‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 68 sur 239 · FORCES MOTBIÇES DU CHYLE ET DE L/L LYMPHE · texte numérisé non relu

FORCES MOTBIÇES DU CHYLE ET DE L/L LYMPHE

à 60 par minate, mouvements qui ne sont ni isochrones entre eux, ni avec ceux du cœur sanguin (1).

La contraclililé développe donc dans le vaisseau lymphatique une action dis* tincte de celle de Télasticiié. Tant qu'elle persiste sur le cadavre, elle donne lieu à des effets que la simple élasticité ne produit pas, surtout à un semblable degré. Ainsi, pendant la vie et sur le cadavre encore chaud, le lymphatique qu'on blesse se resserre plus vite, lance la lymphe plus loin que le vaisseau du cadavre à qui il ne reste plus que le ressort élastique, dont la persistance est indéfinie, car Rnsconi Ta constaté, après plusieurs années, sur des pièces conservées dans l'alcool. C'est aussi ce que Lauth avait vu dans ses études sur le système lymphatique. Les trois forces motrices des fluides blancs ont chacune leur rôle; elles agissent tantôt simultanément, tantôt d'une manière successive. L'impulsion a tergo peut très-bien suffire, au début de l'absorption, à pousser les liquides dans les vaisseaux vides ; mais, en agissant seule sur ces canaux expansibles, elle en opérerait la distension avant de commencer à déverser leur contenu dans le système sanguin ; en outre, elle laisserait ces liquides immobiles dès que l'absorption viendrait à se suspendre. Avec le concours des deux autres, il ne peut en être ainsi. Dès qu'un peu de liquide est entré, la contraction le fait progresser vers le centre et lorsque le vaisseau est distendu, l'élasticité mise en jeu arrive à son maximum. La première force agit toujours ; les deux autres entrent en action parallèlement tant que les vaisseaux conservent une plénitude moyenne, un état intermédiaire à la vacuité età l'extrcme distension. Au contraire, dans les situations extrêmes, ces deux dernières forces semblent s'isoler. Lorsqu'il y a distension outrée, les Gbres musculaires se paralysent, ou, s'il leur reste quelque force, celle-ci est impuissante, sans effet utile. C'est à ce moment qu'en revanche, l'élasticité mise en jeu arrive à sa plus haute puissance. Par contre, lorsque le vaisseau ne renferme qu'un mince filet de liquide, les parois n'ont presque plus de tendance à s'affaisser davantage ; mais la contraclilité seule suffit pour chasser le liquide vers les parties centrales. Toutes les fois qu'on vient à piquer, sur l'animal vivant, un lymphatique très-distendu, oi> voit les deux dernières forces produire successivement chacune son effet. A l'instant même de la piqûre, le liquide est en grande partie lancé sous forme de jet, et il l'est par la force brusqae, instantanée, énergique, due à l'élasticité ; puis la portion que le jet n'a pas entraînée s'écoule lentement à mesure que le vaisseau s'affaisse : ce reste est chassé par la contraction lente du canal, dont le volume se réduit à celui d'un fil.

Ainsi, impulsion a tergo résultant de l'absorption, contraction, puis réaction élastique des parois vasculaires, telles sont les trois forces essentielles qui meuvent les liquides dans le système lymphatique. La première est la force initiale, qui les met en mouvement tant que l'absorption continue, mais qui cesse de les pousser une fols que cette fonction se suspend ; la seconde, qui agit surtout lors de la réplétion moyenne, les chasse vers les centres dès que les vaisseaux commencent à se remplir; elle vide ces vaisseaux lorsque l'absorption s'arrête, emporte les fluides qu'ils renferment au delà d'une ligature ou d'un obstacle

(1) Voyes pour les détails à ce sujet, Ullne Edwards, t. IV, p. 466.

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quelconque ; enfio, la dernière ou Télasliciié, sans effet sensible dans le vaisseau affaissé, arrive à sa haute puissance lorsque la distension exiiôme du vaisseau a presque annulé la coniraclilité : c'est la force qui à son tour devient essentielle dans tous les cas de gêne considérable.

Du reste, ces trois forces ont chacune une action merveilleusement appropriée aux conditions si variables dans lesquelles se trouvent les vaisseaux absorbants, affaissés dans certains points, demi-pleins dans les uns, lurgides dans d'autres. En agissant tantôt parallèlement, tantôt séparément, elles peuvent graduer Timpulsion et la proportionner aux difficultés qu'éprouve momentanément et par- Uellement la progression des liquides. Toutefois, à quelque degré qu'elle puisse atteindre, cette impulsion ne suffit pas toujours à surmonter les obstacles placés sur le trajet des vaisseaux. Si, par exemple, la portion flottante de l'épiploon des soUpèdes vient ù se tordre et à se nouer sur elle-même, les vaisseaux blancs situés au-dessous du nœud continuant à absorber, sans pouvoir se désemplir, acquièrent le diamètre de gros tuyaux de plume et restent pleins pendant un temps indéterminé qui paraît fort long.

A ces forces principales, développées par la continuité de l'absorption, par l'élasticité et la contractililé des parois vascuiaires, s'en ajoutent d'autres accessoires, qui sont les contractions musculaires, les pressions extérieures, les mouvements! les pulsations artérielles, le jeu du thorax, etc.

Les contractions musculaires et le resserrement de certains tissus aident généralement à la progression des liquides dans les vaisseaux blancs, quoiqu'ils la gênent dans quelque» circonstances.

L'influence des contractions intestinales sur les mouvements du chyle signalée par Lieberkunh se conçoit mieux qu'elle ne peut se démontrer. Elle s'exerce directement sur la partie du vaisseau qui est au centre de la villosité, laquelle est déjà conuractile en raison des fibres musculaires qui figurent au nombre de ses éléments. Ces contractions intestinales qui s'exagèrent sur les animaux dont l'abdomen est ouvert sont certainement l'une des causes qui, dans ce cas, donnent lieu à l'expulsion si rapide du chyle.

Les pressions exercées sur les vaisseaux blancs, dans plusieurs parties, favorisent notablement la progression de leur contenu. Celle des parois abdominales sur l'ensemble du système chxlifère et sur les lymphatiques des viscères abdominaux est une des plus remarquables. En effet, lorsqu'on adapte un tube à l'un des gros lactés mésenlériques du taureau, on voit le liquide s'en échapper plus abondant si l'intestin est maintenu dans la cavité abdominale que si on l'attire hors de la plaie. Les lactés une fois vidés se remplissent difficilement et avec une extrême lenteur, si l'intestin est privé de cette pression par une grande incision aux muscles abdominaux, tandis qu'ils se gonflent de nouveau, dans cas, après l'applicaUon d'une suture. Après la mort, sur l'animal en pleine digestion, ils cessent de se remplir si l'abdomen est ouvert tandis qu'ils continuent à absorber une demi-heure ou une heure si ses parois sont intactes. Magendie avait déjà noté qu'en augmentant cette pression, on fait affluer plus vile le chyle dans la citerne. Fort souvent j'ai vu sur des chiens, des chevaux et des ruminants, porteurs de fistules au canal thoradque, que les quantités de liquides versées augmentaient dès qu'une compression un peu

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