SÉCRÉTION DU LIQUIDE DES SÉREUSES
Les membranes séreuses splanchniques, le péritoine, les plèvres et Tarachnoîdct la membrane interne du péricarde, constituées par du tissu cellulaire condensé recouvert d'un feuillet épiihélial, exhalent par leur surface libre un fluide séreux analogue, sinon identique, avec celui qui humecte le tissu cellulaire.
La sécrétion de ce liquide est opérée dans toute l'étendue de ces membranes, soit dans les parties où elles tapissent les cavités, soit dans celles qui révèlent les organes, soit enûn dans celles qui forment des replis, des ligaments, des franges.ou de petites saillies récemment qualIGées du titre de glandes projetées, comme si toute la membrane séreuse elle-même n'était pas une vaste glande. Elle n'a d'autre agent que le tissu de ces membranes, car on sait depuis Ruysch qu'il n'y a pas de petits organes glandulaires dans leur épaisseur. Son activité paraît peu considérable h l'état normal, mais il n'est pas possible de l'apprécier exactement, puisqu'une résorption incessante fait antagonisme à la sécrétion.
I^a sérosité des membranes dont nous parlons y est versée à l'état liquide et s'y maintient sous celte forme, et non à l'état de vapeur, comme le disent la plupart des auteurs; il est facile de s'en assurer, sur les petits ruminants, par une expérience très-simple, qui consiste à enlever avec soin, dans une certaine étendue des parois inférieures de l'abdomen, la tunique élastique et les muscles, de manière «i mettre à nu le péritoine. On voit alors, à la faveur de la transparence du péritoine^ la sérosité accumulée au niveau de la partie dénudée, pourvu que celle-ci soit dans une situation déclive. De plus, ou se convainc par là que celte sérosité ne résulte point d'une vapeur condensée par l'action de l'air, puisque le sac péritonéal n'est point ouvert. L'opinion d'après laquelle cette sérosité serait à l'état de vapeur sur l'animal vivant ne repose d'ailleurs sur aucune preuve; elle n'a eu sans doute d'autre point de départ que cette observation, faite depuis longtemps, de la vapeur qui s'échappe d'une cavité séreuse ouverte.
Ce liquide n'est pas seulement en quantité rigoui*eusement nécessaire pour humecter la face interne de la membrane, il y est encore assez abondant pour s'accumuler en proportion notable dans les parties déclives. J'en ai toujours trouvé sur les chevaux, les moutons, les porcs ouverts immédiatement après la mort, celle-ci déterminée avec ou sans effusion du sang. J'en ai trouvé de même dans le péritoine, les plèvres et le péricarde des animaux ouverts vivants pour des expériences diverses, quelles que fussent, du reste, les conditions dans lesquelles se trouvaient placés ces animaux. Jamais je ne l'ai vue manquer dans l'une de ces mem* branes. C'est donc bien à tort que divers auteurs très-estimables, et tout récemment encore Lacauchie, ont regardé comme un produit de transsudation cadavérique celle qu'elles renferment après la mort. Évidemment la transsudation et l'imbibition peuvent en augmenter ou en diminuer la proportion suivant les circonstances,
l'état (les organes, le temps qui s'est écoulé depuis i'iaslanl de la mort, mais il serait ridicule de considérer ces variations, dans les quantités de sérosité iroavcrs sur les cadavres, comme une preuve de la non-existence de ce liquide pendant la vie. £n général, chez le cheval ouvert immédiatement après la mort par effusion de sang, j*ai trouvé de 80 à 110 grammes de sérosité dans le péricarde, de 100 à 200 dans les plèvres, de 300 à 1000 grammes dans le péritoine, et de 5 à 8 grammes dans les ventricules encéphaliques. Cette proportion devient, pendant un certain lemps^ de plus en plus considérable à mesure qu'on s'éloigne do moment de la mort, car une nouvelle quantité de sérosité produite par transsndatîou s'ajoute à celle qui existait sur Fanimal vivant; mais plus tard elle diminue d'une manière notable.
