‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 67 sur 239 · FORCES MOTRICES DU CHYLE ET DE LA LYMPHE · texte numérisé non relu

FORCES MOTRICES DU CHYLE ET DE LA LYMPHE

qoi toutes trois reDfenneot des ûbres élastiques. En effet, d*après Kôlliker, ces fibres se montrent : 1® dispersées longiludinalement dans la membrane réticulée qui double la couche épithéliale, surtout dans les vaisseaux des membres; 2® avec une direction transversale ou annulaire dans la tunique moyenne dite membrane élastique; 3"* enfin disposées obliquement et longiludinalement à la tunique externe. Dans ces deux dernières, les fibres élastiques sont associées aux fibres musculaires. Elles sont plus nombreuses dans Itô gros vaisseaux collecteurs et dans le canal thoraciqne que dans les petits lymphatiques*.

L'élasticité des lymphatiques saccroit progressivement lorsque les vaisseaux acquièrent des dimensions plus considérables, car à mesure que les vaisseaux se dilatent, en se rapprochant des parties centrales du système, leurs parois s'épaississent. Elle parait plus marquée dans les lymphatiques des membres que dans ceux du tronc, plus dans les superficiels que dans les profonds, h cause de la différence d'épaisseur de parois toute au profit des vaisseaux des membres et des superficiels; elle est également plus prononcée dans les ampoules voisines de la citerne, si minces qu'elles soient, que dans le canal thoracique.

La rétractilité lente des vaisseaux lymphatiques n'est pas également accusée dans toutes les parties du système. En général, elle est d'autant plus sensible que les vaisseaux ont un moindre calibre ; elle est plus forte dans les*vaisseaux sinueux^ entourés de beaucoup de tissu cellulaire, comme ceux de l'aine, du cou et de la région sous-lombaire, que dans ceux dont les parois adhèrent intimement aux parties adjacentes. Elle ne paraît pas être en rapport direct avec l'épaisseur des parois vascnlaires, car les branches lombaires et la citerne, dont les tuniques sont toujours excessivement minces, reviennent mieux sur elles-mêmes que le canal thoracique. H y a cependant une exception à cet égard pour les solipèdeSy dont la citerne adhère intimement à Taorte et au corps des vertèbres lombaires. Enfin elle est plus ou moins marquée au canal thoracique suivant les animaux *. très-peu chez le cheval, où ce canal, fixé à l'aorte, à l'azygos et aux vertèbres, ne peut que s'aplatir sans se resserrer circulairement lorsqu'il est vide; beaucoup plus chez les ruminants, où il est complètement entouré de tissu adipeux.

La contractiUté des parois des vaisseaux blancs produit une troisième force motrice du chyle et de la lymphe. Elle tient à la présence de fibres musculaires lisses transversales dans la tunique moyenne et de faisceaux de môme nature, obliques et longitudinaux dans la tunique externe^ fibres et faisceaux qui commencent k se montrer sur les vaisseaux de deux dixièmes de millimètre.

La contractilité qui se manifeste déjà dans les villosités, puis dans les petits vaisseaux des réseaux, devient très^vidente dans les lactés du mésentère et dans les plexus sous-jacents à diverses membranes séreuses. On sait depuis longtemps, et Haller en avait fait la remarque, que les vaisseaux blancs dilatés reviennent liromptement sur eux-mêmes en se débarrassant de leur contenu. Dès que le mésentère est étalé an contact de l'air, ses lactés, s'ils sont pleins de chyle, se vident iNTUsquement et deviennent à peine visibles.

Leur resserrement se produit encore même dans les cas où l'on a appliqué une ligature sur le canal thoracique ; il est plus prompt et plus considérable sur le chien que sur le cheval et les ruminants. Lorsqu'une ligature est appliquée sur le

milieu de *la longueur des lactés du mésentère, la partie supérieureseule qui peut se îider se resserre au point de devenir Bliforme; ainsi les plus gros lactés du bœuf finissent par devenir presque imperceptibles. Il en est de même pour tous les lymphatiques du corps mis à découvert, quel qu'en soit le diamètre, mais ils se resserrent à un moindre degré dans les larges vaisseaux du diaphragme, par exemple, dont les parois sont très-adhérentes aux parties adjacentes* L'air froid, le contact de l'alcool, des acides affaiblis, des divers irritants chimiques donnent lieu 5 un resserrement analogue, comme Haller et Schrieger l'avaient déjà noté. Si les adhérences externes des lymphatiques sont détruites, le resserrement est tel^ . que du diamètre d'un gros tuyau de plume ils arrivent à celui d*un fil très-fin, comme je l'ai maintes fois constaté en opérant sur les satellites de la carotide et ûe la saphène. Cette contraction s'étend même aux ganglions, surtout à ceux qui sont plexiformes, comm% les spléniques et les sous-lombaires du cheval.

Ces contractions ne sont pourtant pas tellement apparentes qu'elles puissent être toujours constatées. Beaucoup d'observateurs habiles même n'ont pas réussi à les voir. Aussi Tiedmann et Schwann les ont-ils niées, parce que, disent-ils, les lymphatiques de l'intestin et le canal tlioracique n'ont pas éprouvé de mouvements vermiculaires sous l'influence d'excitations mécaniques ou chimiques, et parce que même les valvules Vies lactés du lapin sont demeurées immobiles à l'examen microscopique du mésentère de ce rongeur. Mais elles sont d'une constatation facile chez les grands ruminants, comme je l'ai reconnu dès avant 1858. Les vaisseaux lactés très-volumineux chez ces animaux sur le trajet de la grande mésentérique étant mis à nu par l'incision d*une lame du mésentère, s'étranglent sur une longueur de 1 à 2 centimètres; du point resserré le chyle est poussé dans un point plus élevé qui se dilate. Au bout d'un instant, la partie resserrée se- gonfle, tandis que la partie précédemment dilatée se resserre à son tour pour s'agrandir de nouveau. C'est une suite de diastoles et de systoles comparables à celles des cœurs lympha* tiques des reptiles, et analogues à ces grands mouvements qui produisent sur l'intestin des resserrements et des dilatations alternatives. Peut-être ce mode de contraction rhylhmique a-t-il lieu également sur les lymphatiques des autres régions de l'organisme, mais, jusqu'ici, je n'ai pas réussi à l'observer distinctement en dehors du mésentère.

Au canal thoracique les contractions ont pu être provoquées par les stimulations galvaniques. Mâller les a vues faibles sur la chèvre, Yirchow et Kôlliker sur des cadavres do suppliciés. Elles sont habituellement peu prononcées et très- lentes sous l'influence des excitations mécaniques.

Dans les ganglions, la contractilité est extrêmement obscure; mais elle doit y persister à un certain degré, puisque les vaisseaux qui y pénètrent conservent, sur une partie de leur trajet,* les éléments musculaires de leurs parois; en outre, ces organes ont quelques fibres contractiles disséminées, comme Kôlliker l'a fait remarquer, mais elles sont trop peu nombreuses pour qu'on puisse, avec Malpighi, considérer les ganglions comme des agents d'impulsion, des cœurs lymphatiques.

C'est dans les ampoules des batraciens, découvertes par Mulier et appelées cœurs lymphatiques que la contractilité est très-manifeste. Il y a dans ces organes des mouvements rbythmiques, de véritables pulsations dont le nombre peut s'élever

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