‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 222 sur 239 · JUMENT · texte numérisé non relu

JUMENT

Eau

Beurre

Caséine

Albumiue. . . .

Sucre

Sels...."

On voit, d'après ces analyses, que la composition du lait varie beaucoup suivant les es|)èces, puisque pour 1000 parties ce liquide peut renfermer de 95 parties solides, comme dans la jument, à 227 comme dans la chienne ; de 18 à 87 de beurre, de 33 à 116 de caséum et de 15 à 50 de sucre. I^ beurre prédomine chez la chienne et la chèvre, le caséum chez la vache, la jument, la brebis, le sucre chez les femmes et Tânesse.

D'après leur richesse en parties fixes et dans Tordre décroissant, les laits se classent dans Tordre suivant :

Chienne.

Truie.

Femme.

Brebis.

Vache.

Anesse.

Chèvre.

Chamelle.

Jument.

La sécrétion du lait éprouve des variations énormes quant à la quantité, à la qualité de son produit, à sa richesse, suivant les périodes de la lactation, le régime et une foule de conditions inhérentes à l'animal ou extérieures.

Quelques jours avant et après le part le lait, dans toutes les espèces, est jaunâtre, d'une.saveur peu agréable, d'une densité de 10/iO à 1060; coagulable par la chaleur, chargé d'albumine qui remplace le caséum. Il forme alors le colostruni qui renferme, outre les globules laiteux ordinaires, beaucoup de gros globules et quelques leucocytes. Peu après le part l'albumine diminue ou disparaît et la caséine en prend la place. M. Boussingault a trouvé dans celui de la vache : eau 75,8, albumine et caséum 15»0, beurre 2,6, sucre de lait 3,6, sels 3,0.

Le régime donne lieu à quelques modifications encore mal constatées. Celui auquel sont soumises les vaches pendant l'hiver rend le lait moins aqueux et plus riche en beurre.

Sous l'influence de l'alimentation verte, du regain, des betteraves, le lait devient très-abondant et très-sucré. La proportion de caséine et de beurre y est accrue» d'après Henry et Chevallier, beaucoup plus par l'usage de la carotte que par celui de la betterave ; celle du beurre chez l'ânesse est augmentée par les racines et les pommes de terre, diminuée par l'avoine et les légumes secs (Péligo), Doyère a constaté qu'une nourrice bien nourrie pendant les trois premiers jours de la se-

(1) Doyère, Du lait au point de vue physiologique et économique {Annales de l'Institut agi'onomique de Versailles^ 18Ô2).

maine, donnait 7 1/2 de beurre pour 100 et seulement 5 les trois derniers jours, pendant lesquels elle était réduite au pain et aux légumes. Le tableau suivant reproduit quelques-unes de ces variations.

AUMELNTS.

AOMBRB

de jours

écnulôs

depuis le

part.

jours.

Foin 200

Foin, trèfle vert 24

Trèfle vert 35

Trèfle vert 193

Trèfle vert ' 204

Foin, pommes de terre | 176

Pommes de terre 229

Betteraves 1 . . . 215

Navels 1 207

Topinambours ' 290

CA8ÊDH.

BEURHE.

LACTINE.

ZàZ,

SCB»TAScei«

•èdies dann 100 de lait.

D*autres cohditioDS ont aussi sur cette sécrétion une influence notable. Le repos, ]a stabulalion, comme Piayfair Ta constaté, augmentent la quantité du lait et la proportion du beurre^ mais diminuent celle de la caséine. Au contraire l'exercice rend la proportion de la caséine plus forte, en faisant baisser celle de la matière grasse.

Suivant les saisons et même les heures de la journée, le produit de la sécrétion mammaire change de caractère. £n hiver, suivant MM. Boussingault et Dumas, il y a dans le beurre 186 de margarine pour 100d*oléine, tandis qu'en été la proportion de margatine redescend à 66, ce qui explique la diminution de consistaoce do beurre dans cette dernière saison. On a constaté une différence entre la traite do matin et celte du soir, notamment sur les vaches qui passent la journée au pâturage et la nuit à i'éteble^ la première a en général donné moins de beurre qae h seconde.

L'âge de la lactation a une influence marquée. Du premier au huitième mois, suivant MM. Vernois et Becquerel, la densité du lait va ct^oissaut de 1051 à 1039 chez la vache et les matériaux fixes augmentent en bloc dans le même rapport. Sur deux vaches dont la lactation durait depuis quatre ans, ces observateurs ont va U quantitéde caséum et de matières exti^actives diminuer de moitié pour l'une et d*aB tiers pour l'autre. À la fin de la période, si la bêle est pleine, il perd son caséum, son sucre et devient très-albumineux, par conséquent coagulable sous l'influence de la cbaleui*.

La très-grande activité de la lactation rend le lait très-aqueux et diminue notamment la quantité de caséum et de beurre.

D'ailleurs la composition du lait n'est pas la ùiême à tous les momenfs de b traite, comme Parmentier et Deyeux l'avaient remarqué. Le lait obtenu à la fîn de cette opération contient presque une fois autant de beuri*e que celui du commencement. Et en divisant la traite en deux la première moitié donne, d'après Heynsias,

8 centièmes de matières ûxes et la seconde 12. M. Peligot (1) en divisant la traite en trois parties a obtenu les chiffres suivants :

Composition. Au commencoment. Au milien. A la fin de In traite.

Beurre 0,96 1,0'i 1,52

Sucre de lait 6,50 6^48 6,45

Caséum 1,76 4,95 2,95

Matières solubles ... 9,22 9,45 10,92

Les différences constatées sur Tânesse se montrent dans les autres femelles. M. Reiset (2) les a observées sur la vache où elles sont également prononcées. Elles paraissent tenir, soit à ce que dans les sinus de la mamelle les éléments du lait se disposent dans Tordre de leur densité, comme ils le font dans un vase inerte, soit, ainsi que le pense M. Milne Edwards, k ce que les parties bulyreuses fournies par les culs-de-sac des canaux ne s'en échappent qu'après les parties plus aqueuses, provenant des canaux plus volumineux.

Une fois que la sécrétion est bien établie, la condition essentielle qui entretient son activité et la porte à son maximum est Tévacuation de son produit, répétée à des intervalles assez rapprochée. On pense. généralement que pendant que le peti ietlc ou lorsqu'on trait une femelle, la sécrétion lactée est très-abondante ; mais l'expérience démontre que, dans ces deux conditions: l-excitalion n'a pas d'effet ininédiat bien sensible. Seulement l'évacuation du lait, en rendant les canaux et les sinus ^alactophores entièrement libres, est bientôt suivie d'un redoublement du travail sécrétoire. Pour m'assurer du fait, j'ai fait traire une vache pendant deux jours de suite, une fois le matin et une fois le soir, en alternant l'ordre suivant lequel les mamelons étaient privés de leur lait, et je n'ai pas vu, à part les différences d'activité des quartiers de la mamelle, que le second trayon donnât plus de lait que le premier, le troisième plus que le second, le quatrième plus que le troisième.

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Travonu,

1 iantér. droit.

2 ' poster, droit.

3 post. gauche A.ant. gauche.

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ant. gauche, post. gauche, poster, droit, antér. droit.

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