‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 211 sur 239 · RI · texte numérisé non relu

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Fjg. 173. — Coupe idéale de Tœuf de poule, d*aprè8 de Baer (*).

(1) Bischoff, Traité du développement de Vhomme et des mammifères, Paris, 18A3, p. 9.

(2) Coste, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés. Paris, 1847.

(*) A, pôie obtni ; B, pôle aigu ; a, coquille; 6, chambre A air; o, membrantî tef tacée qui en dd se divise en deux' fenôtrea pour ciroonicrire la chambra aérieune; ee, limites du blaoc épais ; fff limites Ju blanc très-^pais qui lient aux chalazes gg; hh, jaune on viiellus; i, apparence de cavité daus lo jaune ; Âc, apparence de canal; / et m, cicatricule où la vésicule gcrminatiro a déjà disparu, et dans laquelle se développeruat les premiers liaéamebtt du poulet.

mammifères. En partant de la circonférence vers le centre, if offre : 1*" une membrane mince, peliucide, analogue à la membrane viteiline ou zone transparente de Tovule des mammifères; 2<* le \itellus ou le jaune contenu dans l'enveloppe précédente, et composé de cellules pleines d*un fluide granuleux; 3° en un point de la surface du vitellus un petit amas de granulations, au milieu desquelles se trouve la vésicule germinative. Le cumulus, formé par les granulations et la vésicule germinative, constitue ce qu'on appelle depuis longtemps la cicatricule.

Lorsque cet œuf, déjà très-volumineux, quitte Tovaire, il parcourt lentement le trajet de Toviducte, s'y recouvre d'abord d'une couche albumineuse dont l'épaisseur augmente progressivement, puis d'une membrane blanche, et enfin d*QDe coquille de nature calcaire. Il s'annexe ces nouveaux éléments accessoires, afin de fournir an nouvel être tous les matériaux de son développement, puisque cet êure doit parcourir toutes les phases de son évolution embryonnaire sans rien recevoir de la mère. Il est facile de concevoir que l'œuf des mammifères qui doit se greffer dans l'utérus, et y puiser tout ce qui est nécessaire à la formation et à l'accroissement du fœtus, reste si petit et dépourvu des annexes propres à celui des animaux ovipares.

L'œuf des invertébrés a la même constitution essentielle que celui des animaux supérieurs. Il se forme dans des ovaires tubuleux, et débute par une vésicule germinative qui s'entoure de granulations vitellines. Chez les insectes à métamorphoses, on le voit ise constituer déjà chez la larve, puis continuer son évoltitîpn chez la nymphe. Aussi l'animal, dès qu'il arrive à sa forme définitive^ est apte à la reproduction.

. L'œuf dont nous venons de voir les caractères essentiels ne se produit pas dans l'ovaire, comme on pourrait le croire, seulement à l'âge de la puberté et à l'époque du rut. Cet œuf se développe de très-bonne heure, indépendamment du rapprochement des sexes, et il préexiste à la fécondation dans toutes les classes animales. C'est par la vésicule germinative qu'il commence à se constituer. Autour d'elle se déposent ensuite les granulations vitellines qui, finalement, s'entourent d'une membrane transparente ; c'est du moins ce qui paraît résulter des travaux de la plupart des embryologistes.

Sa composition chimique est parfaitement appropriée à son rôle. L£ blanc ou la couche albumineuse est formée par de l'albumine associée à des matières grasses, à du sucre et à des sels. Le jaune ou le vitellus renferme 17 centièmes d'albumine et de viteiline, et 29 centièmes de matières grasses, oléine, margarine, graisse phosphorée^ enfin du sucre, des sels et du fer. D'après les recherches de MM. Fremy et Yalenciennes, la viteiline n'existe que dans l'œuf des oiseaux et de quelques reptiles ; elle est remplacée par des matières analogues, l'émydine chez les tortues, l'ichthine chez les poissons.

