CHAPITRE VllI
DES SENSATIONS EN PARTICULIER L — Du TOUCHER.
La vue donne ù l'animal comme à l'homme la notion de la présence des objets, celle de leur forme, de leur couleur, de leur distance ; l'ouïe lui fait reconnaître les corps par les sons qu'ils peuvent produire ; l'odorat lui fait apprécier les émanations répandues dans l'atmosphère ; le goût lui fait juger des qualités des substances dont il se nourrit. Par leur intermédiaire, il acquiert une foule de connaissances, éprouve une infinité de plaisirs ou de soullrances ; car les sens sont des portes ouvertes à tout ce qui est agréable comme à tout ce qui est pénible. Chacun d'eux fournit une série de notions que ne peuvent point donner les autres ; mais ils ne les donnent pas toutes, le reste vient d'un sens plus général que les précédents, disséminé sur toute la surface de l'être, transformant l'extérieur du corps en un sens universel destiné à recevoir un grand nombre d'impressions susceptibles de compléter et de contrôler celles qui dérivent des sens localisés. Ce dernier, qu'on ai)pelle le toucher, est le plus simple de tous ; il existe chez tous les animaux où il apparaît avant les sens plus complexes dont il peut, jusqu'à un certain point, tenir lieu, et desquels il se différencie sous trois rappoils essentiels: 1" parce qu'il n'est pas localisé ; 2" parce qu'il manque de nerfs particuliers à sensibilité spéciale; 3" parce qu'il reçoit des impressions de nature très variée. C'est celui qu'il convient d'étudier en premier lieu.
Di'H or»-anoH <lii lonclii'i*. — C'est le tégument on l.ineau extérieure qui est chargée de recevoir les inq)ressions tactiles ; mais elle ne jouit pas, dans tous les points de son étendue, du même degré d'impressionnabilité, et elle n'est |)as