DE LA VIE EN GÉNÉRAL BT D^ SES MANIFESTATIONS
pinition aqaatique en respiration aérienne, la circulation du premier en circubtion du second? Par qoeile puissance inconnue toutes ces transformations s'opèrent-elles constamment et de la même manière?
' Et chez les insectes? Un œuf éclôt : c'est une lar?e qui en sort, c'est-À-dire une chenille, une sorte de ter, ayant des anneaux, avec ou sans pattes, un intestin énorme, un ap|)areii respiratoire trachéen. Au bout d'un certain temps, cette larve, cette chenille se change en nymphe ou en chrysalide ; son enveloppe extérieure se durcit et devient, selon la comparaison de Cnvier, comme celle d'une momie; ou bien la larve, pourvue de longues glandes flexueuses, a sécrété des filaments soyeux, qu'elle a feutrés autour d'elle de manière à s'en former un cocon. Là, elle est à peu près immobile comme le cadavre enfermé dans le cercueil. Après une période plus ou moins longue, il sortira de cette enveloppe brisée ou de ce cocon percé un insecte parfait, avec une tête d'une forme nouvelle, des yeux^ des antennes, un thorax, un abdomen, des pattes, des ailes. €e nouvel inseae, ou cet insecte sous dne nouvelle forme, ne devra plus vivre longtemps, et aussi son appareil digestif sera prej>que atrophié; il devra se reproduire et il possédera un appareil reproducteur complet, apte à entrer immédiatement en fonction. Ici, encore, nous observons les effets sans en pouvoir saisir la cause.
Pourrons-nous mieux découvrir cette cause, chez les êtres inférieurs où la vie est disséminée au lieu d'être centralisée comme chez les animaux les plus voisins de notre espèce? Non. Nous prendrons le polype, nous le diviserons en plusieurs fragments : chacun d'eux emportera avec lui sa part d'existence; chacun d'eux continuera à vivre seul comme il vivait avec le tout ; il conservera la faculté de sentir et de se mouvoir; il se nourrira, s'accroîtra^ deviendra apte à la reproduction. Dans cette parcelle, comme dans Tanimal tout entier, la vie restera une énigme.
Cest donc en vain que, dans toutes ces circonstances, nous cherchons, en quelque sorte, à surprendre la vie, à la saisir^ pour ainsi dire, à son point de départ Son essence nous échappe, ses manifestations seules tombent sous nos sens, et par ft nous révèlent ton existence. Toutes ces opérations, si singulières, si pleines de mystère, dans lesquelles nous avons essayé de l'atteindre, peuvent-elles dériver d*une autre cause? Tous ces' phénomènes d'un ordre si différent de cehii des phénomènes qui se passent dans la matière inorganique peuvent-ils être rapportés aux affinités chimiques? Il serait ridicule de le penser. Bien que la réalité du principe qne nous cherchons ne puisse être démontrée directement, les effets, les résultats de ce principe, nous la prouvent d'une manière suffisante.
Puisque, en considérant la vie dans son ensemble, nous n'arrivons à constater que des effets, des résultats merveilleux d'un ordre différent de ceux qui s'observent dans la matière inanimée, entrons dans une autre voie : analysons ces phénomènes qui s'accomplissent au sein de l'être vivant; cbercbons à en saisir les rapports, puis nous essayerons de remonter à la source de chacun d'eux.» Ce n'est, a dit Ne^Tton, qne par Tétude des phénomènes qu'on peut arriver à la connaissance des forces qu'emploie la nature.'
Évidemment, c'est par la plante qu'il convient de commencer cette analyse expétimentale, car c'est dans la plante que les manifestations vitales s'offrent à leur plus grand état de simplicité.
Si donc nous considérons d'abord la graine, nous y voyons un embryon desséché et comme endormi dans son enveloppe. Il paraît inanimé, car rien n'y décèle une activité appréciable ; cependant il a déjà participé à la vie; il est dépositaire d'un principe qu'il peut conserver pendant des années et peut-être même des sièdes; en un mot, il est vivant. Qne la graine vienne à être déposée dans le sol, et bientôt l'activité latente s'éveille. L'humidité^ la chaleur, l'air, donnent la détente, et, peu à peu, sous l'influence de celte triple stimulation,se constitue et se dégage un végétal en miniature. Que s'est-il passé là? D'une part la graine a absorbé de l!eau et de l'oxygène; plusieurs de ses principes sont devenus solubles; il s'est dégagé de l'acide carbonique. D'autre part, et ceci est bien plus curieux, la matière de la graine, en changeant de composition, a changé de forme. Les cellules qui renferment la fécule, la matière azotée, la graisse, ont pris des aspects variés; des vaisseaux et des fibres de divers ordres se sont développés; des organes de forme, de dimensions déterminées, c'est-à-dire une tige, une racine, des feuilles, se sont constituées sur le modèle des mêmes organes de la plante mère. Deux ordres de phénomènes se sont donc accomplis dans cette graine en germination : les uns physico^chimiques d'absorption, de dissolution, d'oxydation; les autres morphologiques, qui ont fait naître des éléments, des tissus nouveaux, jouissant de propriétés particulières, et des organes que l'on a vus se façonner, se mettre à leur place, se charger d'une fonction spéciale.
Les deux ordres de phénomènes que nous révèle la vje de la plante sont essen^ tiellement différents l'un de l'autre, et ils ne peuvent dériver d'un même ordre de forces. Aux puissances physico-chimiques est manifestement dévolu le rôle d'appe* 1er la matière du dehors, de la faire eqtrer dans le tourbillon, d'en modifier de mille manières la compasition moléculaire et les propriétés, d'en faire une pâte apte à revêtir les formes les plus variées. Puis cette pâte préparée, les puissances organiques ou organo-plasliques s'en emparent, la pétrissent^ en font des utricules, des fibres^ des vaisseaux, et avec eux tous les oi^anes de la nutrition ou de la reproduction. Ce double travail est exécuté suivant un plan arrêté, comme d'après une harmonie préétablie, pour me servir de la belle expression de Leibnitz : les forces qui l'exécuient ne pourraient rien isolément, elles font des merveilles par leur association.
Si, de la plante nous passons à l'animal, l'analyse sommaire des phénomènes de la vie, quoique plus difGcile^ nous montrera les deux ordres de puissances agissant ensemble, suivant une coordination réglée d'après les mêmes principes que dans les végétaux, pour produire des effets plus compliqués, plus merveilleux encore. Ici, outre les actions physico-chimiques et les actions plastiques^ la vie se manifestera par des opérations d'un ordre nouveau et plus élevé, par des phénomènes de mouvement, de sensibilité, par des facultés admirables, sans liaison apparente avec les autres.
L'animal, considéré d'aLord dans l'œuf, comme le végétal dans la graine, a pour point de départ un petit amas de matière ayant aussi participé à la vie et vi-^ vaut encore isolément. La vie n'est, dans cet œuf, qu'à l'état de soufiQe, elle ne s'y manifeste que par une légère absorption d'oxygène et une faible exhalation d'adde carbonique à travei^ les parois de la coque. L'influence d'un certain degré de cba-