‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 145 sur 239 · COUN. — Pbytiol. comp. , 2" édit. ii · texte numérisé non relu

COUN. — Pbytiol. comp. , 2" édit. ii

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On conçoit, d'après cela, que toutes les circonstcnces capables de ralentir la coagulation : la diminution de la fibrine, des globules et des principes fixes du sang, rexislence d'un état inflammatoire, etc., favorisent chez Thomme la production de la couenne, et chez les solipèdcs la séparation du caillot blanc d*avec le rouge. Aussi la couenne est-elle très-épaisse et le caillot très-abondant chez les individus anémiques, hydrohémiques, les sujets débilités, les femelles sur les derniers temps de la gestation, et chez les animaux sous le coup d*une phlegmasie portant principalement sur un organe volumineux ou très-vasculaire. Dans tous les cas, la couenne épaisse on le caillot blanc abondant, résultent à la fois d*une coagulation ralentie et d'une précipitation plus rapide des globules.

Le caillot qui vient de se former, tout d'une pièce ou avec une couenne, n'estpas homogène. Ses diverses tranches horizontales ont d'autant moins de fibrine et d'autant plus d'hématies qu'elles sont plus rapprochées du fond du vase^ aussi est-il ferme et rétractile en haut, tandis qu'il devient mou et friable inférieurement Dans la couenne, la fibrine est débarrassée prasque entièrement de globules rouges, mais elle retient une quantité énorme de globules blancs qui lui donnent souvent l'aspect mat et purulent. Dans le caillot des solipèdes, divisé en deux parties, la partie blanche est constituée par la plus grande fraction de la fibrine, dont le réseau emprisonne une quantité considérable de sérum ; la partie rouge formée par les hématies n'a presque pas de fibrine, et retient un cinquième de sa masse de sérum. Entre la blanche et la rouge se trouve quelquefois une couche mince, épaisse de plusieurs millimètres, et formée de leucocytes. Il en résulte que, chez ces animaux, le coagulum a souvent trois étages : le supérieur fibrineux, le moyen, à globules blancs, et l'inférieur, à globules rouges. L'ordre de leur superposition est en rapport avec leur densité spécifique.

La séparation des deux caillots est d'autant plus parfaite que le sang a été recueilli plus vile et moins agité. Elle se fait très-bien dans une épronvette si le jet de sang est considérable et coule sur les parois. Au conuuii c, elle a lieu incomplètement si le sang bave, s'il tombe avec bruit au fond du vase, en mince filet ou en jet saccadé, intermittent, s'il est agité, ou enfin reçu dans un vase élargi. Aussi, dans les études hématométriques, faut-il tenir grand compte de ces particularités, si l'on veut obtenir des données comparatives de quelque valeur.

Une fois que le sang est complètement coagulé, son caillot commence à se rétracter uniformément, s'il est homogène, et dans sa partie blanche seulement, si la coagulation s'est opérée suivant le mode propre aux solipèdes. Par suite de ce resserrement, le caillot blanc abandonne les parois du vase dans lequel ils s'est moulé; son extrémité supérieure devient concave, et s'enfonce dans le sérum si elle n'a pas été associée à des bulles d'air. Le retrait continue pendant longtemps, et il ne s'achève en général qu'après vingt-quatre à quarante- huit heures, et môme plus. Mais, à cet égard, il y a de grandes variations suivant les espèces. Dans le sang des oiseaux, des carnassiers, des petits ruminants, dont la coagulation est prompte, le retrait du caillot commence aussitôt après sa formation; dans celui des solipèdes, il ne débute qu'au bout de plusieurs heures, et s'arrête d'autant plus prompte^ ment qu'il a débuté plus tôt. U est achevé dans le sang du chien, du mouton, alors qu'il n'est effectué qu'à demi sur le cheval. Le retrait est moins marqué dans le

sang de la splénique, des sus-bépatiques que dans celui des autres vaisseaux; il est peu prononcé dans les maladies typhoïdes, virulentes, dans Tinfection putride, et souvent nul dans la morve, mais il est très-marqué dans les affections iuOammatoires, notamment la pneumonie, la pleurésie, etc. Une fois arrivé à ses limites, le sérum expulsé représente environ le tiers de la masse totale du sang. Gonséquemment, il est au caillot : : 1 : 2 ; mais cette proportion varie beaucoup. D'après mes observations sur les ruminants, le sérum peut représenter quelquefois plus de la moitié de la masse. Le coagulnm qui a expulsé la sérosité n*a pas éprouvé de changements notables; seulement les stries de fibrine sont devenues plus onduleuses ou plus piissées qu'au début. On a trouvé que le ciiiliot du sang de riiomme, arrivé à sa contraaion extrême, renferme encore environ 20 pour 100 de sérum, ou le cinquième de sa masse.

Ce n*est pas seulement dans le cas où le sang est extrait de ses vaisseaux qu'il se coagule; il peut aussi passer à l'état solide dans l'organisme, après la mort et même pendant la vie, soit dans ses vaisseaux, soit dans les parties où il est extravasé.

D'abord, sur le cadavre, la coagulation s'opère avec rapidité, absolument comme en dehors de l'organisme, dans les cavités du cœur, les artères et les veines. Sur les solipèdes, il y forme des caillots divisés en deux parties, jaunes en haut et noirs

dans les points déclives. Le sérum s'échappe de ces caillots contractiles comme il le fait dans les éprouvettes, mais l'osmose l'empoKe à mesure hors des vaisseaux et le verse dans le péricarde, les séreuses, ou le dissémine dans la trame des organes.

Pendant la vie, le sang se coagule dans les vaisseaux liés, dans les artères ombilicales et dans les veines enflammées. Il se coagule assez souvent dans les dilatations anévrysmales, dans l'anévrysme vermineux de la grande mésentérique du cheval, dans les veines sinueuses du corps caverneux, du fourreau, dans la saphène chez les solipèdes, sous forme de noyaux elliptiques lisses, dans l'aorte postérieure, près des iliaques, sous forme de cylindres très-volumineux; enfin, à Fétat de masses filamenteuses sur les cordages tcndineqx et les valvules du cœur. Sa coagulation a lieu d'une manière confuse dans les parties où le sang s'épanche : parties contuses, ecchymosées, foyers apoplectiques, cavités séreuses, estomac, intestins, utérus, vessie, où il peut constituer des masses considérables. Dans ces divers cas, si les caillots se sont formés vite, ils sont mous et retiennent les globules; s'ils se sont formés avec lenteur, ils se trouvent pâles, fibrineux, souvent stratifiés, et leurs diverses couches offrent un aspect varié.

La présence dans les vaisseaux d'un corps étranger, même peu volumineux, provoque la formation de ces caillots. Le sang se coagule autour de ce corps qui se recouvre ultérieurement d'autres couches fibrineuses : ainsi agissent les helminthes, les embolies, les rugosités des parois, les produits de l'inflammation, même les globules agglomérés.

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