FRÉQUËNCI^ DES BATTEMENTS- DU COEUR. U
présenlait 7& après une marche leiuc de quelques inslaïUs, 100 après une marche (l'une heure, 1^0 à 150 à la suile d'une course rapide.
L'agitation, les cris agissent comme l'exercice et augmentent aussi, dans une proportion énorme, les contractions du cœur. Sur l'enfant, d'après Trousseau, ils en portent le nombre de 112 à 180. Les émotions, la joie, la peur et toutes les causes qui accélèrent les mouvements respiratoires produisent le même eiïet. Aussi le praticien qui va explorer le pouls des animaux timides doit-il éviter de les elTrayer et ne commencer à compter les pulsations qu'après les avoir suffisamment rassurés.
La situation du corps, l'attitude les font varier très-sensiblement. Leur nombre est au minimum sur l'homme couché ; elles augmentent de A ou 5 sur l'homme assis et encore d'autant sur l'individu debout, de sorte qu'il y a dans l'attitude verticale 10 ù 12 pulsations de plus que pendant le décubitus. On a noté que cette différence entre les deux positions pouvait aller jusqu'à 18 sur lea malades adultes et il 25 sur les enfants.
Pendant le sommeil, elles se ralentissent tant par le fait du décubilus que par celui de l'engoui'dissementdes sens, lien est ainsi sous l'influence de l'abstinence, et après ringestion de l'eau ou de certaines boissons non excitantes, et de la torpeur hibernale où l'efTet du sommeil se joint à celui de la privation d'aliments. L'abaissement de la température extérieure les ralentit plus encore. Saissy a vu. par exemple^ le pouls de la marmotte, qui est de 90 pendant la veille, descendre à 42 ou à 10 pendant la léthargie. 11 tombe même à H, d'après Prunelle, quand la torpeur est très-complète.
Dans l'effort^ au moment même de sa production, alors que la glotte se ferme et que le thorax comprime le poumon et le cœur, le nombi*c des battements de ce dernier diminue et leur intensité s'aiïaiblit au point que le choc et les bruits cessent d'être perceptibles : quelquefois même alors les battements s'airêtent un instant. Weber en suspendant volontairement sa respiration, par un effort prolongé, a réussi à déterminer une véritable syncope. Aussi M. Milne Edwards pense que l'arrêt volontaire des mouvements respiratoires peut ainsi produire la mort, i^lais les efforts répétés, ceux qui se succèdent avec une certaine rapidité, chez les animaux traînant de lourds fardeaux, donnent lieu à une accélération des battements comparable à celle qu'on observe pendant la marche ou la course.
Il est diverses circonstances extérieures qui diminuent la fréquence du pouls : le froid, l'immersion dans l'eau froide et surtout quelques médicaments tels que la digitale et la vératrine.
Au contraire, la chaleur extérieure, la diminution de pression atmosphérique accélèi*ent les contractions du cœur. On a vu sur l'homme le pouls monter à 1^5 dans une éluve chauffée à 48 degrés, à 160 dans un milieu à 65*" centigtades.
La plupart des troubles morbides, notamment ceux qui sont accompagnés d'une vive réactiou fébrile, augmentent le nombre des battements cardiaques. Les inflammations aiguës le doublent fort souvent. Il est bien peu de maladies qui le diminuent ; dans cette catégorie se trouvent divers états nerveux où la susceptibilité du svstème est affaiblie.
Quelques conditions anormales l'augmentent ou le diminuent d'une manière trèsnotable; parmi elles on peut citer la décapiution ou la section de la moelle allongée.
l'asphyxie, les hémorrhagies mortelles et les injections de différentes substances dans les veines.
La section de la moelle produit sur-le-cliamp une accélération considérable des battements du cœur, suivie bientôt d*un ralentissement graduel. Â partir de deuï secondes après cette section en arrière de Toccipital, j'ai compté sur un cheval à la carotide préalablement mise ii découvert, 30 pulsations à la première minute, 30 à la seconde, 32 à la troisième, 33 à la quatrième, 38 à la cinquième, puis de 36 à 48 dans les minutes suivantes. J'ai constaté la même progression sur les animaux décapités, à quelques légères différences près relatives à l'espèce, et surtout ci l'âge des animaux.
Sur un cheval dont on ferma hermétiquement la trachée, au moment où ma main pénétrait dans la poitrine et venait s'appliquer sur le cœur, j'ai compte 27 pulsations à la première minute, 36 à la seconde, 36 à la troisième, 66 à la quatrième, TU à la cinquième, kl à la sixième, US à la septième; puis elles furent remplacées par les mouvements fibrillaires qui ne produisaient plus aucun changement dans la capacité des cavités du cœur, ni aucun déplacement de cet organe.
Chez les animaux auxquels on ouvre les artères, pour déterminer une hémorrhagie promptement mortelle, les battements du cœur, comme Haies l'avait remarqué, ne tardent pas à devenir plus nombreux et à s'accélérer graduellement jusqu'à l'instant de la mort, ou plutôt jusqu'à celui où ils se suspendent, car l'animal continue à exécuter des mouvements convulsifs et des mouvements res piratoires une à deux minutes après la suspension des contractions effectives du cœur. L^n cheval dont la carotide était ouverte eut, pendant la première minute, 77 pulsations cardiaques, 77 pulsations à la deuxième, 82 à la troisième, 98 à la quatrième, 121 à la cinquième, 115 à la sixième et 116 à la septième. Comme les pulsations artérielles sont peu distinctes dans les derniers moments, il est convevenable, pour en déterminer Je nombre et en apprécier l'énergie, d'appliquer la main sur le cœur par une ouverture faite d'avance aux parois abdominales et au diaphragme.
Enfin, à la suite de l'injection de sul>stances étrangères dans les veines, les contractions cardiaques diminuent subitement de nombre, puis au bout d'un ceiiain temps, après être arrivées à leur miuimum de lenteur, s'accélèrent peu à peu et réviennent plus tard à leur chiffre normal, si la substance injectée n'est pas susceptible par sa nature on sa quantité de donner lieu à des troubles graves. L'émétique, l'ipécacuanha, les sulfates de fer, de cuivre, le cbromatede potasse^ le sublimé corrosif, l'alcool^ l'opium, les teintures stimulantes, produisent constamment cet effet, conime nous l'avons tu dans nos expériences. Ainsi deux secondes après l'injection de 10 grammes d'émétique en dissolution dans 100 grammes d'eau, un cheval eut 31 pulsations à la première minute, 26 à la seconde, 29 à la troisième, 23 à la quatrième, 30 à la cinquième, 29 à la sixième. Le maximum 85 se fit remàr- (|uer à la troisième heure, puis la fréquence des battements diminua d'une manière progressive.
Quelles sont les lois de ces variations? lNous les connaissons peu, quoique divers physiologistes croient les avoir indiquée*.
On dit, en premier lieu, que les O/iUractions du cœur sont d'autant plus fré-