ABSORPTION DANS LKS VOIES AÉRIENNES
et l'oiyfènt. Depuis, et» étèv«s ayttit répété sous nies yeux sur le cheval la même «xpéhmce, mais en iiitroduisBnt Thuile dans une ouverture de ta trachée •t jusqu'à la dose de 690 grammes, n'ont pas reproduit le résultai observé sur la ?ache : aussi je suis inainlenant porté à Tattribuer au resserrement spasmodique de fa glotte dû à la chute de Thuile dans cette cavité. 8ur les chevaux^ aucune gène de la respiration ne s'est produite, et l'huile a été rejetéo lentement, tant par l'ouverture traciiéale que par le nez.
Les matières en dissolution et les sels sotubles s'absorbent aussi avec rapidité dans la trachée et les bronches. M. Magendic a constaté le fait depuis longtemps pour la strychnine, et d'autres physiologistes pour plusieurs sels en dissolution.
Nom avons injecté, M. Bouley et moi, dans la trachée d'un cheval^ et par une toute petite ouverture, 12 grammes d'extrait alcoolique de noix vomique en disst^ iution dans 200 grammes d'eau. En moins de six minutes l'animal tomba sur le toi, et il mourut dix minutes après I injection.
Naos avons injecté de même, dans la trachée d'un second cheval, 12 grammes de la substance vénéneuse en dissolution. L'animal fut pris de convulsions et tomba lonqae les dernières portions du liquide arrivaient dans les voies aériennes : il mourut cinq minutes et demie après le commencement de l'injection.
Enûn un troisième cheval, dont la trachée était ouverte et les neiîs vagues réséqués depuis quarante-huit heures, reçut la dose de poison précédemment employée; il ne tomba qu'au bout d'un quart d'heure, et mourut à la vingtième minute qui auivit l'injection. Le ralentissement que l'action du poison a éprouvé dans ce dernier cas doit être attribué, en grande partie, à rengouemcnt du poumon et à l'accumulation de mucosités dans les bronches, à la suite de la section des nerfs pneumo" gaslriques.
Mayer (1), ayant injecté dans les poumons une dissolution de cyanure de fer et de potassium, retrouva ce sel dans le sang au bout de deux h cinq minutes. La préaeiice du sel devint sensible dans le cœur gauche avant de l'être dans le cœur droit, «ofin elle était évidente dans l'urine au bout de huit minutes.
Lebkuchner (2) ayant poussé dans les voies respiratoires d'un chat du cuivre aiamoniacal en dissolution, retrouva ce composé dans le sang de la carotide au bout de cinq minutes. Le sul&te de fer, injecté de la môme manière, s'y retrouva après six minutes; enûn le prussiate de potasse ne mit que deux minutes pour apparaître dtna le sang de cette artère.
J'ai injecté dans la trachée d'un cheval une dissolution aqueuse de 50 grammes de cyanure de fer et de potassium. Le sang tiré de la veine jugulaire contenait ce ad dés la quatrième minute après l'injection.
J'ai injecté de la même manière, dans la trachée d'un second cheval, 200 grammes d'eau tiède tenant en dissolution 50 grammes de cyanure. Trois minutes et demie après, le sel se retrouvait dans le sai»g de la jugulaire, et huit minuKs plus lard il se montrait dans l'urine que l'on recueillait par un tube fixé à l'uretère droit attiré au dehors vers la partie supérieure du flnnc, entrj le psoas et le péritoine.
(i) MttUer, Manuel de phyw)iogie,2^ édlU Paris^ 1851^ t. I, p. 180. (2) Bérard, ouv. cité^ t. II, p. 016.
112 DE l'absorption.
Pour porter dans les bronches des dissolutions salines, on a iniaginé des appareils qui pulvérisent le liquide et le projettent dans la gorge sous forme de pluie fine. LModure de potassium administré de cette manière peut se retrouver dans Turine au bout de. cinq minutes, soit qu'il ait été absorbé seulement dans la bouche et Tarrière-bouche, soit qu'il ait pénétré réellement dans le larynx et la trachée (1).
L'absorption pulmonaire porte sur les matières putrides en dissolution, comme sur celles qui font partie des miasmes et des elDuves. 500 grammes d'eau putride filtrée injectés dans les bronches du cheval déterminent des battements de flanc, des symptômes d'intoxication, une prostration plus ou moins marquée. Deux litres de cette eau produisent en moins de cinq minutes des battements de flanc trèsviolents, un jetage d'écume sanguinolente par les naseaux, des tremblements et la mort au bout de quelques heures (1).
Certaines matières peu osmotiques, d'origine animale ou végétale, réfractaires à l'absorption gastro-intestinale^ sont parfaitement absorbées dans les yoies aériennes. Ainsi, 1 décigramme de curare délayé dans 10 grammes d'eau, injecté par la trachée d'un chien^ a déterminé la chute du corps à la dixième minute et la mort à la quaranlièmc. La même dose, avec 5 grammes d'eau, a produit les mêmes eflîets à la troisième minute et la mort à la septième.
Dans ces expériences il faut, ,pour éviter la perte, porter directement le liquide dans la trachée. Il résulte de mes expériences sur le vinaigre sternutatoire que si le liquide est versé directement, comme on le conseille, dans les cavités nasales, il tombe presque en totalité dans Tarrière-bouche et se trouve dégluti au lieu de descendre dans les voies aériennes.
Les matières colorantes peuvent aussi être absorbées par les voies pulmonaires. Mayer, Seiier et Ficinas se sont assurés du fait en ce qui concerne l'indigo et le safran : il n'a aucune importance.
Il en est de même des matières virulentes. Bien qu'elles n'agissent pas, pour la plupart, h la suite de leur ingestion dans le tube intestinal, elles donnent lieu cependant quelquefois h la contagion, si on les fait avaler de force au mouton, au chevreau, au lapin et autres petits herbivores. C'est qu'alors elles font souvent fausse route, et c'est par la partie qui en tombe dans les voies aériennes que s'opère l'ino*culation rapportée à la muqueuse digestive parles expérimentateurs inattentifs.
Les particules solides en suspension dans l'air, les poussières métalliques, celles de charbon, de grès^ portées avec l'air dans les dernières ramifications bronchiques, peuvent y être^ absorbées si elles se dissolvent dans les sucs muqueux ou si elles se convertissent en composés solubles. Celles même qui sont anguleuses ou acérées peuvent se frayer des passages à travers la muqueuse délicate des vésicules, se fixer dans le tissu pulmonaire, ou encore passer dans les ganglions. Les verts arsenicaux déterminent, sur les ouvriers qui les emploient, le coryza, des coliques et même un empoisonnement mortel. Les poussières de carbonate de plomb inspi-
(1) Voy. Béclard, Rapport sur la thérapeutique respiratoire ou la voie bronchique com' parée à la voie gastrique {Bull, de VAcad, de méd,, 1866-67, t. XXXII, p. 504).
(2) G. Colin, Expériences sur l'action des matières putrides introduites dans roroanisme {Bull, de VAcad, de méd., d6 mai i871, t. XXXVÎ, p, 282),