‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 156 sur 239 · DISTRIBUTION DU SASG ET DES MATÉRIAUX NUTRITIFS. 5&S · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DU SASG ET DES MATÉRIAUX NUTRITIFS. 5&S

çapiUaîre cni consMtaé par des voies d^Hunitées et Hoses; ses divisions les plus ténues ont des paioîs propres sans ouvertures visibles aai grossissements ordinaires. L'élude microscopique de la circulation capillaire démontre, de la manière la plus évidente, que les globules sanguins restent toujours distincts les uns des autres, et qu*ils passent constamment des artères dans les veines, sans jamais sortir de leurs canaux. La partie fluide qui sert de véhicule à ces corpuscules, ou le plasma, peut seule s'échapper des vaisseaux, à travers les porosités invisibles de leurs parois, s'inGlirer dans l'épaisseur des tissus et baigner chacun de leurs élénuentSt C'est en effet cette dissolution d'albumine^ de fibrine et de sels, qui va donner aux solides organiques les matériaux de leur nutrition.

Ce plasma, d'une fluidité parfaite, réunit d'une, part toutes les conditions qui le rendent apte à sortir des vaisseaux, et d'autre part.il contient tous lés matériaux que peut réclamer le travail nutritif des parties. Il renferme, ainsi que nous l'avons déjà vu, d'abord l'albumine et la fibrine, les deux principes proiéiques par excellence, qui servent à la nutrition de la plupart des solides de l'organisme; il contient les graisses, et enfin les matières salines et minérales solubles; en un mot, c'est le sang lui-méine moins les globules. Les tissus alhumineux, comme le cerveau, la moelle épinière, les nerfs; les tissus fibrineuz, tels que les musclés; les parties gélatineuses, comme les ligaments, les tendons, y trouvent les éléments essentiels de leur formation ; les os, leur phosphate calcaire ; les vésicules adipeuses, leur graisse, etc. Très-probablement, les matériaux du plasma ne changent ni de constitution moléculaire ni de propriétés pour sortir des capillaires hanguins; l'albumine est, au moment où elle traverse les parois des vaisseaux, ce qu'elle était à leur intérieur, et elle est encore, après sa sortie, ce quVlle était auparavant; de même la fibrine, en dissolution ou à l'état de plasmine, passe sous cette forme à travers les parois des capillaires et la conserve encore pendant un certain temps. Rien n'autorise à admettre ces prétendus changements d'état que certains auteurs, qui se fondent sur des expériences endosmométriques grossières, croient nécessaires pour expliquer la transsudalion de la liqueur du sang à travers les parois vasculaircs.

Peut-être, dans tous les tissus, le plasma, tel qu'il est, ne sort pas des vaisseaux ; peut-être, dans certains d'entre eux, est-ce l'albumine qui s'échappe, dans d'autres la plasmine, dans d'autres encore les matières grasses, les sels, etc. , et cela en vertu d'affinités inconnues exercées par les matériaux des tissus sur ceux du fluide nutritif. Dans tous les cas, l'excédant du plasma, qui s'est extravasé, et qui n'est pas employé à la nutrition ni aux sécrétions, rentre dans le torrent de la circulation; il est repris par les lymphatiques au sein de la plupart des organes, et par les vaisseaux sanguins eux-mêmes dans les parties qui n'ont pas de vaisseaux blancs, ou chez les animaux inférieurs qui en sont dépourvus. Les éléments plasmatiques sortent évidemment des parois capillaires, tant sous l'influence d'une pression assez considérable que par suite des attractions qui donnent lieu aux phénomènes osmotiques. Il s'établit entre les vaisseaux et les tissus des courants de diffusion dont nons avons déjà parlé en traitant du mécanisme de l'absorption.

