COLIN. — Pliysiol. conip.^ 2* édit. n
Le liquide des vésicules séminales, dont les caractères Tarient suivant les animaux, est un mélange du produit versé par les parois de ces poches, par les canaux déférents avec le sperme. Il est chargé de cellules épithéliales, de macos, d'un plus ou moins grand nombre de spermatozoïdes, qui s*atropbient et meoreni pendant les maladies chroniques de longue durée, et enfin quelquefois de concrétions diaphanes dans lesquelles les spermatozoïdes englobés deviennent tout à ùài immobiles. La présence de ces grumeaux est constante toutes les fols que la rareté des émissions a prolongé le séjour du sperme dans les vésicules ; mais ils sont, eo général, beaucoup plus petits chez les animaux que chez l'homme.
Le fluide sécrété par les testicules est blanchâtre, plus ou moins épais, suivant les animaux ; il est épais, d'un blanc de lait dans l'épidldyme, et le canal déférent, devient grisâtre dans les renflements pelviens de ces canaux et enfin tend à prendre l'aspect d'un mucus transpatent, gélatiniforme, plus ou moins épais à son arrivée dans l'urèthre. Ses changements successifs résultent de son mélange avec les produits des voies qu'il parcourt et des glandules qui y sont annexées. Sa densité eA plus grande que celle de l'eau. Il est plus ou moins miscible à ce liquide, soivant la proportion de mucus dont il est chargé. Il a une odeur particulière, caractéristique, une réaction faiblement alcaline. Il est coagulable par l'alcool. Par le refroidissement, il laisse déposer des cristaux qui ont la forme de pyramides quadraogulaires. D'après Yauquelin, il est composé, dans l'espèce humaine, sur IQO parties, de : eau, 900; substance mucilagineuse appelée spermaline, 10; soude, 10; phosphate de chaux, 30. Berzelius y a trouvé aussi les mêmes éléments. M. Lassaigne (1) a reconnu, il y a déjà longtemps, que le sperme du cheval, pris dans les vésicules séminales, contient beaucoup d'eau, une grande quantité de spermatlne, du mucus, de la soude libre, du chlorure de sodium et du phosphate de chaux. Il serait à désirer qu'on analysât comparativement le sperme dans les divers groupes d'animaux, aux divers âges de la vie, à l'époque du rut et dans les intervalles des périodes de cette excitation, chez les sujets stériles et chez ceux qui jouissent de leur fécondité. Il ne serait pas moins intéressant de l'examiner sac cessivemcnt dans le testicule, l'épidldyme, les canaux déférents, les vésicules séminales, et après son émission, afin de juger des changements qu'il éprouve, surtout par suite de son mélange avec les fluides qu'il rencontre dans les voies d'excrétion.
Le sperme, examiné au microscope, montre des granulations d'une nature particulière, des globules muqueux, des leucocytes, 'des cellules épithéliales, des corpuscules graisseux et enfin des spermatozoïdes ou zoospermes. S'il est refroidi ou desséché, il peut offrir des cristaux de phosphate de magnésie.
Ce liquide, donné par le taureau^ lors d'une pollution spontanée, ou de l'approche d'une femelle en rut, ou enfin lors d'une tentative d'accouplement, ne tarde pas à se séparer en deux parties, l'une inférieure, dense, laiteuse, opaque, l'autre supérieure, incolore et transparente. La première est le sperme proprement dit, contenant des spermatozoïdes tellement tassés qu*ils peuvent à peine se mon-
(1) Lassaigne, Abrégé élémentaire de chimie, à^ édit., t. H.
pur dans lequel un peiit rapides.
décrits d'abord avec beau- Ides études d'un assez grand fluide séminal de tous Icii \S$ et ils s'y meuvent avec une '^^t de DIainents cylindriques lés, et terminés à l'autre par 'rps ovale aplati et la queue K des singes ; le corps piri-
^^î le taureau, oblong chei les
'fl^g*i'lfi|ap|>endtce caudal trfts-délîé,
""-■"■ - conQguraEion olTre d'assez
et les diverses classes d'in-
iQiy^J^nSBimifères, varie d'un dixième tppement très-remarquable, et de Kolliker ont mis en testicule des passereaux ne petites qui, vers la saison des certain nombre de globules Ltozoïdes. Ceuï-ci deviennent i£^ qui les a renfermés pendant 1^ l'époque du frai, se dessiner larentes, oflraicnt bientôt un li^culesspermaiiffnps. KOlliker.