La sérosité, quelle que soit sa proportion, remplit les petits espaces des membranes qui ne sont point occupés par les viscères. Il ne reste pendant la vie, et même après la mort, aucun vide ni dans le péricarde, ni dans la plèvre, ni dans le péritoine. Si^ en quelques points, les viscères ne se touchent pas ou ne sont pas en contact avec les parois de leur cavité, c'est dans ceux qu'occupe la sérosité. Aussi, dès qu'on vient à faire une ouverture au péritoine, à la région du flanc, par exemple, l'air s'y engouffre avec bruit et fait un peu descendre la masse intestinale; il s'infiltre, en quelque sorte, entre les diverses circonvolutions, de manière à ne pouvoir plus sortir qu'avec difficulté et extrême lenteur. De même, après la mort par effusion de sang, le péricarde est affaissé et appliqué avec force sur le cœur ; dès qu'on y fait une petite ouverture, l'air y pénètre bruyamment, le dilate et l'éloigné de la surface externe de l'organe.
La sécrétion des membranes séreuses éprouve quelques variations remarquables, dérivant soit d'un état général de l'organisme, soit d'une modification apportée à leur vitalité. Elle est plus abondante qu'à l'état normal, surtout dans le péritoine, chez les animaux à complexion molle, qui ont le tissu cellulaire de la partie inférieure du ventre et des extrémités un peu infiltré. Elle le devient [excessivement dans l'hydrotborax, dans l'ascite, l'hydrocéphalie, l'hydropisie des bourses. Au contraire, elle se suspend au début de l'inflammaiion des séreuses, pour se rétablir plus tard avec une grande activité en donnant à leur produit des caractères nouveaux.
La sérosité des membranes séreuses est un fluide alcalin, clair, d'une teinte légèrement citrine, d'une densité de 1012 à 1020; elle n'est point coagolable comme Hewson, Lower et d'autres observateurs disent l'avoir constaté: cependant j'ai vu celle du péricarde du bœuf récemment tué se coaguler après avoir été extraite. Les analyses démontrent qu'elle a une composition analogue au sérum du sang, c'est-à-dire qu'elle renferme de l'albumine, des chlorures, du carbonate, du phosphate de soude ; elle se charge, en outre, dans les inflammations, d*one proportion notable de fibrine, qui lui donne une grande tendance à développer les fausses membranes. J'ai noté la présence normale du sucre dans la sérosité du péricarde, des plèvres, etc.
Ces sérosités présentent ordinairement des traCes de'plasmine susceptible de se dédoubler, une matière albuminoïde coagulablc parle sulfate de magnésie^ signalée sous les dénominations de parasyntonine.
Dans les conditions pathologiques, la sérosité éprouve des modifications remarquables. Produite sons Tinfluence de rirritation, elle renferme beaucoup de plasmine qui se dédouble, même pendant la vie, dans le sac séreux, où elle donne les exsudats connus sous le nom de fausses menibranes. Alors elle peut fournir presque autant de fibrine que le sérum du sang si l'irritation est vive, et trèspeu dans le cas d'irritation faible ou chronique; dételle sorte que le degré d'acuité de Firritalion devient appréciable par la plus ou moins grande coagulabilité du liquide et Tabondance des exsudats qui s'y forment.
Dans ces cas, elle renferme des leucocytes à vacuoleset à granulations graisseuses, analogues aux globules purulents, leucocytes, dont quelques-uns sont,' d'après Robin, dépourvus de noyaux ; ils ne se comportent point au contact de l'acide acétique comme les leucocytes ordinaires. Si la sérosité est roussâtre ou brunâtre, elle le doit à la présence d'une certaine proportion de globules rouges, et dans le cas où elle est très-jaune ou verdâtre, on y trouve beaucoup de biliverdirtc.
D'habitude, les différentes sérosités ne se ressemblent pas exactement. Celle du péricarde est de teinte très-cilrine et riche en matériaux coagulables. La sérosité péritonéale est plus fluide et souvent verdâtre ; elle peut dans le cas de péritonite offrir des cellules épithéliales eu grande quantité, des leucocytes, des hématies, des débris de fausses membranes et des globules purulents ; on a trouvé souvent dans celle de la gaine vaginale beaucoup de matières coagulables et des paillettes de cholestérine.
