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(1) Peligot, Mémoire sur la composition du lait d'ânesse {Annales de chimie et de physique, 1836, t. LXII).
(2) J. Reiset, Hecheixhes pratiques et expérimentales sur l'agronomie. Pari», 1863, p. 4.
L'activité de la sécrétion est à son maximum dans le premier et le deuxième mois qui suivent la parturition, puis elle diminue progressivement jusqu'à la fin de la période pendant laquelle l'action de traire entretient le traTail des mamelles.
Le produit total de la sécrétion du lait augenente considérablement chez les femelles herbivores sous l'influence du régime vert, à l'étableou au pâturage. Aussi, quand les vaches mettent bas à la un de l'hiver, la nourriture abondante et aqueuse qu'elles reçoivent dans les mois qui suivent le part entretient la sécrétion à sou taux initial, et même l'augmente parfois suivant une proportion fort sensible. Les conditions de régime étant les mêmes pour des femelles d'une espèce quelconque, l'abondance de la sécrétion est à peu près proportionnelle à la taille. D'après les évaluations les plus exactes de divers agronomes, de Dombasle, Thaèr, Perrault, d'Ângeville, Boussingault, entre autres, les vaches d'un poids moyen de 275 kilogrammes donneraient annuellement, c'est-à-dire pendant les huit à dix* mois qui suivent le part, 900 litres de lait; d'autres, du poids de /iOO kilogrammes, en donneraient 1700 litres; d'autres de 600 kilogrammes, 2500 litres; enfin, qodques-unes pouiraient en fournir 3000, AOOO, même 5000, c'est-à-dire de 12 à 14 litres par jour, proportion énorme relativement à celle que ces mêmes femelles produiraient dans l'état de nature pour élever leurs petits. Déjà, dans certaines parties chaudes de l'Amérique,' elles ne donnent pas, dit M. Roulîn, terme moyen,
2 litres de lait par jour. I^ lait d'une vache emporte donc une somme énorme de matériaux; celui d'une vache hollandaise fraîchement vêlée peut rendre^ par jour^ jusqu'à 1 kilogramme de beurre, et le produit total de la lactation d'une flamande fournir 100 kilogrammes de cette substance par an. Chez les autres femelles, la lactation n'est pas moins abondante, si l'on en juge par l'augmentation diurne des jeunes animaux. Néanmoins, chez la femme, son produit n'est évalué que de 1 à
3 litres par jour.
Le lait se modifie encore dans sa composition, et surtout dans ses caractères physiques, sa couleur, sa saveur, sa coagulabiliié, sous l'influence de certaines plantes ou de certains principes alimentaires. On sait que les crucifères, le chou en particulier, le tourteau de navettes, lui communiquent leur saveur désagréable; que la paille d'orge, les fleurs de châtaignier, les feuilles d'artichaut, les marrons d'Inde, le rendent plus ou moins amer ; que les labiées lui donnent un parfum particulier; l'ail, l'oignon, une odeur rappelant celle de ces liliacées. Le lait prend, d'après Parmentier, au bout de quelques jours, une teinte rougeâtre si de la garance a été donnée avec les aliments ; il devient, dit-on, jaunâtre sous l'influence du curcuma; uii peu bleuâtre par celle de quelques euphorbiacées. Le safran donné aux vaches communique au beurre seulement une couleur jaunâtre très-prononcée. Tout cela s'explique quand on se rappelle que les glandes mammaires sont, de même que les autres organes sécréteurs, des couloirs par lesquels s'éliminent, plus ou moins, les principes étrangers introduits dans l'oi^anisme et impropres à l'assimilation; en effet, riodure de potassium a été retrouvé dans le lait par M. Péligot; le chlorure de sodium, le carbonate, le sulfate de soude, l'iodure de sodium, les sels de fer, par MM. Chevallier et Henry ; les sels de plomb, par Taylor, etc.
EnOn, dans plusieurs états pathologiques de l'économie ou des mamelles, le lait change de couleur, de saveur, perd plus ou itioins la faculté de se coaguler, ou se
prend même, dans les sinus de la glande, en petits caillots dont la précipitation s'opère aussitôt que le lait est recueilli. Ces coagulums sont formés, d*après M. Delafond (1), par de la caséine, de la graisse et des débris de l'épithélium des canaux galactophores. Sur les vaches affectées de la maladie apblheuse. Donné (2) a trouvé le lait altéré, chargé d'albumine au lieu de caséum, coagulable par la chaleur, chargé de globules muqueux, purulents, et de globules butyreux agglutinés. Dans un cas de maladie indéterminée, M. Girardin Ta vu devenir visqueux par le refroidissement, et très-chargé d'albumine ; on y a trouvé du carbonate d'ammoniaque sur une vache affectée d'une maladie des onglons.
Le lait paraît éprouver, en dehors des mamelles, quelques altérations remarquables. Dans ce qu'on appelle le lait bleu, il se développe, sur la crème, des taches bleuâtres couvertes de cryptogames. Cette altération, attribuée d'abord au Byssus ccerulea^ puis au Vibrio cyanogenuSy ne fait peut-être que donner à ces parasites des conditions de développement. Elle doit être distinguée du léger bleuissement que déterminent, dit-on, le sainfoin, la buglose officinale, la mercuriale, les polygonées, etc.
Enfin, dans le cas de lésions des mamelles^ des canaux galactophores ou des mamelons, le lait peut se charger de globules de sang qui lui donnent une teinte rosée ou de globules purulents; ces dernières altérations sont très-reconnaissables à Faide du microscope.
Tel est l'aliment que les mamelles préparent pour la nutrition et l'accroissement du jeune animal. Cet aliment, le seul dont les petits des mammifères puissent faire usage dans les premiers temps de la vie extra-utérine, offre l'ensemble de tous les matériaux nécessaires à la formation des tissus et des liquides de l'organisme; il fournit, par sa caséine, les principes protéiques du sang, de la peau, des muscles, du squelette; par ses éléments minéraux et salins, les sels de toutes ces parties; enfin, par sa matière grasse et son sucre, il donne, comme le pense Liebig, le combustible qui est employé, par la respiration, à l'cntrelien de la chaleur animale.
L'accroissement des jeunes animaux, pendant qu'ils vivent du lait de la mère, se fait avec une très-grande rapidité, car de jeunes chiens peuvent doubler leur poids initial en six jours seulement En trente jours, dix chiens d'une même portée, réduits à neuf le vingt-cinquième, et ne prenant que le lait de la mère, si ce n'est pendant les dix derniers jours, augmentèrent du poids total de 16^^,186. Ils pesaient ensemble, à la naissance, 5029 grammes; et, à la fin du premier mois, 21215 grammes. Le poids initial a été, par conséquent, plus que triplé. Dans le tableau suivant se trouve indiqué pour chaque jour l'augmentation sur le précédent. Ce tableau montrera, au premier coup d'oeil, de grandes différences individuelles, sous le rapport de l'activité de l'accroissement, parmi des animaux placés dans les mêmes conditions.
Pendant que l'accroissement s'opère avec rapidité, l'écoiiomie. éprouve des changements remarquables dans la structure et le mode d'action des appareils organiques.
(1) Delafond, Traité de pathologie générale comparée des animaux domestiques, 2*édit. Paris, 1855, p. 637.
(2) Rapport de M. Cbevreul (Comptes rendus de VAcad, des sciences^ 18 mars 1839).
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