‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 12 sur 239 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

DE L'ABSORPTION VEmEQSE.

L'întrodoctioa des matières étrangères daus les tissas vivants est Tacte initial de Tabsorption. Â ce premier acte s'ajoute une impulsion. Les molécules admises dans les tissus doivent être déplacées, enlevées, pour faire place" à des molécules oonveiles. Les forces qui président à leur introduction déterminent un déplacement lent; mais c'est par suite de l'entrée des molécules dans les vaisseaux, et par conséquent, de leur admission dans les courants sanguins et lymphatiques, qu'elles reçoivent la grande et définitive impulsion qui les dissémine dans toute TécoDomie.

Sans doute, l'impulsion que les matières saisies reçoivent des forces moléculaires, d'où résultent l'osmose, lsi diffusion, pourrait, à la rigueur, déterminer l'enlèvement, l'exportation et la dispersion de la matière. Elle y suffit dans les espèces inférieures, toutes de petite taille, aussi bien que dans les végétaux cellulaires, où les produits absorbés passent d'utricule en utricule, de lacune en lacune; mais elle devient insuffisante dans les organismes plus élevés, et surtout dans les types supérieurs, où tous les transports de liquides se font à grande vitesse.

Les vaisseaux chargés de l'exportation des produits absorbés ne peuvent donc être considérés comme les agents immédiats de l'absorption : ils en sont seulement les auxiliaires, les organes complémentaires. L'absorption est effectuée par les éléments anatomiques avant que ces vaisseaux interviennent ; mais, dès qu'ils y participent, c'est à des titres divers. En effet, lés vaisseaux agissent : i^ au même titre que tes tissus dont ils sont formés, et par les éléments anatomiques de ces tissus; 2** par l'attraction de leur contenu, doué d'un certain pouvoir osmogène; et, sous ce rapport, ils font l'office de petits osmomètres dispersés en nombre infini dans la substance des membranes et dans l'épaisseur des organes, osmomètres membraneux et perméables dans une grande partie de leur étendue comme à leurs extrémités radiculaires; 3* enfin, ils agissent en enlevant rapidement les molécules saisies, et, par conséquent^ en maintenant constante la différence initiale entre le liquide iotra-vasculaire et le liquide extérieur, différence qui facilite une diffusion toujours active du second dans le premier. Les vaisseaux sont ainsi des organes d'absorp* CkiD, de réception et de transport des matières destinées à entrer momentanément dans le torrent circulatoire.

D'après ce qui a été dit plus haut du mécanisme de la pénétration des matières étrangères dans les tissus, il est clair que tous les vaisseaux à parois minces doivent, quels qu'ils soient, jouir de l'aptitude à absorber, et l'expérimentation directe Ta Meutôt en donner la preuve. Mais c'est surtout à leur origine et à cause même de fa perméabilité extrême que leurs minces parois y présentent que les vaisseaux rem- IkHssent ce rôle. A ce point de vue, les veines et les lymphatiques se ressemblent. Toutefois^ l'activité de l'absorption ne saurait être égale dans les deux ordres de vaisseaux. En admettant, des deux côtés^ une égale perméabilité de parois, on peut, à priori^ supposer que chaque ordre de vaisseaux absorbe en raison directe de

retendue de sa surface radiculaire, de la masse du contenu et de la rapidité des courants. Pour toutes ces raisons, la prééminence semble appartenir aux vaisseaux sanguins, ainsi que l'expérimentation va le prouver.

Il est clair que chez les animaux invertébrés dépourvus de lymphatiques, et chez les animaux supérieurs, dans les parties où les vaisseaux blancs font défaut, l'absorption est dévolue tout entière aux vaisseaux sanguins. L'absorption veineuse est donc une action plus générale que l'absorption lymphatique.

