CABACTÈBES CHIMIQUES ET COMPOSITION DE LA LYMPHE. U
farcineux vivants ou abattus depuis peu, la lympbe de diverses parties, notamment celle des eugorgemeocs du cordon testiculaire, de la région sous-glossienne, etc., ne m'a jamais offert la moindre trace de ces productions.
Dans certaines conditions anormales ou pathologiques, la lympbe peut éprouTer quelques modifications. Je l'ai vue devenir presque incoagulable et très-pauvre en globules à la suite de saignées très-abondantes. Elle peut être associée à une matière blanche caséiforme, chargée de nombreux granules et de leucocytes hypertrophiés dans des vaisseaux irrités. On y a trouvé, au voisinage du cancer, des cellules èpith^liales, des cellules cancéreuses. Sur des chevaux à mélanose généralisée j*ai constaté la présence.de corpuscules pîgmentaires et même de grosses cellules de pigment tout k fait intactes.
IIï. — Caractères chimiques et composition de la lymphe.
La lymphe qui provient du sang et qui y retourne renferme la plupart des matériaux plasmatiqûes du liquide essentiellement nutritif.
Elle contient de 913 à 969 millièmes d*eau, soit une quantité moins variable que celle du chyle. Elle en offre le maximum dans les cas où elle marche très-vile, et le minimum dans ceux où ^^ progresse avec lenteur.
La fibrine s*y trouve dans la proportion moyenne de 1 à 3 millièmes à Tétat normal. Elle est plus élastique, plus tenace, moins soluble que celle du chyle. Sa quantité augmente dans la lymphe qui a traversé les ganglions et surtout dans celle qui est parvenue au canal thoracique où le reflux peut apporter du plasma sanguin. Elle devient énorme, d'après les études.de M. Delafond (1}, sur les chevaux atteints de morve aiguë, et aussi alors la lymphe est beaucoup plus coagulable qu'à l'état normal
La fibrine de la lymphe^ comme celle du chyle et du sang, paraît provenir du dédoublement spontané de la plasmine ou matière fibrinogène. Cette plasmine, ainsi -qu'on l'a vu, se précipite quand on ajoute du chlorure de sodium pulvérulent à la lymphe recueillie sur une solution de sulfate de soude. Redissoute dans l'eau, la plasmine se divise en deux parties, l'une qui se coagule en filaments et représente la fibrine ordinaire, l'autre qui reste dissoute. Cette dernière, qualifiée du titre de fibrine soluble, se dislingue de l'albumine proprement dite, avec laquelle elle est confondue, en ce qu'elle se coagule par le sulfate de magnésie qui est sans action snr la véritable albumine. La fibrine est donc dans la lymphe à un état semblable à ^ui où elle se trouve dans le sang. Elle s'y forme, après l'extraction du liquide, par le fût du dédoublement de la plasmine, dédoublement effectué surtout au contact de 4'aJr.
L'albumine se trouve dans la lymphe en quantité variable : de 22 à 67 millièmes ou dans un rapport qui oscille de 1 à 3. Cette quantité s'est trouvée dans les analyses de M. Wurlz toujours inférieure à celle qu'a donnée le chyle d'un même animal pris au même moment; elle représente, terme moyen, la moitié de la quantité contenue dans le plasma sanguin. Sous cette dénomination se trouven t comprises,
(1) Delafond^ Traité de pathologie générale des animaux domestiques^ 2« édit. Parit, 1865, f . 582.
iM DE l'absorption.
outre l'albumine coagulable par la chaleur, l'albumine résultant du dédoublement de la plasmine, l'albamine coagulable par l'acide acétique et par l'alcool, l'albuminose ou peptoneque précipitent les sels métalliques, enfin la caséine, que les chimistes ne dosent pas à part II serait fort intéressant de connaître les proportions relatives de ces diverses Variétés. Sans recourir à des pesages minutieux, il est facile de voir que Talbumine et la caséine y sont moins abondantes que dans le chyle.
L'albumine de la lymphe est toujours associée^, d'après Nasse, à une notable proportion de soude.
La proportion de graisse n'y varie pas moins que celle des éléments prot^iques. Parfois elle est inférieure à I millième ; mais elle peut s'élever à 2, 3 millièmes et plus : si quelquefois la lymphe en a présenté davantage, c'est qu'elle a été recueillie à un état de pureté douteux, entraînant avec elle de la graisse des tissus ou de la graisse du chyle, lorsqu'elle a été tirée du canal thoracique. Cette graisse a ceci de'particulier qu 'elle s'y trouve saponifiée par les alcalis et par conséquent dissoute, au lieu d'être tenue en suspension sous forme de fines particule^, comme dans le chyle. Il en résulte que la lymphe peut en contenir une gi*aude quantité tout en demeurant transparente, néanmoins la graisse n'est pas toujours saponifiée en totalité; dans la lymphe la plus liinpide on en trouve quelques rares et fines particules. Celles-ci deviennent fort nombreuses sur les animaux gras que Ton f[iit jeûner. J'ai constaté ce fait, même au trentième jour de l'abstinence, sur un cheval d'un embonpoint considérable.
La lymphe renferme aussi du sucre fermentescible dont j'ai signalé le premier a présence normale et constante, dès 1855 (1], sur les carnivores comme sur les herbivores. Ce sucre s'y trouve, d'après mes recherches, dans la proportion de 1 à 1 millième et demi, ou plus exactement de 1 gramme à 1^%60 pour 1 kilogramme de lymphe. M. Wurtz a confirmé ce fait qu'on s'était pLu à contester dans l'intérêt d'une théorie insoutenable.
L'urée s'y trouve, d'après les analyses de M. Wurtz, sur le cheval, le bœuf et le chien, dans la proportion de 0,16 à 0,21 pour 1000, par conséquent supérieure à celle qui existe normalement dans le sang.
L'acide formique, l'acide lactique, y ont été trouvés également par ce savant chimiste (2) dans les nombreux échantillons que je lui avais remis. Les diverses matières extractives y sont, d'après Lehmann, en quantité plus grande que dans le sang.
Ces sels sont : le chlorure de sodium, le plus abondant, 4 à 6 grammes par 1000, le chlorure et les carbonates alcalins, le phosphate de chaux, les sulfates alcalins, etc. Lehmann y indique l'existence de sels ammoniacaux.. La quantité absolue et les proportions relatives de ces sels ne sont point les mêmes que dans le chyle et dans le sang.
(1) G. Colin, De V origine du sucre contenu dans le chyic {Comptes rendus de CAaidémie des sciences, juin 1855, et Jowmal de la physiol. de Vhomme et des animaux). — A. Wurtz, Noie écrite du 22 mars 1858, citée par Longet, Traité de physiologie^ i, I«% p. 448, S*" édit.
. (2) Communication cilée plus haut dans Longet, t. lit.
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