On sait depuis fort longtemps que les ovaires des oiseaux, des reptiles, des poissons, et ceux des divers invertébrés, contiennent des œufs à un âge antérieur à celui de la fécondité, et que, par conséquent, ils doivent s'y former sans rintcrvention du mâle. Il y a plus^ M. Duvernoy a même constaté la présence des œufs dans les ovaires des fœtus de poissons. Divers observateurs les ont vus dans les ovaires

des jeunes filles pea après la naissance, et Garus en a trouvé jusque dans un fœtus de vache arrivé au terme de la vie utérine; depuis on a vu ces vésicules ovariennes cbez les veaux, les porcelets, les chiens et chats nouveaux-nçs. Enfin, un certain nombre de ces œufs, formés de très-bonne heure, peuvent parvenir à maturité avant rage de la reproduction ou avant le moment de la fécondation, en laissant sur Tovaire les corps jaunes qui deviennent la marque de leur chute. Des corps de ce genre ont été reconnus par Malpighi, Vallisnieri, Brugnoneet, depuis, par beaucoup d'autres observateurs, dans Tovaire de filles vierges, et dans celui de plusieurs femelles mammifères qui n'avaient jamais eu de rapports avec les mâles.

Il est à noter que le nombre des œufs qui se développent dans Tovaire est infiniment plus grand que celui des œufs destinés à être pondus ou fécondés. M. Coste (1) a reconnu, il y a longtemps déjà, que chez la femme et les femelles de mammifères ce nombre est *fort considérable. On a cru pouvoir le porter à des centaines de mille, et même à des millions par pouce carré dans Tovaire de la vache. Toutefois, les œufs qui s'entourent d'une vésicule de de Graaf sont les seuls qui puissent sortir de Tovaire et qui deviennent aptes à la fécondation.

Bien que la formation des œufs dans l'ovaire s'effectue à partir de la vie embryonnaire, cet organe est loin de présenter, dès le principe, les caractères qu'il offre à l'époque de la puberté et au moment du rut. Chez les fœtus des mammifères et les très -jeunes femelles de cette classe, l'ovaire est mou, très-vasculaire, en apparence homogène. Ainsi, l'ovaire du fœtus de jument est énorme, d'une mollesse extrême, riche en vaisseaux; son stroma, d'une teinte brune foncée, rappelle la couleur de la substance testiculaire du cheval, et, au milieu de cette gangue, les vésicules de de Graaf ne semblent pas apparentes à l'œil nu. Il présente encore ces caractères quelque temps après la naissance, mais peu à peu le stroma prend de la densité, perd de sa vascularité primitive ; les vésicules augmentent de volume, atteignent un diamètre de 2, 3, U, 5 millimètres, de 1, 2 centimètres de diamètre. Enfin, à l'âge adulte et dans la vieillesse, un certain nombre d'entre elles^ notamment les plus superficielles, acquièrent un volume énorme, proéminent à la surface de l'ovaire, et se transforment en véritables kystes.

Les œufs renfermés dans l'ovaire des jeunes femelles, quelle que puisse être Texiguîté des vésicules de de Graaf, n'en contiennent pas moins toutes les parties qui caractérisent l'œuf delà femelle parvenue à l'âgie de fécondité. Aux approches de la puberté, quelques vésicules de de Graaf subissent des changements remarquables, arrivent à maturité, et, au moment du rut, se rompent, laissent échapper leurs ovules. C'est à ces phénomènes, dont la découverte est toute moderne, qu'on a appliqué les noms de ponte périodique on d'ovulation spontanée.

D'abord il est incontestable que, chez les invertébrés et les vertébrés ovipares, les œufs formés avant la fécondation sans l'intervention du mâle peuvent se détacher spontanément de l'ovaire et être pondus également sans le concours de l'autre sexe. Ainsi, Rœsel, Pallas, Treviranus, et plusieurs observateurs modernes, ont vu que les femelles d^nsectes, sans avoir jamais eu de rapports avec les mâles, pondent des œufs ayant les caractères ordinaires. Les poissons^

(1) Coste, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés, t. I.

osseux, chez lesquels il n*y a jamais d'accouplemeut, pondent les leurs à une époque déterminée, et ceux-ci sont fécondés lorsqu'ils viennent à rencontrer le sperme que le mâle a répandu dans les eaux. Les batraciens émettent aussi spontartément leurs ceufs, que le mâle, cramponné sur la femelle, féconde à mesure qu'ils sortent des voies génitales. £uGn les femelles d oiseaux privées de mâles peuvent pondre même aulani d*œufs que dans les conditions ordinaires. Le fait, devenu vulgaire eu ce qui concerne la poule, est attesté, pour divers oiseaux, par les observations de Buffou, Cuvier, Et. Geoffroy Saint-Hilalre, G. Duméril, etc.

