‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 4 sur 239 · IMBIBITION, CAPILLARITÉ, OSMOSE, DIFFCSION · texte numérisé non relu

IMBIBITION, CAPILLARITÉ, OSMOSE, DIFFCSION

forte, Teau monte plas rapidement et plus haut dans les corps poreux qu*à une basse température, et dans lesquels les phénomènes se passent comme dans les tubes capillaires. On sait que les liquides aptes à s'élever sont ceux qui mouillent les particules du solide et dont la surface, dans les tubes, forme un ménisque con* tare.

Ces actions capillaires sont dues aux attractions moléculaires. Le liquide s'élève dans un corps poreux on dans un tube fin quand l'attraction adhésive exercée par le solide sur le liquide est supérieure à l'attraction cohéslve des molécules liquides les unes sur les autres.

La pénétration des liquides dans les tissus qui absorbent ne peut être attribuée à des actions capillaires, car, au point de vue histologique, les tissus n'offrent.pas, si perméables qu'ils soient, la constitution des corps poreux. Les membranes ont des épithéliums dont les cellules se touchent exactement ou sont enduites de liquides visqueux formant revêtement continu. Il n'y a au microscope et à de forts grossissements ni espaces entre les cellules, ni pores ou fentes à ces cellules. Les substances à absorber doivent traverser des membranules dépourvues de pcrtuis; elles doivent entrer dans ces cellules fermées, puis en sortir pour passer successivement dans one série d'autres. Jl n'y a là rien de comparable^i ce qui se passe dans les tubes fins, dans les sables, le grès, la mèche de colon ou dans un corps poreux quelconque. Aussi est-il sans intérêt de rechercher si la capillarité aurait assez d'étendue pour amener dans les vaisseaux la substance à absorber et si elle pourrait établir à elle seule des courants dans la substance des tissus.

La capillarité peut, sans aucun doute, favoriser le mouvement des liquides dans les vaisseaux fins, et surtout dans ceux du système lymphatique; mais lorsque son action se fait sem'i? dans les vaisseaux, l'absorption est effectuée, la substance étrangère a pénétré Je tissu ; elle a franchi les parois vasculaires; il ne lui reste plus qu'à suivre les courants lymphatiques ou sanguins.

La pénétration des fluides ou des substances dissoutesdans les tissus paraît mieux se rapporter à un phénomène d'osmose, dû lui-même à ce qu'on appelle la diffusion.

On sait, depuis les ingénieuses recherches de Dutrochet, que si deux liquides de nature différente ou d'inégale densité sont séparés par une cloison animale, ils se mêlent en s'envoyant réciproquement des particules à travers le diaphragme intermédiaire. Si le liquide le plus dense se trouve placé dans un tube fermé inférieurement par une membrane, et si ce tube est plongé dans un bain de liquide naoins dense, de manière à ce que les deux niveaux soient sur la même ligne, on voit bientôt le niveau du liquide du tube s'élever au-dessus de celui du bain. Le liquide extérieur a donc pénétré dans l'osmomètre, et, d'un autre côté, le liquide de l'osmomètre a, en petite quantité, passé dans le bain extérieur. Il s^estéubliconséquemmcnt deux courants d'inégale intensité, l'un, plus fort, deFextérieur vers l'intérieur appelé courant d'endosmose, l'autre, plus faible, en sens inTerse, ou courant d'exosmose. Le premier sera traduit par l'élévation du niveau dans l'osmomètre, le second parle passage, de l'osmomètre dans le bain, d'une certaine quantité de prussiate de potasse, de gomme ou de sucre que l'on a ajoutés à Teaude cet instrument.

f) DE l'absorption.

Or, dans l'économie, des conditions analogues à celles-là sont réalisées. Dent sortes de liquides : d*une part, du sang^ du chyle ou de la lymphe enfermés dans des vaisseaux, et d'antre part des fluides divers séparés des premiers par les membranes et par les parois vasculaires. Chaque vaisseau sanggin ou lymphatique est un petit osmomètre ; l'ensemble des vaisseaux est lui-même un osmomètre ramifié membraneux et perméable, non pas seulement par une extrémité, mais par toute son étendue; chaque lacune à parois membraneuses pleine de liquide, chaque cellule même prise isolément est un petit osmomètre microscopique*

Analysons donc l'osmose telle qu'elle s'effectue dans les expériences du physicien, puis nous verrons si et comment elle s'opère dans l'organisme.

Il y a osmose toutes les fois qu'il s'établit un échange de particules entre deux liquides séparés par une cloison perméable.

Si donc dans le tube appelé osmomètre, fermé inférieurement par une membrane, se trouve une dissolution saline, et si ce tube est plongé par son bout inférieur dans un bain d'eau pure, l'eau, attirée vers la solution, pénétrera dans le tube, et élèvera le niveau de son contenu pendant qu'une petite partie de la solution s'échappera dans le bain extérieur. On appellera agent osmogène la substance vers laquelle se fait le plus fort courant Le courant de l'extérieur vers l'intérieur sera le courant d'endosmose, le courant inverse sera appelé d'exosmose.

Pour que les phénomènes osmotiques se réalisent, les deux liquides doivent être de nature différente, ou contenir des substances différentes, ou, si ces substances sont de même nature, les contenir en proportions inégales. En outre, les deux liquides, ou au moins l'un d'eux, doivent pouvoir adhérer à la cloison, la mouiller et être miscibles l'un à l'autre ou susceptibles de se mélanger.

Il y a un simple courant quand l'un des liquides seulement^peut traverser la membrane, et deux courants quand la cloison est perméable aux deux liquides. C'est le cas le plus ordinaire.

En général, le courant le plus fort a lieu du liquide le moins dense vers le liquide le plus dense, de l'eau vers les autres liquides, de l'eau vers l'alcool^ vers les dissolutions salines, gommeuses ; c'est le liquide dont la membrane absorbe la plus grande quantité qui marche vers l'autre; ainsi l'eau acidulée par l'acide chlorhydriqne marche vers l'eau pure parce que la première imprègne plus facilement et plus fortement les membranes que la seconde.

Le sens du courant unique et du courant le plus fort, lorsqu'il y en a deux, dépend de la nature des liquides et de l'état des cloisons qui les séparent Les liquides très-diffusibles se portent du côté de ceux qui le sont peu ; l'eau pure vers l'eau chargée de sels, l'eau pure vers l'eau gommeuse, sucrée, albumineuse, l'eau vers les acides étendus. C'est toujours le liquide pour lequel le tissu du diaphragme a le plus d'affinité, qui se porte vers le liquide pour lequel ce tissu en a le moins. Ainsi, comme les membranes ont plus d'affinité pour l'eau pure que pour l'alcool, pour l'eau pure qne pour l'eau chargée de sel marin, c'est toujours l'eau qui se porte vers l'alcool ou vers la solution saline. D'après M. Bédard (1), le sens du courant est déterminé par la différence de chaleur spécifique existant entre les deux liquides.

(1) Béclard, Physiologie humaine, 6* édition. Paris, 1869.

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