Cuvier, Anatomie comparée, t. III, p
La cornée h'ansparente, qui ferme antérieurement, à la manière d'une vifre, l'appareil d'optique représenté par le globe de l'œil, a une courbe appartenant à une sphère d'un diamètre plus petit que la sphère de la sclérotique, et qui est susceptible de varier un peu par l'action des muscles. Sa circonférence, au lieu d'être circulaire ou ellipsoïde, est allongée transversalement dans le cheval et les ruminants. Cette membrane, composée de plusieurs lames superposées dans lesquelles se trouvent des lacunes et des corpuscules étoiles, a un revêtement épithélial, pavimenteux, stratifié continu à celui de la conjonctive. Elle a des divisions nerveuses, provenant des nerfs ciliaires, et, à son pourtour, quelques capillaires sanguins émanant de la muqueuse oculaire.
La sclérotique constitue la plus grande partie de l'enveloppe externe de l'œil. C'est une membrane blanche, opaque, résistante, adaptée en avant à la cornée, et percée en arrière pour le passage du nerf optique. Elle est fibreuse dans la généralité des animaux, pourvue antérieurement d'un cercle d'écaillés osseuses chez les oiseaux, et en arrière de plaques osseuses ou cartilagineuses chez les poissons. Sa face interne répond à laPchoroïde, et l'externe donne implantation aux muscles droits et obliques.
En dedans de la sclérotique, se trouve la choroïde, membrane mince, opaque, noire ou diversement colorée, composée d'un réseau de vaisseaux fins renfermant dans ses mailles des libres musculaires et des cellules nerveuses, puis tapissée par une couche pigmen taire qui disparaît chez les albinos et laisse à celte membrane une teinte rosée fort remarquable. Elle offre dans les mammifères, du côté opposé à la terminaison du nerf optique, une tache brillante, plus ou moins étendue, à reflets métalliques. Cette tache, désignée sous le nom de tapis, est vert doré chez le bœuf, bleu argenté chez le cheval, la chèvre, les cerfs, jaune doré pale chez le lion et le cliat^ Le tapis, qui, en réfléchissant fortement la lumière dans l'obscurité, dcmne aux yeux de certains animaux un éclat souvent si vif, manque à l'œil des oiseaux et des poissons.
La face interne de la choroïde est tapissée par la rétine, membrane presque transparente résultant de l'épanouissement de la pulpe du nerf optique et destinée à recevoir l'impression de la lumière. Cette expansion nerveuse, qui paraît le plus souvent s'étendre jusqu'aux procès ciliaires, comme on le voit très bien à l'œil des solipèdes, ne va pas jusque-là dans tous les animaux. En général, on la voit aller d'autant plus loin que la couronne ciliaire est plus réduite. Ainsi, d'après Cuvier, elle recouvrirait la moitié seulement de la choroïde du porc-épic et le tiers de celle du lynx qui ont les procès ciliaires très grands, tandis qu'elle aurait un développement considérable dans le chamois et la corinne dont la couronne ciliaire est très étroite. Dans tous les cas, elle est libre d'adhérences à ses deux faces, souvent plissée, comme dans les oiseaux de proie. Des nombreux éléments qui la composent, par leur superposition, les plus importants paraissent être les. bâtonnets et les cônes très réfringents de la couche externe, puis les fibres rayonnantes qui proviennent du nerf optique. Celui-ci arrive tantôt sensiblement dans l'axe de l'œil, comme cela se voit sur l'éléphant, le lynx, le phoque;