‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 221 sur 239 · PARTURITION · texte numérisé non relu

PARTURITION

ment, dans le cas dé part double, le volume de chaque cotylédon devient plus considérable que dans celui de gestation simple.

Le fait de la non-régénération des cotylédons détruits est clairement démontré par i*état de i*utérus qui a perdu une partie de ces organes à la suite d'une gestation antérieure. M. Goubaux a sigtialé, le premier, le cas d'un utérus qui, pendant la gestation, était dépourvu de cotylédons dans Tune de ses moitiés, et dont la muqueuse offrait, sur cette moitié, des cicatrices blanches indiquant les places où ils se trouvaient autrefois. Depuis, j'ai observé plusieurs fois des exemples analogues. Dans un' cas, toute la partie antérieure de la corne opposée à celle occupée par le fœtus, déjà volumineux, ne présentait que des cicatrices allongées, luisantes; vers la jonction de cette corne avec le corps de l'utérus, les cotylédons 4ipparaissaient, et ils étaient dans l'autre corne disposés comme à l'ordinaire, seulement, au nombre total de 92, dont 11 extrêmement petits et presque sans connexions vasculaires avec les placentas. Dans un autre cas, Tutérus renfermant un veau à mi-terme en manquait entièrement dans la moitié qui n'était pas occupée pav le fœtus. La muqueuse de cette nioité offrait une cinquantaine de cicatrices parfaitement distinctes, disposées dans l'ordre qu'affectent habituellement les <^otylédons; elle était parfaitement saine dans les intervalles dés cicatrices, et n'y présentait pas la moindre trace de cotylédons nouveaux ou en vole de formation ; toute la portion correspondante du chorion était lisse, à peine vasculaire et sans trace de placentas. L'autre moitié de l'utérus offrait 52 cotylédons très-volumineux et 12 autres très-petits, c'est-à-dire, en somme, à peu près la moitié du total ordinaire. Dans un troisième cas, la corne droite, contenant un veau à terme, en avait 62 ; la gauche offrait des cicatrices sans trace de végétations cotylédonaires. Enûn, dans deux autres cas, l'utérus renfermait des fœtus momifiés, et sa muqueuse, parfaitement lisse dans toute son étendue, ne montrait plus aucun vestige des organes dont je parle. Or, puisque d'une part les cotylédons ne se régénèrent point et ne sont pas remplacés par des cotylédons nouveaux, et que, d'autre part, les connexions du fœtus avec la matrice s'établissent uniquement par leur intermédiaire, une femelle dont l'utérus a perdu la totalité, ou seulement la plus grande partie de ces organes, doit être frappée de stérilité.

Quant à la réduction de volume et de poids éprouvée progressivement par l'utérus à la suite de la parturition, elle est considérable. Un utérus de brebis pesant, au •terme de la gestation, 600 à 700 grammes, revient bientôt au poids de 50 à 55 grammes, c'est-à-dire à une masse douze à treize fois moindre. Un utérus de ▼ache du poids de 6 à 7 kilogrammes au moment de la parturition, se réduit à 500 ou 600 grammes par la suite : ses cotylédons, qui à cette époque pesaient à eux seuls environ 2 à 3 kilogrammes, ne représentent plus pendant les intervalles •de la gestation qu'une masse insignifiante.

liii^lfio.

pas encore asspz de Torce énergiques iioor digérer celle

Ile de la remme (*).

CK*^^"' pi^^o^i dsiis '^ produit de la W.^îiij§j!lne lous las principes nécessaires à iï^âf^^ÏDÎÛCe^Sriode de la vie.

-al«ncnl peu volumineuses, avant

Tâgc de fécondiié et aux époques de leur inaction. Elles sont constituées par des amas de vésicules appendues sous forme de grappe (fig. 210 et 211) à Textrt'mité de canaux très-fins, se réunissant de proche en pf-oclie pour donner naissance à des canaux galaclophores dont Tampleur augmente à mesure qu'ils s'avancent vers ie sinus commun creusé à la base du mamelon et dans le mamelon lui-même. Dans quelques animaux, tels que les monotrèmes, ces glandes résultent simplement de l'agglomération de caecums sinueux, dilatés à leur fond, et réunis ensemble avant de s'ouvrir à l'extérieur.

