‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 18 sur 239 · ABSORPTIONS DIVERSES EFFECTOÉES PAR LES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

ABSORPTIONS DIVERSES EFFECTOÉES PAR LES LYMPHATIQUES

irritante. Ces modifications résultent, soit de l'action directe du virus, de la matière septique sur les vaisseaux qui l'ont saisi ou charrié, soit du travail de sécrétion qui engendre dans le vaisseau ou dans le ganglion les produits d'une irritation subséquente.

lis prennent, dans un grand nombre de cas, la partie séreuse du pus, et peutêtre, avec elle, ses globules. Aussi les ganglions bronchiques se tuméfient dans le cas d'abcès, de vomique, de suppuration pulmonaire. lien est de même des mésentériques, dans les affections typhoïdes de l'homme ; — des sous-glossiens dans le cas de mone ou de collections des sinus ; — de ceux de l'ars, de l'aine, dans les maladies du pied, les caries des fibro-cartllages de la troisième phalange; — de ceux du bassin, dans la métrite septique ou purulente; — des sons-lombaires, dans le cas de champignon ou cordon testiculaire; — des sous-scapolaires, des prépectoraux dans le phlegmon de la région du garrot. Le pus qu'on trouve alors quelquefois dans les lymphatiques qui ont charrié et dans les ganglions qui ont reçu les produits de la suppuration, peut avoir été puisé dans les foyers^ ou bien résulter du travail inflammatoire des parois vasculaires et de la substance ganglionnaire. Dans tons les cas, il produit ultérieurement, par son déversement dans le sang et sa dispersion dans l'organisme, divers accidents graves.

La matière tuberculeuse insérée dans les plaies ou dans le tissu cellulaire sonscutané parait aussi prise par les lymphatiques, non-seulement ses parties séreuses et dissoutes, mais encore ses éléments figurés. Elle irrite tous les vaisseaux qui la recueillent, tuméfie tous les ganglions où elle se dépose : aussi son itinéraire est-il dessiné très-nettement sans qu'aucune altération ne s'étende aux parties du système étrangères au transport du produit pathologique; c'est ce que je crois avoir suffisamment établi ailleurs (1).

Les sucs cancéreux sont aussi, suivant Virchow, charriés de proche en proche, loin du loyer primitif, et ce serait par les lymphatiques qu'ils généraliseraient à la longue leur action envahissante.

Enfin, dans une foule de cas, les globules du sang, et même une certaine quantité de sang en nature, peuvent passer dans les lymphatiques, soit aux réseaux d'origine, soit dans les ganglions ou dans la trame de quelques organes. Et ici il faut éliminer ceux où la présence du sang tient au reflux opéré à l'embouchure du canal ihoracique ou du tronc lymphatique droit. Les cas les plus ordinaires de l'admission du sang dans les lymphatiques sonf les suivants :

Il y a fort souvent, comme divers observateurs l'ont noté, mais non toujours^ une lymphe rosée dans les vaisseaux blancs et les ganglions de la rate, sans que l'organe paraisse avoir éprouvé de froissements ou de contusions; et la teinte carminée de cette lymphe est due non à Thématine dissoute, mais aux globules rouges.

Dans le cas de déchirures musculaires, d'ecchymoses, de suffuslons sanguines plus ou moins étendues dans les membres postérieurs, on trouve la lymphe des ganglions sons-lombaires plus ou moins rosée; elle contient alors des globules rouges qui ont pénétré dans les vaisseaux blancs, probablement par des solutions

(1) G. Colin, Rapport tur un Mém. de M, ViUemin. Catue et nature de la tuberculose. {Bulletin de F Académie de médecine, 1866, t. XXXII, p. 897.)

5& ùÈ l'absorption.

de continaité à leurs parois. Eo tuant le cheval par la section de l'artère fémorale, on donné lieu à une coloration rosée des ganglions lombaires du côté de l'artère blessée. En froissant une anse intestinale entre les doigts, en appliquant seulement une ligature sur cette anse, on provoque une injection rosée des chylifères de cette anse et des ganglions auxquels ils se rendent C'est d'ailleurs ce qui arrive dans le cas de hernie étranglée. L'injection est diffuse, et tous les ganglions sont rougis, comme on le sait, sur les animaux qui meurent de congestion intestinale violente, d'entérorrhagie ou d'affections charbonneuses.

On voit donc, par les résultats expérimentaux les plus nets et par les faits pathologiques les plus signiQcatifs, que les lymphatiques prennent une part évidente à l'absorption. Us prouvent que les physiologistes de l'école de Hunter,de Oruikshank» qui leur attribuaient toute l'absorption, étaient aussi loin du vrai que Magendie et ses disciples, qui les destituaient de toute participation à cette fonction, sauf celle qui a trait à la collection des éléments de la lymphe. Les vaisseaux blancs partagent, sans aucun doute, avec les veines ce travail si général et si important.

Mais plusieurs questions majeures se présentent ici pour donner à leur participation sa physionomie, ses caractères, montrer en quoi elle ressemble à celle des veines, en quoi elle en diffère.

D'abord, l'absorption lymphatique s'opèrc-t-elle avec une rapidité égale à celle des veines?

Non, évidemment La pénétration de la matière dans les éléments du tissu, constituant le premier stade de l'absorption, doit se faire à peu près avec la même vitesse des deux côtés; la pénétration dans le vaisseau est probablement d'une égale facilité pour la veinule et le capillaire lymphatique ; car, dans les canaux d'un centième, d'un millième de millimètre de diamètre, les parois doivent être sensiblement, des deux côtés, d'une minceur et d'une perméabilité égales ; et des deux côtés le pouvoir osmotique des liquides, sang et lymphe, être assez semblable, de sorte que le stade de la pénétration serait parcouru avec une rapidité peu différente dans le vaisseau lymphatique et le sanguin. Seulement la différence commence au moment où les produits absorbés sont entraînés dans le système sanguin avec une vélocité extrême, mais beaucoup moindre dans le lymphatique. Toutefois, dans le dernier système, ces actions sont encore très-rapides, puisque l'iodure de potassium injecté dans le tissu cellulaire de la joue du cheval ne met souvent pas plus de quatre à cinq minutes pour entrer dans les lymphatiques, traverser plusieurs gan* glions, et parvenir au milieu de la longueur du cou du cheval.

Donc la rapidité de l'absorption lymphatique, quoique plus grande qu'on ne l'admet généralement, paraît bien moindre que celle des veines à cause de la différence dans la rapidité de Tenlèvement des produits absorbés. Mais, en réalité, elle peut être la même des deux côtés. La différence apparente tient à l'inégale vélocité du transport des produits absorbés. Aussi n'est-on pas en droit de dire, avec Mayer que les veines ont l'avantage, parce que^ dans certains cas, celui d'injectioo dans les voies aériennes, par exemple, la substance injectée apparaîtrait dans ces vaisseaux avant de se montrer dans les autres.

L'acf ivité de l'absorption lymphatique, comparée à la veineuse, est moindre aussi* d'une manière générale; car, 1^ dans un organe pris en masse ou dans une fractioa

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