Gelte émission spontanée des œufs, tout à fait indépendante du concoars do mâle et de la fécondation, a lieu aussi bien chez les mammifères que chez les animaux ovipares; seulement, comme elle est assez peu manifeste dans les premiers, elle n*y a été constatée qu'à la suite de longues investigations.

La présence des corps jaunes observée chez de jeunes filles encore vierges, et dontrhymen restait intact, de même que dans l'ovaire de femelles qui n'avaient point porté, le fait de la ponte périodique chez les oiseaux séparés des mâles, et chez les ovipares où il n'y a pas rapprochement des sexes, avaient fait soupçonner à plusieurs physiologistes l'existence de l'émission spontanée des ovules chez les mammifères. M. Goste (1) émit, en 1837, l'idée que les œufe peuvent sortir de l'ovaire indépendamment de la fécondation. Négrier reproduisit la même opinion, d'après des observations dans lesquelles il avait vu les corps jaunes se former chez les femmes à l'époque de la menstruation. Mais c'est à un naturaliste français très' distingué. M, Pouchct (2), que la science est redevable d'avoir clairement établi, dans toute sa généralité, le phénomène de l'ovulation spontanée, en montrant « que l'œuf est toujours produit à une époque fixe en rapport avec l'une des phases du rut^ et qu'il est constamment émis au dehors indépendamment de la fécondation >. Peu après, Bischoff (3) ajouta, par de belles expériences, des preuves nouvelles à la loi précédente, et en donna ainsi une démonstration irréfragable. Il enleva d'abord à des lapines, à des chiennes et à des truies, soit l'utérus tout entier, soit l'une des cornes de cet organe. Après la guérison des femelles, le rut survint; il y eut accx)uplemeni : les vésicules de de Graaf se rompirent; il se forma des corps jaunes, et les œufs détachés de l'ovaire furent retrouvés dans les trompes de Fallope demeurées intactes. Puis, sur d'autres femelles de même espèce, après la ligature ou l'extirpation de l'utérus, il ne permit pas Rapproche du mâle; néanmoins, la ponte eut lieu également â l'époque du rut; on retrouva des vésicules rompues ou à la veille de se rompre, et des ovules dans les oviductes.

Les phénomènes préparatoires de la ponte périodique ou de l'ovulation spontanée, chez les mammifères, consistent en une surexcitation plus ou moins vive de l'appareil génital^ surtout en une turgescence de l'ovaire, dont quelques vésicules doivent se rompre pour laisser échapper leur contenu.

A la surface de l'ovaire, légèrement gonflé, du moins dans un certain nombre d'animaux, on voit des vésicules de de Graaf plus volumineuses que ne le sont

(1) Goste, Cours sur le développement de l'homme et des animaux, Paris, 1837, p. 455.

(2) Pouchet, Théorie positive de fovulation spontanée et de la fécondation dans Vespke humaine. Paris, 18A2, p. 169.

(3) BischoO; Annales des sciences naturelles, 1844, 3« série, t. II, p. 105, 128.

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Le mode suivant lequel la vésicule de de Graaf se rompt et laisse échapper i*oniie n'est pas encore parfoitement déterminé, si l'on en juge par les dissidences qui régnent sur ce point entre les observateurs les plus habiles. M. Pouchet pense que la rupture de la vésicule ovarienne dérive de l'épanchement sanguin qui 8*y opère au moment du rut. D'après lui, le sang qui se dépose peu à peu dans la vésicule, et qui est fourni par une exhalation des vaisseaux de la membrane propre, finit par distendre outre mesure les parois de cette vésicule. L'épanchement sanguin commencerait d'abord dans la partie la plus profonde de la vésicule, et, en augmentant, il amènerait l'ovule dans le point le plus superficiel, c'est-à-dire à l'endroit ob s'opère la déchirure, lorsque la distension est portée à son terme. Mais M. Coste prétend que la déchirure de la vésicule ovarienne dérive seulement d.'une augmentation de la quantité du fluide séreux qui la remplit, et il assure que l'ovale, an liea d'être situé à la région profond^ de la vésicule, est, au contraire, placé dans an des points les plus rapprochés de la superficie de l'ovaire, situation qui en rend nécessairement l'émission plus facile.

