‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 111 sur 239 · VII. — FRÉQUENCE DES BATTEMENTS DU COEUR · texte numérisé non relu

VII. — FRÉQUENCE DES BATTEMENTS DU COEUR

Le nombre des contractions que le cœur effectue en un temps donné est très^ variable, suivant les es|)èces animales, les âges, et une foule de conditions normales ou pathologiques. I/étnde de ces variations a une grande importance, tant pour le physiologiste que pour le praticien, mais les lois auxquelles elles sont subordonnées ne sont point très-saisissables.

£n ce qui concerne les animaux comparés entre eux, on peut dire que le nombre des battements du cœur est en raison inverse de la taille : les petits donnent le maximum de fréquence et^ les grands le maximum de lenteur; mais il n*y a à cet égard qu'une relation très-générale et très-vague, car parmi les mammifères le nombre des pulsations est souvent le môme sur des espèces qui pèsent deux on trois fois autant les unes que les autres, et lorsque le volume du corps augmente du double ou du ti*iple de l'unité, le nombre des pulsations ne se réduit que dans une proportion beaucoup plus faible.

Voici le nombre des pulsations parmi les mammifères où il a été déterminé. Les animaux sont groupés par ordre de taille.

Éléphant, d'après mes observations 25 à 28

Chameau, id 25 à 32

Girafe, d'après M. Dubois 66 ??

Cheval, d'après les auteurs vétérinaires 36 à 40

Bœuf, id 45 à 50

Mulet, id 46 à 50

Tapir, d'après M. Dubois 44 »

Anei d'après les auteurs vétérinaires 46 à 50

Porc, id 70 à 80

Lion, d*après M. Dubois 40 »

Lionne, d'après mes observations 68 »

Tigre, d'après M. Dubois 64 »

Mouton, d'après les auteurs vétérinaires. ... 70 à 80

Chèvre, id 70 à 80

Panthère, d'après M. Duboi» 60 »

Louve, id 96 »

Hyène, id 55 »

i^hien, d'après les auteurs vétérinaires 90 à 100

Chat, id 120 à i40

Lapin, id 120 à 150

Marmotte, d'après Saissy 90 »

Hérisson, id 75 »

l^ir, id 175 »

Souris, d'après M. Dubois 120 n

Pour les oiseaux on a trouvé :

Oie, Prévost et Dumas 110

Poule, id : 140

Pigeon, id 136

Moineau, d'après mes ol)8ervations • . 138

Chez les reptiles et les laissons :

Anguille^ d'après Fontana 24

Carpe, id 20

Grenouille, d'après M. Dubois 80

Salamandre, d'après Fontana 77

Ainsi |)armi les mammifères, de l'animal le plus grand au plus pelit, de réiéphant à la souris, le nombre des pulsations ne varie que dans ic rapport de 1 à 6, tandis qtie le poids du corps varie de 1 à 100 000, celui de la souris étant supposé de 20 grammes et celui de Téléphant de 2000 kilogrammes. En prenant le nombre des pulsations de riiommc 65 à 70 pour type, on voit qu en le doublant on atteint rextrénîe de la fréquence des petites es|)ècos, et qu'en en prenant le tiers on a, à peu près, l'extrême lenteur des animaux de grande taille.

L'influence de )a taille se fait si'ntir dans une môme espèce entro les divei^es races et les divers individus, comme entre les grandes- et les petites espèces. I>es fortes races de chiens ont le pouls plus lent que les petites. Il n'est |)as jusqu'aux insectes où cette influence se fasse sentir, car Newport â compté moins de contractions au vaisseau dorsal sur les grandes larves de sphinx que sur les petites.

La fréquence des battements du cœur est, |H)ur la plupart des espèces, en raison inverse de l'âge ; les jeunes sujets^ dès la vie embryonnaire, ont les battemc^nts beaucoup plus nombreux que dans la suite. Dans l'espèce humaine pendant la vie foetale, dès qu'ils sont perceptibles à l'auscultation du ventre de la mère, ils sont en moyenne de 135 à l/j5, mais ils peuvent descendre à 90 et nionter à 180. Dans les premiei*s jours qui suivent la naissance e!. dans le cours de la première année de l'enfant, ils se maintiennent à environ 135 d'après les observations de Nxgelé, de Volkmann, de Quelelet. Dans les deuxième, troisième et quatrième année, ils descendeutà 1 10, dans la cinquième \k 100, dans la septième ci 85, à 80 au moment de la puberté, puis de 80 à 70 à l'âge adulte. Dans la vieillesse avancée, ils remontent jusqu'à 75. Les variations subordonnées à l'âge ont été peu étudiées chez les animaux. Bourgelat a trouvé de 55 à 65 pulsations au poulain, et Girard 56 h la génisse. Si elles étaient chez les animaux proportionnelles à celles de l'homme, il faudrait à peu près dans chaque espèce doubler le nombre de l'âge adulte pour avoir celui de la naissance ou de la vie fœtale.

Toutes les causes d'excitation normales ou anormales qui agissent sur rensend>le de l'économie, et en particulier, soit sur la circulation, soit sur la respiration, augmentent la fréquence des contractions du cœur : Texercice vient en première ligne.

Ainsi, sur un cheval léger dont les pulsations, au repos, étaient de /lO, leur nombre s'éleva à 55 après 5 minutes de marche, à 78 après 5 minutes de trot, à 98 api*ès 5 minutes de galop. Sur un autre cheval de trait, le cœura donné au rc|ios h\ pulsations; 50 après 5 minutes de tracti(m à tuie voiture chargée; 90 après 10 minutes du même exercice. L'augmentation dans les deux cas peut donc arriver à environ une fois et demie le chiiïre normal.

Sur l'homme, une accélération analogue a été constatée dans les mêmes conditions. L'individu observé par Bryan Robinson, qui avait 73 pulsations au repos, en

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