‹ Traité de physiologie comparée des animaux; considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie, et l'économie rurale (volume 4)Chapitre 135 sur 191 · COUH. — Physiol. comp. 2* édit. i · texte numérisé non relu

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souvent k but ou l'utilité des phénomènes sans pouvoir découvrir les moyens q«i les produisent En somme, la salivation de rabsUnence diffère donc ici oonsidéia- U^ment de ce qu'elle est chez les solipèdes, surtout sous le rapport de son abondance et de l'activité incessante des parotides.

Enfin, dans la quatrième condition que nous avons indiquée, à savoir lorsque des substances excitantes sont mises en conlact avec la muqueuse buccale, l'action des glandes salivaires se présente sous une forme spéciale aussi nettement dessinée qoe toutes les autres. Ici les parotides ne sont pas, si ce n'est par exception, sensiblement Influencées; mais les maxillaires, les sublinguales, les glandules à salive visqueuse, fonctionnent avec une activité plus ou moins grande, suivant le genre, h vivacité de l'excitation, l'étendue des surfaces sur lesquelles elle a lieu, et sa durée. Dans ce cas encore, certaines glandes agissent indépendamment des autres, comme si elles n'avalent rien de commun entre elles. J'avais donc raison de dire que l'action du système salivaire a une physionomie spéciale et très-caracléristîque dans chacune des conditions où elle s'exerce.

Maintenant, cherchons à déterminer la quantité totale de salive fournie par tout le système salivaire, et la proportion suivant laquelle chaque glande y contribue. ^

On reproduit dans tous les livres de physiologie quelques chiffres incohérents à l'aide desquels on voudrait établir la quantité de salive sécrétée dans un temps donné et dans une période de vingt-quatre heures : avec le soldat d'Helvétios, qui mouillait pkisienrs serviettes à chaque repas, les auteurs citent, d'après Girard, le cheval qui donnait, par ses deux canaux parotidiens, 10 litres de salive en mangeant une demi-botte de foin, et un autre de Schuitz, fournissant plus de 55 onces de liquide en vingt-quatre heures par une seule de ses parotides, etc. Cependant rien n'est simple comme de déterminer avec exactitude la quantité totale de salive sécrétée dans un temps quelconque, en recueillant^ par une plaie cesophagienne, les bols provenant d'une masse d'aliments préalablement pesés. Pour cela, il suffit de tenir compte : 1^ du poids des aliments donnés à l'animal ; 2^'du temps qu'il met à les ingérer; 3® du poids des bols déglutis. Si l'on ne prend en considération que k quantité de salive absorbée par les matières alimentaires^ il est clair qu'on oe peut arriver à cette détermination : ainsi, de ce que l'avoine n'absorbe qu'environ une fois son poids de salive, tandis que le foin en absorbe quatre fois autant, il ne iaudrait pas conclure que le cheval sécrète moins quand 11 fait usage du premier aliment que lorsqu'il consomme des fourrages secs, car c'est précisément le contraire qui a lieu, comme nous le verrons tout à l'heure.

J'ai vu, en expérimentant suivant le mode précédemment indiqué, qu'un cheval de petite taille donne pour toutes ses glandes salivaires 5000 grammes de salive par heure, qu'un second de taille moyenne en fournit 5200 grammes, et un troisième de forte taille jusqu'à 8800 dans le même laps de temps; d'où l'on peut conclure que, terme moyen, les glandes d'un cheval qui mange du foin sécrètent de de 5000 à 6000 grammes de salive par heure. Elles produisent un tiers en sus lorsque l'animal mange de l'avoine, une moitié de la quantité normale pendant qu'il mange de l'herbe verte, et le tiers seulement de celte somme si son repas est composé de racines, tellâ que la betterave ou les navets. Les expériences de Las-

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saigne {i), qui coîocident avec celles de la commission d*bygièoe, ont appris que les fourrages secs absorbent quatre fois leur poids de fluides salivaires, Tavoine un peu plus d*nne fois, la farine près de deux fois, et les fourrages verts à peine la moitié de ce poids.