Les vésicules de de Graaf s'ouvrent indifféremment dans tous les points de la surface de l'ovaire, chez la plupart des animaux où le pavillon de la trompe est assez lai'ge pour envelopper à peu près complètement l'ovaire; mais il ne semble pas co être ainsi chez les solipèdes, dont l'ovaire, très- volumineux, ne peut être entièrement recouvert par le pavillon. 11 est probable que, dans ces animaux, la déchirurf des vésicules s'opère dans le fond du bile ou de i'échancrure de l'ovaire ; du moins, c'est là que j'ai rencontré une fois une vésicule pleine de sang et commençant à se déchirer et une autre fois une vésicule portant une large fente par laquelle s'était échappé l'ovule. Jamais je n'ai vu, en d'autres points de la surface de la glande, ni vésicules semblables ni corps jaunes récents, bien caractérisés.

Chez les femelles qui font plusieurs petits à chaque portée, tous les ovules quitteraient à la fois l'ovaire, d'après BischofT et Barry ; leur ponte serait tellement simultanée qu'il n'y aurait pas même une heure d'intervalle entre la chute de l'un d'eux et celle d'un autre, mais ce fait est très-contestable. M. Pouchet le nie en se fondant sur ce que les ovaires des femelles en chaleur présentent, à un moment donné, des vésicules de de Graaf déchirées, tandis que d'autres sont seulement à la veille de se rompre. Je partage volontiers l'opinion de ce dernier observateur ; car, en pratiquant la castration sur une truie^ pour des démonstrations chirurgicales, j'ai trouvera la surface de l'un des ovaires, deux vésicules de de Graaf ouvertes et saignantes, et près d'elles, deux autres pleines de sang, mais non encore déchirées.

L'ovule que laisse échapper la vésicule de de Graaf ouverte est recueilli par le pavillon de la trompe plus ou moins exactement appliqué à la surface de l'ovaire, puis il descend dans la trompe, parvient à Tutérus où il se développe, s'il a été soumis à l'action vivifiante du fluide séminal. Il est recueilli d'autant plus sûrement que le pavillon enveloppe plus complètement l'ovaire. Sous ce rapport, on sait que les carnassiers sont dans les meilleures conditions, puisque le pavillon forme une capsule qui coiffe exactement la glande ovigène.

Une fois que les vésicules ovariennes déchirées ont laissé échapper l'ovule, elles éprouvent des modifications remarquables à la suite desquelles elles sont transior-

inées en corps jaunes. Après leur débiscence, ies vésicules de de Graaf conservent d'abord leur volume et restent saillantes à la surface de l'ovaire; leur cavité est complètement remplie par un caillot sanguin, rouge, brunâtre, et leur ouverture, plus ou moins resserrée^ forme une légère excavation vers le milieu de la vésicule. La membrane propre de celle-ci, constituée par des cellules, augmente d*épaisseur; elle se plisse, d*après les observations de M. Pouchet, et ses cellules augmentent de Tolume. Peu à peu le caillot sanguin se résorbe; le diamètre du corps jaune diminue. €e corps s'affaisse, perd sa teinte rouge sanguine, devient rosé, puis jaunâtre pâlit progressivement, et bientôt ne se distingue plus nettement du stroroa de la glande ovigène. Son volume, au début, est très-variable suivant les espèces. Dans la brebis et la vache, ce corps a les dimensions d'une petite fève et demeure longtemps saillant à la surface de Tovaire. Chez la femme il est tellement volumineux, suivant la remarque de Haller, qu'il représente la moitié et plus de la masse de la glande. Au contraire, il est fort petit chez la truie et les rongeurs^

