‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 61 sur 239 · içmbDKnDMl^BdHmî^iStcnclm · texte numérisé non relu

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ITIEtÊRiIRE OU CHYLE ET DE LA LYMPHE. 18T

riétés. Rudbeck y a signalé une bifarcation an-dessas da cœur, une autre bifurcation dont les branches s'anastomosent plusieurs fois entre elles. Swammerdamn» et Sténon ont figuré des divisions anastomotiques nombreuses et irrégulières ver» le milieu d'un canal simple à son point de départ. Ces anciens auteurs ont indiqué et représenté des insertions doubles et triples de différentes formes. Enfin Bilsius a fait Toir.une arcade, ou plutôt un anneau très-remarquable à l'insertion du conduit et à sa jonction avec les vaisseaux lymphatiques du cou et des membres antérieurs, anneau plus ou moins analogue à celui que j'ai observé plusieurs fois sur le cheval^ le porc et le chat. Nous reviendrons sur ce point à propos des modifications que peuvent apporter au cours du chyle et de la lymphe les différentes formes du canal thoracique.

Le canal thoracique de l'homme, qu'il soit simple ou plexiforme, se termine à la veine axillaire gauche, tantôt par une seule branche légèrement dilatée, ou par plusieurs. On peut aussi quelquefois le voir double. Alors l'un des canaux se termine dans l'axillaire gauche, l'autre dans la droite. Ses variétés ont été pour la plupart indiquées et figurées par les anciens anatomistes.

Le canal thoracique a donc amené dans le système veineux le chyle mêlé à la lymphe des membres pelviens, de la partie postérieure du tronc, des viscères abdominaux, des parois abdominales et thoraciques, d'une partie du diaphragme, des poumons, etc. Il faut rechercher maintenant par quelle voie la lymphe des parties antérieures du tronc et des membres thoraciques vient se jeter dans les veines. Or, procédons toujours des parties périphériques vers les plus rapprochées du confinent du système lymphatique.

Les vaisseaux blancs des membres antérieurs s'élèvent des diverses régions du pied, à peu près de la même manière que ceux qui leur correspondent dans les membres abdominaux. Les plus inférieurs d'entre eux deviennent satellites des veines plantaires, et acquièrent un diamètre assez considérable <i partir du genou. Ceux qui naissent en des points de plus en plus élevés prennent bientôt les proportions habituelles à la généralité des lymphatiques des membres.

£n avant du genou, on voit s'élever un ou deux vaisseaux qui suivent une division veineuse sous-cutanée, longent les muscles anti-brachiaux, passent entre le mastoido-huméral et le sterno-fauméral, puis deviennent profonds vers l'angle de l'épaule. De la partie interne du carpe il part deux ou trois beaux lymphatiques, qui suivent la direction de la sous-cutanée interne de l'avant-bras, et se glissent avec elle au-dessous des aponévroses les plus superficielles. Dès qu'ils arrivent vers la partie supérieure du radius, ils s'engagent entre le sterno-aponévrotique et |e coraco-radial avec l'une des deux branches de la veine sous-cutanée interne, et vont se rendre aux ganglions du coude, placés en dedans de l'extrémité inférieure de rhumérus.

Les lymphatiques profonds se rendent aussi aux mêmes ganglions, tout en suivant des routes différentes. Les antérieurs accompagnent, pour la plupart, l'artère radiale antérieure et la veine correspondante, et parviennent à la masse ganglionnaire du coude en passant entre le long fléchisseur de l'avant-bras et rhumérus." Les postérieurs deviennent satellites de la veine et de l'artère radiales postérieures, rejoignent les autres vers le niveau de l'ariiwlation huméro-radiale, se-

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Lymphatiques du membre d'après Hascagui (*). .

190 DE l'absorption.

portent de là aax ganglions sous-scapulaires qui se groupent autour de Torigine de ï'arlère humérale et à Tinsertion du grand dorsal. Aussi ces trois amas ganglionnaires s'indurent et deviennent énormes à la suite des affections graves du pied, •notamment de celles qui s'accompagnent d'engorgements douloureux et de suppurations abondantes. ËnGn les lymphatiques des membres antérieurs se réunissent à ^:eux de la tête et de l'encolure, dans les ganglions pré-pectoraux, avant de s'ouvrîr, soit dans le trcnc lymphatique droit, soit dans le canal thoracique, plus ou moins .près de son insertion.

