à celle des courants qui mettent en jeu l'excitabilité des corps striés, n'exercent sur elles, d'après divers observations, aucune action chez les singes et les carnassiers.

Lorsqu'on lèse gravement ou lorsqu'on détruit les couches optiques sur les animaux, on donne lieu à l'atténuation de la sensibilité du corps, dans la moitié opposée à la lésion. L'hémianesthésie est prononcée en raison de la gravité de la lésion et elle l'est à des degrés divers suivants les espèces d'animaux. De plus, elle est accompagnée de la perte partielle ou complète de la vue, de l'ouïe, de l'odorat du côté opposé à la lésion. D'après M. Luys, les lésions graves de ces couches, alfaibl iraient toujours la sensibilité dans la moitié du corps ofjposée à la lésion.

oL. tiJ-cUii

f.W.'MORCI.E^.'.

FiG. 10. — Tète de chien à crâne ouvert (*). (*) A gauche, circouvolutioiis intactes ; A droite moitié frontale du cerveau excisée. I, corps strié.

II, couclie optiiiue.

En outre, d'après Longet et M. Vulpian, ces lésions affaibliraient les muscles dans la moitié opposée ; elles tendraient à produire une paralysie du mouvement, tant dans les membres thoraciques, que dans les membres abdominaux, paralysie dont un grand nombre d'observateurs, à compter d'Andral, ont cité des exemples.

Ce que j'ai observé sur les grands animaux me porte à croire que les couches optiques sont des ganglions mixtes, ou tout àlafois sensitifset moteurs, mais avec prédominance du rôle sensitif. Au point de vue de la sensibilité, leur rôle est distinct de celui des corps striés, et ce qui le prouve, c'est que, après la lésion des couches, l'animal dont la sensibilité générale devient plus ou moins obtuse, peut paraître immobile; déplacer lentement ses membres, les tenir longtemps dans une position gênante.

La lésion des couches optiques, sans ablation des hémisphères, a déterminé, dans les expériences de Longet, un mouvement circulaire ou de manège, du côté opposé à la blessure. C'est aussi ce que j'ai vu plusieurs fois en faisant pénétrer perpendiculairement un stylet dans ces parties à travers les hémisphères ; et le tournoiement a été surtout très marqué lorsque la piqûre portait sur les parties des couches les plus rapprochées des pédoncules cérébraux. Il y a ici encore, en apparence, une action croisée qu'il est difficile d'expliquer d'après les caractères du tournoiement. Celui-ci, d'après M. Schiff, résulterait « de la paralysie des abducteurs d'un côté et des adducteurs de l'autre.» Mais, à bien considérer le phénomène, il paraît mal interprété. Lorsque, à la suite delà piqûre de la couche optique droite, par exemple, l'animal tourne à gauche, il est visible que les muscles gauches, notamment ceux du cou, ne sont pas affaiblis, puisqu'ils se contractent énergiquement en inclinant souvent la tête très près de l'épaule. Loin d'être affaiblis, ces muscles sont réellement stimulés et éprouvent une contraction prolongée. Au contraire, lorsqu'à la suite de l'ablation ou de la destruction de cette couche droite l'animal tourne à droite, c'est que les muscles de ce côté attirent à eux et entraînent la moitié gauche qui est plus ou moins affaiblie. A mon sens, la couche optique droite a réellement une action croisée qui se manifeste diversement, savoir : 1° ou par un tournoiement à gauche sous l'influence d'une piqûre qui stimule les muscles de ce côté; 2° ou par un tournoiement à droite, en suite d'une destruction, d'une ablation qui affaiblit ou paralyse les muscles gauches. Cette interprétation rend, ce me semble, intelligibles les résultats contradictoires de M. Schiff. Du reste le tournoiement en manège est quelquefois d'une interprétation difficile, car il suffit pour le produire, si le cercle décrit est d'un grand diamètre, que les membres d'un côté entament plus de terrain que leurs congénères.