Les corps jaunes persistent assez longtemps après la déchirure de la vésicule dont ils dérivent. De Graaf avait déjà observé que, chez les vaches et les brebis, où ils sont énormes, ceux de ces corps formés à la suite de la fécondation restent apparents pendant toute la durée de la gestation, et s*eiïaçent seulement après le part. J*ai pu, en examinant un assez grand nombre de vaches et de brebis pleines, m'assnrer de l'exactitude de cette remarque. Le corpus liiieum, chez ces femelles, reste assez distinct à toutes les périodes de la gestation pour qu'on puisse dire avec certitude lequel des deux ovaires a fourni l'œuf fécondé ; de plus, l'ovaire qui a donné cet œuf reste habituellement, au moins dans la brebis, plus volumineux que l'autre, et renferme un stroma abondant rosé, tandis que l'autre ovaire, plus petit, pâle ntérienrement, en a très-peu.

Le travail par lequel s'effectuent au sein de l'ovaire la maturation et la chute de l'œuf coïncide avec l'état d'excitation, qu'on appelle le rut chez les animaux sauvages, ou les chaleurs chez les femelles domestiques ; il correspond chez la femme à la menstruation. L'uniformité de ses phénomènes caractéristiques montre clairement que les mammifères sont soumis à la loi générale de la ponte périodique chez les ovipares.

Un seul des phénomènes liés à l'ovulation semble propre à l'espèce humaine ; mais nous avons vu qu'il s'observe aussi, dans certaines limites, chez les animaux; je dis dans certaines limites, car il est incontestable que l'exhalation sanguine, à l'époque du rut, est à peine appréciable chez un très-grand nombre de femelles mammifères. Évidemment, depuis Aristote, beaucoup d'auteurs, Stahl, Linné, entre autres, sont allés trop loin en disant que la vache, la jument, par exemple, éprouvent un flux cataménial semblable à celui de la femme. Le plus souvent, à l'époque des chaleurs, il ne s'écoule par la vulve que des mucosités jaunâtres; quelquefois seulement ces mucosités sont très-légèrement sanguinolentes, surtout à la suite des approches du mâle. Néanmoins, les observations de M. Pouchet faites sur les truies, les chiennes, les chattes en chaleur, démontrent que la muqueuse utérine, alors fortement congestionnée, exhale à sa surface un fluide dans <equel le microscope permet de reconnaître des débris d'épithélium, des globules muqueux et quelques globales sanguins.

Toutefois, il est hors de doute que les femelles des singes, notamment celles des macaques et des cynocéphales dont Tulérus se rapproche de celui de la femme par son exiguïté, offrent un écoulement périodique très-analogue à celui de la menstruation humaine. Chez ces femelles, Tirritation des parties sexuelles est même tellement vive qu'elle se propage aux parties voisines; car, ainsi que Tout vu Cuvier ei Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, le gonflement et la rougeur s'étendent du pourtoor de la vulve à l'anus, à la face inférieure de la queue et aux callosités ischîales.

L'ovulation, dont nous venons de voir les principaux caractères, se reproduit périodiquement pendant toute la durée de la vie, depuis l'époque de la puberté jusqu'au moment où s'éteint l'aptitude à la reproduction. Elle se renouvelle plus oo moins fréquemment dans les intervalles de la gestation, suivant les espèces et leurs conditions d'existence. Chez certaines femelles, la lapine par exemple, elle paraît s'o|)érer à des époques fort rapprochées ,car cette dernière, suivant la remarque de Bnffou, est toujours disposée à la fécondation. Du reste, la présence du mâle est, pour beaucoup d*espèces, une cause d'excitation qui accélère considérablement la ponte. Les expériences de HJ. Cosleout fait voir que chez la lapine qu'on laisse s'accoupler les œufs ont déjà quitté les ovaires dix à quinze heures après le rapprochement des sexes, tandis que chez la femelle séparée du mâle, les œufs se trouvent encore dans leurs capsules intactes quarante-cinq heures après l'invasion du rur. Ces expériences ont montré que dans quelques cas môme la chute des œufs ne s'opérait pas sans le secours de l'accouplement.

