‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 153 sur 239 · GENÈSE, USURE ET RENOUVELLEMENT DU SANG · texte numérisé non relu

GENÈSE, USURE ET RENOUVELLEMENT DU SANG

employé pour obtenir les sangs comparés est vicîenx. On les a recueillis après la mcrt à la suite de rapplicalion de liens qui le font stagner plus dans une partie que dans Tautre et lui permettent de se concentrer inégalement. 0*ailleurs, le sang hépatique, s'il contient plus de globules rouges, en renferme aussi plus de blancs que celui de la veine porte, le double, le quadruple môme^ globules qui peuvent provenir de la rate, puisque le sang de la splénique se rend dans la veine porte audessous du foie.

D'autre part, on donne à l'appui de rhypothèse de la iformation des hématies dans le foie, ce fait que beaucoup de globules rouges sortant du foie sont petits, à peine déprimés, réfractaires à l'action de l'eau et semblables, en un mot, à des globules de nouvelle formation; mais la signification de ce fait est équivoque.

Il n'y a donc que des probabilités en faveur d'une formation de globules hématiqucs dans le foie ou de leur achèvement dans cet organe. Cette probabilité assimilerait les fonctions du foie de l'adulte à celles de cet organe pendant la vie embryonnaire.

La rate a été considérée aussi comme jouant quelque rôle dans le travail obscur de la sanguiûcation. Ses alvéoles pleines de sang où les artériolcs finissent et où les veinules commencent ont paru des cavités disposées favorablement pour l'élaboration des globules. On trouve dans ces alvéoles, indépendamment des globules blancs, des globules rouges, petits, résistant fortement à l'action de Teau et présentant les caractères des globules de formation récente. Mais on ne peut dire si ces petits globules sont de formation spéciale ou s'ils sont le résultat d'une transformation des leucocytes. D'ailleurs, d'après quelques observateurs, la diminutioa des globules rouges dans le sang de la veine splénique indiquerait une destruction, non une formation de globules dans la rate.

Les foyers de formation globulaire ne sont donc pas déterminés. Quoiqu'on tende à admettre aujourd'hui que les globules viennent des parties en dehors du système vasculairc sanguin, je ne vois pas que cette opinion soit suffisamment appuyée, car, lors même qu'on trouverait i cette formation des foyers spéciaux tels que le foie et la rate, il demeurerait probable qu'elle s'accomplit dans les systèmes capillaires de ces organes. Si elle s'opérait en dehors des vaisseaux, il resterait à rechercher comment les globules de\iennent intra-vasculaires.

En ce qui concerne la formation ou le point de départ des autres éléments du sang ou du plasma en masse, il n'y a pas de doutes sérieux; ces éléments viennent de source étrangère : la fibrine, l'albumine, la caséine, le sucre, se constituent en dehors des vaisseaux sanguins; une grande partie en est apportée par le sys* tème lymphatique, l'autre est prise directement par rabsor|)tion opérée par les capillaires.

L'albumine se constitue manifestement dans le système chyljfère aux dépens de l'albuminosc absorbée dans l'intestin, et elle est apportée abondamment et directement par les vaisseaux lymphatiques dans les vaisseaux sanguins. La fibrine ou plutôt la matière fibrinogène^ la plasmine, se produit également aux mômes points. On disait, il n'y a pas longtemps encore, que la fibrine n'était pas complètement formée dans le chyle, qu'elle y était molle, peu rélraclile. En réalité, dans le chyle, la plasmine se dédouble difficilement : elle parait avoir besoin de l'action de l'air,

quelle éprouve dans le sang, pour donner rapidement ce qu'on appelle la Gbriae. Celle-ci se forme aussi aux dépens de Talbumine dans les tissus, par exemple dans le poumon et dans toutes les parties irritées ; les lymphatiques la prenuei(t insensiblement pour la verser, à mesure, dans le système sanguin d*où elle sort aussi sans cesse avec les antres matériaux du plasma.

Les autres matières dont se charge le sang ont le plus souvent, comme les précédentes, une origine étrangère. La créatine, la créalinine produites dans les roasdcs, Turée, l'acide urique, les urates nés paitoui consécutivement aux actions respiratoires, la leucine, la tyrosiqe, rbypoxanthine, l'inosite trouvées dans la pulpe de la rate peuvent y passer également; enfin, dans ce qu'on appelle les dyscrasîes, il est probable aussi que les matières qui, à un moment donné, vicient le sang, prennent leur point de départ au, sein des tissus.

On voit donc, par ce qui précède, que les éléments du sang ont deux sources. Ils peuvent, d'une pari, être pris directement par les vaisseaux sanguins ou produits dans les vaisseaux ; d'autre part, ils peuvent être formés en dehors du système sanguin dans des organes spéciaux etjapportés au sang par le système lymphatique. Celte dernière source est la prédominante. Les éléments figurés peuvent être formés de toutes pièces ou résulter d'une métamorphose de ceux du chyle et de la lymphe. Cette double origine, ce double mode de formation devient évident, soit qu'on étudie la genèse du sang, de l'embryon à l'animal adulte, soit qu'on la considère de lanimal dégradé à l'animal des classes supérieures. La nature a souvent plusieurs moyens pour arriver à un inéme résultat, et des moyens qui peuvent se suppléer : elle les emploie suivant les cas simultanément ou successivement; ici celui dont elle se sert le plus est certainement la métamorphose des fluides blancs. Ces liquides préparés en si grande quantité, chargés d'eau, de fibrine, d'albumine, de graisse, de sucre, de matières extractives, de fer, de sels divers, ont tout ce qu'il faut pour constituer le fluide nutritif. Leurs éléments ligures mêuie, formés surtout de ma* tières protéiques, peuvent vivre longtemps dans le sang avant de s'y transformer en globules rouges. Enfin, ces fluides sont tels par leurs propriétés qu'ils peuvent à la rigueur subsister à l'étal de mélange avec le sang sans subir de transformation bien profonde, car, en somme, lorsque, après des saignées irès-abondanles, le sang parait reconstllué, il irest réellement qu'une lymphe et un chyle rougis par ce qui restait de sang dans le système circulatoire. El ce mélange peut, comme le liquide normal, subvenir à tous les besoins de l'organisme.

(Janre des éiémcniB do aaniç* -^ Le sang est un liquide instable dont les éléments sont en voie de formation et de destruction incessantes. Mais il ne s'use point en masse; certains de ses éléments disparaissent vite; d'autres ont une plus longue existence. Tout ce qui appartient au plasma peut se détruire avec une extrême rapidité ; au contraire, les éléments figurés qui ne sortent pas des vaisseaux ont une longévité plus considérable.

La quantité des perles éprouvées par le sang en une période de vingt-quatre heures, la soustraction de matériaux effectuée aux dépens de ce liquide par les différents tissus qui respirent et se nourrissent ainsi que par les organes est énorme. Ainsi, sur un cheval de taille moyenne pesant (lOO kilogrammes, les sécrétions digestives lui enlèvent approximativement /i2 kilogrammes de salive^ 5 de suc gas-

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