‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 250 sur 287 · J9.-) 2(55 II · texte numérisé non relu

J9.-) 2(55 II

Iicurcs.

Viande crue.

Pain.

Pain.

Viande crue.

Viande crue.

Viande crue.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la disposition générale de l'appareil digestif des solipèdes, pour voir que les phénomènes si nombreux des fonctions qu'il remplit doivent offrir des modifications profondes, plus difficiles à analyser que celles qui caractérisent la digestion des carnassiers.

La simplicité et la petitesse de l'estomac de ces animaux, l'énorme dévelo|>pement de leur cîccum, la vaste capacité de leur colon bosselé et pourvu de nombreux replis valvulaires, sont des particularités qui se trouvent, avec quelques variantes, chez i)lusicurs autres herbivores. Parmi les pachydermes, l'éléphant s'éloigne peu de ce type ; et parmi les rongeurs, le lièvre et le lapin, avec leur estomac undoculaire, leur c;ecum monstrueux, pourvu de glandes et d'une valvule spirale, leur côlou bosselé et parcouru par des bandes longitudinales; enfin, la uiarinotte et le cochon d'Inde, dont le tube gastro-intestinal est construit sur un plan analogue, peuvent être considérés comme formant un groupe très naturel sous le rapfiort physiologique. L'identité du régime, l'uniformité de structure de l'appareil digestif, doivent inévitablement entraîner une similitude fonctionnelle que les recherches des expérimentateurs peuvent démontrer.

La digestion des solipèdes tire sa physionomie : 1° de la lenteur de la manducation ; 2° de la rapidité du travail de l'estomac elVectué, en grande [»artie et d'une manière à peu près continue, pendant le repas ; 3" de la rapidité du passage des liquides dans l'intestin et de leur dépôt dans le réservoir ca;cal ; 4° enfin du durcissement et de la forme pelotonnée des résidus alimentaires dans les parties postérieures du gros intestin.

La mastication, qui était presque insignifiante chez les carnivores, où elle n'avait guère pour but que de fractionner la proie et d'en rendre les parties aptes à être dégluties, devient ici, comme pour tous les herbivores, un acte de première importance. L'herbe, le foin, la paille, le grain, ne peuvent se digérer qu'après une division, une trituration très complète. C'est qu'en effet chaque partie du végétal a une enveloppe épidermique qui n'est point endosmotique, et qui rend inaccessibles aux sucs digestifs les parties solubles. Cette enveloppe qui, pendant la vie, protège les parties contre l'action de l'humidité et des divers agents atmosphériques, empêche la salive, le suc gastrique d'arriver aux fibres, aux cellules, aux méats où se trouvent emprisonnées les subtances nutritives. L'accès de ces matières solubles, légumine, gluten, amidon, sucre, etc., est rendu difficile par l'incrustation du ligneux, de la cellulose, dans les parois utriculaires ou fibreuses. Si toutes les parties végétales ne sont fractionnées, fissurées, percées dans tous les sens, les sucs dissolvants ne peuvent parvenir aux matières nutritives, ni les dégager de leur gangue : aussi quand le carnassier avale l'herbe ou les grains, il les rend indigérés. L'herbivore ne les digère pas sensiblement, si ses mâchoires ne sont plus aptes au broiement, ou si les grains, par leur petitesse, échappent à l'action de ces organes. Alors, au microscope, les petites parties végétales se voient intactes, et la graine est si peu altérée, qu'elle n*a point perdu, en traversant le tube intestinal, sa faculté germinative.

Cette mastication, si nécessaire à l'herbivore, est lente et parfaite chez les solipèdes. Leurs molaires eà larges tables, hérissées de saillies transverses, broient parfaitement, mais en définitive moins bien que chez les rongeurs et chez les ruminants lors de la trituration mérycique. Quoiqu'elles aient une puissance énorme, elles broient peu d'aliments en un temps donné.

Le cheval ne peut d'ordinaire, manger 2 500 grammes de foin en moins d'une heure, et il ne les mange souvent qu'en une heure et demie, et même en deux, si ses dents sont unies ou irrégulières. Il lui faut, au miuimum, vingt minutes, terme moyen trente minutes et quelquefois une heure, pour manger la même quantité d'avoine. Il fait de cette quantité de foin 200 bols, et de 40 à 90 bols d'avoine. Les bols de foin chargés de 4 équivalents en poids de salive pèsent 12 500; les bols d'avoine chargés de l'équivalent et quart de ce liquide pèsent environ 5 400 grammes.

C'est à cause de l'importance de la mastication des fourrages qu'on a cherché à faciliter cet acte souvent imparfait par une division préalable, opérée à l'aide du hache-paille, du concasseur et d'autres instruments; mais cette division préliminaire n'a pas d'effets sensibles chez les animaux adultes dont le système dentaire fonctionne régulièrement; et elle est insuffisante pour ceux dont les dents sont lisses, irrégulières ou usées. Il résulte d'expériences ' que j'ai faites, il y a quelques années, que le hachage des fourrages, le concassage, l'aplatissement des grains, n'ont pas d'influence sensible sur leur digestion, chez les chevaux, dans les conditions ordinaires. Ces opérations coupent les tiges ou brisent

1. G. Colin, Etudes cxpérinumtnles sur les effets et le def/ré (/'utilité de la division et du mélanf/e des aliments, mémoire adressé à la Société d'agriculture le 8 janvier 1862, inséré en partie dans le Hecueil de mdd. vélérin., 186d, p. 371, 443; et 1865, p. 272.

les grains en parcelles dont le volume est énorme relalivement à celui des i»arcelles qui résultent de la mastication ; elles ne peuvent briser irrégulièrement, perforer, fissurer, réduire en fragments ténus comme le font lés dents ; conséquemment elles ne sont que des préparations à peu près inutiles toutes les fois que l'appareil masticateur fonctionne bien. Aussi, que le fourrage soit intact ou préalablement bâché, que l'avoine n'ait subi aucune jjréparation ou qu'elle ait été aplatie, concassée, l'animal, comme le montre le tableau suivant, met à peu près le même temps à les manger; il les imprègne d'une égale quantité de salive, en fait le même nombre de bols, et ultérieurement les digère avec la même j)erfection.

AVOINE ENTIKUK.

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