Du reste, plusieurs causes extérieures, notamment celles qui tiennent au climat, aux saisons, à la nourriture et aux influences de la domesticité, peuvent modifier considérablement les phénomènes de l'ovulation. Nos gallinacés et nos palmipèdes pondent presque toute l'année, tandis que les gallinacés et les palmipèdes sauvages font seulement une ou deux nichées par an. Si on ne leur prodigue pas de trèsgrands soins, la ponte se suspend pendant la mue et au moment des grands froids; au contraire, si on les soustrait à la rigueur des saisons, et si on leur distribue une abondante nourriture, ils continuent à donner des œufs. Le lapin sauvage, qui fait deux portées par an, peut en donner le double dans nos habitations. Enfin la vache, la truie, se reproduisent presque indifféremment dans toutes les saisons, bien que les époques de la génération soient rigoureusement fixées pour les espèces analogues vivant à l'état sauvage.

Maintenant que nous connaissons l'élément que chaque sexe fournit pour la reproduction, c'est-à-dire le sperme et l'œuf, il faut rechercher comment ces deux éléments sont mis en rapport l'un avec l'autre.

IIL — De l'accouplemfnt.

L'union des deux sexes, nécessaire à la fécondation chez un grand nombre d'animaux, s'effectue par la pénétration d'un organe mâle, érectile, dans les voies génitales de la femelle où doit être lancée la liqueur séminale. Cet acte, qui n'exige de la femelle qu'une participation à peu près passive, nécessite de la part du mâle d'abord l'érection du pénis, puis l'intromission de cet organe dans le vagin, enfin l'émission du sperme.

ÂGGOUPLEttBNT. 769

Le pénis, si variable chez les animaux sous le rapport de sa direction, de sa forme et de son volume, doit, pour pénétrer dans les voies génitales de la femelle et y darder le fluide séminal, éprouver une turgescence particulière qui en augmente les dimensions et lui donne une certaine rigidité. Cette turgescence, connue sous le nom à'érection, a été attribuée à une foule de causes : à la compression des veines par Krause, à la contraction des fibres musculaires des trabécules des corps érectiles par Yaleniin, contraction commençant du côté des vésicules séminales; Gh. Rouget la suppose due au relâchement de ces mêmes fibres trabéculaires. Ëckhard l'a fait dériver de la dilatation des artères des tissus érectiles produite par Texcitation des nerfs érecteurs du plexus scialique.

Le mécanisme de cet acte n*est pas aussi simple qu*il le paraît au premier abords On voit bien qu'il consiste en une sorte de con^^estion du tissu aréolaire à larges lacunes qui constitue la masse de la verge. Mais cette congestion est-elle active ou passive et comment, dans Tune ou l'autre hypothèse, la pression sanguine peut*elle distendre à un si haut degré des canaux qui se dégorgent librement dans les veines?

En étudiant avec soin le phénomène sur les animaux où le corps caverneux est très-développé, on croit reconnaître qu'il résulte de deux causes, la première est un afQux plus abondant de sang artériel, soit par des artérioles dilatées, soit par des artérioles qui se contractent plus énergiquement, et elle suffit pour donner lieu à une turgescence très-marquée ; la seconde consiste dans l'obstacle apporté par la compression des veines au dégorgement du tissu érectile. L'afflux plus grand du sang artériel est dû à une influence nerveuse ; la gêne dans le départ du sang vient de la contraction de quelques muscles. Dans le corps caverneux, la compression des veines est due à l'ischio-sous-pénien, ou ischio-caverneux, comme Krause l'a dit avec raison, et dans le tissu spongieux de l'urèthre, elle résulte, ainsi que Kobelt (1) l'a fait remarquer, de l'action du bulbo-caverneux ou accélérateur. Le premier de ces muscles, tout en comprimant les veines dorsales de la verge, entre le corps caverneux et l'ischion, pousserait aussi le sang des racines de 6e corps vers les parties antérieures^ et l'accélérateur chasserait de son côté le sang du bulbe de l'urèthre vers la lêie du pénis qui est une expansion du tissu de l'urèthre. L'observation semble donner la preuvede cette compression, car si l'on explore le périnée d'un chien pendant l'accouplement, on sent très-bien les contractions saccadées et rhythmiques des muscles précités; on les sent de même dès qu'on

vient à provoquer l'érection de cet animal en appliquant les doigts sur les tumeura .érectiles de la base de la verge; on les voit, même sur le taureau, dès le début de l'érection, avant que la verge sorte du fourreau, et elles persistent tant que dure la turgescence. Il est bien difficile de concevoir l'érection complète sans le concours de ces deux causes réunies; mais la part d'influence de chacune d'elles est difficile à préciser. Celle de la compression des veines s'opposant au dégorgement du corps caverneux est peut-êure la plus grande. Ceux qui Font niée sous prétexte que la contraction des muscles ne peut être continue et parce que cette compression don-

(1) Kobelt, De tûppùreil du sens génital <ki deux sexes dans l'espèce humaùie et quelques mammifères, Strasbourg, 1851, p. 37.