En somme, en raison des connexions intimes des corps striés, des couches opticiues, avec les pédoncules , les lésions isolées de ces parties ont des effets communs ; les piqûres, même peu étendues ou peu nombreuses de l'une d'elles, pinncnl pioduii(; la parésie, la paralysie, dans la moitié opposée, et rendre ces accidents durables. Comme dans ces parties il y a des fibres, des cellules sensitives associées aux libres et aux cellules motrices, les effets des lésions sont mixtes; ils portent sur la sensibilité et la motricité avec prédominance sur l'une

FONCTIONS l>E I.' ENCÉPHALE. I 2:i

OU l'autre, suivant les proportions respectives de chacune des deux espèces d'éléments.

Tubercules l>ig-éuiiiiéi« ou IoI>cm optitiuew. — Ils forment, audessus des pédoncules cérébraux, quatre masses hémisphériques à enveloppe blanche. Leur substance yrise (|ui, peut-être, constitue plusieurs ganj^lions, les met en comnumication, dune part, avec la inœlle allongée par les rubans de Reil, et par leurs bras, avec l'écorce des hémisphères cérébraux.

Ces tubercules constituent, sans aucun doute, des ganglions optiques en raison des libres qui les rattachent aux nerfs opticpies. C'est surtout chez les poissons, où ils sont énormes, que leurs connexions avec les nerfs optiques sont très évidentes. Ils possèdent de petites libres qui se rendent aux noyaux d'origine de l'oculo-moteur commun et du moteur interne de VœW.

Les tubercules bigéminés jouissent de propriétés distinctes de celles des hémisphères. D'après Flourens, leurs couches superlicielles ne sont ni sensibles, ni excitables sous l'influence de piqûres ou d'autres stimulations mécaniques ; mais leurs couches profondes irritées de cette faron, provoquent le resserrement de l'iris, et des mouvements convulsifs. Le fait peut être aisément constaté sur le cheval, quand après avoir fait une ouverture de trépan à deux centimètres audessus de celle qui correspond au corps strié, on enfonce le stylet à environ l) à () centimètres de profondeur. La piqûre qui n'arrive pas au pédoncule, provoque un mouvement brusque de la tête, coïncidant avec la dilatation de la pupille du côté opposé.

L'irritation électrique efl'ectuée sur le chien, le chat, le singe a produit ces effets à un degré très prononcé : dilatation des pupilles des deux côtés, abaissement des oreilles, con striction des mâchoires, renversement du corps en arrière, cris, etc. Sur les oiseaux elle a déterminé des mouvements convulsifs plus variés encore ; sur les poissons des mouvements irréguliers de la queue, des nageoires. La signification de ces réactions ne [»eut être donnée sûrement, car, pour arriver aux tubercules, il faut léser d'autres parties des centres et en les excitant on étend inévitablement l'irritation aux pédonculescérébraux, au cervelet et au bulbe, puisque souvent on provoque des troubles dans lerhythmedela respiration et de l'action du cœur ; d'ailleurs une partie de ces réactions peut être considérée comme l'expression de douleurs plus ou moins vives.

Les fonctions des tubercules bigéminées sont complexes.

Les plus TCmarquables se rattachent à la vision et ont été mises en relief dans les expériences de Flourens.

D'abord ils associent les mouvements de l'iris avec les impressions lumineuses reçues par la rétine. L'irritation d'un tubercule excite les contractions de l'iris opposé; son ai)lation partielle affaiblit ces contractions et son ablation totale les abolit complètement.

En outre la destruction d'un tulicrcule cpii supprime le jeu de l'iris du côté opposé abolit aussi la vue dans r(eil à iris imuioi)ile, l'autre œil conservant ses mouvements iriens et sa faculté visuelle. La destruction des tubercules des deux côtés supprime la vision cl les mouvements iriens adroite et à gauche.