La partie globulaire du sang qui, sous sa forme propre, ne peut sortir des vaisseaux» ne demeure pas pour cela étrangère au travail de la nutrition. Les globules qui se sont chargés d'oxygène dans le poumon le cèdent aux tissus dans les systèmes

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capillaires, en échange de Tacide carbonique résultant des actions chimiques, et •par là ils remplissent un rôle des plus importants, puisque, par une insuffisante quantité d'oxygène et par un excès d'acide carbonique, la vie de certains éléments, des nerveux et des musculaires, s'éteint presque instantanément. En outre, comme les globules effectuent avec le plasma des échanges continuels de matières azotées, de matières grasses, salines ou minérales, ils participent ainsi très-activement à la nutrition. En effet, cette fonction devient imparfaite et languissante chez les sujets dont le sang est pauvre en globules.

Une fois le plasma sanguin sorti des vaisseaux, il imprègne la trame organique, baigne chaque cellule, chaque Gbre, et en pénètre la substance; mais tons ses pmcipes constituants ne sont poiut pourtant assimilés ; les éléments de chaque tissu choisissent dans ce fluide ce qui leur convient; ils se l'approprient et abandonuént le reste.

L'affinité qui existe entre les éléments de chaque tissu et ceux du sang r^le le ehoix que les solides organiques exercent sur les fluides qui les baignent de tontes parts. Chaque cellule ou chaque fibre, dérivée elle-même d'une cellule, attire à ^le et s'assimile les principes de même nature qtie celle de sa propre substance ou de son contenu, ou si ces principes ne se trouvent pas tout formés dans le sang, elle attire ceux qui peuvent leur donner naissance^ par suite de métamorphoses plus ou moins compliquées. Âinsi^ la fibre conjonctive s'empare des élémeiics .^nstitutils dn ^u cellulaire, la fibre musculaire prend ceux des musdes, la fibtf« nerveuse ceux des nerfs. Plus rarement la partie vivante attire à elle, pour se les assimiler, des matériaux qu'elle ne renferme pas encore. L'os, à l'état cartilagineux, s'empare du phosphate et du carbonate calcaire avec autant d'aclivhé au moment où il n'en est pas encore imprégné que plus tard; les parties fibreuses •qui s'ossifient exercent sur les matiètes minérales une attraction analogue; enfin, certaines parties, comme les cellules adipeuses, se remplissent d'une matière tootà ait différente de celle qui entre dans la composition de leurs propres parois.

En jetant un coup d'œil sur la constitution chimique propre aux divers tissus, on Toit ce que chacun d'eux prend au fluide nutritif

La substance nerveuse, disposée sous la forme de tubes creux^ s'empare surtout de matières albuminoîdes, de graisse, de phosphore, de soufre, de sels. Le musdë prend de la plasmine en forte proportion, de l'albumine, plus une matière èxtracti?e vaguement déterminée, des chlorures, des (Phosphates et des lactates de soude, de {M>tasse et de chaux; lé tissii des glandes s'approprie l'albumine et une certaitlè quantité de graisse; le tissu cellulaire, les membranes séreuses, le tissu fibreut blanc, le tissu fibreux jaune, la peau, les cartilages et les os, se nourrissent d'une matière qui s'obtient artificiellement sous forme de gélatine, de chondrine; enfin les os s'emparent à là fois de cette matière dérivée de l'albumine et d'une grande masse de carbonate, de phosphate de chaux et de magnésie.

Ainsi, ce que chaque élément prend est destiné à se convertirez substanciè de même nature que la sienne; ce que saisit la fibre nerveuse se transforme en'^b-' stance nerveuse, ce qui. est enlevé par le cartilage devient matière carlîlagitaèu^ De la sorte, chaque tissu peut se développer avec plus on moins de rapidité, él's'il prend d'autres matières ou s'il Tes transforme d'une hçùn insolite, it pété sa fonde caractéristique et éprouve une véritable dégénérescence.

MULTIPLICATION DfiS ÉUÊMBATS SMIDES DES TISSUS. jf0?

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