Les usages du fluide séreux paraissent être uniquement relatifs au jeu ou au dépla'cement des viscères contenus dans les cavités splanchniques. 11 permet au cœur de se mouvoir librement dans la cavité du péricarde, au poumon, de glisser à la face interne des parois costales ; à l'estomac, aux ci ixonvolu tiens intestinales, de changer aisément de position et de rapports.
SÉCRÉTION SYNOVIALE.
Les petites séreuses articulaires et tendineuses, comme celles qui existent aux articulations diarthrodiales, au passage du coraco-radial dans la coulisse humérale, au sommet de Tolécrâne, à celui du calcanéum, dans les arcades carpieune et târ* sienne, en avant du ligament capsulaire du carpe, entre les fléchisseurs du pied dans la région digitée, sont destinées à la sécrétion d'un fluide onctueux qui facilite le jeu des surfaces articulaires, ou celui des parties devant glisser les unes sur les autres.
Ces membranes, en rapport extérieurement avec de petites pelotes adipeuses appelées glandes de Havers, portent à leur face interne de petites saillies, sortes de houppes plus ou moins irréguliéres connues sous le nom de franges synoviales, et regardées - autrefois comme les conduits excréteurs des prétendues glandes synoviales de Havers. Ces franges, bien développées dans les synoviales scapulohumérale, huméro-radiale, coxo-fémorale, fémoro-tibiale, etc., sont analogues aux replis permanents des membranes muqueuses, et ont comme eux pour usage d'augmenter la surface sécrétante d'une manière d'autant plus avantageuse qu'elles sont plus vasculaires que le reste. Elles se trouvent en grande quantité vers les
marges articulaires et dans les culs-dc-sac formes en plusieurs poiiils par la membrane synoviale, comme de chaque côté de la partie postérieure de rarticoiaiion huméro-radiale, en avant du genou, sur les côlés de la rotule, en arrière du jarret; mais elles manquent ou sont peu marquées dans la plupart des synofiales tendineuses.
La synovie qui est sécrétée par ces membranes est un fluide jaunâti*e, épais, visqueux, de consistance oléagineuse, faiblement alcalin. Celle du cheval, d'après John, est formée de : eau, 92,9; — albumine, 6,4; — matière exiraclive, 0,0>i; — chlorure et carbonate sodiques, 0,6; — phosphate de chaux, .0,1. (IcKc de l'éléphant a donné à Vauquclin, et celle de Thomme à M. I^ssaignc, à peu près les mêmes éléments, de plus, une ou deux matières animales particulières qui, trèsprobablement, communiquent à ce liquide, plutôt que Talbumine, la viscosité qui le caractérise, et ([ui est l'une de ses propriétés les plus essentielles.
Ce liquide diffère donc des produits des autres séreuses par la très-forte proportion de matières ûxes, de chlorure de sodium qu'il contient. La matière albuminoîde, la si/novine, qui le caractérise et lui donne la viscosité, peut être isolée, i*edissouie dans l'eau, à laquelle elle donne l'aspect d'un mucilage ou d'une sdutico de gomme.
La synovie peut se modifier par le fait du repos ou de l'exercice. Frerichs a constaté que sur les veaux cl les bœufs dans l'inaction, elle est peu colorée, à peine vis({ueuse et riche en sels, tandis que, au contraire, sur les bœufs qui ont marché, elle devient très-épaisse, donne une quantité de synovine et de matières extractivcs presque double de celle qu'elle contient dans le premier cas. Sous l'influence de l'inflammation, elle peut devenir trouble, très-épaisse, roussâtre, prendre une consistance plus considérable qu'à l'état normal, se charger de débris cpithéliques, de leucocytes, et enfin de plasmine. Celle-ci donne naissance alors à des dépôts fibrineux d'aspect variable.