!*téSi grande I^C^aies épi- !ii^ lardent ■ épithé- ^es, et à Isatoioïde Lour par ;*^inégale-
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lus dans
des roodificalions de formes ra une idée, d'après Kolliker,
csseinii'l et caracté-
756 DE LA GÉMÊRATIOiN.
rislique du sperme, n'existent pas constamment dans ce fluide. On n'en troure aucun avant Tépoque à laquelle les animaux acquièrent la faculté de se repn»dulre, et ils disparaissent totalement lorsque les mâles perdent celte faculté par les progrès de Tâge, par le fait de la maladie, ou d'autres causes analogues. Chez les mâles qui sont constamment en chaleur, comme ceux de nos espèces domestiques, ils ne manquent jamais dans la liqueur séminale; au contraire, chez ceux dont le rut est périodique^ ils n'apparaissent qu'à l'époque de cette excitation. D'après Lalleinaod, on les voit en nombre tariable, plus ou moins incomplètement développés, et même remplacés par des globules^ chez les sujets malades ou affaîblisL
La nature et l'organisation de ces filaments si remarquables ne sont point encore déterminées. Les premiers observateurs qui les ont étudiés les regardaient comme des infusoires, surtout en raison des mouvements qu'ils exécutent. Buffou en faisait des molécules organiques. Ehrenberg les a classés parmi les infusoires; aujourd'hui on ne croit plus guère à leur animalité, car ils ne paraissent ni absorber, ni digérer, ni se reproduire comme le font même les infusoires les plus simples.
La vitalité des zoospermes peut être maintenue pendant longtemps, soit dans Forganisme, soit à l'extérieur, à la condition que le sperme n'éprouve pas de décomposition. Les spermatozoïdes portés dans les voies génitales de la femelle y vivent plusieurs jours, qu'ils servent ou non à la fécondation, car MM. Prévost, Dumasi, Bischoiï, et après eux divers observateurs, les y ont trouvés vivants sept à huit jours après l'accouplement. Ils vivent des mois entiers dans les bourses copulatives des ovipares, et j'ai vu dans mes recherches sur le développement des peotastomes, que ceux que la femelle reçoit à l'âge de deux mois environ, lors des premiers accouplements, vivent dans les poches copulatives une année entière et eo sortent à mesure pour féconder les œufs <qui passent dans la portion sinueuse de l'oviducte pendant cette longue période. J'en ai trouvé dans les renflements pelviens des canaux déférents du cheval huit jours après la castration, et de ce fait découle la possibilité de la fécondation par l'eunuque récemment opéré.
D'après les observations de R. Wagner, les mouvements des spermatozoïdes ne se conserveraient guère cpje pendant vingt-quatre heures. Mais, d'après les miennes» ils persistent bien au delà de ce terme dans le sperme de taureau recueilli au moment de l'éjaculation et laissé à l'air, au fond d'un verre à réactif. J'ai vu ainsi très-souvent les spermatozoïdes conserver leur mobilité durant deux ou trois jours» à la température ordinaire. Plusieurs fois ils sont demeurés vivants jusqu'au sixième et au septième jour à une température de 10 à 12 degrés. Dans les cas où ils son morts plus tôt, le liquide était en décomposition. Ils ont vécu seulement un ou deux jours dans des tubes fermés, et maintenus à la température du corps. Godard a constaté que les spermatozoïdes du sperme humain soumis à la congélation se trouvaient immobiles lors du dégel, puis reprenaient, en certain nombre, leurs mouvements dès que le liquide venait à être réchauffée.
La longue persistance de la vie des spermatozoïdes me paraît impliquer la possibilité de la fécondation médiate et à gi*andes distances, dans les cas où les rapprochements sexuels ne peuvent s'opérer.
Les mouvements des spermatozoïdes peuvent s'éteindre par l'action d'une foule de causes. On a noté depuis longtemps que les déchaînes électriques, le froid, la
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chaleur très-éle?ée, Tacidc cyanhydrique, les acides étendus, l'opium, la strychnine, divers poisons, l'alcool, Tammoniaquc, produisent ce résultat. J'ai constaté que les liquides les moins irritants, l'éther, la glycérine, déterminent cet effet presque instantanément J'ai vu aussi chez les animaux dont le sperme a peu de viscosité, comme les solipèdcs, les ruminants, les carnassiers, que Teau ordinaire ou Teau légèrement acidulée, et en quantité sufïisante^ tue rapidement les zoospermes. Aussi, d'après les résultats obtenus sur les animaux, je ne doute pas qu'une injection d'eau dans le vagin, assez abondante pour délayer ce qui est projeté sur le col utérin et à son orifice» ne rende le coït infécond. Un tel moyen, s'il était employé, conduirait à l'extinction de l'espèce.
n est probable que chez les animaux aquatiques le sperme est associé à des matières qui le rendent moins miscible à l'eau. Néanmoins, M. Goste a constaté que les spermatozoïdes des |)oissons osseux cessent de se mouvoir après quelques minutes de contact avec le liquide.