En qualifiant d'absorption veineuse celle qui est effectuée par les vaisseaux sanguins, les physiologistes emploient une formule qui n'est pas suffisamment rigoureuse. Toutes les parties du système sanguin peuvent admettre, proportionnellement à leur perméabilité, les diverses substances absorbables, quelle que soit la direction des courants sanguins. Dès que les artères sont suffisamment divisées pour présenter de minces parois, elles absorbent, et le produit de leur absorption est poussé avec le sang vers les capillaires, puis vers les veines. Les capillaires, qui représentent un système d'une immense étendue de surface, absorbent mieux encore; ils peuvent être considérés comme la partie essentiellement absorbante du système vasculaire sanguin; aussi les petites veines ou les radicules veineuses continuent cette fonction jusqu'au moment où l'épaississement de leurs parois en annule la perméabilité.

Tant que les anciens ne connurent pas les vaisseaux blancs, ils attribuèrent nécessairement l'absorption aux veines; et, à cet égard^ il n^ pouvait alors s'élever aucune contestation; mais les physiologistes commencèrent à disputer sur la réalité de l'absorption veineuse lorsqu'ils eurent établi l'office des vaisseaux blancs; ils unirent par la nier à peu près jusqu'au moment où Magendie et Dellile la prouvèrent par des expériences décisives. Ce sont les suivantes :

i<* Ces deux expérimentateurs, après avoir lié le canal thoracique à un chien, lui ont fait avaler une certaine quantité de noix vomique. L'empoisonnement a eu lieu dans les délais ordinaires, donc le poison a été pris par les veines et porté par elles seules dans le torrent de la circulation. Déjà Fontana avait vu le venin de la vipère causer la mort, bien que le canal thoracique eût été lié sur les animaux mordus; et £. Home avait constaté que, dans le cas où le canal thoracique est lié, la rhubarbe introduite dans les voies digestives s'élimine très-bien par les urines. L'objection faite à cette expérience : que le système lymphatique a pu verser le poison dans les veines par quelque communication avec la sous-clavière autre que celle de l'insertion du canal thoracique, est sans valeur, puisque les communications supposées n'existent pas.

2® Ils ont mis à découvert une anse intestinale qu'ils ont liée à ses deux extrémités et appliqué des ligatures sur^tous les lymphatiques, puis les ont coupés en travers. Enfin, après avoir également lié et coupé les vaisseaux sanguins, à l'exception d'une artère et d'une veine, ils ont injecté dans cette anse de la noix vomique délayée. Au bout de six minutes, les effets de l'agent toxique se sont manifestés avec leur intensité ordinaire. Évidemment, dans cette circonstance, l'absorption a eu lieu par les veines et par les veines seules, car tous les lymphatiques étaient liés et coupés; il ne pouvait en subsister aucun, puisque la tunique celluleuse des deux vaisseaux sanguins laissés inucts avait été enlevée.

ABSORPTION TEINEUSE. 37

Z"" Les mêmes expérimentatears ont séparé da tronc le membre postérieur d'un cbîen, an nWeau de la caisse, en laissant intactes Tartère et la veine crurales, dont la tonique cellaJeuse était enlevée, afin de détruire les lymphatiques qui pouvaient ramper autour de ces vaisseaux. Deux grains d*un poison très-subtil, Tupas tienté, furent enibncés dans la patte. L'empoisonnement fut aussi prompt que si la cuisse n'eûl point été séparée du tronc. Pour mieux s'assurer qu*il ne restait plus de lymphatiques autour des vaisseaux conservés. Tarière et la veine furent coupées en tnvers et leurs extrémités réunies par des tuyaux de plume. L'intoxication eut lieu comme dans les circonstances ordinaires. Si l'on comprimait la veine lorsque les premiers effets de l'upas commençaient à se montrer, ils cessaient bientôt, puis ils réapparaissaient dès que les Taisseaux devenaient libres.

De ces trois expériences, la dernière est passible d'une objection grave, à savoir: qne le poison inséré dans une plaie peut être porté dans les veines blessées par les 8<datiotts de continuité nécessairement nombreuses, et non pas absorbé à la manière ordinaire. Les deux premières sont démonstratives à la condition d'être exécutées avec intelligence. Je les ai faites sur le cheval, où elles ne présentent pas de difficultés sérieuses.

