‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 122 sur 191 · IV. — Action de la langue · texte numérisé non relu

IV. — Action de la langue

La langue est un organe de sensibilité et de mouvement. Elle sert, à la gustation, à la préhension des aliments, à celle des boissons, à la mastication, à la déglutition, et, en outre, chez l'homme, à l'articulation des sons on à la parole.

ACTION DES LÈVRES ET DES lOUES. 591

Sa sensibilité, pendant la mastication, donne à Tanimal la faculté de distinguer la saveur des aliments, d'apprécier leur degré d'atténuation, de reconnaître la situation qu'ils occupent, et le moyen d'éviler les dents. Sa motilité en fait une sorte de main qui attire les aliments dans la cavité buccale, les pousse sous les dents, les y ramène quand ils s'échappent, et enfin les rassemble, pour les diriger vers le pharynx, lors de la déglutition.

Pour exécuter ces différents mouvements, elle est pourvue d'un grand nombre de muscles ayant chacun un office particulier.

D'abord, elle est fixée à l'hyoïde et à la mâchoire inférieure de manière à>être mue^ indépendamment de l'action de ses muscles : ainsi, elle s'abaisse avec cette mâchoire, se meut latéralement et s'élève avec elle ; elle suit de même les mouvements de l'hyoïde, lorsque ce petit appareil osseux s'élève, s'abaisse ou se porte en arrière.

Ses mouvements particuliers sont produits par ses muscles intrinsèques et extrinsèques. Elle est tirée hors de la bouche par les génio-glosses, en arrière par les hyo-glosses supérieurs et les kérato-glosses, en arrière et en bas par les basio-glosses, de côté par ces mêmes muscles quand ceux de droite se contractent, alors que ceux de gauche sont relâchés, et réciproquement. Sa pointe se porte en haut, en bas oy latéralement; enfin, l'organe change de forme, s'aplatit ou s'élargit; sa face supérieure devient plane, concave ou convexe, s'applique sur le palais ou s'en éloigne, par l'action de faisceaux charnus disposés en divers sens, et que certains anatomistes ont considérés comme des muscles distincts auxquels ils ont donné des noms particuliers.

La motricité de la langue est due, comme nous l'avons vu en étudiant les foni> tions des nerfs, à l'influence des hypoglosses. £n effet, Panizza a observé qu'à la suite de leur section, le chien ne peut plus lapper, ni retenir dans sa gueule le pain que ses dents ont saisi, pas plus qu'il ne peut effectuer la d^lutition. De mêmé« après leur section, le mouton se trouve dans l'impossibilité de saisir l'herbe et de l'amener à la bouche.

La sensibilité générale et tactile de la langue, qu'il faut bien distinguer de k sensibilité gustative dont nous avons déjà parlé, tient au nerf lingual de la cinquième paire qui se distribue au tissu musculaire et à la membrane muqueuse, tandis que l'hypoglosse se ramifie seulement dans les muscles. La sensibilité tactile peut être abolie par la section des nerb de la cinquième paire, sans que pour cela la langue ait perdu la feculté d'être impressionnée par les matières sapides.

Page 1