Il est à noter que diverses modifications éprouvées par les produits de, sécrétion du vagin et de l'utérus rendent ces liquides toxiques pour les spermatozoïdes. Suivant Donné, l'acidité trop prononcée du mucus vaginal et la trop forte alcalinité du liquide de l'utérus amènent ce résultat qui explique l'infécondité dans une foule de cas. Néanmoins, le sang pour eux n'est pas délétère ; en grande proportion même, il bisse persister leurs mouvements.
Dans le cas de cryptorchidie, qui toujours coïncide avec un arrêt de développement du testicule, cet organe, s'il est dans l'abdomen, ne donne pas de sperme ou du sperme sans spermatozoïdes. Le fait signalé par M. Goubaux (1), d'abord sur le cheval, puis par FoUin et Godard, sur l'homme, est trèë-exact dans la plupart des cas, mais il ne l'est pas toujours, car l'absence de spermatozoïdes dépend non de ce que le testicule est retenu dans l'abdomen ou dans le trajet inguinal, mais de l'atrophie concomitante de cette glande. Or, cette atrophie ne va pas toujours au point d'annuler la sécrétion du sperme. J'ai vu^ en effet, sur un porc dont les deux testicules retenus près des reins pesaient ensemble 130 grammes, le sperme présenter dans les canaux séminifères et dans les déférents, outre des cellules en voie d'évolution et des spermatozoïdes avortés, quelques spermatozoïdes complètement formés. Sur un cheval disséqué en 1860, dont les deux testicules non apparents étaient retenus dans le9 trajets inguinaux, j'ai trouvé les 'épididymes et les canaux déférents pleins de sperme très-blanc, avec une quantité prodigieuse de q[)ennatozoïdes parfaits. En conséquence, sauf quelques exceptions, les Qryptorchidessont de véritables castrats, glabres, faibles et timides dans l'espèce humaine; nais ordinairement ardents et aptes à l'accouplement, quoique stériles dans l'espèce du cheval Les cryptorchides féconds par l'un ou par les deux testicules doivent être rares.
A la suite de maladies graves de longue durée qui conduisent les animaux au marasme et è la mort, j'ai trouvé des spermatozoïdes vivants dans i'épididymc et lea canaux déférents. E. Godard avait fait déjà sur l'homme, dans diverses affections chroniques, les mêmes observations.
(1) A« Goubaux^ Recueil de médecine vétérinaire, 1847, p. 131.
Les diverses sécrétions dont les produits s'associent au sperme sont, jasqu*à certain point, indépendantes les unes des autres, puisque, suivant la remarque de Catien, les eunuques peuvent éjaculer du fluide prostatique; elles s'opèrent simultanément, et Texcrélion de leurs produits est réglée d'après des sympathies spéciales. Celte excrétion se fait de telle sorte que le fluide prostatique, extrêmement abondant chez les solipèdes, les ruminants et le chien, précède le sperme et peut pendant longtemps couler seul ou à peu près. C*est seulement sur la fia de l'éjacuiation, et au moment où le spasme génital est très-vif, que le sperme proprement dit coule en forte proportion. Mais comme celui-ci ne se régénère qu'avec lenteur, le produit de Téjaculation, an bout d'un certain nombre d'accouplements» dans une même journée, finit par n'être plus que du fluide prostatique avec peu de spermatozoïdes. Aussi les saillies qui se répètent cinq à six fois par jour chez les étalons et les taureaux sont-elles sonvent infécondes. Il faut en excepter cependant celles de certains animaux lascifs et très-proliûques, comme le ]k)uc.
Chez les hybrides ou les mulets, quoique les testicules soient volumineux et d'une conformation normale, le produit de la sécrétion tesliculaire ne renferme pas de spermatozoïdes. Au moins Bonnet, Gleichen, Prévost et Dumas, E. Godard, dont Tatteution a été fixée sur ce point, n'en ont pas trouvé sur le mulet, même pendant les chaleurs ; seulement Wagner a vu chez les oiseaux hybrides des filaments rudimentaiies, indiquant des s()ermalozoïdes arrêtés dans leur développement, c'est lu la règle ; u^ais comme les hybrides sont quelquefois féconds, ils doivent présenter alors des spermatozoïdes. Récemment M. Arloing en a vu dans le léporide, qui passe pour un hybride authentique (1).