Après avoir lié le canal thoraclque à un cheval et compris une anse intestinale entre deux ligatures très-serrées, éloignées l'une de l'autre d'environ 1 mètre et demi, j'ai lié en masse les lymphatiques de cette anse et injecté dans son intérieur nne dissolution de 25 grammes de cyanure de fer et de potassium. Au bout de six minutes, le sérum du sang des veines de l'anse interceptée prenait une teinte bleuâtre par son contact avec le persnlfate de fer. Évidemment, dans cette circonstance, le cyanure indiqué par le réactif avait été absorbé par les veines, car si quelques atomes de ce sel avaient été saisis par les chylifères restés libres autour des vaisseaux sanguins, ils n'auraient pu parvenir dans le système sanguin, puisque le canal qui devait les y verser était intercepté.

J'ai lié une anse intestinale à ses deux extrémités, et coupé en travers les lymphatiques de cette anse, dans laquelle j'ai injecté ensuite UO grammes d'extrait alcoolique de noix vomique délayée. Le sang de la veine demeurée libre a été recueilli au moyen d'un ajustage prolongé par un tube de caoutchouc qui versait ce sang à l'extérieur : il avait l'amertume caractéristique de la noix vomique, et les grenouilles qui y furent baignées pendant une demi-heure moururent empoisonnées avec tous les symptômes que détermine la strychnine.

Ces diverses expériences établissent clairement que l'absorption s'opère, et très- ¥ite, par les veines.. Il en est d'autres moins concluantes, qui conduisent à la même démonstration.

Mayer ayant injecté du prussiate de potasse dans la trachée, retrouva ce sel dans le sang au bout de deux à cinq minutes. Le prussiate apparut dans le sang avant d'être reconnaissable dans le chyle : sa présence fut constatée dans le cœur gauche avant de l'être dans le cœur droit. Panizza trouva également le sel dans le sang avant de le voir dans le chyle du canal thoracique et dans les lymphatiques du poumon. La promptitude avec laquelle la substance saline a passé dans les voies de la circulation fait supposer que celle-ci y est arrivée par les veines. La question de temps est ici extrêmement importante; car, d'après Mayer, on retrouverait^ huit

minâtes après l'injection, le cyanure dans Turine, dans la sérosité du péritoine, des plèvres, la synovie des articulations, etc.

Ségalas sépare par deux sections une anse intestinale du reste de Torgane : il lie es artères et les veines, en laissant libres les vaisseaux lymphatiques, puis il injecte dans cette anse une dissolution d'extrait alcoolique de noix vomique. La substance vénéneuse y demeure pendant une heure sans déterminer d'empoisonnement : . résultat qui n'a rien d'étonnant, puisque l'anse dont les vaisseaux sanguins sont liés est frappée d'inertie et de mort Dans une autre expérience, il lai^e à l'anse une artère libre, et fait couler à l'extérieur le sang de la veine qui peut charrier le produit de l'absorption. Le poison reste également sans effet. On conclut de ce fiadt que non-seulement les veines absorbent, puisque leur ligature empêche l'empoisonnement, mais encore qu'elles absorbent seules, puisque les lymphatiques restés libres n'ont pu se charger de la quantité de noix vomique suffisante pour tuer l'animal. Cette déduction n'est pas, comme on a pu le voir déjà, très-rigoureuse; car, d'une part, les vaisseaux sanguins du mésentère sont tellement rapprochés chez le chien, qu'en les liant on lie en même temps les lymphatiques les plus considérables; d'autre part, il peut arriver qu'une petite quantité de poison soit absorbée par les vaisseaux demeurés libres, tout en restant insuffisante pour tuer en une heure. En attendant plus longtemps, et en opérant sur le cheval, par exemple, où il y a une trè»^ande quantité de lymphatiques dans un seul espace intervasculaire, on arrive à observer des phénomènes d'intoxication qui mettent en évidence Tabsorption des lymphatiques. D'ailleurs, en expérimentant ainsi, même sur le chien, avec un poison plus actif que la noix vomique, comme l'acide cyanhydrlque, par exemple, on tue les animaux. Du moins c'est ce que j'ai eu l'occasion de noter.

