‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 123 sur 191 · V. — AcnON DES LÈVRES ET DES lOCES · texte numérisé non relu

V. — AcnON DES LÈVRES ET DES lOCES

Les lèvres qui concourent, chez plusieurs animaux, à la préhension des aliments, servent aussi à la mastication, en les faisant parvenir dans la bouche et en les retenant dans cette cavité. Nous avons vu déjà que le cheval qui est mis dans l'impossibilité de se servir de ses lèvres peut encore bien saisir le foin dans le râtelier et le tirer avec ses dents incisives; mais ce foin, une fois saisi, retombe dès que l'animal desserre les dents, et pas un brin ne lui en reste dans la bouche. Les joues servent Clément à la fonction qui nous occupe, en empêchant les aliments de Jbir en de-

hors des arcades molaires et en les ramenant sous ces dernières h mesure qulb échappent à leur action; mais quelquefois, soit faiblesse des buccinateurs (muscles molaires), soit irrégularité des dents, les aliments broyés s'accumulent à la face in terne des joues, en plus ou moins grande quantité, et l*on dit que Tanimal feit magasin ; particularité fréquente chez les solipèdes, et dont les ruminants ne paraissent pas ofFrir d'exemples.

Les muscles des lèvres et des joues tirent leur motricité des divisions du nerf facial seulement. Ces parties sont complètement paralysées quand les deux ncrls de la septième paire sont coupés. Les nerfs qui viennent de la branche sus-maxillaire de la cinquième paire n'ont aucune influence motrice sur les muscles des lèvres ni sur ceux des joues ; le nerf bucco-labial ne préside pas non plus aux mouvements de ces parties, puisque Mayoet M. Longet n'ont vu se produire aucune contraction dans le buccinateur des solipèdes irrité mécaniquement ou à l'aide du galvanisme.

La sensibilité dont jouissent les lèvres et les joues dépend des divisionsr de la branche sus-maxillaire de la cinquièyne paire et du nerf buccal dont nous venons de parler. On sait que les branches qui sortent du conduit maxillaire sont énormes chez le cheval, où elles vont se distribuer aux ailes du nez et aux lèvres, dont la sensibilité est exquise. La section de ces branches laisse aux parties dans lesquelles elles se rendent toute leur mobilité.

Il est à noter que la sensibilité des lèvres et des joues paraît moindre à l'extérieur dans les ruminants que chez les solipèdes; cependant, chez les premiers, les papilles, si nombreuses et si développées que les joues offrent à leur face interne, contribuent, sans aucun doute, à donner à leur sensibilité un caractère particulier, qui est peut-être en rapport avec la rumination ou avec la mastication mérycique.

VL ^ Rhïthme de Là mastication.

Les caractères généraux de la mastication résultent de la configuration des mâchoires, du jeu de leurs muscles et de la forme des dents; ils sont loin d'être les mêmes chez tous les animaux.

Chez les carnivores, les mâchoires ne peuvent exécuter que deux mouvements : l'écartement et le rapprochement; les dents supérieures ne peuvent point glisser sur les inférieures. Aussi, la mastication s'y réduit à la section, à la dilacération et rarement au broiement des substainces alimentaires. De ces trois opérations bien distinctes, la première a pour agents les incisives, la seconde les canines, et enfin, la troisième, les dents molaires. Celle-ci, quelles que soient les formes des molaires, est ordinairement fort incomplète, car la chair s'écrase, se tasse, s'assouplit, se perce au niveau des 3aillie8 aiguës des dents; elle ne se divise ni en parcelles ténues, ni même eu petits lambeaux; elle reste en misses assez volumineuses, qui passent aisément dans un oesophage très-large et se réduisent vite en une pulpe homogène par l'action du suc gastrique. Les os; seuls, sont susceptibles d'être brisés et trèsdivisés. Pour cela, l'animal les fait parvenir instinctivement sous les dernières dents qui sont les plus fortes et dont la surface est souvent tuberculeuse au lieu d'être hérissée de pointes. Ils ne sont écrasés que d'un seul côté à la fois, et sans grande diliicnité chez les espèces qui, comme l'hyène, possèdent plusieurs tuberculeuses ;

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