luvier, Analomie comparée, Ictlie ;i Merlrud, p
et au canal tlioracique, indiquait, le cours général du chyle, et détruisait l'erreur d'après laquelle on admettait que ce liquide était porté dans le foie; Gasserius, Sténoii, Yirsungus, en trouvant les canaux de la parotide, du pancréas, montraient le cours de la salive et du suc pancréatique.
La considération des dispositions anatomiques jette un grand jour sur le mécanisme de plusieurs fonctions. C'est presque par la condguration et la structure du cœur qu'on arrive à connaître le jeu de cet organe ; c'est par la disposition des vaisseaux du fœtus qu'est dévoilé le mode de circulation pendant la vie intra-utérine. Ainsi, quand on voit que le sang de la mère apporté par la veine ombilicale se mêle au sang de la veine porte du fœtus, puis à celui de la veine cave postérieure, au moyen du canal veineux, qu'ensuite ce même sang se mêle une troisième fois avec celui des autres parties dans les oreillettes du cœur, et une quatrième fois dans l'aorte et l'artère pulmonaire par le canal artériel, on est convaincu de la réalité du mélange réitéré entre le sang apporté par la mère et celui qui appartient au fœtus, et dès lors on conçoit peu les disputes qui se sont élevées depuis Duverney et Méry sur la question de savoir comment se fait la circulation fœtale, et si les sangs se mêlent ou ne se mêlent pas. Bien d'autres particularités anatomiques ont une signification non moins précise. La structure de l'estomac n'explique-t-elle point pour tels animaux la possibilité de vomir, et pour d'autres l'impossibilité d'exécuter le vomissement? La forme des dents, celle de l'articulation temporo-maxillaire, ne font-elles pas deviner le mode de mastication, et par le mode de mastication le régime, et par celui-ci les mœurs des animaux? L'épaisseur des parois du gésier, la couche cornée qui revêt sa muqueuse, les graviers que renferme sa cavité, tout cela n'indique-t-il point que cet estomac est un organe de trituration ?
Mais il ne faudrait pas attendre de l'anatomie l'explication de la nature intime de toutes les actions organiques. Il peut y avoir, comme le dit P. Bérard, il y a même un rapport entre la structure des organes et leurs fonctions; seulement ce rapport échappe à l'observation : « Il ne se voit pas. » Il est a rai que les recherches de l'anatomie micrographique, ou de ce qu'on appelle maintenant l'histologie, nous mènent un peu plus loin que ne le fait l'anatomie ordinaire. Le reproche que Bichat adressait de son temps au microscope serait ridicule aujourd'hui. Incontestablement les recherches de ce genre ont éclairé beaucoup le développement des tissus et des organes ; mais elles n'ont pas conduit h tous les résultats que l'on pouvait en espérer; elles ont eu même le grand inconvénient de faire négliger le côté philosophique de l'anatomie générale, celui sous lequel Bichat et ses rares imitatoui's l'avaient envisagée. Il y a plus, elles ont jeté une grande confusion sur différents points qu'elles paraissent appelées à éclaircir. Ainsi, pour avoir donné trop d'importance à des accessoires qui en méritaient peu, elles ont embrouillé à un tel (h'gi'é la texture des glandes, qu'il est fort diflicile de s'en faire une idée claire sans recourir à un examen comparatif de ces organes dans la série animale. Le physiologiste qui cherche dans l'étude de l'organisation les éléments d'une analyse profonde; des actions vitales ne peut restreindre ses investigations à un j)elit nond)r(! d'csijèccs; il faut qu'il les étende, pour ainsi dire, à tous les types du règne animal, on, en nn iikiI, (pi'il fasse; de l'anatomie comparée. Le secours
DE l'observation. 33
de celle-ci est indispensable pour faire de la [thysiologie savante et exacte. Haller, qui l'avait bien senti, n'a jamais manqué d'utiliser les travaux de Fabrice d'Acquapendente, de Severinus, de Perrault, de Duverney ; bien qu'alors Tanatomie comparative , qui était dans son enfance, ne piit encore rendre de très grands services. Aujourd'hui, après les belles créations de Cuvier, les travaux deM(H-keI, de Carus, d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, de Blainville , Duuiéril, Duvernoy, Milne Edwards, de Quatrefages, etc., elle ouvre une voie brillante d'avenir à la science moderne. Lejourqu'elle,jettesurlapliysiologietient]U'incipalement à ce qu'elle nous l)résente l'organisation animale sous un nombre |)resque inlini de formes, depuis les plus élémentaires jusfpi'aux plus comi)liquées ; elle fait en quelque sorte l'analyse de cette organisation, nous montre les appareils et les organes isolés insensiblement de tous leurs accessoires. Ainsi, elle nous fait voir comment l'appareil digestif perd graduellement ses grandes dilatations, ses nombreux re|)lis, ses glandes conglomérées, et arrive à l'état d'un simple sac n'ayant plus d'annexés glanduleux ni même de parois distinctes ; — comment l'appareil respiratoire, qui résulte chez les animaux supérieurs de tant de parties destinées à faire pénétrer l'air, à l'expulser, à mettre en mouvement les parois du thorax, se réduit peu à peu à la forme d'une simple poche ou de quelques lamelles membraneuses, et enlin à rien, quand la peau elle-même peut suffire à l'oxygénation du lluide nutritif; — comment l'appareil locomoteur, après avoir été composé d'un squelette articulé, d'un grand nombre de muscles et de tendons, arrive à n'être plus constitué cpie par quelques faisceaux insérés sous le tégument, et en dernier lieu par quelques libres disséminées dans la substance du corps. De même, elle nous fait voir de quelle manière la glande la plus complexe arrive à la forme la plus simple, comment le poumon, le conir, le cerveau et tous les autres organes se réduisent à leurs formes élémentaires, et cela par un passage lent, gradué, insensible. Par cette simplilication, cette réduction successive de l'organisme à ses parties essentielles, elle nous indique quelles sont ces dernières, et nous permet de mieux juger de l'action de chacune.
Par les enseignements que nous donne cette étude comparative, « la nature semble nous avoir i)ré[»aré des moyens de suppléer à l'impossibilité de Caire certaines expériences sur les corps vivants. Elle nous présente, dans les dilïérentes classes d'animaux, presque toutes les combinaisons possibles d'organes; elle nous les^nontre réunis deux à deux, trois à trois, et dans toutes les {troportions. 11 n'en est, pour ainsi dire, aucun dont elle n'ait privé quelque classe ou quelque genre, et il suffit de bien examiner les effets produits par ces réunions, et ceux qui résultent de ces privations, pour en déduire des conclusions très vraisemblables sur la nature et l'usage de chaque organe et de chaque forme d'organe... Mais il n'est pas permis de borner ces recherches à quelques espèces : souvent une seule iiégligée recèle une exception qui détruit tout un système'. »
Mn même temps que l'anatomie comparée montre au physiologiste dans quel ordre, suivant quelles lois les appareils et les organes se simplifient, elle lui indique la voie qu'il doit suivre {>our découvrir de ([uelle manière les fonctions se