Dans toutes les espèces, les mamelles sont paires et à peu près constamment symétriques. Celles du côté droit se trouvent placées à une certaine distance de celles du côté gauche, on bien elles sont accolées ensemble, par l'intermédiaire d'un -septum membraneux, comme on le voit chez les solipèdes et les ruminants. Lorsqu'il y en a plusieurs de chaque côté, elles se trouvent placées les unes à la suite des autres, parallèlement à la ligne médiane du corps, et bien qu'alors celles de la même série latérale soient continues ensemble j pour ne* former qu'une seule masse, chacune a ses canaux propres, sans communication avec. les autres, et s'onvrant dans le mamelon correspondant

Les mamelles, toujours situées à la partie inférieure du thorax ou de l'abdomen, aGn d'être ^ la portée des petits, sonl pectorales chez les singes, les chauves-souris, les paresseux et les cétacés herbivores ; elles sont abdominales chez le tapir, ie rhinocéros, l'hippopotame, d'après Cuvier; inguinales chez les solipèdes et les ruminants ; enfin, elles occupent à la fois ces trois situations dans les espèces où elles sont très-nombreuses, comme chez la chienne, la chatte, la lapine, et un grand nombre de carnassiers et de rongeurs. On sait qu'elles se trouvent enfermées dans une poche spéciale sous le ventre chez les didelphes.

Le nombre de ces glandes est généralement proportionné è celui des petits ; il est de deux dans les singes, l'éléphant, le rhinocéros^ les solipèdes, la brebis, la chèvre, le cochon d'Inde, les cétacés; de quatre dans la vache, la lionne, la panthère; de six dans l'ours, le blaireau; de huit dans le chat; de dix dans la truie, la chienne, la lapine, le hérisson. Cuvier dit qu'il est de douze à quatorze dans l'agouti et quelques autres rongeurs ; mais il varie quelquefois, surtout chez les femelles où il est considérable. Daubenton a déjà noté que la chienne n'a souvent qne quatre mamelles d'un côté et cinq de l'autre ; et tout le monde sait que les vaches ont fréquemment trois mamelons de chaque côté, dont le dernier est souvent imperforé. La sécrétion lactée ne s'établit, dans les mamelles, qu'à la suite d'un travail préparatoire. Quelque temps avant l'époque de la parturition, elles commencent à se gonfler, deviennent fermes et pendantes; leur vascnlarité augmente/ leur tissu change d'aspect, et les canaux galactophores acquièrent une ampleur considérable. Ces changements, liés à l'état de l'utérus, vers le terme de la gestation^ peuvent néanmoins survenir spontanément ou sous Tinfluence de causes diverses. Harvey parle de lapines qui, n'ayant |)as été fécondées, ont les mamelles actives au moment où le part devrait s'effectuer; ces femelles peuvent alors allaiter des petits étrangers. Buffon cite l'exemple d'une chienne qui, sans avoir jamais reçu le mâle, éprouvait ce gonflement des mamelles à l'époque à laquelle elle aurait dû mettre bas si elle eût été fécondée au moment du rut précédent. Cette chienne donnait da

886 DE LA GÊINÊRATIOM.

Jaît et se chargeait de nourrir, avec une tendresse remarquable, les petits que Ton mettait auprès d'elle, Un fait analogue a été observé plusieurs fois par Rainard, et des chasseurs m*ont assuré qu'il n'était point très-rare. M. Delafond (1) eu a coostaté plusieurs de ce genre. Le dernier^ que j'ai pu suivre en partie avec lui, se rapporte à une chienne qui, sans avoir reçu le raâle^ au moment du rut, éprouva m gonflement des mamelles une cinquantaine de jours après le rut ; elle donna du colostrum, puis du lait très-blanc. Au soixantième jour, alors que la chienne qui n'avait pas été couverte présentait tous les signes de la parturition, on lui donna un petit étranger qu'elle adopta et nourrit pendant le temps accoutumé. Depuis^ MM. Joly et Filhol (2) ont eu sous les yeux deux de ces chiennes vierges qui donnaient du lait et ils l'ont analysé sur l'une d'elles. Les chèvres du mont Œta, dit Âristote, bien qu'elles n'aient pas reçu le mâle, donnent du lait par suite de frictions aux orties faites sur leurs mamelles. J'ai vu, à la bergerie de l'École, une rebisde six mois qui n'avait point encore été couverte, donner une quantité fort notable de lait très-blanc, crémeux, coagulable, comme celui qui est sécrété dans les conditions ordinaires. Il y a plus, on a vu des mules, des pouliches, dès les pr^ miers jours après la naissance en sécréter, qui quelquefois coulait spontanément, sans succion ni compression. Les enfants nouveau-nés, des deux sexes, donnent habituellement quelques gouttelettes d^un liquide chargé de globules laiteui et de fines particules de graisse (3). Enfin, chez les mâles adultes, les glandes mammaires peuvent également se développer sous l'influence d'excitations extérieures et sécréter du lait* Aristote cite un bouc de Lemnos qui en fournissait abondamment et transmit celte faculté à un de ses fils. M. Geoffroy SaiutrHilaire, en 1845, eu a étudié un au Muséum, à mamelles volumineuses, qui domiait de deux à cinq décilitres par jour. Ce bouc^ deux ans plus tard, a allaité un de ses produits. M. de Humboldt a cité le fait authentique d'un Indien qui allaita pendant cinq mois son enfant dont la mère était malade.

