COLIH. — Physiol. comp. , 2« édit. II
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ménie â'élt*e rejetée à part, contient de Turée, de l'acide urique, dk phosplmte calcaire, de raniinoniaqne, et, de plus, des sulfates, des phosphates de soude et de potasse. C^est à la forte proportion de ces matières fixes que les urines des oiseaux doivent la propriété de former des masses blanches faciles à réduire en poussière.
Chez les reptiles, l'urine est tantôt épaisse, demi-solide, rendue à de rares iiitervalles, comme chez les serpents et les lézards, tantôt fluide et très-abondante, comme chez les tortues et les batraciens. Prout, qui a examiné celle d'un boa, y a troa^é: acide uriqoe, 0,9016; -^ potasse, 0,03^5; — sulfate de potasse et chlorure de i)otassium, 0,0095; — phosphate et carbonate de chaux et de magnésie, 0,0080; — mucus et matière colorante, 0,029i!i.
EnGn Turine des mollusques et des insectes a donné de l'acide urique, de i'urate d'ammoniaque, une matière organique et divers sels.
Le régime auquel on soumet les animaux modiDe d'une manière très-rcuiarquable les. caractères et la composition de Turine. Il snflit de donner à tm herbivore Talimentation du carnassier, pour que les urines du premier deviennent semblables à celles du second, et réciproquement. C'est ce que MM. Chevreul et Magendie ont constaté depuis longtemps sur des cliiens, dont l'urine n'offrait plus d'acide urique ni de phosphates» lorsque ces animaux étaient entretenus avec des substances végétales ou avec des principes non azotés, comme le sucre, la gomme, les graisses. J'ai vu aussi des porcs, nourris de pommes de terre et de farine, donner une oriiie alcaline faisant effervescence par les acides, et d'antres porcs, vivant de chair, présenter des urines claires et acides.
L'urine éprouve des modiflcations remarquables sous l'influence des maladies. £n général, elle devient alors moins abondante, plus chargée de sels et de mncosites, qui la rendent épaisse et visqueuse, surtout chez les solipèdes, et chez la jument en particulier ; elle est épaisse, trouble, et laisse quelquefois déposer un sédiment jaune grisâtre chez les sujets calculeux ; elle se chaîne d'albumine, quel* quefois de graisse, dans la maladie de Bright, dans quelques maladies du cœur, les hydropisies, — de glycose dans le diabète, — de biliverdine dans l'Ictère, — de sels ammoniacaux dans le typhus et quelques maladies éruptives graves, — de sang dans l'hématurie, -— de sang avec sérum opalescent et gras dans la piarrhé> mie^ la galacturie ou hématurie graisseuse^ — de pus dans diverses affections des voies urinalres. — d'algues, de bactéries, dans certaines affections catarrhales de la vessie. Ces modiflcations ont été peu étudiées sur les animaux. John a trouvé dan» celle d'un dieval diabétique : eau^ 948,50; — * extrait aqueux et alcoolique, <*)5,30; — urée, 33,30; — mucus et carbonate de chaux^ 0,80 j — acide hippurique, 1,40; — chlorure de potassium, traces; — urates de chaux et de potasse, 0,14 ; — phosphate de chaux, 0,70; — carbonates de chaux et de magnésie, 3,92; — oxydes de fer et de manganèse, traces; — sulfates, phosphates et chlorures alcalins, 1 1 ,40 ; — sulfate de potasse.
