‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 261 sur 287 · IIÔLIÎ DE LA BILE · texte numérisé non relu

IIÔLIÎ DE LA BILE

et faites dans les iiioillt'iii'cs comlilioiis; et, jusqu'ici on n'en possède de fdlrs (|ue pour le chi«;n. Or cet animal a donné par kilogramme de 12 à 28 grammes de bile dans les expériences de Nasse, de 1;> à 28 dans celles de Bidder et Sclimidt, de 21 à (h\ dans celles de Kolliker et H. MiWler. 11 en résulte que le chien sécréterait en \ingt-quatre heures de l/H'.i" à l/lo'' de son poids de bile. Le mouton en donnerait de 1/400" à 1/()0; le cheval, l/()(»'= d'après mes observations. Suivant Bidder et Schmidt, la corneille pourrait en fournir i/13, et le lapin jusqu'à 1/8*, ce qui me parait très exagéré.

L'abondance "de la sécrétion biliaire n'est pas seulement en rapport avec l'activité du travail digestif, elle est subordonnée aussi à la quantité, à la nature des aliments consonunés et ù d'autres conditions très diverses. Ainsi, son produit, d'après Nasse, s'élève de \\) à 24 grammes par kilogramme du poids du corps quand on augmente la ration de viande ; il est plus considérable chez les animaux nourris de chair que chez ceux entretenus au pain et au lait. Les matières grasses ajoutées aux aliments, l'eau donnée en grande quantité, certains médicaments, tels que le calomel, l'augmentent considérablement; d'autres agents, tels que le carbonate de soude, le diminuent. L'abstinence fait descendre, d'après Lehmann, son produit au quart de son chillVe initial en une dizaine de jours.

La continuité de la sécrétion biliaire entraine inévitablement celle de son excrétion, chez les animaux dépourvus de vésicule; elle pourrait ne pas l'impliquer nécessairement chez ceux qui possèdent ce réservoir; mais l'expérimentation montre que, dans les divers cas, les choses se passent à peu près de la inème manière. La bile est versée non pas seulement lors du passage du chyme dans le duodénum, comme le croyait Bichat, mais sans interruption, et il suflit de lier le pylore à un animal en pleine digestion, ou bien de débarrasser le duodénum de son contenu, puis de le circonscrire entre deux ligatures, pour s'assurer que ni la sécrétion, ni l'excrétion ne sont subordonnées au passage des aliments dans l'intestin grêle.

L'excrétion de la bile résulte du lait même de la continuité de la sécrétion, car les nouvelles quantités de Jluides formées poussent les premières vers l'intestin, et ainsi de suite. Elle tient, en outre, à la contraction des canaux, qui est ostensible dès qu'ils sont dégagés du parenchyme du foie. Cette conti'uction, que Magendie n'a pu voir ni provotiuer par l'action de divers stinnilants, est très faible ; elle ne peut, ni sur l'animal vivant, ni sur le cadavre, amener l'eUacement delà lumière du canal, l'ouitaul les pi(pn'es et l'application des acides à la face externe du conduit biliiiii'c, proNoqiicnt souvent un ii'sserrement manifeste. L'excrétion est favorisée par les mouvements res[iiratoires, comme Ualler l'avait pensé et comme Leuret et Lassaigne l'ont l'emarqu-é' sur le cheval. Elle m'a paru sensiblement activée, chez le taureau, lors des efforts un peu considérables, et à l'instant de la secousse du (lanc qui coïncide avec l'entrée de la pelote dans l'icsophage pendant la rumination. Divers observateurs l'ont vue accélérée sous l'inlluence des cris, des efforts de vomissement, de la défécation, etc.

Mais l'excrétion de la bile devant se faire, habituellement, d'une manière intermittente, en ra[)port avec les besoins de la digestion, la nature a annexé à ses canaux de déversement un réseivuir colhUt'iid où, connue dans les systèmes

d'irrigation, le liquide est tenu en partie et momentanément en réserve. Voyons comment il y arrive, comment il s'y maintient, et enfin comment plus lard il s'en échappe.

Le reflux de la bile dans la vésicule a lieu pendant l'abstinence, et même, en petite quantité, pendant la digestion, lorsque ce réservoir est flasque et peu rempli. Magendie ^ l'attribue à la difficulté que le liquide éprouve à passer dans l'intestin, par suite du rétrécissement du canal cholédoque au point où il pénètre les tuniques du duodénum. Mais s'il en était ainsi, comme ce rétrécissement est permanent, le reflux s'opérerait aussi bien pendant la digestion que dans toutes les autres circonstances. Je ne puis admettre cette explication, car le canal cholédoque, dans sa partie la plus étroite, a encore un diamètre supérieur au canal cystique. 11 me semble que le reflux n'est possible qu'à deux conditions, savoir : une contraction du duodénum ou une contraction à l'extrémité inférieure du canal cholédoque : la première exerçant une pression sur la partie du conduit comprise entre la tunique charnue et la membrane muqueuse; la seconde achevant d'en fermer la lumière ou de la réduire à un faible diamètre. Sans cela, il est difficile de concevoir comment la bile reflue avec force dans la vésicule au point de lui donner une tension considérable. Néanmoins il est certain que le resserrement résultant de ces deux causes n'est ni permanent, ni complet, puisque toute la bile sécrétée, lors de l'abstinence, ne pouvant s'accumuler dans la vésicule, une portion plus ou moins considérable en doit couler directement dans l'intestin. Ce reflux, quels qu'en soient le mécanisme et les causes, n'est favorisé, du moins chez les ruminants, par aucune disposition spéciale des canaux: on ne voit dans ceux-ci ni replis, ni valvules propres à provoquer le cours rétrograde du liquide.

La totalité de la bile accumulée dans la vésicule ne vient pas seulement par la voie du canal cystique. Une faible partie de ce liquide est amenée directement dans ce réservoir, chez un certain nombre d'animaux, par les canaux hépato-cystiques, dont l'existence est admise depuis fort longtemps. L'un de ces canaux, que Perrault a décrits sur le bœuf, se termine dans la vésicule, soit au col même, soit àl ou 2 centimètres au delà de ce point. On en voit souvent, chez le même ruminant, un second, et quelquefois un troisième qui s'ouvrent dans la vésicule à quelques centimètres du col, mais leur existence n'est pas constante.

Quant à savoir suivant quelle proportion la bile reflue dans la vésicule relativement à celle qui est dirigée vers l'intestin, c'est un point fort difficile à déter- . miner : il ne faut pas chercher les choses introuvables, surtout quand elles sont sans importance.

Pendant la digestion, la bile qui vient du foie est poussée vers l'intestin avec celle qui s'était accumulée dans la vésicule. Il règne quelques dissidences entre les [tliysiologistes'cn ce qui concerne l'instant précis de l'évacuation de la bile cystique et les causes qui la provoquent. Los uns disent que la vésicule se vide à mesure que l'estomac se remplit ; les autres prétendent que son contenu s'échappe seulement lorsque le chyme commence à passer dans l'intestin. Il est très probabhî que cet écoulement s'opère dans ces deux circonstances. Quoi qu'il en soit,

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