Les vaisseaux de la tête deviennent déjà fort nombreux et assez apparents au- -dessus des lèvres, au pourtour des ailes du nez et à la surface externe de la joue. Ceux des lèvres, qui forment un très-beau plexus vers les commissures, s'élèvent sur la joue en se rapprochant, les uns du canal de Sténon et de ses vaisseaux isatellites, les autres du bord inférieur du maxillaire. Ceux des cavités nasales, de ia pituitaire, des naseaux se portent en dehors de la joue, forment immédiatement au-dessous de la peau, ainsi qu'entre le sous-cutané et le muscle alvéololabial, un réseau très-remarquable, dont les branches se dirigent toutes vers les ganglions sous-glossiens, soit en s'accolant au canal de Sténon et à la veine gloasofaciale, soit en demeurant disséminées à la surface de la branche du maxillaire, où l'on en compte de douze à quinze depuis la symphyse jusqu'au niveau du muscle masséter.

Les ganglions sous-glossieus^ auxquels ils vont se rendre avec ceux de la partie ^intérieure de la langue et de la bouche, constituent deux groupes immédiatement ^u-dessous de la peau dans l'espace intra-maxillaire, au niveau des scissures où passent le canal de la parotide, la veine et l'artère glosso-faciales. Leurs granulations nombreuses, fermes, jaunes ou brunâtres, reçoivent chacune un certain nombre de petits lymphatiques qui, après les avoir traversées, se réunissent en plusieurs troncs plus volumineux, se dirigeant vers les ganglions pharyngiens. On •en voit un, deux, trois, qui s'accolent à la branche glosso-faciale de la jugulaire et passent à la face interne du sphéuo-maxillaire, puis trois ou quatre qui deviennent satellites du digaslrique, en avant et en arriéra de ce muscle.

Les vaisseaux de la partie supérieure de la tête, de l'oreille et des régions voisines sont très-ténus et difficiles à suivre, ils se portent vers un ganglion fort petit chez les solipèdes, enveloppé dans le tissu de la glande parotide, volumineux, allongé et ovalaire chez les ruminants. Ce ganglion très-remarquable a été vu -depuis longtemps chez le bœuf par Sténon, qui l'avait appelé parotide conglobée, pour le distinguer de la glande salivaire, désignée alors sous le nom de parotide -conglomérée. Sesefférents, très-peu nombreux, serendentaux ganglions pharyngiens.

Ceux-ci, placés en haut, sur les côtés du pharynx et en dehors des poches gutturales^ chez les animaux solipèdes, forment un grand nombre de granulations molles, jaunâtres, divisées en deux groupes, l'un au-dessus du pharynx, l'autre «n arrière du larynx et sur les côtés des corps thyroïdes. Les vaisseaux qui y arrivent ou en émanent, et ceux qui relient entre elles les diverses granulations, forment €n dehors des poches gutturales un très-beau plexus^ qui se distend à un haut degré, consécutivement à l'application d'une ligature sur le trajet des vaisseaux lymphatiques du cou, satellites de l'artère carotide.

ITINÊliAlRE DC CHTLE ET DE LA LYMPHE. lÔl

La lymphe de la tête, après avoir traversé les ganglions pharyngiens, est portée vers les ganglions de l'entrée du thorax, par un ou plusieurs vaisseaux qui longent la trachée et l'artère carotide. Ces vaisseaux, qui exislent à droite et à gauche, sont souvent doubles, même triples à la partie supérieure de la trachée; ils se réunissent généralement, après on trajet de 1 à 2 décimètres, en un ou en deux canaux larges comme un tuyau de plume, appliqués sur le côté de la trachée, immédiatement en avant de Tarière carotide. Ils reçoivent sur leur trajet plusieurs branches collatérales, souvent très-longues, qui émanent des petits ganglions échelonnés sur les côtés de rartère,oo qui les relient entre eux. Lorsqu'ils parviennent à l'entrée du thorax, ils se ramifient dans des ganglions allongés, couchés au-dessus et en avant du gulfe des jugulaires. Quelquefois ceux du côté opposé s'ouvix*nt directement dans le canal thoracique, sans s'être ramifiés préalablement dans les ganglions ; mais jamais les vaisseaux droits ne paraissent so terminer ainsi dans le tronc lymphatique correspondant.

Les autres vaisseaux de l'encoliire sont moins volumineux que les précédents, mais ils sont en nombre très-considérable dans les parties profondes, surtout à la surface du mastofdo-huméral, du splénius cl du trapèze cervical.