Les substances étrangères introduites dans l'économie, par ilne voie quelconque, notamment par l'appareil digestif, sous forme de médicaments ou avec les aliments les boissons, agissent sur la sécrétion urinaire et sur les qualités de sod produit. Celte sécrétion, essentiellement dépurative, est alors surexcitée pour en opérer
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I>lu8 vite réiittiiiiation et raïueoer ainsi le sang à sa constitution noriiiaie. Divers obsenatours ont retrouvé dans l'urine de Tiode, do soufre, de l'arsenic, de l'anlimoinc, du mercure^ du fer, du sulfure de potassium, du cyanure ferrico-potassique, du sulfo-cyanure de potassium, des sulfates de soude, de potasse, de magnésie, du sulfate dequiuine, de l'azotate et du carbonate de potasse, du chlorure de baryum, de potassium, des acétates, oxalates, laclates, etc. , des matières résineuses et des matières colorantes. La gomme-gutle, la rhubarbe, la chélidoine la rendent jaunâtre, la teinture d'indigo lui fait prendre une teinte bleuâtre ; les merises, les mûres, les baies de sureau, le bois de campécbe, une teinte rouge. Klle prend une odeur de violette sous l'inflnence de l'essence de térébenthine, rôdeur de la myrrhe par la valériane et le castoréum, une odeur fétide par l'asfierge. Les diurétiques, en excitant l'action des reins, sont éliminés avec l'uriiic, soit en nature, soit après avoir éprouvé quelques légères modifications.
IrVoehler n^a pu retrouver dans l'urine, ni le fer, ni le plomb, ni l'alcool, Téther, le musc, le camphre, la teinture de tournesol.
Parmi les substances éliminées par les reins, les unes le sont à titre de substances solubles, comme les matières colorantes, odorantes, l'alcool, et y passent sans modification ; les autres s<)nt oxydées et y passent sous une forme nouvelle : le sulfure de potassium, après s'être converti en sulfate de potasse, l'acide tannique en acide gallique, l'acide benzolque en acide hippurique, l'acide urique en urée, acide oxalique, etc. , la salicine en saligénine. Les citrates, tartrates, y passent convertis en carbonates, les acides oxalique, tarlrique, à Tétai d'oxalates^ de tartrates, l'iode à l'état d'iodure, le soufre sous la forme de sulfate et de sulfure.
L'élimination des substances étrangères par les voies urinaires commence à s effectuer peu de temps après que l'absorption les a fait pénétrer dans le système ^asculaire. Les expériences de Stehberger, celles de Hering et de beaucoup d'autres physiologistes démontrent qu'elle est, en général, trèS'4'apide, mais non au même degré pour toutes. Le cyanure de fer et de potassium, injecté dans les veines, se montre déjà dans le rein au bout de une à deux minutes, et dans l'urine de la quatrième à la dixième minute; la teinture de safran, versée dans la trachée, a teint l'urine en vert au bout de huit minutes; l'essence de térébenthine, inspirée, lui a donné une odeur de violette après quinze minutes; l'indigo, administré par l'estomac, se montrait dans ce fluide après un quart d'heure; l'acide gallique après >ingt minutes; la garance au bout d*un temps variable, de vingt à quarante-cinq minutes.
L'élimination de ces substances continue plus ou moins longtemps, suivant I<1 (]uantlté qui en a pénétré dans l'organisme, leur nature et leur aptitude à élro entraînées par divers émonctoires. L'indigo, donné en petite quantité par les voies digestives, ne fut complètement éliminé qu'après cinq heures dans les expériences de 8tehbergerj Tacide gallique après quatre heures, la rhubarbe api'ès vingt-quatre heures, le cyanure de fer et de potassium après plusieurs jours. Cette élimination se prolonge pendant des mois entiers pour certaines substances, qui se déposent uiomentauément dans les tissus, ou qui passent dans des fluides résorbés en partie ou en totalité, comme le suc gastrique, la bile, la salive, les sérosités des metnbraaeSj etc.
12ll DES SÉCRÉTIONS*
La composition de l'urine cl les variations qu'elle éprouve, suivant le régime des animaux et une foule de circonstances diverses, font pressentir le rôle de la sécrétion urinaire.
