‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 155 sur 239 · AUX DIFFÉRENTS TISSUS · texte numérisé non relu

AUX DIFFÉRENTS TISSUS

Le sang dont nous venons d'étudier la constitution et les propriétés est la matière première aux dépens de laquelle se forment et se régénèrent les éléments de l'organisme. Voyons donc d'abord comment il est distribué aux parties proportionnellement à leurs besoins fonctionnels et comment ces parties s'en emparent.

Le système vasculalre, pris dans son ensemble, représente, comme nous l'avons vu, un vaste appareil d'irrigation qui pénètre à peu près partout, pour y porter le flaide vivifiant, l'aliment complet de la substance vivante. Mais, pendant qu'il le verse. en grande masse à la peau, aux muqueuses, aux glandes et aux muscles qui en consomment beaucoup, il ne le donne aux séreuses, aux tendons et à d'autres tissus qu'en quantité minime :à certaines parties même il ne semble point le fournir d'une manière directe, par exemple aux cartilages, aux tissus dentaire, épideruiique et corné. Grâce à la contractilité dont jouissent ses parois, surtout dans les artérioles rapprochées des capillaires, il peut par sa propre activité augmenter ou restreindre l'Irrigation sanguine dans les tissus, et par conséquent l'apport des matériaux nutritifs. La contraction de ses parois, lorsqu'elle se produit, resserre les voies, réduit la quantité de liquide importée, tend à anémier plus ou moins les tissus : leur relâchement ou leur dilatation rend au contraire l'irrigation plus abondante.

Toutefois, même dans les tissus les plus vasculaires, tels que le foie, le poumon^ les villosités intestinales, les capillaires ne se mettent point en contact avec toutes les fibres ou toutes les cellules. Les îles de substance organisée, circonscrites par les mailles des réseaux capillaires, renferment des fibres nerveuses, musculaires, des amas de cellules glandulaires qui, non-seulement sont sans vaisseaux, mais sans rapport dans un grand nombre de points avec les vaisseaux. Les éléments les plus favorisés ne le sont que par le contact des capillaires, puisque la cellule, le tube nerveux, la fibre contractile ont des dimensions telles qu'elles ne peuvent admettre les divisions vasculaires les plus ténues. Il s'agit donc de rechercher comment le sang ou les sucs nutritifs émanés du sang peuvent se distribuer aux éléments ou aux parties de tissus dépourvus de vaisseaux sanguins.

Dans le tissu conjonctif, où des groupes considérables de cellules et de substance intermédiaire amorphe manquent de vaisseaux^ les sucs- nutritifs paraissent se disperser au moyen des prolongements des cellules anastomosés entre eux, prolongements fins que beaucoup de micrographes, Virchow entre autres, considèrent comme tubuleux. Dans les tendons, où la gaine générale cellulo-ûbrcuse et les gaines des faisceaux secondaires sont seules vasculaires, la substance propre du tendon, dépourvue de capillaires, n'a encore, pour la distribution des sucs, que les prolongements creux des corpuscules tendineux analogues à ceux des cellules conjonctives. Dans les fibro-cartilages, tels que les ménisques de l'articulation

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