Les premiers, disséminés entre les muscles, se rassemblent en grande partie sur le trajet des divisions de l'artère cervicale supérieure et de sa veine satellite, pour se rendre aux ganglions qui existent à la face interne du mastoîdo-huméral, autour de la pré-scapulaire et de la branche ascendante de la cervicale inférieure. Les seconds, ou les plus superficiels, se dirigent le haut en bas, en croisant obliquement l'axe de Tencolure. On les voit former, immédiatement au-dessous de la peau, un plexus remarquable à branches presque toutes parallèles et extrêmement déliées. Deux ou trois d'entre elles seulement, qui descendent du bord supérieur de l'encolure vers la gouttière des jugulaires, se distinguent par un calibre considérable et deviennent le siège de ces cordes farcineuscs dont la direction est à peu près invariable.

Les lymphatiques cervicaux su[)erficiels et profonds ne pénètrent, pour la plupart, dans le thorax qu'après avoir traversé deux ou trois groupes de ganglions placés en •avant de l'épaule, sur le trajet de la pré-scapulaire et de la cervicale inférieure. Ces ganglions, assez volumineux dans le cheval, sont, dans le IxBuf^ plus nombreux et groupés en un chapelet qui suit tout le bord antérieur de l'épaule, depuis son angle articulaire jusqu'à son cartilage de prolongement.

Une fois que les lymphatiques du cou ont traversé les ganglions dont nous Tenons de parler, ils se rassemblent avec ceux des membres antérieurs et d'une partie du thorax, qui ont eux-mêmes franchi les divers ganglions axillaires pour se jeter dans la dernière série constituée par les ganglions pré-pectoraux. Parmi ceux-ci, les uns sont en dehors du thorax, les autres se trouvent renfermés dans cette caviié. Les plus antérieurs forment : 1® une masse arrondie située au-dessous' •de l'insertion du scalcnc, dans le sinus de l'angle formé par la jugulaire et la veine brachiale; 2"" un amas allongé au-dessus de l'extrémité inférieure de la jugulaire, ûnmédiatement en avant du golfe, et recevant de très-gros vaisseaux qui émanent des ganglions axillaires, pré-scapnlaires et les grands lymphatiques du cou. Les internes sont rassemblés en plusieurs masses à la naissance des artères cervico et

192 1>E L'ADSOfePTION.

dorso-musculaîres, et en un amas allongé qui suit la face interne de la première cote. Ils reçoivent plusieurs vaisseaux satellites des .veines jdorsale, cervicale supérieure, divers lymphatiques du cœur et du médiastin, de gros vaisseaux provenant de la partie périphérique du diaphragme et satellites des artères thoraciques internes; enfiii, adroite, un vaisseau considérable qui accompagne le nerf phrénique de ce côté. C*est de ces ganglions, éminemment aréolaires et celluleux, (Jue s'échappent des branches courtes et énormes, dont les unes forment par leur réunion le tronc lymphatique droit, tandis que les autres se joignent au canal thoracique, très-près de son insertion, ou se terminent isolément au pourtour des deux grandes branches qui versent la lymphe et le chyle dans le système veineux.

Les lymphatiques provenant de la moitié droite du diaphragme, de la plus grande * partie des parois latérales droites de la poitrine, de la moitié droite de la tête» de l'encolure et du membre antérieur correspondant, après avoir traversé les ganglions pré-pectoraux externes ou internes, se rassemblent en trois ou quatre branches qui, à leur tour, se confondent pour former le tronc lymphatique droit. Celuici, long de 2 à 5 centimètres seulement^ se trouve diamétralement opposé au canal thoracique, dont il égale souvent le calibre, tout en conservant des parois minces et parfaitement transparentes. Il s'ouvre habituellement à la jonction des jugulaires, à côté du canal, par un orifice muni d'une double valvule semi-lunaire. Quelquefois une ou deux des branches qui concourent à le former décrivent des circonvolutions autour du tronc brachial correspondant ou de quelques-unes de ses divisions, avant de rejoindre les autres. Enfin il n'est pas rare de le voir s'anastomoser avec le canal thoracique par des collatérales volumineuses, puis se réunir avec lui de manière à s'insérer ensemble par un orifice simple au-dessus du golfe des jugulaires.

Les lymphatiques de la moitié gauche du diaphragme, la plupart de ceux des parois latérales gauches du thorax, ceux de la moitié gauche de la tête, de l'encolure et du membre antérieur du même côté, traversent également les ganglions pré-peetoraux correspondants^ et se rassemblent en plusieurs branches qui se terminent souvent en totalité dans le canal thoracique, très-près de son insertion, et quelquefois les unes dans le canal précité, les autres dans le tronc.lymphatique droit, et quelques-unes enfin sur l'un des points de la circonférence des deux orifices principaux. Les variétés qui existent à cet égard sont nombreuses, mais d'une importance physiologique assez minime.

