‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 119 sur 191 · MOUVEMENTS DES MACHOIRES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DES MACHOIRES

pneumogastriqaes. Dans tous les cas, il ne peut guère y avoir chez ce dernier, entre les incisives supérieures et les inférieures, qu*un écartement de 8 à 10 centimètres.

Cet écartement des mâchoires résulte, pour les herbivores, du simple abaissement de la mâchoire inférieure; il est produit, eu partie, chez les carnivores, ie chien notamment, par Télévation du crâne et de la mâchoire supérieure sur Tencolure; car, si Ton fixe le menton d'un chien à une tige immobile, on voit encore la bouche s'ouvrir presque aussi largement qu'auparavant par la seule élévation de la mâchoire supérieure.

L'abaissement de la mâchoûre inférieure est effectué, chez tous les animaux, par le muscle digastrique, et, de plus, chez les solipèdes, par un muscle particulier, le stylo*maxillaire, qui est, en réalité, une branche courte du premier. Ce muscle, qui porte toujours le nom de digastrique, bien qu'il n'ait souvent qu'un seul renflement charnu, comme chez le lièvre et le lapin^ ou même point de tendon, comme chez le chien, est proportionnellement faible relativement au rôle qu'il doit remplir. Par suite de sa direction, qui est presque parallèle ^ la ligne des molaires et à l'axe des branches du maxillaire, et par le fait de la situation postérieure de son point fixe» il semble devoir porter un peu en arrière la mâchoire à mesure qu'il l'abaisse. Cependant, l'examen du jeu de l'articulation temporo-maxillaire démontre clairement qu'il détermine une légère projection en avant du condyle et, par conséquent, un mouvement de prépulsion.

Le digastrique agit sur un levier du troisième genre. Le bras de la puissance, qui est très-long, place ce muscle dans des conditions tout à fait exceptionnelles^ d'autant plus avantageuses que l'écartement des mâchoires est porté plus près de ses limites. On conçoit qu'une grande étendue de bras de levier était nécessaire à un muscle généralement très-grêle, et ce bras de levier semble s'allonger à mesure que le muscle perd de son volume : en effet, celui-ci s'insère bien plus en avant chez le bœuf, le mouton et le cheval, où il est petit, que chez le chien, le chat, où il est proportionnellement plus forL

Quelques autres muscles ont été aussi considérés comme contribuant à l'abaissement de la mâchoire inférieure. On a fait jouer ce rôle chez l'homme au mylohyoîdien, au génio-hyoîdien et au ptérygoïdien externe; et l'on a dit, à tort, que chez les animaux le sterno-maxillaire avait la même fonction.

Le poids de la mâchoire peut rendre l'abaissement plus facile chez les animaux qui ont la tête presque horizontale ou très-oblique ; il est évidemment sans influence notable chez les autres.

Le digastrique est donc, en réalité, le seul muscle abaisseur de la mâchoire inférieure; c'est Tunique antagoniste du crotapbite, du duasséter et des ptérygoîdiens réunis. Il n'agit évidemment que lorsque ces derniers sont dans le relâchement; la contraction du plus petit d'entre eux suffirait à neutraliser la sienne.

2** Raipiproelienient. — Lorsque la mâchoire inférieure, après avoir été abaissée, s'élève vers la supérieure, le condyle maxillaire tourne sur son axe d'avant en arrière ; le fond de l'échancrure corono-condylienne qui s'était éloigné du bord antérieur du condyle temporal s'en rapproche ; le sommet de l'apophyse coronoïde remonte et se porte en arrière.

581i DE LA DIGESTION.

A l'abaissement de la mâchoire, un seul muscle suffit; il en faut un grand nombre pour produire son élévation, car c'est tout à la fois le poids de la mâchoire et la résistance placée entre les dents que les muscles élévateurs doivent vaincre. Ces muscles pairs sont : le crotapkùe, le masséter et les deux ptérygoïdiens : ils contribuent chacun, pour une part différente, à l'action commune.

Le crotaphite, qui est le muscle élévateur principal chez les carnassiers, où il surpasse, à lui seul, le volume de tous ses congénères réunis, est inférieur au masséter chez les herbivores, notamment les solipèdesel les ruminants. Il remfilit toute la fosse tentporale, dont l'étendue est t^ i:onsidérablc chez les premiers, et y vient rejoindre sur la ligne médiane celui i^u ^té opposé, dont il demeure fort éloigné dans le bœuf, le porc, le lapin, etc. Né sur l'immense surface de la fosse et sur ses bords, il se cotitinne, sans nulle démarcation en dedans de l'arcade zygomatique, avec le masséter externe qui, en réalité^ n'en est que la partie inférieure. Son insertion a lieu au sommet et sur les deux faces de l'éminence coronoTde jusque tout près de la dernière molaire dans plusieurs animaux, les solipèdcs par exemple. Par suite de cette disposition, il a'git bien plutôt sur un levier du troisième genre tfue sur un levier du premier, ainsi qu'on l'a dit quelque part. En effet, cela est évident chez les animaux tels que le lièvre, le lapin, qui ont le condyle très-éievé et l'apophyse coronoïde courte et placée plus bas que le condyle; cela est presque aussi sensible chez le porc, dont l'apophyse coronoïde, très-courte et assez éloignée du condyle, s'élève peu au-dessus de ce dernier. Enfin, si l'on se rappelle que la majeure partie de ses libres s'insère plus ou moins au-dessous et en avant du sommet de l'apophyse coronoïde, on sera convaincu que c'est bien sur un levier du troisième genre que le crotaphite agit : le point d'appui ou le centre du mouvement est à l'articulation, la puissance en avant de celle-ci, et la résistance sous les incisives on les molaires. Néanmoins, comme une ceruine quantité de fibres s'insèrent au sommet de l'apophyse^ elles agissent sur un levier du premier genre. On conçoit, du reste, que plus l'apophyse sera large et éloignée du condyle, plus la puissance du crotaphite sera favorisée, c'est ce qui arrive effectivement chez les animaux carnassiers.

Ce muscle, très-énergique en raison du nombre considérable des fibres qui naissent d'une surface très-étendue, n'est pas seulement un élévateur de la mâchoire : en raison de son obliquité générale, il contribue à la rétropulsion, soit qu'il agisse seul, soit qu'il se contracte avec celui du côté opposé ; de plus, en agissant seul, il peut participer aux mouvements de diduction quand il a une portion orbitaire, comme chez le lapin et le cheval.

Le masséter est un deuxième élévateur très-énergique et d'autant plus fort, suivant la remarque de Cuvier, que le crotaphite est moins développé: c'est l'élévateur principal chez les herbivores et chez les rongeurs. Il nait du bord inférieur et de la face interne de l'arcade zygomatique en se continuant avec le crotaphite : ce sont ses seuls points d'origine dans les carnivores. Il procède, en outre, de l'épine zygomatique chez les solipèdes, et du tubercule maxillaire chez les ruminants ; puis s'insère dans une fosse spéciale de la face externe du maxillaire, et à l'éminence sous-condylienne dans les carnivores ; sur toute la partie postérieure de la branche du maxillaire dans les autres. Ses fibres sont, pour la plupart, les antérieures sur* tout, obliques de haut en bas et d'avant en arrière.

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