‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 15 sur 239 · ABSOEPTIONS DIVERSES EFFECTUÉES PAR LES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

ABSOEPTIONS DIVERSES EFFECTUÉES PAR LES LYMPHATIQUES

ment la faculté absorbante des vaisseaux blancs dont mille considérations font pressentir la réalité. Cependant cette tâche est quelque peu épineuse ; elle Test même tant que des expérimentateurs habiles y ont échoué, au point qu'en cherchant à reconnaître l'absorption par les lymphatiques, ils ont cru trouver les preuves de sa non-exiscence.

Les physiologistes se sont servis de moyens très-divers pour arriver à cette démonstration.

1" Les uns, avec J. Honter, se sont imaginé qu'en prouvant que les veines n'absorbent point on démontrait nécessairement l'absorption par les lymphatiques. Le raisonnement du savant olwervateur était juste, malheureusement ses expériences assez défectueuses. Après avoir injecté dans l'intestin du lait sur un animal, de l'amidon bleui par l'indigo sur un autre, de l'eau musquée sur un troisième, il ne retrouve ni lait dans les veines^ ni couleur bleue, ni odeur musquée^ soit au sang en masse, soit à son sérum, pendant que le chyle semblait blanchi par le laie, bleui par l'indigo et imprégné de l'odeur du musc.

Une métliode non moins défectueuse que celle de Hunter, quoiqu'elle ait paru plus exacte et plus savante, a été employée par Magendie dès 1809. Cet habile expérimentateur a injecté de la noix vomique dans une anse intestinale interceptée aux deux boots. La veine de cette anse était ouverte pour verser à l'extérieur le poison qu'elle absorbait, et les lymphatiques restaient libres pour conduire leur part d'agent toxique dans le torrent de la circulation. Il n'y eut pas d'empoisonnement. En second lieu, sur les animaux auxquels de l'upas était injecté dans la plèvre, dans le péritoine et dans le tube digestif, il liait le canal thoracique, ce qui n'empêchait pas rintoxicalion de se produire. Enfin, en insérant le poison dans une patte qui ne tenait plus au corps que par une artère et une veine, les lymphatiques étant coupés avec tout le reste, il a vu l'empoisonnement se manifester comme d'habitude. Tout cela se réduit cependant à une démonstration du rôle des veines. L'empoisonnement a eu heu malgré la destruction des lymphatiques, la ligature du canal thoracique, parce que les veines, dont l'absorption est très-active, ont suffi à prendre la quantité voulue de poison pour tuer. Cet empoisonnement a manqué dans le cas où les lymphatiques demeuraient libres, soit parce que ces vaisseaux n'ont pas pris la dose suffisante, soit parce que leur fonction absorbante a été entravée par des combinaisons expérimentales défectueuses.

2^ D'autres, avec Cruikshank, se contentent d'observations dans des cas patholofpques. La coloration rouge de la lymphe des vaisseaux blancs du poumon chez l'individu mort d'hémoptysie, indiquerait l'absorption du sang par ces vaisseaux, la coloration jaune des lymphatiques, voisins de la vésicule du fiel, chez les individus calculenx, prouverait l'absorption de la bile. Mais, dans les deux cas, la matière colorante seule peut avoir passé dans les lymphatiques et par simple transsudation cadavérique, puisque ces particularités Sont constatées longtemps après la mort

3"* Quelques-uns avec Mascagni, Collard de Martigny, établissent celte absorption sur des indices vagues, tels que le gonOement des ganglions inguinaux^ des ganglions axillaires à la suite de l'immersion des pieds ou des mains dans l'eau tiède pmdant plusieurs heures. La preuve est bonne, mais elle n'est pas assez frappante,

k% DE l'absorption.

€t d'ailleurs ne résout pas la question pour les sels, les poisons, les matières colo* rantes.

II? D'autres cherchent directement dans la lymphe les matières déposées à la surface de la peau. Ainsi Seller et Ficinus y découvrent, de même que dans le sang, les sels de plomb employés en cataplasme sur les membres du cheval Vestrumb reconnaît aussi, dans les deux liquides, le cyano-ferrure de potassium dans lequel il avait tenu plongée une patte de chien. Mûller retrouve également ce sel dans la lymphe, après avoir tenu les pattes de la grenouille plongées dans la même solution. Mais cette méthode prête le flanc à cette objection, que les sels trouvés dans ta lymphe peuvent avoir été absorbés d'abord par les veines, puis versés dans les tissus en même temps que le plasma, avec lequel ils seraient ensuite repris par les lymphatiques.

On peut encore, à l'exemple d'Emmert, suivi par Bischoff, Ludwig, déposer sous la peau des membres abdominaux d'un animal dont l'aorte postérieure est liée et la circulation sanguine suspendue dans ces membres, soit de la strychnine, soit du ferro-cyanure de potassium. Si alors la strychnine donne des convulsions aux parties antérieures du corps et si le cyanure se retrouve dans l'urine, c'est que les lymphatiques du train de derrière ont absorbé ces deux substances et les ont versées •dans la circulation générale. Seulement, comme ces résultats mettent un temps trèslong à se produire, ils peuvent être en partie rapportés à une diffusion des deux substances à travers le tissu cellulaire.

Les méthodes d'investigation qui commencent à donner des résultats nets et concluants sont les suivantes :

Celle de Fodéra qui consiste à injecter, dans des cavités distinctes, des matières qui, absorbées et transportées séparément, comme le persulfate de fer dans le péritoine, le cyànoferrure de potassium dans la plèvre, viennent à donner un précipité au moment où elles se rencontrent dans le canal thoracique.

Le procédé de Mayer consiste à chercher rapidement, après l'occision de l'animal, le ferro-cyanure de potassium qu'on a injecté avant la mort dans les voies aériennes, substance dont l'arrivée dans le sang au bout de quelques minutes exclut Fidée d'une importation par la voie des lymphatiques. Mais ce moyen exige le sacrifice d'un animal pour chaque tentative; en outre, il donne des résultats négatifs siTon tue la victime trop tôt, et des résultats sujets à contestation si on la tue trop tard ; puis, comme le canal fournit peu de liquide, on n'y trouve pas la substance cher^chée dès qu'il faut opérer sur des masses un peu considérables. Aussi à l'aide de ce nooyen, et souvent avec le même sel, les expérimentateurs sont arrivés à des résultats opposés, prouvant pour les uns la participation des lymphatiques et l'excluant pour les autres. Ainsi, pendant que Mayer reconnaît dans le canal thoracique le ferro-cyanure de potassium quelques minutes après son injection dans la trachée, il n'y trouve pas le fer; tandis que Tiedemann et Gmelin voient le sulfate de fer et le sulfate de potasse passer dans le canal du cheval, le cyanure, le sulfo-cyanpre de cuivre dans celui du chien, Vestrumb le sulfate de potasse, Lawrence, Goates,les médecins du Comité de Philadelphie, le ferro-cyanure de potassium ; Panizza n'y voit que des traces d'iode, et quelques jours seulement après l'injection de Tiodure de potassium; M. Chatin n'y trouve ni l'acide arsénieux, ni l'antimoine de l'émé*

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