Telle est l'indication des voies que parcourent la lymphe et le chyle pour venir se mêler au sang veineux. Les figures 122 et 123 sont destinées à rappeler l'ensemble du système lymphatique des solipèdes et des animaux ruminants.

Il sufiit de jeter un coup d'œil sur ces figures pour voir comment les vaisseaux blancs des diverses parties du corps se rassemblent pour amener leur contenu dans le canal thoracique et dans le tronc lymphatique droit, qui le versent dans le système veineux.

Ainsi, pour les solipèdes (fig. 122), les lymphatiques des cavités nasales réunis à ceux des lèvres, des ailes du nez, forment sur la joue le plexus A, dont les branches se portent aux ganglions sous-glossiens B. Ces branches,avec celles des autres parties de la tête, se rendent aux ganglions pharyngiens b qui ont déjà reçu de petits vai:;-

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i9& DE l'absorption.

seaux provenant du ganglion parotidien G. Les mêmes se rassemblent sur le côté de la trachée en un ou deux gros vaisseaux Equi vont jusqu'à rentrée du thorax. Les lymphatiques superGciels de l'encolure, ceux d'une partie des membres et des parois pectorales se rendent aux ganglions F, G, H. — Les lymphatiques superficiels U des^ membres postérieurs arrivent aux ganglions inguinaux profonds Z. D'autres vont aux ganglions inguinaux superficiels X avec les vaisseaux des mamelles, des organes^ génitaux externes, etc. Geuxdu même membre qui se sont portés dans les ganglions pré-H^ruraux W parviennent isolément dans la cavité abdominale. Les vaisseaux des parois de l'abdomen arrivent pour la plupart aux ganglions iliaques internes V et se dirigent, comme tous les précédents, vers les ganglions sous-lombaires U. Les vaisseaux du côlon flottant S, les chylifères de l'intestin grêle R, les lymphatiques du caecum O, du côlon replié O', ceux de l'estomac N et de la rate M, se joignent pour former les deux troncs P Q, lesquels aboutissent directement à la citerne. Le canal thoracique L, qui continue celle-ci, vient s'ouvrir au point de réunion I des deux jugulaires, c'est-à-dire au sommet de la veine cave antérieure K, et non loin* de la veine brachiale I.

Les mêmes particularités essentielles se retrouvent dans le bœuf (Gg. 123). A sont les ganglions parotidieus; B, les ganglions pharyngiens; G, le vaisseau priucipal satellite de la carotide et de la trachée ; D, les ganglions pré-pectoraux ; E, les ganglions pré-scapulaires; F, l'insertion du canal thoracique; G, la veine brachiale ou axillaire;!, la veine cave antérieure; J. razygos;'K, les ganglions du médiastin; L, l'aorte postérieure; M, la citerne; N, le tronc chylifère accolé à la mésentérique; 0, les chylifères et les ganglions qu'ils traversent; P, les branches sous-lombaires qui se rendent à la citerne; Q, les ganglions sous -lombaires; R, le gros ganglion pré-crural; S, les ganglions inguinaux; T, les vaisseaux satellites de la saphène.

Dans l'homme, les lymphatiques el les ganglions de la tête, du cou et de la partie supérieure du thorax, offrent, comme le montre la belle planche de Mascagni (fig. 12^),. une disposition compliquée qui reproduit eu partie celle que nous venons de trouver chez les grandes espèces.

L'itinéraire des fluides blancs, considéré dans son ensemble, offre quelques particularités d'un très-grand intérêt physiologique chez les vertébrés ovipares.

Dans la classe des oiseaux on voit encore des ganglions, comme chez les mammifères, notamment au cou et au thorax, mais en plus petit nombre. On commence à y trou ver quelques dilatations à parois contractiles, aptes à imprimer une certaine impulsion à la lymphe. Un sinus situé dans le bassin, près de la qtieue, a des parois contractiles, des valvules et des cordages tendineux, il charrie son contenu dans les ' Veines du bassin et de la queue. Au lieu d'un seul canal, les oiseaux ont deux canaux thoraciques qui naissent par un plexus autour de l'aorte abdominale, et se terminent, chacun dans la sous-clavière de son côté.

Ghez les reptiles, la disposition du système lymphatique offr« de nombreuses singularités. En plusieurs points de l'économie, disent les auteurs d'anatomie comparée, la lymphe, comme on le voit sur les batraciens, se trouve dispersée dans des lacunes ou des vacuoles du tissu conjonctif. Généralement les canaux lymphatiques entourent de toutes parts les vaisseaux sanguins et leur envoient des brides nombreuses. Ges canaux dans lesquels les vaisseaux sanguins sont enfermés et comme

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