Celte sécrétion et celle de la bile ont pour but essentiel Télimination des produits résultant des métamorphoses des éléments du sang et des tissus, produits dont le carbone et l'hydrogène, ayant été brûlés en grande partie, ne sont plus aptes à éprouver de nouvelles mutations. Les uns, très-riches en carbone, s'associent à la soude, et s*en vont sous forme de bile ; les autres, très-azotés, donnent l'urée, l'acide uriqne et l'ammoniaque de l'urine. La soude de la bile qui a été brûlée fiait même, d'après Liebig, paf revenir dans l'urine, associée 11 des acides, c'est-à-dire soijis la forme de phosphates, de carbonates et d'hippuratcs.
Chez les herbivores, dont les urines sont alcalines, l'acide urique est remplacé par l'acide hippurique et par l'ammoniaque. Les carbonates alcalins y existent en très-grande proportion, parce qu'ils abondent dans les aliments^ tandis que les phosphates y manquent ou ne s'y montrent qu'en proportion insigniGante. Chez les carnivores, au contraire, qui ont une urine acide, on voit prédominer l'acide uiique, et avec lui les phosphates et les sulfates provenant à la fois des aliments cl (les lissus, puis du soufre, ainsi que du phosphore, des matières protéiques métaoïop phosécs, soufre et phosphore acidifiés peut-être, comme le pense le savant cbimistc de Giessen, par l'oxygène que la respiration a introduit dans l'organisme. Enfin, cbei tous les animaux indistinctement, quel que soit leur régime antérieur ou babitnel, sous l'influence de l'abstinence, l'urine prend des caractères uniformes, devient acide, offre de l'urée, de l'acide urique, des phosphates et des sulfates provenant des tissus qui se détruisent. Alors, dans l'urine, l'eau ne vient plas nî des aliment:» ni des boissons ; l'urée, l'acide urique et les sels ne dérivent plus que des principes du sang ou de la substance des tissus attaqués par le travail de désassimilatioo.
La sécrélion urinaire a donc pour office d'éliminer une grande partie de l'caa superflue provenant des lx)issons et des aliments, une foule de matières étrangères que l'absorption a fait pénétrer dans l'organisn^e, enfin les produits azotés et salins provenant des mutations des tissus.
L'excrétion de l'urine s'opère suivant un mode à peu près uniforme, quant à ses caractères essentiels, chez la généralité des mammifères. Le fluide qui suinte par les petits orifices des pyramides malpighiennes s'accumule dans le bassinet en petite quantité, et coule lentement dans l'uretère qui, eu vertu de sa contractililé, le pousse goutte à goutte dans la vessie, où il ne saurait pénétrer sans une impulsion capable de vaincre la résistance résultant du trajet oblique décrit par le canal entre la muqueuse et la tunique charnue du réservoir. Une fois parvenue à la vessiCf l'urine ne peut refluer dans l'uretère, à cause de l'obliquité de iïnsertion dn conduit, comme Galien en a fait la remarque. A mesure que de nouvelles qo^*^' tités de liquide arrivent à la vessie» elle cède passivement, éprouve une dilatation graduelle; sa membrane charnue s'amincit; ses faisceaux s'écartent les uns des autres ; les plis de sa muqueuse diminuent et finissent par s'elTacer ; le réservoir, refoule en arrière du bassin lors de sa vacuité, se porte en avant, de manière que sa moitié antérieure dépasse le pubis, et vienne reposer directement sur les parois inférieures de l'abdomen. Quand la distension approche de son terme, la vessie a reçaju^**'
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6 à 800 gi^mincs d'urine chez les chiens de grande taille; 3, /i litres et plus chez le cheval et les grands ruminanls. Cet étal fait naître le besoin d*uriner, qui est une sensation interne du genre de celles dont nous avons déjà parlé dans plusieurs endroits. L'impression produite sur les nerfs spinaux que reçoit la vessie est transmise aux centres nerveux, lesquels, par une action réflexe, en partie soumise à la volonté, font cesser la contraction du sphincter du col vésical, et mettent en jeu le diaphragme et les muscles abdominaux. Alors, de même que pour l'expulsion .des matières fécales, il se produit un effort qui est pour beaucoup d'animaux incompatible avec la marche, la course, et la plupart des exercices musculaires un peu pénibles.
