l'ioineiis, ouvraijc citr., p
recule au lieu d'avancer, se dirige parfois à droite quand il cherche à s'avancer à gauche, heurte l'objet qu'il tend à éviter. Si la destraction de l'organe est complète, l'animal ne peut plus ni se tenir debout, ni marcher, ni voler ; mis sur le dos, il fait des efforts inouïs pour se relever sans y réussir ; il s'agite continuellement, roule sur lui-même, se débat pour prendre une autre position» s'épuise et garde enfin celle que le hasard lui a donnée. Les mômes particularités se reproduisent sur les mammifères. Leur marche est chancelante et en zigzags; ils se meuvent irrégulièrement, ne peuvent plus éviter les objets, se heurtent contre les obstacles placés sur leur route.
Pendant que tous ces phénomènes remarquables se produisent, l'animal conserve la sensibilité et l'usage de tous ses sens; il voit, entend, s'effraye des menaces, fait les plus bizarres contorsions, s'abandonne à l'agitation la plus fougueuse pour les éviter; ses facultés intellectuelles ne sont, pas sensiblement altérées, et s'il continuée vivre après la mutilation, les mouvements conservent leurs caractères anormaux ;]ils ne reprennent leur régularité première qu'autant que la lésion du cervelet est légère. Dans les cas de lésions circonscrites, de kystes, d'abcès ou de tubercules, par exemple, on a noté aussi presque toujours l'intégrité des facultés intellectuelles, sans modifications marquées dans l'état de la sensibilité générale.
Par tous ces résultats que j'ai vus reproduits aux leçons de M. Flourens ^, ce savant physiologiste démontre que le cervelet est le siège de la faculté coordinatrice des mouvements volontaires ou l'agent qui les harmonise et les associe. Cette faculté est distincte de celle qui excite les mouvements et de cette autre qui les commande : la première réside dans le cervelet, la seconde dans la moelle allongée et la moelle épinière, la troisième dans les hémisphères cérébraux. Néanmoins cette faculté régulatrice n'étend pas son influence sur tous les mouvements; il en est quelques-uns appelés de conservation qui paraissent en être indépendants.
A la vérité, tous les faits pathologiques ne confirment pas pleinement les données de l'expérimentation. Si, dans quelques-uns, la station était difficile, la marche irrégulière, la parole embarrassée, on a vu des épanchements cérébelleux, des tubercules, des masses cancéreuses dans le cervelet sans défaut de coordination des mouvements ou avec paralysie complète. Mais, comme le fait très judicieusement remarquer Longet, en rappelant la réflexion de Morgagni, la fonction peut survivre à l'altération grave de l'organe, surtout si cette altération se confine en laissant une assez grande quantité de substance intacte.
J'ai essayé de répéter sur les solipèdes ces expériences qui rendent si évidentes les fonctions du cervelet en ce qui concerne les mouvements. Ayant mis à découvert cet organe sur un cheval de trait, par l'enlèvement de la partie supérieure de l'occipital, j'ai enfoncé un scalpel dans son lobe moyen et assez peu profondément pour ne pas arriver jusqu'à la moelle allongée ; alors l'animal a secoué la tête, mais il n'a point éprouvé de convulsions. Après une seconde et une troisième piqûre, sa démarche est devenue chancelante : il écartait les mçmbres, se