A part ces exceptions, fort rares, le développement des mamelles n'a lieu, et leur activité n'est mise en jeu que dans les derniers moments de la gestation. Ce développement, qui est progressif, s'opère avec une Lenteur variable suivant les espèces; il est tel que les génisses commencent à donner un lait jaunâtre et séreux bnità dix jours avant la parturition. Les chiennes, d'après.les observations d'Àristote, eu donnent déjà cinq jours, quelquefois sept avant cette époque. Au moment du part, surtout quelques jours après, la sécrétion acquiert une grande activité.

La sécrétion du lait, essentiellement intermittente et subordonnée aux actes de la reproduction, n'est point très-bien connue dans son mécanisme. Henle, Reinhardt, Kôlliker et surtout Yirchow, qui considèrent la mamelle comme un amas de glandes sébacées ayant acquis un grand développement, admettent que les cellules épithéliales se multiplient dans les cuis-de-sac glandulaires au point de les obstruer

(1) Delafond^ Observations sur certains phénomènes physiologiques se rattachant à in pof' turiti&n et à l'allaitement {Bulletin de r Académie de médecine ^ 19 mai 4857).

(2) Joly et Filhol, Recherches sur le lait (Mémoires de V Académie de médecine de Belgique, U 111). .

(3) Voyez Natalis Cuillot, Archives générales de médecine, 1853. — Gubler, Mémoires de la Société de biologie, 1855.

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éprouvent la dégénérescence

ou ce qu'on appelle les glo>

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Joutait. Cliezlavacbe(Gg.213},

StEsez forle pression sur sa partie

^ns la chèvre, où ses parois sont

tareincnt et pouvant recevoir

les lèvres et l'extrémité des

ivaot dans sa bouche pour qu'il

lement au-dessus du mamelon ;

■Oï^î^^i^ih^l^^ale, à l'aide de sa langue dont

^ iS;i;^^si^«»^C^e*^, mais dont la base s'érarte et

se rapproche altemativement da palais^ sous Hnfluence de ses muscles propres el de ceux de l'appareil hyoïdien. Le vide qu'il produit par les mouvements de succion et la pression qu'il exerce sur la partie supérieure du mamelon font couler le lait.

Les petits des herbivores, en général, notamment ceux des solipèdes et des nimi> nants, se tiennent toujours, ainsi que leur mère, debout pour teter;'ils tirent sur le mamelon^ l'allongent et le pressent tout à la fois. Quand ils ont à peu près épuisé un trayon^ ils en saisissent un autre, secouent la tête et en donnent de temps en temps des coups sur les mamelles. Les petits des carnassiers sont couchés sur Je ventre et la mère est un peu penchée, ou quelquefois entièrement étendue sur le côté ; ils frappent les mamelles avec leurs pieds de devant, comme les enfants le font avec leurs mains. Quand ils commencent à devenir forts et que la mère se tient debout, ils s'accroupissent ou s'élèvent sur leurs membres |)ostérieurs et s'attachent aux mamelles, les bras élevés et appuyés sur elle dans une attitude analogue à celle des cariatides qui semblent soutenir quelque partie d'un monument.