I/urine est expulsée de diverses manières, suivant les animaux. Les solipèdcs mâles ou femelles se campent; c'est-à-dire écartent les membres postérieurs des antérieurs, redressent les jarrets et les articulations mélalarso-phalangiennes. Le mâle entier sort en partie le pénis du fourreau, et lance l'urine avec force par un jet continu. Les dernières portions seules sont rejetées par saccades, coïncidant chacune avec une forte contraction des muscles abdominaux et du muscle accélérateur, dont l'action achève de débarrasser le canal de l'urine qui s'y trouve sur la fin de l'émission. Chez les femelles, on voit, dans les derniei*s moments, de vives contractions des lèvres de la vulve qui s'écartent et se rapprochent alternativement, et un mouvement particulier du clitoris encore mouillé d'urine. Le bœuf, le taureau, le bélier, le bouc, ne se campent pas sensiblement; leur urine tombe par un filet assez peu considérable. La vache se campe en rapprochant fortement le train de derrière de celui de devant ; la croupe proémine en arrière, et la colonne dorso^lombaire se vousse en contre-haut ; l'urine est lancée sous forme d'un large jet très-fort. Le verrat urine par saccades, et son urine, en sortant du canal de l'urèthre, passe dans une vessie préputiale à parois musculaires, qu'elle distend pendant toute la durée de l'émission. Cette vessie, découverte par Lacauchie, achève de se vider par l'action de ses muscles propres. Le jeune chien fléchit les membres, écarte les postérieurs des antérieurs, de même que la chienne, mais vers l'âge de dix mois, il tient une patte de derrière levée tant que dure l'expulsion de l'urine.
D'autres animaux urinent encore autrement que nos espèces domestiques. L'éléphant femelle écarte les deux membres postérieurs, et lance son urine claire en large nappe souvent conique. Le rhinocéros mâle fait sortir la verge du fourreau, et projette le fluide par saccades très-fortes, complètement interrompues. La girafe mâle reporte fortement en arrière les membres postérieurs, et rend son urine en un mince filet non saccadé. Le dromadaire mâle se campe comme la vache et précisément en sens inverse du cheval. L'ouverture de son fourreau, déjà recourbée en bas et en arrière, se courbe encore davantage dans ce sens. Sa verge, qui reste cachée, éprouve avec le fourreau, tant que dure l'excrétion, et même assez longtemps après, des mouvements très-répétés; le jet d'urine est dirigé en arrière entre les cuisses. Le bufllé, si rapproché de notre bœuf domestique, n'urine |)<)urtanl pas comme lui ; il rejette le fluide en saccades séprées par des intervalles pendant lesquels rien n'est expulsé. Sa femelle urine quelquefois étant couchée.
L'excrétion de l'urine se renouvelle plus ou moins fréquemment, suivant l'âge,
Tespèce des animaux, les habitodes contractées, eic. Elle se produit souvent chez les jeunes animaux^ chez les femelles en chaleur, chez ceux dont les voies urinaires sont irritées. I^ peur et quelquefois la joie la provoquent chez le chien. Les exercices continus s*opposent à son accomplissement chez les bœufs et les chevaax employ» à des travaux pénibles; aussi doit-on les interrompre de temps en temps, afin qu'elle puisse s'effectuer. Lorsqu'elle s'opère très-rarement, le travail de résorption qui a lieu dans la vessie fait disparaître une certaine proportion d'eau, et donne au resie une teinte plus foncée.
GLANDES THYROÏDES.
Les glandes ou les corps thyroïdes que l'on a considérés comme des divorticnlums sanguins du larynx, du cerveau, et même de l'axe cérébro-spinal tout entier, n'ooi rien dans leur volume ni dans leurs connexions avec ces parties qui puisse justifier le rôle dont on les suppose chargés.
