VEAU
Eau
Matières organiques. .
Matière^ minérales. . .
Des principes qui entrent dans la composition de Turinc, les uns sont corn* muns à la généralité des animaux^ les autres sont propres à quelques-uns d'entre eux; ce sont : Purée, l'acide urique, des matières animales extractives et divers sels.
L'urée est un des éléments les plus importants de l'urine de l'homme et d'un grand nombre d'animaux. Cette matière très-azotée, cristallisable en aiguilles prismatiques, provient des mutations des matières protéiques des aliments et des tissus. Elle se forme dans les muscles et dans les autres organes, peut-être même aussi dans le sang où elle existe constamment en certaine proportion! Le rein, étranger à sa production, ne fait que l'éliminer, puisque, comme l'ont démontré ALM. Prévost et Dumas, elle existe dans le sang après l'extirpation des reins : sa quantité y augmente dans les cas où la sécrétion urinaire devient incomplète par suite d'une dégénérescence. L'homme en produit, d'après Lehmann, en moyenne, 32 grammes en
(1) Veau de huit jours, allaité par la mère.
DES SÊCRÉIIOKS.
vingt-quatre heures. Sous riiifluence d'un régime très-azoté, sa quantité peut s*élever à 58 grammes ; elle descend à 1 5 dans le cas où les aliments sont pauvres en azote. Néanmoins, pendant l'abstinence, elle est encore sécrétée en- proportion très-notable, comme M. Lassaigné Ta constaté sur un aliéné privé de tout alimeol pendant dix-huit jours.
La quantité d'urée éliminée par l'urine est proportionnelle à la masse de ce liquide. On a constaté sur l'homme et quelques animaux que dans le cas où la quantité d'urine est doublée, celle de l'urée est accrue d'environ un tiers en sus de la proportion normale, de sorte que l'animal qui donnait 33 grammes d'urée par litre d'urine en donnera k2 avec deux litres. Frerichs a trouvé que Je chien au régime mixte donne en vingt-quatre heures quatre fois autant d'urée que pendant l'abstinence, et six fois autant sous l'influence de l'alimentation animale. L'urée se produit assez rarement dans les maladies en proportion supérieure à la normale, mais dans beaucoup de cas, comme dans la maladie de Brigbt, les hydropisies, les affections dérivées de l'anémie, sa quantité est plus ou moins réduite. Elle peut augmenter dans les cas où les animaux viennent à recevoir certaines matières, telles que la gélatine et le sel marin. La gélatine, qui ne parait point assimilable, se convertit totalement en urée, et le sel marin se combine avec cefle-ci pour sortir par les voies urinaires.
L'acide urique trouvé d'abord par Scheele dans les calculs vésicaux existe en grande quantité dans l'urine des carnivores, dés animaux ovipares, et au contraire en proportion très-faible dans celle des herbivores. A l'état de pureté, cet acide est blanc^ pulvérulent, inaltérable k l'air, à peu près insoluble dans l'eau, décomposable par la chaleur, qui le convertit en carbonate d'ammoniaque, cyanhydrate de la même base et en divers produits analogues à ceux qui résultent de la décomposition des matières animales azotées. Il contient plus de carbone que l'urée, mais moins d'hydrogène et d'azote. Cet acide augmente dans les urines, d'autant plus que les animaux font un usage plus exclusif d'aliments azotés, et daps celles des animaux affectés de maladies inflammatoires; il apparaît en quantité notable
dans les urines des herbivores soumis à l'abstinence ou nourris de substances animales, dans celle des veaux pendant le régime de la lactation. Au contraire, d'après les analyses de M. Chevreul, il disparaît totalement, de môme que les phosphates, dans l'urine des carnassiers soumis à la diète exclusivement végétale. On le rencontre à l'état de pureté ou en combinaison avec l'ammoniaque dans les calculs urinaires de l'homme et des carnivores.
C'est lui qui, à l'état d'urate de chaux ou de soude, concourt à former les concrétions arthritiques de la goutte. V^àde urique se trouve habituellement combiné avec la soude et se précipite quand on fait agir l'acide azotique sur l'urine.
Fl6, 163. — Acide urique précipité par l'acide acétique (Ch. Robin).
An.« 719
ItlttiBiice a été constatée à l'état
IvBH?^"^ l'urine du cbeval et des
i blanc, peu soluble dans
it facilemeot décomposable
p'bone que l'urée et l'acide
«m d'azote. Sa production isculaire ou à l'inaction. lS#HDBchefaux qui travaillent, et ^l^|i^-es premiers donnent en urée. Les cbevaui d'om- ^f nné de 7 jusqu'à 14 gr.