Si Tabondance de la sécrétion salivaire varie dans un même temps suivant la nature des matières alimentaires et la proportion d*cau qu'elles contiennent, elle éprouve également des variations notables en rapport avec les principales périodes des repas. On est porté à croire qu'après douze ou vingt-quatre heures d'abstinence, la salivation est plus active au début du repas qu'à partir du moment où la faim commence à s'apaiser ; il n'en est rien pourtant, et c'est précisément l'Inverse que l'expérience démontre, surtout pour les parotides. Il semble que ces dernières ne puissent, après un repos prolongé, sortir de leur engourdissement ni revenir tout d'un coup au maximum de leur activité sécrétoire; c'est, du moins, ce que j'ai constamment observé. La même particularité ne se reproduit pas pour les maxillaires qui ne sont jamais complètement inactives lors de l'abstinence ; elles paraissent même donner dès*ics premiers moments de la mastication leur produit le plus élevé. Mais en somme, puisque la salive parotldienne, dont la proportion est prédominante, coule moins au début du repas que plas tard, on conçoit la gêne manifeste apportée alors à la déglutition, gêne qui tient, du reste, en partie à la précipitation avec laquelle l'animal commence à manger et à avaler des bols imparfaitement humectés ou trop volumineux.

Le maximum d'activité de la salivation ne se montre donc qu'un certain temps après le début du repas. L'activité diminue à partir du moment où la faim s'apaise et elle se ralentit dans le même rapport que la mastication. Aussi peut-on dire que l'écoulement de la salive est directement proportionnel à la vitesse de cette dernière ; qu'il est abondant quand la mastication est active, qu'il se ralentit et s'arrête presque avec elle : c'est là, d'ailleurs, un point que l'expérience établit et qui avait à peine besoin de démonstration.

La quantité totale du liquide sécrété par le système salivaire, dans une période de vingt-quatre heures, peut être aisément évaluée, et d'une manière assez exacte, à Taide des données précédentes. £n effet, puisqu'on sait^ d'une part, que le foin absorbe, pour être dégluti, à peu près quatre fois son poids de fluides salivaires, et, d'autre part, que le cheval avale pendant l'abstinence, en moyenne, de 100 à 150 grammes de salive par heure, il est facile d'apprécier, à très-peu de chose près, la somme totale de salive fabriquée pendant la période dont nous parlons. Un cheval qui consomme 5000 grammes de foin et 5000 grammes de paille par jour a besoin, pour transformer ces aliments en bols propres à être déglutis, de iiO 000 grammes de salive» qu'il faut joindre à environ 2000 grammes du même fluide produit pendant tes dix-sept à dix^huit heures d'abstinence, en tout 42 000 grammes. On arrive à une évaluation semblable si l'on admet qu'il faut, en général, de six à sept heures de mastication a un cheval pour consommer une ration journalière ainsi composée, ses glandes donnant ie 5000 à 6000 grammes par heure.

Chez les ruminants, la somme totale de salive sécrétée en vingt-quatre heures

(1) Uflsaigne, Abrégé élémentaire de chimie^ A*édit., t. II, p. 714*

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esl encore plas considérable. En supposant qu'un bœuf metle trois heures à |>reiidre ses repas d'une journée et cinq heures à ruminer, comme il semble d'ailleurs résulter de mes recherches, on trouve que, pendant ces huit heures de mastication, il doit se produire au moins ^0 000 grammes de salive, et que, pendant les seize heures d'abstinence, il se sécrète 16 000 grammes du même liquide, en tout 56 000 grammes ; et, certes, cette évaluation est plutôt inférieure que supérieure à la moyenne donnée par les résultats combinés de l'expérimentation.

Il est évident que la quantité des fluides sallvaires n'est pas aussi considérable lorsque les animaux se nourrissent de fourrages verts ou de racines aqueuses.

Lorsqu'on réfléchit à ces chiffres énormes, on s'étonne du travail nécessaire k h séparation d'une telle quantité de liquide, et l'on a peine à concevoir que cette quantité puisse être extraite du sang dans un temps si court. Nul doute que ce dernier fluide, après avoir perdu, sous l'influence de la salivation, une si grande somme de principes aqueux, ne présente plus la même composition qu'auparavaot Ce sujet mérite d'attirer l'attention des chimistes.