Ces corps existent, chez tous les mammifères, sur les côtéS' du larynx ou des premiers cerceaux de la trachée-artère, rarement isolés l'un de l'autre, mais le plos souvent réunis par une bandelette de même nature que le reste de leur substance. Cuvier et Duvemoy n'en trouvent pas de traces dans les vertébrés ovipares, si ce n'est chez les serpents, où ils semblent remplacés par une glande à larges cellnir!) située en avant du cœur.
I^bul^ux dans quelques animaux, l'éléphant entre autres. Ces corps se présentent généralement sous l'aspect de masses compactes, homogènes^ riches en vaisseaux sanguins et lymphatiques; mais leur structure intime est celle des glandes vasculaires sans canaux excréteurs. Le microscope y fait découvrir des cellules complètement closes, phis ou moins grandes, pourvues d*utt noyau, cellules qui, d'après Heule, en renferment d'autres plus petites, pleines de liquide et de granulations. Suivant KôUiker, ces cellules ont une paroi propre, transparente, homogène, paroi qui est tapissée intérieurement d'un épithélium à cellules polygonales. Leur contenu est fluide, visqueux et albumineux, conséquemment elles oitt les caractères des organes glandulaires. Depuis longtemps Cuvier et Meckel y ont signalé l'existence de vésicules, visibles à l'œil nu dans beaucoup d'animaux, et hypertrophiées dans le goitre. Cuvier les a vues polygonales et pleines d'une gelée transparente, jaunâtre, chez les singes; arrondies et renfermant une matière blanche demi-transparente chez les ophidiens. Steller y a reconnu, chez le lamantin du Nord, deux fluides différents par leur couleur et leur consistance : l'on lactescent, contenu dans les petites vésicules ; l'autre épais, amer, renfermé dansjun sac membraneux au centre de la glande.
La structure vésiculaire m'a paru très-marquée dans la glande thyroïde dii dromadaire. Les vésicules, du volume d'un grain de chènevis à celui d'une petite lentille, étaient jaunâtres, arrondies, très-rapprochées les unes des autres, formées par une membrane translucide : elles contenaient un liquide jaunâtre, visqueux. I^ vésicules de la thyroïde du bœuf, qui habituellement sont assez petites, peuvent devenir très-volumineuses, et donner à cette glande l'aspect d'un ovaire de traie ou de jument, dont les vésicules sont hypertrophiées inégalement. J'ai eu l'occasioD d'étudier, sur un bœuf parfaitement sain, un curieux exemple de cette modification,
GLANIJES THYROÏDES. 727
que penooDC, je crois., n'a encore signalée chez les auiinaax. La glande, trois à quatre fois plus volooiineose qae dans les circonstances ordinaires, était irrégulière et bosselée. A sa surface, comme dans son épaisseur, se muniraient des cellules arrondies à parois demi-transpareutes, grosses, les unes comme des pois, les autres comme des noisettes, et deux d'entre elles comme une petite noix. Ces vésicules, complètement closes, sans communication les unes a?ec les autres, renfermaient un liquide jaunâtre, translucide, d'un aspect analogue à celui du contenu des mélicéris des lèvres du cheval. Ce liquide visqueux, mêlé à l'eau, produisait une émulsion blanchâtre épaisse. Soumis à l'action de la chaleur, il laissait précipiter quelques légers flocons albumineux. Traité par le réactif cupro-potassique, il prit une belle lein^e violette semblable à celle du manganate de potasse, teinte que prennent du reste d'antres liquides, notamment les fluides albumineux. EnGn ce liquide opéra une légère réduction de l'oxyde de cuivre, indice de la présence du sucre au nombre de ses éléments constitutifs; malheureusement l'analyse ne put en être faite.
La structure anatomique des corps thyroïdes montre donc clairement que ces organes sont de véritables glandes, dont les prodoits ne peuvent éire éliminés par la voie ordinaire des canaux excréteurs, mais qui doivent sortir des vésicules par iranssudation et rentrer dans la masse du sang. Ce sont des glandes vasculaires dans lesquelles les veines Ibnt l'office de canaux excréteurs. Leur produit est évidemment le contenu des vésicules, contenu dont il reste à trouver la composition et surtout les usages.
