‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 63 sur 239 · DU SYSTÈME LYMPHATIQUE · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME LYMPHATIQUE

Le système lymphatique est un ensemble de vaisseaux liés anatomiquement, mais complètement iudépendants au point de vue physiologique. Ses parties forment autant de circonscriptions qu'il y a d'organes. Chacune fonctionne isolément sans Influencer les autres. L'une quelconque d'entre elles peut absorber avec activité, se remplir modérément, se dilater outre mesure^ retenir ou déverser son contenu, les autres demeurant presque inactives, vides ou affaissées. En outre, l'état d'une fraction du système, à un moment donné, peut être très-dilTérent de ce qu'il était

(1) Voy., pour un exposé détaillé de ces curieuses dispositions du système lymphatique des vert^rés ovipares : Milne Edwards, oui;, cité, t IV, p. 462; Ch. Robin, art. Lymphatique, Dictionn, encyclopédique des sciences médicales, 2" série, t. III, Paris^ 1870.

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avant, oU de ce qu*ii va être après. C'est par l'observation de ranimai soamis à la vivisection qu'on arrive à constater ces divers états.

Le système lymphatique a d'abord ceci de très-particulier qu'il n'est en aucun cas complétementrempli. Ses différents vaisseaux n'ont jamais, tous à la fois, le degré de réplétion que quelquea-uns d'entre eux présentent dans certaines circonstances. La plupart sont seulement un peu affaissés sur eux-mêmes et à demi remplis de liquide. Les chylifères et les autres lymphatiques intestinaux, dont le nombre est si considérable, contrastent cependant très-souvent par leur distension avec l'état de tous les autres. Ce système est donc bien loin de ressembler à celui des vaisseaux sanguins qui contient toute la masse du sang. Le premier, en un temps donné, ne renferme qu'une faible partie des fluides qu'il doit charrier en une période de vingt-quatre heures ; et celte partie, quelle qu'elle soit, est versée dans les veines pendant qu'une quantité nouvelle de fluides de môme nature pénètre à son tour dans sa cavité : aussi il passe, en un jour, dans les vaisseaux blancs une masse de lymphe et de chyle qui égale plusieurs fois la masse du sang. Le second système renferme, au contraire, en un temps quelconque, la totalité du fluide sanguin. Dans le premier?se trouve constamment un chyle nouveau et une lymphe nouvelle; les fluides qui l'ont parcouru une fois ne le traversent plus une seconde. Dans le dernier, au contraire, c'est toujours le même sang qui décrit un cercle et revient mille fois suivre les voies qu'il a déjà suivies.

Si la quantité de liquide que le système lymphatique contient dans son ensemble, à un moment donné, est indéterminable, celle de quelques-unes de ses parties peut être évaluée approximativement; Pendant le travail de la digestion intestinale, les chylifères doivent contenir une quantité de chyle égale à la moitié du sang que renferment les artères correspondantes. Lors de la gestation, les lymphatiques des ligaments larges semblent représenter par leur ensemble une masse même supérieure à celle des artères. Aux membres, ceux des plexus superficiels, dans une tranche quelconque, renferment aussi plus de liquide que les artères superficielles de la même tranche; mais profondément la même proportion né subsiste plus. En se [basant sur le rapport de capacité qui existe entre les^deux ordres de vaisseaux, on pourrait admettre, par approximation, qye les lymphatiques ont un contenu égal à la moitié de celui des artères. D'après M. Sappey, qui s'est beaucoup occupé d'injections lymphatiqueSf ils auraient en effet dans les membres environ la moitié de la capacité des artères, et le quart de celle des veines. Ce rapport accepté pour Tensemble du système conduirait à l'évaluation suivante. Sur un cheval de taille moyenne, ayant 30 kilogrammes de sang, la moitié dans les artères et une partie des capillaires, l'autre moitié dans les veines et la seconde partie des capillaires, soit 15 kilogrammes pour chacune d'elles ; le système lymphatique supposé égal à la mcMtié delà capacité des artères renfermerait 7 kil. 1/2 de liquide. Or, comme il peut verser aisément en vingt-quatre heures 60 kilogrammes dans les vaisseaux sanguins, il doit se vider totalement huit fois pendant cette période. A un moment donné, il n'y aurait donc que 60 millièmes de lymphe dans l'oi^am'sme, ou 60 grammes par kilogramme du poids du corps.

Il est évident que les diverses tranches du cône représenté par le système lym* phatlque doivent contenir d'autant plus de liquide qu'elles sont plus rapprochées

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