Les tubercules bigéminées ont encore des fonctions étrangères à la \ision. Ce qui le fait supposer c'est qu'ils ont encore de grandes dimensions chez des animaux à vue faible ou aveugles comme la taupe, la musaraigne, le protée, etc. Il y a longtemps, Serres a montré que la destruction des tubercules bigéminés, en frappant les animaux de cécité, trouble la coordination des mouvements. Depuis, divers expérimentateurs notamment Goltz, Ferrier ont vu, sur le singe, sur le lapin la désorganisation des lobes optiques, troubler l'équilibre et la coordination locomotrice au point que ces animaux ne pouvaient ni se tenir debout, ni marcher. Sur les oiseaux les mêmes résultats ont été constatés. Les mêmes observateurs ont vu aussi que les batraciens et les poissons, privés de leurs lobes optiques, reprenaient difficilement l'équilibre perdu et le perdaient dans des situations très diverses. Chez les animaux la lésion même superficielle de ces lobes entraînait des désordres graves, tels que la natation sur un côté, la rotation sur l'axe.

Ces tubercules ne sont pas seulement des intermédiaires ou des conducteurs entre l'œil et le cerveau; ils semblent, comme le dit Flourens, le siège du principe primordial de l'action de la rétine, du nerf optique et de l'iris. En effet Longet a vu qu'après la destruction des lobes cérébraux, moins celle des couches optiques, les pigeons étaient encore impressionnés faiblement par une vive lumière, comme si les tubercules effectuaient un commencement de perception.

Glande i>iiiéa.le. — Constituée presque exclusivement par des cellules apoiaires et unie aux hémisphères par quelques fibres, elle n"a pas de fonction connue. Galien en faisait une glande, et Descartes la source des esprits animaux, d'où l'on a supposé qu'il la considérait comme le siège de l'âme.

Pédoncules cérébraux. — Les pédoncules cérébraux sont évidemment les prolongements de la moelle allongée et du mésocéphale étendus aux hémisphères. Ils renferment des fibres sensitives qui y sont distinctes des fibres motrices. Les supérieures sont sensitives, les inférieures motrices. Entre les tractus supérieurs et inférieurs se trouvent des amas de cellules ; par conséquent ils représentent une moelle allongée ou une moelle épinière bifurquée avec tous leurs éléments. Ces tractus se prolongent dans les corps striés, le noyau lenticulaire, dans la capsule interne et divers points de l'écorce cérébrale. Leur constitution anatomique explique leur rôle dans les conditions physiologiques et pathologiques.

Ils sont sensibles et excitables. Les stimulations portées à leur surface ou dans leur intérieur causent de la douleur et provoquent des mouvements plus ou moins prononcés. A la suite de la destruction des lobes cérébraux, les pédoncules demeurant intacts, j'ai vu, lors de la piqûre deceux-ci, les animaux couchés faire de violents efforts pour se relever, et souvent y réussir même plusieurs fois de suite. Cette piqûre a provoqué sur l'âne un cri particulier, prolongé, distinct du braiement,et comparable à celui que font entendre les solipèdes qui éprouvent de violentes douleurs pendant les opérations chirurgicales.

La section complète des deux pédoncules s'oppose à la transmission des ordres de la volonté au système musculaire ; elle alfaiblit les perceptions sensitives,

FONCTIONS DE l'ENCÉPUALE. 125

mais laisse persister, d'après Longet, les impressions très douloureuses qui sont reçues par le mésocéphale. Elle détermine, en outre, dit Flourens, une suite de mouvements d'arrière en avant.

