‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 203 sur 239 · DES SENSATIONS RELATIVES AUX AGT^S REPRODUCTEURS · texte numérisé non relu

DES SENSATIONS RELATIVES AUX AGT^S REPRODUCTEURS

Chez tous les animaux à sexes séparés, et chez la plupart de ceux où les sexes sont réunis sur le même individu, la condition préliminaire indispensable à la reproduction consiste dans l'action du fluide séminal sur l'œuf. Cette action, qui nécessite pour la généralité des espèces le rapprochement du mâle et de la femelle, n'est pas laissée à la volonté et à l'arbitraire des animaux. La nature, toujours si admirable dans ses combinaisons, en a soumis l'accomplissement à une impulsion instinctive, irrésistible, qui se fait sentir à certaines époques de la vie, et qui se renouvelle périodiquement tant que Tanimal jouit de la faculté de se reproduire.

L'aptitude â la propagation de l'espèce se développe parmi les animaux, de même que chez l'homme, bien avant que l'individu ait atteint le terme de sa croissance, comme si l'activité propre de l'individu devait s'essayer à la procréation avant même d'avoir achevé l'être commencé. L'époque à laquelle elle se montre, appelée l'âge de la puberté, quoique très-variable dans le règne animal, est à peu près fixe pour chaque espèce; elle est soumise à quelques lois relatives à la durée de la gestation, de l'accroissement et de la vie.

En général^ notamment parmi les mammifères, les animaux acquièrent d'autant plus vite la faculté de se reproduire que leur gestation est plus courte et leur vie^ plus brève. La souris, le cochon d'Inde, l'écureuil, le lapin, qui portent de vingt à ^ trente jours, arrivent plus tôt à la puberté que le porc, le sanglier, la brebis, la

chèvre, le mouflon, le chevreuil, le lama, dont la gestation est de quatre à six mob; ceux-ci se reproduisent plus tôt que le daim, le cerf, l'élan, la vache, qai ont ddp gestation de huit à neuf mois ; ces derniers ont le pas sur les solipèdes, qui porteai onze mois ; sur la girafe, le chameau, qui portent un an ; sur rhippopotame, qni porte quatorze mois; sur le rhinocéros, qui porte seize mois, et réiéphant, deux ans.

L'aptitude à la reproduction se montre généralement avant l'époque à laquelle les animaux arrivent \ l'âge adulte ou au terme de leur accroissement. On sait qae la lapine et la truie peuvent concevoir à l'âge de quatre à cinq mois ; la brebis et h chèvre, de dix à douze mois ; la vache, à un an et demi ; la jument, de la deuxième à la troisième année.' Les espèces dont les gestations sont courtes et fréquemment renouvelées peuvent se reproduire ainsi plusieurs fois de suite avant l'époque de leur développement complet.

L'organisme, au moment de la puberté, éprouve chez les animaux, dans les deox sexes, des modifications remarquables qui, pour la plupart, varient à l'infini snivant les espèces.

D'abord c'est vers cette époque que se dessinent les différences physiques, inlel' lectuelles et instinctives, qui dans la généralité des animaux supérieurs se manifestent entre le mâle et la femelle. Pendant la première jeunesse, les deux sexes, à peu près semblables par leur conformation, présentent. sensiblement un caractère, des mœurs, des instincts et des habitudes uniformes. A mesure que se développe la faculté reproductrice, chaque sexe se modifie dans le sens du rôle qu'il est appelé à remplir. Le mâle, qui doit subjuguer ses rivaux par la force, se rendre souvent maître de la femelle par la violence, et devenir en quelque sorte le chef ou le dominateur de l'espèce, pi^nd des formes pIusTudes, une taille généralement avantageuse ; il devient plus fort, plus courageux ; sa voix acquiert une gravité qu'elle n'avait pas auparavant La femelle, au contraire, destinée aux paisibles soins de l'éducation des petita, conserve des mœurs plus douces; sa conformation féminine est encore, jusqu'à un certain point, celle du jeune âge ; elle ne prend pas les ornements qui semblent la marque extérieure de la prééminence et de la souveraineté du mâle; la physionomie, l'expression générale de tout son être ont un cachet caractéristique. Parmi ces changements, les plus remarquables tiennent à la conformation, à la taille des animaux, à l'état des organes sexuels, aux instincts et à diverses particularités très-variables, suivant les espèces.

Relativement à la conformation, à la taille et à la physionomie, les changements, qui dans chaque sexe se manifestent vers l'époque de la puberté, sont généralement les plus saillants. Le mâle, parmi les mammifères et les oiseaux polygames, prend des proportions plus avantageuses; dans l'espèce du cheval, l'encolure devient plus forte et plus épaisse, la crinière plus fournie, les naseaux plus amples et plus dilatables, le larynx et la trachée plus larges; dans l'espèce bovine, le taureau a la peau plus épaisse que la femelle, les articulations plus larges^ l'encolure plus massive, la tête plus lourde, les cornes plus fortes, le fanon plus long ; chez les cerfs, la tête du ^mâle s'orne d'un bois que ne porte pas la femelle; l'éléphant mâle porte des défenses bien plus longues que la femelle; le lion possède une crinière épaisse dont la lionne est dépourvue. Parmi les oiseaux, l'âge de la puberté se moiitre par

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