‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 3)Chapitre 7 sur 239 · III. — Analyse du mécanisme de l'absorption · texte numérisé non relu

III. — Analyse du mécanisme de l'absorption

Le premier acte ou le premier élément du phénomène complexe de l'absorption physiologique est un acte physique subordonné à l'état liquide des matières à saisir et à la perméabilité des parties. C'est la pénétration de ces matières dans la substance molle et humide du tissu.

A première vue, cet acte initial est un simple phénomène d'imbibilion qui paraît dû au jeu des forces moléculaires, savoir : l'' à l'attraction adhésive de la matière étrangère pour le tissu et du tissu pour la matière étrangère; 2® aux forces moléculaires qui donnent lieu à la diffusion du liquide étranger dans le liquide qui imprègne le lissa ou qui remplit les vaisseaux. L'appeler un phénomène capillaire n'est point en donner une idée vraie, puisque la substance du tissu n'a pas d'in* terstices et de pores comme les corps inertes dans Ies(|uels la capillarité s'exerce manifestement ; lui donner le nom d'imbibilion n'est pas en exprimer nettement la nature, puisque l'imbibition est le résultat des actions capillaires, d'un commencement d'osmose ou de diffusion ; enfin le qualifier de phénomène osmotique, c'est dire plus qu'il n'est en réalité, sans en bien définir la nature, puisque l'osmose est une action compliquée à causes multiples. Disons seulement que c'est une pénétration du liquide ou de la matière dissoute, soit à travers les parois de cellules closes^ soit dans la substance des fibres, dans leurs interstices, et enfin à travers les tuniques des vaisseaux.

Ce premier acte, considéré attentivement, ne paraît pas devoir être toujours de même nature. H est, si la substance doit pénétrer dans une muqueuse, d'abord un phénomène de diffusion, puisque cette substance doit, avant d'arriver au tissu membraneux, se mêler au liquide visqueux qui lui forme un revêtement plus ou moins épais. Il est un acte d'osmose, si la substance doit passer, en commençant, dans des cellules épitbéliales pleines de liquide; il est un phénomène capillaire, quand la substance s'introduit dans les interstices des fibrilles et des lamelles du tissu conjonctif^ du derme des membranes; il redevient acte d'osmose une fois que la matière a accès dans les vaisseaux. La pénétration, si simple qu'elle paraisse, peut donc être^ suivant les cas, un seul acte ou une série d'actes enchaînés. D'habitude^ elle se fait en deux temps : un premier, pendant lequel la matière étrangère pénètre les éléments anatomiques du tissu, un second qui correspond à son entrée dans les vaisseaux. En outre^ elle en a un complémentaire qui est celui de l'enlèvement de la matière par les courants sanguins ou lymphatiques. En d'autres termes, il y a d'abord absorption par les éléments anatomiques, puis absorption par les vaisseaux, enfin exportation des produits absorbés. Ces actes successifs ne sont pas si intimement liés qu'ils ne soient séparables. Le dernier est supprimé dans

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