La pression des doigts sur le mamelon fait sortir le lait de même que la succion opérée par la bouche des petits. Pour traire, les doigts saisissent la partie supérieure du mamelon, l'étreignent doucement, de manière à circonscrire entre le point le plus comprimé et Torifice du trayon le lait renfermé dans la cavité de celui-ci; puis, en maintenant la compression, les doigts descendent un peu, el le lait qui ne peut refluer, du moins en totalité, vers la partie supérieure des conduits galactophores, force la résistance du petit sphincter et s'échappe à l'extérieur : en un seul jet chez la vache, en deux ou trois chez la jument, en quatre ou cinq chez la lapine et eu huit à dix dans la chienne. Celte action^ pour être exécutée convenablement, exige un certain ait; car, suivant la réflexion de Bordeu, tout le monde sautait traire s'il suffisait de comprimer le mamelon.

Il arrive assez communément que les femelles ne se laissent traire qu'avec difficulté et retiennent leur lait, comme on le dit, surtout quand elles sont inquiètes, contrariées, ou lorsqu'une main étrangère les trait pour la première fois. Elles le retiennent aussi souvent quand elles ne voient pas leurs petits non sevrés^ comme lluiiter en avait fait la remarque pour Tânebse. De mémo une femelle, fût-elle privée de ses nourrissons, refuse presque toujours d'allaiter d'autres petits de son espèce ou d'espèce dilTéi^ente. Cependant, il est très-ordinaire de voir les vaches, les chèvres et les brebis privées de leurs petits, eu adopter d'autres auquels elles s'attachent comme si elles leur eussent donné le jour. On a vu mêntc des chiennes allaiter de petits chats et d'autres des louveteaux. Mais ce qu'on dit des vaches et des brebis qui se laissent traire par des serpents ne paraît pas possible.

Le lait s'échappe quelquefois spontanément au dehors, c'est lorsque la sécrétion est très-abondante et qu'on néglige de traire les femelles privées de leurs petits. Dans ce cas, les conduits galactophores et le sinus du mamelon sont tellement distendus, que la compression à laquelle le liquide est soumis force la r'ésistance de rorifice de ce sinus. Un écoulement semblable a lieu d'une manière continue si l'on engage dans le mamelon un tube qui maintient béant son orifice : alors le liquide s'échappe de la mamelle par sou propre poids.

Lait. — Le produit de la sécrétion matnmaire est un fluide blanc, opaque, d'un léger reflet bleuâtre ou jaunâtre, dans quelques espèces, d'une saveur douce. U

est généralement alcalin chez les herbivores, acide chez les carnassiers. Sa densité moyenne est de 1032.

Examiné au microscope, le lait se montre composé d*un liquide incolore^ transparent, dans lequel nagent des corpuscules arrondis ou légèrement polyédriques, inégaux, à contours nets/ à centre brillant, qui donnent au liquide sa teinteblanche et son opacité. Ces globules, déjà vus, par Leeuwenhocck (1), ont de 1 c^ 20 millièmes de millimètre de diamètre. Ils paraissent constitués par une matière grasse, revêtue d^une couche de matière protéique, probablement de caséine. Ce qui tend à le démontrer, c*est d'une part que l'acide acétique les déforme, en laisse sortir des gouttelettes de graisse et les agglutine entre eux, car il détruit leur . enveloppe, et d'autre part que l'éther ne peut les dissoudre ni les séparer du sérum, tandis que l'éther, mêlé avec un peu de potasse ou d'acide acétique, transforme le lait en un fluide incolore et transparent. Alors la potasse ou l'acide dissout l'enveloppe du globule dont la graisse peut à son tour entrer en dissolution dans l'éther. Dans cette matière grasse du lait, au moment du refroidissement, MM. Robin et Verdeil (2) ont vu se former des cristaux de margarine. Les globules résultent de mélanges graisseux qui leur donnent des propriétés variables. Ils sont presque solides dans le lait de la vache. L'ébullition les réunit en gouttelettes plus ou moins volumineuses, mais ils se reforment par le refroidissement, ce qui, suivant M. Robin, éloigne l'idée d'une enveloppe albumineuse.