Il était naturel de penser que le sang veineux, chargé du fluide sécrété par les cellules thyroïdes, pût oiïrir une composition un peu dilTérente de celle du sang artériel qui arrive à la glande. Pour voir si cette différence serait sensible, j'ai adapté un tube d'argent à la veine thyroïdienne d'un cheval, tout près du point où elle se dégage de la glande. Le sang recueilli, analysé par M. Berthelot, comparativement avec le sang de la carotide et avec celui de la jugulaire retirés au même moment, a présenté la composition suivante ;
Artère carotide. Veine thyrcUdietine. Veine jugulaire.
Eau 83,36 82,61 79,58
Albumine 9,72 8,25 9,24
Globules 6,87 8,81 10,92
Fibrine 0,05 0,33 0,26
il semble donc, d'après cette analyse, que le sang qui sort de la thyroïde a perdu un peu d'eau et d'albumine, gagnant, par compensation, des globules et de la fibrine ; mais ce sont là des différences légères, dont il est difficile de préciser la signiGcation.
L'importance du rôle des thyroïdes dans l'économie ne parait pas très-grande, si Ton en juge par l'innocuité de leur extirpation, déjà faite par divers expérimentateurs. Cependant la présence du goitre dans l'espèce humaine, les rapports qui existent entre cet état de la thyroïde et l'état général de l'économie; la relation qui se manifeste entre le développement de l'affection et certaines conditions de climat, de régime, etc., portent à croire que les fonctions de cette partie ne sont
pas tout à fait accessoires. Très •probablement; les modifications éprouvées par la glande dans cette circonstance, au lieu de constituer une dégénérescence, comme les médecins le pensent, ne tiennent qo*à une augmentation de volume coïncidant avec rexagération du travail fonctionnel de l'organe. Il serait curieux de saivre les effets de Tablation des thyroïdes sur les goitreux et de l'opérer sur de jeaocs animaux, sur des chiens par exemple, que l'on observerait avec soin pendant toute la durée de l'accroissement, et cela en suivant parallèlement des animaux de la même portée pris pour terme de comparaison.
THYMUS.
Le thymus est, comme la thyroïde, une glande vasculaire sans canal excréteur. Les lobules dont il se compose sont formés de petites cellules sphéroldales contenant un fluide lactescent, et au centre de chacun se trouve, d'après divers observateurs, une cavité plus ou moins spacieuse renfermant un liquide de même aspect, et probablement aussi de môme nature que celui des petites cellules. Le contenu de ces dernières est coagulable par la chaleur et par les acides ; comme les fluides albumineux, il donne des chlorures et des phosphates alcalins, mais pas de fibrine. La substance même du thymus du veau a offert à Morin de l'eau, de l'albumine, de Tosmazôme, de la gélatine, de la fibrine^ une manière animale particulière, une graisse acide, du lactate de potasse, du chlorure de potassium, des phosphates de potasse, de soude et de cliaux. D'après les éludes plus récentes de Friedleben, le thymus renfeimerait, de plos^ du sucre, de l'acide lactique^ et de la matière pigment^ire en proportion variable suivant les âges.
Quant à ses usages, ils sont inconnus. Les uns ont pensé que le produit de ses cellules passe dans les veines et sert, à la manière du chyle, à la nutiîtion du fœtus. D'autres ont prétendu qu'après la naissance il fournit au sang des matériaux utilisés pour le développement du jeune sujet Quelques observateurs, considéraot son grand volume chez les hibernants, lui ont fait jouer un rôle indéterminé dans les actes de la respiration.
Il est à noter que cet organe ne s'atrophie pas avec la même rapidité dans toutes les espèces et chez tous les sujets d'une même espèce. Je l'ai vu souvent assez volumineux sur des chevaux adultes. Tout récemment sur un vieux cheval ; il avait ses cellules hypertrophiées et |)leiues de dépôts blauchâtres.
Il sei^a question de cet organe au chapitre de l'embryogénie.