La quantité de ce fluide dans toutes les articulations est constamment plus que suflisante pour lubrifier les surfaces articulaires. Je l'ai trouvée sur un cheval de taille moyenne en bonne santé, et examiné immédiatement après la mort, de 6 grammes dans l'articulation de l'épaule, de 7 grammes dans celle du coude, de 6 grammes dans l'articulation coxo-fémorale, de 8 grammes dans la fémorntibiale, de 7 grammes dans la ti bio-tarsien ne. Loi'sque les synoviales offrent des dilatations anormales, comme on en voit si fréquemment au genou et an jarret du cheval, elles peuvent se remplir d'une énorme quantité de ce liquide, 500,600, 800 grammes, et quelquefois plus encore; mais elle n'a pas ses propriétés habituelles. Dans les circonstances ordinaires, comme les surfaces articulaires sont en coaptation parfaite, la synovie ne peut que mouiller les parties qui se touchent : aussi s'échappe t-elie en dehors des marges articulaires, dans les culs-de-sac de la membrane, qui devient par là plus ou moins boursouflée, ou bien elle s'amasse en partie dans ces fossettes synoviales irrégulières, où le cartilage semble rongé comme celles de l'échancrure sygmoïde des solipèdes^ de l'extix'miié supérieure du radius, de 1<| surface articulaire inférieure du tibia, etc.
La sécrétion de la synovie est opérée dans toute 1 étendue de la membrane séreuse, suivant le mécanisme de la sécrétion des séreuses splanchniques.
Xaciliitr les monvenieuu l'huile sur les rouages des
txbalatiui) plus ou moins
elle csl peu appréciable,
'mA^i'Ic h ta surface de la peu*.
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!il siltiécs dans la couche
mt t<ipis-écs iniéiicumm'uC
:(^ussel deVauzème, par Gurir, ■.^mniifèrGs domestiques dans ^)us-jaceuU'. Elles K>nl Ijës- ^gainalc, et chez le niouiou ; fS^ qui rccouvie les pelolcs ou ..^u^tl^îpt^gé cliL-z le jimuloii, ovale au 'iîl^^^l^t'^ chien; il couïtiiui', au lieu ..'H „,»^'»^^:w*"sur la plu» grande paiiio Sï^*^3^^5i;*lî^'*'""p"ï dans le poro cl le : ^^î^S&^âlÉi^Elj:uk-s re;ifermeni. iwiir h
■<j^B ïjj^B iij^B a^a iSt* aj^i* ' T '
it, sans aucune trace de matière
it les observations de M M. KSllika-
duquel on peut reconnaiire
granulations plus ou moias fines,
ljÉ( cellules, des noyaux cellulaires,
'S*l3 protéine et de la graisse. Dans
M *â:> dernii'ri», l'Iiéién^énéité du con-
— {iiu résulterait d'une mue et d'une
isolutioii partielle des cellules épi-
'feliales qui tapissent le tube sinueux
'1^ glomérules sudoiipares.
.«.?"• transpirai ion cutanée, si faible
R,9i'<;llc pai-aissc dans les conditions •sBdinaii'es, n'en constitue pas iiioias 'ne des sources les plus actives des dindes déperditions qu'éprouve l'or- ^.^^nisme. Les. caractères de cette J>rs?ihalaiion, la quantité, la nature et :^ propriétés de son produit, le r6le •^'ellc joue relativement à la dé- ^■fti^S^ration du Quide nutritif et i t'équi- ^•j|bration de la chaleur animale, exigent ÎKZÎK^fcl^l'ïï"' quelques développemenis.
"" " "" i^fi^lcs animaux inférieurs dont la peau les crustacés et les iiioJlusqnes i 3jp)erméab1es, ot chez ceux qui ont tiQserpents, les lézardsj les tortues, etc.; :3pmmifëres et les oiseaux, oii la peau I* ^*^ttJ^b||Pii% i^k^r peu considérable; encore, parmi S>^2^)i^4^Hgtûg«igM!, suivant le degr6 de souplesse, de ~ '^^JJ^^^iiSttJârelé des ptoduclions pileuses qui |r*^^'^^ffi^iB> e"<^ ''^^' P^"^ <^'>^^ '^^ pachydermes ^als chauds, que chez les animaux i ^s chez le cheval, qui sue abondam- ^^Krcice pénible, que chez le bœuf, et ~i*V'oi>jauiaislapeau mouillée de sueur, ffipiration a été très-rarement déter- I bloc la somme des pertes dues :
^on pulmonaire, et 3° i l'exhalation l9Ls n'ont été tentées que sur l'homme
le premier, dans des eiitériences
i*»tïli