La lésion d'un seul pédoncule produit, sur le la[iin, d'après Longet, un mouvement de manège du côté opposé, mouvement qui n'a pas lieu lorsque le pédoncule est coupé à son point de jonction avec la protubérance annulaire. J'ai constaté sur le cheval l'exactitude du premier de ces faits. Ayant piqué avec un large stylet d'acier le pédoncule cérébral gauche, j'ai vu l'animal porter aussitôt la tête à droite, courl)er fortement l'encolure et tourner de ce côté pendant i)lusieurs heures. L'attitude que le solipède conserva et les mouvements qu'il fit à la suite de cette lésion étaient très remarquables : non seulement son cou était incurvé à droite, mais encore son corps était courbé si fortement dans ce sens que la tête venait s'appliquer sur les côtes et sur le flanc, comme si l'animal eût été ployé en deux ; ses membres étaient rapprochés en faisceau, de sorte qu'en tournant il pivotait sur lui-même tant le cercle décrit était d'un diamètre peu considérable. Souvent l'animal, en tournant, tombait, et dès qu'il était couciié, il donnait à son corps la même incurvation que pendant la station. Une fois relevé, il reprenait son mouvement circulaire; si on l'appuyait, par le côté droit, contre un mur, il ployait sa tête entre mur et la croupe, puis restait immobile. Ce cheval reculait bien, mais il ne pouvait ni avancer, ni tourner à gauche; il présenta les mêmes phénomènes pendant la plus grande partie d'une nuit, jusqu'au moment oi!i il fallut le sacrifier. A l'autopsie, je m'assurai que le pédonculegauche était profondement piqué dans sa partie moyenne.

Sur d'autres animaux, ânes, vaches, chiens et lapins les résultats des piqûres d'un pédoncule ont été analogues mais à des degrés très divers, sans doute, parce que les lésions ne purtaieiit pas sur les mêmes points, n'avaient pas la même étendue et intéressaient inégalement les tractus sensitifs ou moteurs. Sur l'àne la piqûre du pédoncule droit a immédiatement fait incurver l'encolure et porter la tête à gauche. La chute du corps a eu lieu aussitôt après; mais l'animal a pu être relevé et se tenir debout pendant quelque temps, la tête s'est tenue renversée sur l'épaule gauche, l'oreille du même côté s'est abaissée et les deux yeux ont pirouetté dans leurs orbites.

Quanta la prétendue influence des pédoncules surles mouvements de l'estomac, de l'intestin, de la vessie, et sur les cara<'tères delà sécrétion urinaire, rien ne la démontre. Les lésions pédonculaires provoquent d'énergiques contractions de l'intestin, souvent re\|"ulsion des gaz et des fèces, comme le font une foule d'autres mutilations des centres nerveux ; elles rendent l'urine acide par suite de la suspension du travail digestif équivalant à l'abstinence.

Les pédoncules cérébraux (jui sont les traits d'union entre le cerveau et les centres nerveux postérieurs ne paraissent pas avoir d'action propre. Ce sont des conducteurs, en deux sens et à double destination. Aussi après leur section ou leur désorganisation il n'y a plus transmission d'impulsions centrales motrices, ni de transmission aux centres d'impressions péri[»hériques.

En résumé, les hémisphères cérébraux sont des foyers importants d'activité nerveuse. Ils ont pour rôle essentiel de percevoir les impressions venues de toutes

les parties et de les convertir en sensations, par conséquent de donner à l'homme, à l'animal, conscience de lui-même et du monde extérieur, d'effectuer les volitions, d'accomplir les opérations instinctives et intellectuelles. C'est tantôt par leur ensemble et en masse qu'ils paraissent agir, et tantôt comme une agrégation de petits organes confédérés, à attributions distinctes; car toutes leurs parties et tous leurs éléments n'ont pas les mêmes propriétés ni exactement les mêmes fonctions. La plupart sont à peu près insensibles aux stimulations mécaniques, quelques-unes sont dénuées d'excitabilité. De leurs deux substances la grise paraît la plus importante, et ses cellules simples, bipolaires et multipolaires en constituent l'élément essentiel et actif. Ces hémisphères représentent, à la fois, des parties indépendantes pour un certain nombre de leurs actions et des parties liées à la moelle pour d'autres, ce qui s'explique par la structure de l'encéphale et par ses connexions avec les autres parties du système nerveux central.

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