DÉVERSEMENT DU CHTLE ET DE LU LYMPHE
chez l'tioinmey elle ne me parait pas le présenter chez la plapart des animaiK ; car : i"* chez les carnassiers, le porc et les raminants, l'angle formé entre la jugulaire, la veine brachiale et la veine cave antérieure a sensiblement le in6me degré d'ouverture d'un côté que de l'autre ; 2® chez les ruminants, qui ont souvent deux canaux à peu près de même calibre, l'un s'ouvre à drohe, exactement comme l'autre à gauche; 3"* enfin, dans les solipèdes, où le canal est généralement simple à son extrémité antérieure, l'insertion n'a lieu ni à gauche ni à droite, mais précisément sur la ligne médiane, au sommet de la veine cave antérieure et au confluent des deux jugulaires. Du reste, dans les animaux où rinsertion du canal a lieu à gauche, celle du tronc lymphatique s'efTcfctue à droite et supporte les prétendus inconvénients attachés à ce côté.
Le lieu d'insertion du canal est choisi, à ce qu'il semble, bien plus pour assurer et faciliter l'abord des liquides que pour opposer quelques obstacles au reflux du sang. Chez les animaux, le mode d'insertion adopté pour l'homme ne pouvait convenir. Chez tous ceux qui sont dépourvus de clavicules, et ils sont les plus nombreux, l'angle de l'épaule, au lieu d'être, comme chez nous, maintenu à une dislance du thorax à peu près fixe, est alternativement projeté en avant, puis retiré en arrière, de telle sorte que la veine brachiale est tiraillée et même, à certains moments, aplatie sur la première côte, si bien que l'accès du chyle n'y serait pas toujours libre si elle recevait le canal comme la sous-clavière de l'homme. Aussi l'insertion se fait ailleurs : chez les solipèdes, an sommet de la veine cave, à la jonction des deux jugulaires ; chez les ruminants, sur le côté interne de la jugulaire gauche ; chez les carnassiers, au sommet de l'angle rentrant compris entre la jugulaire et la brachiale.
Le véritable obstacle au reflux sanguin dans le canal thoracique est constitué par* les replis valvnlaires garnissant l'extrémité antérieure et l'orifice du canal thoracique. Ces valvules apposées deux à deux, sur plusieurs rangs, près de l'orifice et à Torifice même, peuvent, chez les ruminants, se tendre en travers et s'affronter si exactement qu'elles rendent le reflux du sang impossible ou extrêmement limité ; elles fonctionnent avec moins de précision chez les carnassiers, où le reflux est plus sensible et s'étend même jusqu'à la citerne ; enfin, chez les solipèdes, où la paire terminale subsiste seule, elles sont impuissantes à prévenir le reflux, qui porte souvent le sang, en grande quantité, sur toute la longueur du canal et dans la citerne. On en a la preuve fréquente sur le cadavre dans les conditions les plus variées. Le contenu du canal thoracique y est rougeâtre, et, dans les expériences, le prodnit qu'il verse est d'habitude sanguinolent, si on ne prend pas le soin de placer le tube très-haut et de lier l'insertion du tronc lymphatique droit par lequel entre alors le sang, pour revenir par les anastomoses dans le canal thoracique.
Le reflux, malgré les précautions prises pour le conjurer, est donc souvent possible, dans des limites plus ou moins étendues, suivant les animaux ; il s'exagère dans les cas où la circulation est gênée et où le pouls veineux est produit par une afleclion du cœur. Nous avons observé, M. Bouley et moi, un cas de dégénérescence graisseuse de cet organe accompagné d'une oblitération du canal due à un caillot sanguin énorme et adhérent, développé par le Tait d'un reflux outré.
22& . DE l'absorption.
Le tronc lymphatique droit, qui reçoit la lymphe de la moitié correspondante de la tête, du cou, du thorax et celle du membre antérieur du même côté, la verse dans le système veineux suivant Tun de ces trois modes, ou : 1^ à Fopposé du canal et dans la partie similaire; ou 2^ à côté et presque sur la ligne médiane; 3^ ou enfin avec le canal par un orifice commun. Le premier mode appartient à un grand nombre d*animaux, à Thomme, aux carnassière, aux ruminants; les deux autres sont propres aux soUpèdes.
Le déversement qu'il effectue a lieu d'une manière continue et saccadée, mais il est moins influencé par le jeu du thorax que celui du canal thoracique ; il est aussi moins contrarié par le reflux, qui est limité par deux valvules terminales semi-lunaires, auxquelles s'ajoutent d'autres paires placées à une certaine distance du point d'insertion.
Le déversement opéré par le tronc lymphatique droit n'est indépendant que dans les cas où il n'y a pas d'anastomoses entre ce canal et le thoracique ; mais il est solidaire de l'autre, lorsque ces anastomoses existent, comme nous l'avons vu, notamment sur le cheval.
Il ne parait pas exister, chez les mammifères, d'auti*es abouchements du système lymphatique avec le système sanguin. Panizza en a indiqué un chez le porc, par anastomose, entre le canal thoracique et Tazygos; MûUer et lA^utzer un semblable et accidentel sur un homme. Je n'en ai jamais trouvé de traces dans mes dissections. On se rappelle celles qui, chez les oiseaux, existent entre le sinus souscaudal et les veines caudales. Il y en a d'autres qui ne nous intéressent pas chez les reptiles et les poissons.
Le chyle et la lymphe rassemblés de tous les points du système lymphatique sont donc versés dans les veines d'une manière continue, saccadée, par deux canaux au moins, le thoracique, le lymphatique droit,' distincts ou anastomosés, et par un plus grand nombre lorsque le canal se dédouble ou donne plusieurs branches terminales. Us ajoutent donc continuellement à la masse do liquide nutritif des éléments de rénovation. Nous allons maintenant rechercher en quelle proportion ils sont amenés dans les veines.