Inaaqué cbez les chevaux l^'urée par litre. Aussi ce ivail transforme cbez les
^*a>^'i^*i^tQatières apportées norma-
'"^ Ignt de l'acide benzoïque et
JSministrée au lapin, l'élher
jiCdonner naissance. L'acide
ï^homme soumis à une ali-
► *S* jH* JX* m^w ■jff»
"' ! liquide des muscles et ■s deux substances azotées i prOTenir principalement
et de provenance incerlans le jeune âge, pen-
militaires, 1850,
«^flaay^jflBil'Bli.jSii^M ou de l'inanition. <;esont, àce qn'il ''NrH'^l^jlItltlI^SSiiÇL' ^ versées dans le saDg. Slvf i?( tft^'W'S*"^ représentent une partie considéfiUe W^Bi"B'iwka^)^)$ &'*""' 12 ^ lt( grammes par litre, etks -^*- —^■■■■^*-'- Leur proportion ïarie suivint le les données rassemblées jusqn'i lus, soit en tout et en moyeuc celle du bœuf 31, — dumoniM 13, — de la chèvre 9, —do plus a boudant, iletisledinsli inaiii seulement de 1 i3 gram.
„. -—,.■.-. ™,^-^—^. j — l également en grande qniDtilé.
L;^yMSiB G8ji9U%,E9iune pour vingt-quatre heures kO ï 6Ï
'pg^ç^ttlg litt f|: BfiHBiinëe ï la composition des eaui et des
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.ù|h:^ AuEflï'gjÔi^ proportion de ^ à 16 grammes; cnl C^&sRâÇS^â-^^'^ne chez l'homme.
Vi6. 166. — Carbonate de chaui
.' ^1* •*i^:b::j ||K^R|t^^ mon iaca- magnésien.
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'^^^^^^■ïliÉÊ^^CO^Z'III'i^'^)!^^"' abondant dans l'urii ^^P^^Î-''l|V^€*''l!-!l:^^â|3>^-<3 proportion de 10 à 16
'urine du cheMl grammap»''
SÉGRÉTIOM UHINÂIRE. 72 1
litre, le carbt)nale de chaux peut chez les solipèdes arriver au chiffre de 10 grain.; Après lui se place le sulfate de potasse. Le phosphate de chaux, le phosphate de magnésie n'y sont qu*eD faible proportion. Lebiphosphate de soude donne au liquide sa réaction acide dans les conditions précédemment indiquées.
Lorsque Turine dépose, après son émission, le sédiment est formé par le phosphate ammoniaco-magnésien, le phosphate de chaux, le carbonate calcique et magnésien, quelquefois par divers urates, notamment l'urate d'atnmoniaque.. Ces dépôts peu^ vent présenter de la cystine en tables hexagonales, de Foxalate de chaux en cristaux octaédriques. Ces divers sels ou quelques-uns d*entre eux constituent les calculs du rein, des uretères, de la vessie, dont j*ai décrit ailleurs les caractères et le mode de développement (1).
Divers gaz se trouvent en solution dans Turine, en la proportion de 2 volumes 1/2 pour 100 volumes de liquide. Ces gaz sont formés de 65 centièmes d'acide carbonique, 31 d'azote et 2,7 d'oxygène.
La composition de Turine présente des différences remarquables^ suivant les espèces animales, le mode d'alimentation et les diverses conditions normales ou morbides dans lesquelles les animaux peuvent se trouver. Celle des carnivores^ qui est claire et acide, contient beaucoup d'urée, d'acide urique et de phosphates. L'urine des herbivores, trouble, cliargée souvent, et en particulier sur les solipèdes, d'une grande quantité de mucus, ne contient pas ou ne renferme que des traces d'acide urique. Les phosphates y sont remplacés par des carbonates qui lui donnent la propriété de faire effervescence par les acides. Elle renferme de l'acide hippurique que Vauquelin et Fourcroy avaient déjà trouvé chez le cheval, le mouton, le rhinocéros, l'éléphant et le castor. Celle du veau à la mamelle renferma de l'urée, de l'acide urique, de l'aliantoîne et beaucoup de phosphate de magnésie.
L'urine du porc tient le milieu entre celle des carnassiers et celle des herbivores. Bile est alcaline, contient de l'urée, mais point d'acide urique ni d'acide hippurique.
Les analyses qui ont été données pour différents mammifères indiquent quelques variantes assez notables. John a trouvé de la silice et de l'oxyde de fer dans l'urine du cheval. Vogel a rencontré ces deux substances sur le rhinocéros, et !\1. Chevicnl sur le chameau. Si l'on en cioit Vogel, l'acide hippurique manquerait chez l'éléphant.
L'urine des oiseaux, généralement versée par les uretères dans le cloaque où elle se mêle aux matières fécales, est peu abondante et très-riche en substances fixes, notamment eu acide urique. Celle de l'autruche, reçue dans un réservoir particulier analogue <i la vessie des autres animaux, est rendue sans se méhiuger avec les matières excrémcntitielles. Vauquelin a pu ainsi l'analyser séparément^ et y a trouvé de l'eau, de l'acide urique, de très-grandes proportions de chlorhydrate d'ammoniaque, des sulfates de potasse et de chaux, du phosphate calcaire, du mucu^ et une matière grasse. D'après Coindet, Turine des oiseaux herbivores, blanche, onctueuse, contient de l'acide urique, du phosphate de chaux, de l'ammoniaque, mais pas d'urée. Celle des oiseaux carnivores, plus fluide^ susceptible
(1) G. Colin, Recfterckes sur les calculs et les maladiet cakuleuses des animaux. Mémoire couronné par la Société centrale d'agriculture, 1861.