‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 220 sur 239 · PARTURITION · texte numérisé non relu

PARTURITION

des deux ovules qai se trouvaient déiachés, Tun a été fécondé par le sperme du cheval, l'autre par celui de Tâne. Il n'y a là pas plus superfétation que chez la chienne ou la chatte couverte à une période de rut par plusieui's mâles différents. * Ici, encore, parmi les nombreux ovules qui descendent à la fois dans les trompes utérines et dans Tutérus, tel est fécondé par les spermatozoïdes du premier mâle, tel autre par ceux du second, si bien que, dans la même portée, il se trouve des ^petits très-différents les uns des autres par la taille, les formes, la couleur de la robe, mais ressemblant chacun à son père respectif.

Du reste, lors même que dans une gestation multiple il s'écoulerait plusieurs semaines ou plusieurs mois entre la naissance d un premier et ceUe d'un second petit, ou ne serait pas encore certain d'avoir affaire à une véritable superfétation. On sait, en eiïi't, d*après les observations de Tessier, de Brugnone, de Numann, et d'autrès, qu'il peut y avoir une différence de quatre-^ingtsàquatre-vingt-dix-huit jours, chez la vache et la jument, entre le part prémaluré et le part retardé. Or, il me semble 'que dans les cas dont je parle, l'un des fœtus pourrait naître longtemps avant le terme ordinaire, et l'autre à ce terme même, on bien l'un pourrait naître à terme et l'autre à une époque retardée de un à deux mois. Enfin, les différences dans la taille des fœtus et dans leur degi*é apparent de développement ne suflisent pas toujours pour indiquer avec certitude que des fœtus d'une portée unique sont d*àges différents; car, d'une part, parmi ceux de la même portée, il en est de grands et de petits; d'autre part, on a vu des fœtus de vache au nombre de trois ou quatre, qui, quoique à terme, n'avaient pas encore de poils sur toute l'étendue du corps, comme cela arrive à la fin du second tiers de la gestation. Il n'y a que des saillies sufïisamment éloignées et suivies, chacune, d'une parturitiou à terme, ou à peu près à terme, qui puissent établir sûrement la superfétaiîon.

Quelque temps après la parturilion, les enveloppes fœtales qui étaient restées dans Tutérus avec le placenta et une partie du cordon ombilical se détachent et sont expulsées à la suite de nouveaux efforts.

Les femelles multipares rendent Tarrière-faix h mesure qu'elles font leur petits. La naissance du premier fœtus est suivie, au bout d'un temps assez court, de l'expulsion de ses annexes; à celle-ci succède la sortie du second petit, puis celle de ses annexes, et ainsi en alternant jusqu'à la fin. Cette succession est nécessaire |)0ur permettre au fœtus de passer librement dans les parties des cornes utérines occupées précédemment par ceux qui sont déjà sortis. L'élimination du déUvre se fait très-facilement chez ces femelles : la chienne va s'accroupir dans un coin comme elle le fait pour uriner et souvent même pour accoucher, et aussitôt que l'arrièrefaix est sorti, elle le dévore, puis revient auprès des petits qui sont nés. Les femelles unipares, lorsqu'elles ont, par exception, des portées doubles ou triples, rendent aussi, souvent, l'arrière-faix de chacun des fœtus à mesure que ceux-ci naissent, à moins que le délivre de l'un ne soit pas un obstacle à la sortie du suivant. Ainsi, dans le part double de la vache ou de la brebis, les fœtus étant logés chacun dans une corne, le second peut sortir sans que le délivre du premier ait été expulsé.

Les grandes femelles unipares, la vache, la jument, rendent Tarrière-faix le plus souvent dans la journée de la parturitton, ou le lendemain ; mais il est fort commun de voir. la délivrance se faire attendre trois, quatre jours, et même plus encore, c. COLIN, — Pbys. coinp.9 2'édiU n. — 56

Dans cette dernière circonstance, il faut que l'art vienne au secours de la nature. On attache à ce qui reste du cordon oinbilica!, ou à la partie du délivre qui sort de la vulve, un poids plus ou moins lourd, ou bien on exerce, de temps en temps, une légère traction sur ce délivre. Si cela est sans résultat, on doit engager le bras dans Tutérus et détacher, par une douce pression des doigts, chaque placenta du cotylédon correspondant, d'abord dans une corne, puis dans l'autre, en procédant gi-aduellement du col de l'utérus vers le fond des cornes. Il importe de recourir à ce* moyen, quand, après quatre à cinq jours, la délivrance n'a pu s'eiïectuer; autrement, la femelle est exposée h la métrile avec complication d'accidents putrides.

La désunion et l'expulsion de l'arrière-faix,' lorsqu'elle est spontanée, nécessite des efforts peu considérables; elle n'est accompagnée d'aucune effusion sanguine appréciable, même dans les eas de délivrance laborieuse.

Les femelles herbivores, aussi bien que les carnivores, ont l'habitude de dévorer l'arrière-faix aussitôt qu'il est sorti, si on le laisse à leur disposition. Quelquefois ces dernières l'arrachent à mesure qu'il sort et se délivrent ainsi elles-mêmes trèsra[Mdement. L'instinct qui les pousse à cet acte à un but facile à concevoir : les femelles carnivores mangent ces débris comme elles mangent, pendant la durée de l'allaitement, les fèces de leurs petits, afin de tenir propre leur nid et de ne pas attirer le mâle ; les femelles herbivores mangent aussi le délivre pour ne point appeler autour d'elles les animaux carnassiers.

Après le part et la délivrance, il survient des modifications remarquables dans l'état de l'utérus et de ses diverses membranes. En général l'utérus se resserre peu à peu, ses vaisseaux se plissent^ deviennent sinueux et de moins en moins perméables au sang; le col, relâché, revient peu à peu à son xlegré habituel de constriction ; les ligaments larges se raccourcissent, remontent l'utérus vers la région sous-lombaire et le retirent du côté du bassin ; leur faisceaux musculaires s'atrophient, etc.

La membrane muqueuse des femelles dont le placenta est disséminé, comme chez la jument et la truie, reprend les plis qu'elle avait avant la gestation, et ses follicules qui recevaient les papilles placentaires se rapetissent dans tous les sens. Chez la chatte, la chienne, les femelles des rongeurs et chez la femme, il paraît d'après MM. Ooste, Weber, Eschricht, que toute la partie de la muqueuse qui correspondait à l'insertion du placenta éprouve une véritable exfoliation : sa couche superficielle se détache à cet endroit et se trouve éliminée. Chez les ruminants, tels que la vache, la brebis et la chèvre, les cotylédons qui avaient acquis progressivement pendant la gestation un volume énorme, se rapetissent, leurs follicules de réception se resserrent au point de devenir à peine visibles à l'œil nu. Mais ces cotylédons ne disparaissent point, bien qu'ils se réduisent à de faibles proportions; ils persistent pendant les intervalles de la gestation et s'hypertrophient de nouveau à chacune des portées ultérieures, de sorte que les mêmes dont la présence était déjà évidente avant l'âge de la fécondité, servent pendant toute la durée de la vie. Quand une partie d'entre eux viennent à être détruits, sous l'influence de causes accidentelles, ceux-là ne se régénèrent point et il ne s'en développe pas d'autres pour les remplacer. De même, quand une femelle unipare vient à porter deux petits, le nombre des cotylédons ne double pas; il n'augmente pas même sensiblement, car alors il n'y en a pas plus, en moyenne, que sur les femelles portant un éeul fœtus. Seule-

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