‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 45 sur 287 · FONCTIONS DU GRAND SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

FONCTIONS DU GRAND SYMPATHIQUE

parties prouveraient, d'aprèslespreniieis travaux de Bernard à cesujet,que les nerfs

FiG. 31. — Plexus suluiro de l'homme, d'iiprès Bourgcry et Maiiec (*). ganglionnaires ont une inilucnce sur la calorilication et jouent le rôle de nerfs

( ) I, pneumogastrique gauche ; 2, pueumogasliiquc tlniit; :!, brauche terminale du pneumogastrique droit se i emiant au j^angliuii semi-lunaire du môme coté : i, \ , tronc et ganglions du sympathicpie ; 5, grand splancliniqne; 6, ganglion semi-lunaire droit; 7, ganglion accessoire; 8, petit splanchnique ; 9, plexus rénal ; 10, plexus mésentérique supérieur; 1 1, plexus spléniqiie ; 12, plexus gaslricpic

calorifiques; mais, ainsi que Longet le fait remarquer, cette opinion est inadmissible, car si les nerfs ganglionnaires présidaient à la calorification ou aux actions chimiques qui développent la chaleur, celle-ci devrait baisser quand rinfluence de ces nerfs est détruite par la section. Le sympathique est plutôt un modérateur qu'un stimulant de la calorification et il l'est, à ce qu'il semble, en maintenant les actions chimiques dans de justes limites. Il faut admettre, avec Brown-Séquard, que l'augmentation de la température, à la suite de la section, tient à la paralysie vasculaire, à l'hyperhémie qui en est la conséquence, et enfin à l'exagération des actions chimiques dans cet état analogue à celui de la congestion physiologique ou de la congestion morbide.

La nutrition est nécessairement influencée par le sympathique, puisque ce nerf donne la motricité aux vaisseaux, et que celle-ci règle l'apport du sang aux organes. Mais quelle est la nature de cette influence, quels en sont les caractères, les limites ? Il est probable que c'est surtout en réglant la circulation, l'importation et l'exportation des matériaux assimilables que le sympathique agit sur la nutrition. Son action suffit dans certains organes, elle peut, dans d'autres, être suppléée par celle du système cérébro-spinal.

Le système ganglionnaire agit plus manifesten)ent encore sur les sécrétions. Déjà Brachet, dans des expériences un peu tranchantes, avait cru voir que les • sécrétions, notamment celles des reins, se suspendent quand la glande n'est plus soumise à l'influence du sympathique, et Gzermak avait constaté qu'en galvanisant les rameaux de ce nerf qui se rendent à la glande sous-maxillaire, on y suspend la sécrétion salivaire, sécrétion que la galvanisation du lingual peut rétablir; mais le fait n'est pas constant, car d'autres observateurs ont noté que l'irritation du grand sympathique active la sécrétion salivaire au lieu de la suspendre. Les expériences sur les ganglions semi-lunaires si souvent reproduites, n'ont absolument aucune valeur. Les abondantes déjections, la diarrhée que l'on observe à la suite de l'irritation ou de l'excision de ces petits cerveaux, sont dues, en très grande partie, à l'action stimulante de l'air sur le péritoine, sur l'intestin et aux manipulations exercées sur ce dernier organe pendant l'opération. Les déjections fréquentes et la diarrhée attribuées à la suppression de l'influence nerveuse s'observent, comme je m'en suis assuré maintes fois, aussi bien sur les animaux, dont on ouvre simplement le ventre que sur ceux auxquels on enlève les ganglions semi-lunaires.

Dans des expériences faites depuis la seconde édition de ce livre, j'ai constaté plusieurs fois que l'ablation des semi-lunaires ne donne pas lieu, comme on l'avait pensé, à une paralysie des vaisseaux de l'intestin et par suite à des sécrétions muqueuses abondantes comparables aux sueurs qui suivent la section du filet cervical. Ainsi, sur un chien, après l'ablation des deux semi-lunaires, il s'est développé une péritonite sans diarrhée. Sur un autre, qui survécut six jours, il y eut pf-ritonite diffuse et sécrétion de mucosités rougeâtres. Sur les autres, chez lesquels l'extirpation des ganglions était faite en dehors du péritoine, entre cette séreuse abaissée et le psoas, il n'y eut, même au bout de cinq ou six jours, ni diarrhée, ni péritonite bien prononcée, mais, après cette ablation, il y eut all'aiblissement notable des contractions gastriques et intestinales.

L'action du sympathique sur les glandes nous est aijsolument inconnue. Bernard dit que c'est une action rcflexe paralysante dans laquelle lirritation reçue |)ar un nerf sensitif est rélléchie sur le sympathique par l'iiUermcdiaire d'un nerf moteur. D'autres prétendent que c'est une action directe exercée par le nerf j,Mnglionnaire sur les éléments de la glande; quelques-uns. enfin, v voient une simple action sur les (ihres contrarliles des vaisseaux.

En somme, tout ce ([ue la physiologie expérimentale nous a appris sur le grand svmpatliique, se réduit à peu près aux résultats signalés, il y a plus d'un siècle, par {♦ourl'our du Petit et h ceux qu'on doit aux travaux de Bernard, savoir, d'une part, que lasection du (ilet ms ical donne lieu au resserrement de la pupille, à l'injection de la conjonctive, à une dilatation des vaisseaux, à un accroissement de la température du cou et de la tèie, et d'autre part, que la galvanisation du bout supérieur du filet coupé ramène la dilatation de la pupille, fait cesser l'hyperhémie, baisser la température, en un mot, rétablit l'état normal. Le grand sympathique est évidemmmenl le nerf qui donne aux viscères leur sensibilité obscure, et qui règle les mouvements involontaires des muscles de la vie organique et du système vasculaire. Mais, on ne sait comment, en dehors de son influence sur la sensibilité et la contractilité des tissus, il agit sur la nutrition, les sécrétions et la i)roduction du calorique. C'est ce que de futurs traxaux nous apprendront, p(Mit-élre, dans un avenir prochain.

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