Le lait abandonné à lui-même, au contact de l'air, ne tarde pas à perdre son alcalinité et à devenir acide par suite d'une formation d'acide lactique aux dépens de son sucre. Il se recouvre d'une couche onctueuse, dont l'épaisseur augmente peu à peu pendant que le reste, d^ibord liquide, finit par se coaguler. La couche crémeuse est formée par les globules, qui doivent h la graisse leur légèreté spécifique, par de la caséine et par du sérum qu'ils ont entraînés avec eux. Le sérum, qui tient en suspension la plus grande partie de la caséine et les principes solubles, se coagule lorsqu'il s'est formé une suffisante quantité d'acide lactique. Plus tard, le coagulum, qui est spongieux, laisse sourdre autour de lui^ comme le fait le caillot sanguin, un fluide jaunâtre, chargé de sucre et de sels.

La coagulation spontanée, plus ou moins pixjinpte du lait, est due, d'après M. Pasteur, à des microphytes analogues à ceux de la le\ûre de bière et dont les germes sont apportés par l'air, microphytes qu'une chaleur de 100 degrés tue. La . coagulation produite par lu présure peut s'opérer même en présence des alcalis.

La composition du lait a fait depuis longtemps l'objet des recherches des chimistes. Ce fluide, qui doit renfermer tous les principes nécessaires an développement dos jeunes animaux, constitue un aliment complet. Il renferme de l'eau, des matières grasses, une matière azotée, du sucre et des sels.

' La matière grasse représentée par les globules n'est point homogène. Elle résulte du mélange, en proportions variables, de divers principes, savoir : chez la vache de 68 centièmes de margarine, 30 centièmes d'oléine et 2 centièmes de bulyrlne. Les deux premiers ont dans le lait les caractères qu'ils présentent dans

(1) Donné, Cours de microscopie. Paris, 1844, p. 347.

(2) Robin et Verdeil, Chimie anatomique et physiologique normale et pathologique^ ou des principes immédiats normaux et morbides^ etc, Paris, 1853, pi. XL Y.

les autres graissés de Téconomie. La butyrine est une huile qui donne Tacide butyrique, dont l*odeur est caractéristique. A ces principes sont ajoutées suivant les espèces, la caprine, la caproîne, Thircine, qui paraissent des combinaisons d'acide avec la glycérine. Il contient, en outre, dé la caséine en dissolution, coagulable sous rinfluence de divers agents ; de la lactine ou sucre de lait cristallisable et fermentescible dans la proportion de /t à 5 centièmes; de Talbuminc, dans la proportion de 2 à 3 millièmes chez la vache, d'après MM. Vernois et Becquerel ; enûa des sels dont les principaux sont : des chlorures de sodium et de potassium^ des phosphates alcalin, calcaire, magnésien. De plus on y trouve en volume 16 millièmes d'acide carbonique, 12 millièmes d'azote et 1 millième d'oxygène.

La plupart de ces matériaux proviennent des aliments, quelques-uns seulement semblent résulter du travail chimique opéré dans la mamelle. Suivant MM. Dumas BoussingauU et Payen, si l'alimentation donne à la vache la somme nécessaire de matières azotées et de matières grasses, la femelle produit du lait sans maigrir, sinon elle en fabrique une partie aux dépens de sa propre substance. Les matières grasses, sauf la butyrine, dérivent du sang et du chyle qui les ont tirées des aliments, mais elles peuvent résulter en partie d'une transformation des matières féculentes et sucrées, puisque, comme Playfair l'a prouvé, la vache donne, dans une foule de conditions, beaucoup plus de beurre qu'elle n'a trouvé de graisse dans ses aliments. La caséine, fort peu abondante dans le sang, naît probablement dans la mamelle par une transformation des autres albuminoîdes. Enfin la lactine doui le sang ne contient pas de traces est forcément un produit des élaborations mammaires.

La composition chimique du lait, bien qu'elle soit essentiellement la même dans tous les mammifères, y offre cependant des variations disset considérables.

Le lait de vache, d'après MM. Vernois et Becquerel, a donné, pour une moyenne de trente analyses :

Eau , 864,06

Caséum et matières extractives 55,15

Sucre 38,03

Beurre 36,12

Sels 6,64

Tableau comparatif de la constitution du lait d'après Vernois et Becquerel (1)

Densité ■

Poids do l'eau

Poids des (tarlies solide».

Beurre

Caséum et mat. extractiros.

Sucre

Sels (par incinératiuo). . .

FsaiyE.

VACHB.

CH&raa.

DREBIS.

CHAMBLLK.

JUMEKT.

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