On a constaté ce passage des substances salines dans les veines par un grand nombre d'expériences dues à Tiedemann et Gmelin, Magendie, Panizza et d'autres. Hais comme dans ces expériences on n'a pas toujours tenu compte du temps qui s'est écoulé entre le moment où le sel a été mis en contact avec la surface absorbante et celui où il a été retrouvé, •n est en droit d'objecter que, dans ces divers cas, la substance pouvait être absorbée par les lymphatiques, qui l'auraient ensuite versée dans le sang. Le résultat est ici entouré de trop de causes de complications pour qu'on puisse considérer ces dernières expériences comme rigoureuses.

L'absorption de certaines matières colorantes dont on n'a pas reconnu la présence dads les lymphatiques est généralement attribuée aux veines: ainsi, celle de l'indigo, qtti, à la longue, bleuit le lait et l'urine; celle de la garance, qui rougît les os, l'ivoire dentaire et d'autres tissus. Mais de ce que ces substances ne sont point vues dans le chyle ou dans la lymphe, il ne faut pas conclure que les veines seules les ont absorbées. Il peut très-bien se faire qu'elles soient prises aussi par le$ vaisseaux Uancs en proportions trop minimes pour y être facilement reconnaissables.

Les matières odorantes passent très-vite dans les veines, sans qu'on puisse le plus souvent les reconnaître dans le chyle. Divers observateurs ont trouvé au sang l'odeur du musc, du camphre, de l'assa fœtida, de l'aloool, lorsque ces substances avaient été ingérées dans l'estomac et l'intestin. On s'assure de ce £iit de la manière la plus évidente en injectant, dans une anse intestinale ecmée^ de l'acide cyanhy-

îque, après avoir adapté à une veine de cette anse ub long ube de caoutchouc,

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qui sort de rabdomen et conduit le sang à rextérieor. Ce sang répand alors, et' pendant longtemps, une très-forte odeur d'amandes amères. Cette odeur est encore très-sensible lorsque Tacide est disséminé dans toute la masse du sang, car elle est déjà très-prononcée dans celui de la jugulaire deux à tHois minutes après qu'on a injecté l'acide dans l'intestin du cheval. Il en est ainsi de Féther, de quelques essences et autres liquides d'une extrême diffusibiiité. Flandrin, qui a tant contriboé à rendre aux veines le rôle qui leur appartient dans l'absorption, trouvait au sang de l'intestin grêle une odeur légèrement herbacée ; à celu du ccecum, un goût piquant^ une odeur nrineuse faible^ enûn au sang des veines du côlon, ces derniers caractères au plus haut degré. Il était parvenu à distinguer parfaitement ces diverses espèces de sang qu'on recudliait dans des vases séparés. En examinant attentivement le contenu des veines intestinales, on croit reconnaître que le sang de l'intestin grêle n'a ni la même odeur, ni la même saveur que celui du cœcum et du côlon, «t l'on s'explique cette différence en se rappelant que les principes aromatiques, certaines substances sapides, sont alisorbés par les veines, et que les sucs versés dans lè tube digestif sont eux-mêmes résorbés en plus ou moins grande partie. Mais il faut noter aussi qu'aussitôt après la mort les gaz intestinaux et les liquides transsodent à travers les membranes, et viennent imprégner le sang accumulé dans les ▼eines. Enfin ces gaz et ces liquides peuvent encore se mêler au sang au moment où on le recueille, s'il coule à la surface des viscères.

La présence du sucre dans le sang de la veine porte, observée par Tiedemann el Gmelin sur des animaux nourris de principes sucrés on féculents, et par d'autres expérimentateurs, en différentes circonstances, est aussi une preuve de l'absorption veinense.

Enfin il est encore une foule d'ai^uments que les physiologistes invoquent pour démontrer la partque les veines prennent à l'absorption, arguments pour la plupart équivoques oo sansvaleor réelle, que l'on peut citer pour mémoire.

Ainsi la présence du chyle dans le sang, sous l'aspect de stries blanchâtres, que Swammerdam, Glisson, Tiedemann, Gmelin et d'autres ont cru reconnaître, n'est qu'une illusion. Il n'y a pas de stries blanches dans le sang de la veine porte, et les globnies blancs qui s'y trouvent en certaine proportion, comme dans le sang des autres veines et des artères, ont leur origine dans le système lymphatique qui les ▼erse dans le système sanguin par le canal thoracique. Plus tard^ il y aura à «rechercher si une partie de ces globules blancs peuvent naître dans les radicules de la veine porte ou se former dans la rate.

