‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 26 sur 287 · DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU CERVELET

Le cervelet, composé de substance grise extérieure sous forme de circonvolutions minces dont chacune est pénétrée par une lamelle blanche, a une structure propre différente de celle des hémisphères. La substance grise ou corticale présente une couche extérieure analogue à celle du cerveau dont les cellules sont petites, à prolongements ramifiés; une couche moyenne à cellules rondes, ovoïdes, à noyaux volumineux et à très nombreux prolongements, dites de Purkinge ; une couche profonde à granulations serrées qui sont peut-être de petites cellules. Celle-ci est traversée par les prolongements des cellules de la zone moyenne et par des fibres provenant de la substance blanche. Cette dernière, ou substance médullaire, est formée de hbres sensitives et motrices. Il existe en outre, dans cet organe, des amas constitués par des cellules multipolaires en rapport avec les pédoncules cérébelleux et l'origine du nerf acoustique.

Ce cervelet est considéré comme à peu près insensible aux irritations mécaniques ou chimiques. Il l'est, en effet, ta sa surface et dans toute l'enveloppe grise de ses circonvolutions ; mais il est sensible à l'intérieur et surtout au voisinage des pédoncules. Là aussi sa substance est excitable; les irritations qui y sont appliquées produisent à la fois de la douleur et des convulsions. De plus, celles qui portent sur les pédoncules déterminent la déviation des yeux et la rotation du corps sur son axe. Cependant la sensibilité et l'excitabilité ne sont très prononcées en aucun point de son étendue. Il est évident que ceux qui ont vu l'irritation de cet organe développer une vive douleur, accompagnée de secousses musculaires, lésaient, en même temps que le cervelet, la moelle allongée dont la sensibilité et l'excitabilité sont exquises. L'électrisation met en jeu au plus haut degré l'excitabilité du cervelet.

Ferrier, en expérimentant sur le singe, a provoqué des mouvements variés des yeux, de la tête et des membres, et sur le chien, le chat, le lapin, des mouvements analogues, comme si le cervelet possédait des centres de mouvement pour quelques parties du système musculaire.

La détermination du rôle de cette partie de l'encéphale a vivement excité l'at-

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tention des physiologistes : Willis regardait le cervelet comme l'oigaiie excitateur des mouvements involontaires, notamment des contractions du cœur et des viscères à tuniques musculeuses, oiùiiion (jui ne rejiose sur aucun fondenuMit : Pourtour du Petit, Dugès le considéraient connue un organe |)résidant à la sensibilité. Rolando, se basant sur des expériences nombreuses, a essayé d'établir que le cervelet est le point de départ des mouvements volontaires et que son action est analogue à celle d'une pile galvanique. On \a voir que cet expérimentateur s'est trom|>é sur les laits et sur leur interprétation, attendu que les mouvements persistent a|)rès l'ablation du cervelet, et (jue rien ne prouve la prétendu»! analogie qui existerait entre l'action de cette |)artie et celle de la pile; il faut arriver aux expériences de M. Flourens |»our trouver, à ce (pi'il sendile, les véritables fonctions de cet organe.

J'ai supprimé, dit-il \ par couch(,'s successives, le cervelet d'un pigeon. Durant l'ablation des premières couches, il n'a [»aru qu'un peu de faiblesse et de manque d'harmonie dans les mouvements. Aux moyennes couches, il s'est manifesté une agitation universelle, bien qu'il ne s'y mèlàt aucun signe de convulsion; l'animal opérait des mouvements brusques et déréglés; il entendait et voyait. Au retranchement des dernières couches, l'animal, dont la faculté de sauter, de voler, de marcher, de se tenir debout, s'était de plus en plus altérée par les mutilations précédentes, perdit entièrement cette faculté. Placé sur le dos, il ne savait plus se relever. Loin de rester calme et d'aplomb, comme il arrive aux pigeons privés des lobes cérébraux, il s'agitait follement et presque continuellement, mais il ne se mouvait jamais d'une manière ferme et déterminée. Par exemple, il voyait le coup qui le menaçait, voulait le fuir, faisait mille contorsions pour l'éviter, et ne l'évitait pas. Le plaçait-on sur le dos, il n'y voulait pas rester, s'épuisait en vains efforts i)our se relever et finissait par y rester malgré lui. Finalement la volition, les sensations, les perceptions (lersistaient : la possibilité d'exécuter des mouvements d'ensemble persistait aussi, mais la coordination de ces mouvenienis en mouvements de locomotion réglés et déterminés était perdue. »

Flourens a constamment observé les mêmes phénomènes à la suite de la destruction du cervelet. Lorsqu'elle ne porte que sur les parties superficielles, il se manifeste un peu de faiblesse, d'indétermination et un léger défaut d'harmonie dans les mouvements. L'animal se tient encore debout, il marche irrégulièrement, vole avec assez de facilité. Une fois que les couches plus profondes sont intéressées, la station devient fort difficile; l'aninuil ne peut plus se tenir debout à l'aide de ses pattes; il faut qu'il s'appuie sur les ailes et sur la queue; souvent, malgré ce secours, il ne peut conserver longtemps une pareille attitude. Les divers mouvements qu'il elfectue pour se déplacer sont incohérents, désordonnés ; sa marche est chancelante, indécise, mal assurée, bizarre; elle ressemble à celle d'un homme ivre, et ne peut se faire qu'autant que les ailes et la queue viennent en aide aux pattes pour fournir des points d'appui. Le vol est irrégulier; l'oiseau ne peut plus se diriger comme il veut: il l'onle sur lui-même,

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