G. couir. — Pbysiol. coinp.,2<'édit. ii. -* 49

aérait liea à L*arrôt de la circulation, se sont étrangement trompés. Des contractions très-rapprochées et saccadées suffisent, et une compression qui réduit fortement la lumière des veines conduit mieux au but qu*un aiïaissement complet qui arrêterait la circulation et ne permettrait point à l'érection d'avoir une longue durée.

Quoique Térection s*opère simultanément dans toutes les parties de la verge, elle ne s*y développe pas d'une manière uniforme. L'érection du corps caverneux, qui doit permettre à l'organe de pénétrer dans les voies génitales de la femelle se produit la première et acquiert vite son maximum d'intensité; l'érection du corps spongieux de l'urèthre et de la tête ou du gland, se fait à demi avant l'iotromissioD ; elle s'achève dans le vagin sous l'influence des frottements, et a pour but de rendre possible, sous forme de jet, l'émission du sperme.

L'érection ne peut s'opérer .que par suite d'excitations nerveuses venues des centres. Elle est impossible, comme Gunther l'a montré, dans le cas où les nerfs péniens sont coupés. Effectivement après cette section que j'ai faite sur un cheval entier, très-vigoureux, la verge est devenue flasque. En j^résence d'une jument en rut, il y a eu des hennissements, des tentatives réitérées d'accouplement, mais la verge est demeurée molle, et n'a pu se dégager du fourreau sur une longueur de plus de 20 centimètres.

Ce qui se passe au moment de la mort par compression, section du bulbe, com^ motion cérébrale ou simplement par hémorrhagie, n'éclaire pas beaucoup le mécanisme de cet acte. Alors, même dans les cas où elle n'est qu'incomplète, elle s'accompagne de contractions très-vives des ischio-sous-péniens, de l'accélérateur et d'une éjaculation abondante. C'est ce que l'on voit tous les jours sur les chevaux entiers tués d'une manière quelconque. Certains d'entre eux donnent des nappes de sperme. Dans le cas où la respiration artificielle est établie sur ces animaux, on voit une nouvelle éjaculation se produire une fois que l'insufflation vient à se suspendre et que la circulation s'arrête.

.Chez quelques animaux, notançiment le taureau, il y a des érections périodi^ ques accompagnées d'éjaculations en dehors des rapprochements sexuels. Ceux de ces ruminants qui n'ont pas de saillies à effectuer éprouvent ordinairement le matin, lorsqu'ils se relèvent» et* après l'expulsion des fèces, des contractions des muscles {)énien8, suivies de la projection de la verge hors du fourreau, et de l'émission ji'une certaine quantité de fluide prostatique et de sperme. . A mesure que la turgescence du corps caverneux fait des progrès, le pénis jéprouve un redressement de ses courbures et une élongation qui le font sortir dn fourreau. Son diamètre augmente» sa forme se modifie quelquefois de même que sa direction, et enfin sa rigidité devient très-considérable, notamment chez les espèces pourvues d'un os pénieu, comme les chiens, les martes, les ours, et quel gués autres mammifères. Il se présente alors sous une foule de formes diverses» suivant les espèces, et appropriées sans doute à la disposition des voies génitales de la femelle et à leur degré de sensibilité. On le voit cylindrique et renflé à son extrènaité libre chez les solipèdes ; grêle et effilé dans la plupart des ruminants ; terminé par un long prolongement vermifdrme chez le bélier; cyUndrique et légèrement tordu à la pointe chez le porc ; conique et couvert de rudes papilles chez les chats ; pourvu, à la base de sa partie libre, de deux renflements énormes chez les chiens.

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