L'augmentation de la partie aqueuse du sang, constatée quelques heures après ringestîon d'une grande quantité de boissons, n'est pas une preuve que l'eau est absorbée par les veines seules en dehors du concours des chylifères. Cette augmentation montre que l'hydratation du sang s'accroît sans rien faire préjuger sur les voies de l'entrée ou de l'apport de l'eau.

La présence dans le foie d'une forte proportion des substances minérales ou des poisons administrés par les voies digestives n'implique nullement que ces matières aient été absorbées par les veines et portées par elles dans la glande. Les poisons se troQvent là en très-grande quantité, comme ils se trouvent dans tous les organes Irès-vascnlaires; et ils s'y accumulent en grande masse, parce que le foie, de même

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que |e8 reins, se charge de leur élimination. Lorsque le cyanure de fer et de potas» sium, par exemple, est ingéré en très-petite quantité dans Tintestiu, il se retrouve bientôt dans la bile et le mucus des canaux excréteurs du foie, dans l'urine des* reins et de la vessie.

L'exiguïté, Tétroitesse du canal thoracique, que tant d'auteurs, depuis Haller^ r^ardent comme un ai^ment en faveur de l'absorption par les veines, ne prouve absolument rien. Le canal thoracique, si petit qu'il soit^ peut, s'il est simple» donner passage chez le bœuf ^ en une période de vingt-quatre heures, à une centaine de litres de liquide^ c'est-à-dire à une masse de«chyle et de lymphe qui représente quatre à cinq fois celle du sang. L'illustre physiologiste du dernier siècle se (fit moins inquiété de rechercher une autre voie pour le passage des boissons, s'il eût connu rénorme quantité de liquide qui traverse en un jour la veine blanche du thorax.

La prétendue incoagulabilité du sang de la veine porte, l'excédant du diamètre desveines comparées aux artères, l'absence des lymphatiques chez les invertébrés, l'induration si fréquente des ganglions mésentériques, sont des arguments qui ne prouvent rien en faveur de l'absorption exercée exclusivement par les veines*

Ainsi les veines absorbent : il n'y a pas à en douter. Les expériences rendent sensible, palpable leur action, en mesurent l'énergie et la rapidité. Il suffit de ^e rappeler la richesse des réseaux sanguins que les injections montrent si grande, pour se faire une idée de Timmensité des surfaces vasculaires qui concourent à rendre cette absorption active; il suffit de considérer la situation superficielle des lacis dans^ les muqueuses sans épithélium ou à épilhélium très-mince comme aux petites bronches, aux vésicules pulmonaires, à la conjonctive, pour pressentir la facilité avec laquelle les liquides doivent y arriver. En raison de la rapidité de la circulation sangnine, elles enlèvent promptement et apportent au cœur, en quelques secondes, les matériaux qu'elles saisissent. Ce sont elles surtout qui portent dans la masse du sang ces poisons qui tuent presque aussitôt après leur application aux suifaces perméables. On suspend, en les liant, les phénomènes de Tempoisonnement Ellesabsorbent partout, dans l'intestin comme dans le reste du corps, bien qu'aux voies digestives un système cbylifère très-développé jouisse d'une activité que ne possèdent pas au même degré les autres vaisseaux lymphatiques.

Les veines prennent part aux absorptions intestinales et nutritives comme les lymphatiques, quoique dans des limites moins bien déterminées. Elles paraissent servir seules à la résorption des produits épanchés dans la substance cérébrale et dans^ l'œil; elles concourent à la résorption du cal, à celle des tumeurs osseuses, des tumeurs molles dans lesquelles on voit peu de vaisseaux lymphatiques. Mais on conçoit que, dans ces circonstances, il est impossible de donner la preuve directe et indéniable de la participation des veines au travail de la résorption, puisque les. matières résorbées ne se distinguent pas des éléments constitutifs du sang.

D£ L'ABSORPTION PAR LES LYMPHATIQUES. Ui

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