La part que chacune des glandes salivaires prend à la formation de la masse totale des fluides versés dans la bouche n'est pas d'une évaluation impossible : son appréciation ne manque pas d'intérêt, puisque les salives des diverses glandes ne sont point identiques par leur composition chimique ni par leur mode d'action sur les substances alimentaires.

On pourrait croire, tout d'abord, que la proportion de salive sécrétée par chaque glande est susceptible d'être établie d'après les rapports de volume ou de poids qui .existent entre les glandes; qu'ainsi, par exemple, chez le cheval, la parotide» quatre fois aussi volumineuse que la maxillaire, donne un produit quadruple de celui de celte dernière, et que, chez le bœuf, où ces glandes sont à peu près égales, elles doivent donner sensiblement la même masse de liquide. l) n'en est rien : chacune de CCS |)artiés du système a son activité spéciale mise en jeu sous l'influence de certaines excitations. La parotide du cheval, au lieu de sécréter le quadruple du produit de la maxillaire, sécrète quinze à vingt fois autant que celle-ci ; la parotide du bœuf, à peine égale à la maxillaire du même animal, donne quatre à cinq fois autant qu'elle. C'est là un résultat très-remarquable que rien ne pouvait faire soupçonner.

Si l'on cherche à déterminer la proportion qui existe entre le produit des paro* lides et celui de toutes les autres glandes réunies, il faut d'abord apprécier, par une expérience préalable, la quantité totale du liquide fourni par tout le système dans un temps donné, puis faire deux fistules parotidiennes pour recueillir leur produit pendant que, d'un autre côté, on reçoit, avec les bois qui sortent d'une fistule œsophagienne, la salive des maxillaires, des sublinguales, etc. Or, un petit cheval ayant donné par toutes ses glandes, en vingt-cinq minutes, 1900 grammes de salive, a fourni, dans les vingt-cinq minutes suivantes, 2000 grammes, dont l&OO pour les parotides, soit donc, pour leur part, les sept dixièmes du total. Un second donna en somme, dans l'épreuve préalable, IQ90 grammes en douze minutes, et ensuite 1377 dans un temps égal, dont 1020 grammes pour la contribution des parotides, soit encore les sept dixièmes.

Le rapport qui existe entre la quantité de salive maxillaire et celle des autres

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gbindes (les parotides comprises) est plus facile à apprécier ; on le trouve en faisant des fistules maxillaires sur des sujets préalablement soumis à des épreuves analogues à celles qui out été précédemment indiquées, puis en recueillant, d'un côté, le produit des fistules et, de l'autre, la salive qui imprègne les bols déglutis. Or, en tenant compte de la difficulté qui peut être apportée, chez le che?al, à l'écoulement de la salive maxillaire après l'établissement des fistules, on peut, sans exagération, admettre que chaque maxillaire sécrète, eu un quart d'heure, 35 gramme^ de salive, soit 280 pour les deux en une heure. Cette] quantité représente, par conséquent, le vingtième de 5500 grammes sécrétés, en moyenne, par tout le système salivairc eu une heure.

Il ne &ut point attacher ici une rigoureuse exactitude aux proportions, car les expériences nécessaires à leur détermination dérangent un peu l'équilibre de la salivation. Néanmoins elles ne doivent pas s'éloigner beaucoup de la vérité, car bien que le système salivaire sécrète un peu plus sur l'animal porteur de deux fistules salivaires, les rapports d'activité entre les diverses glandes ne sont point changés. En effet, ce qui augmente la somme des fluides versés dans la bouche, c'est la diflBcuhé de la mastication, la sécheresse de l'aliment, la lenteur de son imprégnation. Or, ces diverses circonstances réagissent autant sur les glandes dont les produits s'écoulent à l'extérieur que sur les autres.

Dans les espèces non herbivores, la salivation est bien moins abondante que chez les solipèdes et les runninants. On n'évalue guère son produit total, en vingt-quatre heures, qu'à 1500 gri^nmes pour l'homme. Il est proportionnellement très-faible sur le chien, qui prend ses repas en un instant. Jacubowitsch (1) a obtenu sur cet animal, en une heure, /i9 grammes de salive parotidienne, 38 de salive maxillaire, et 2U des auti^ glandes. Je n'ai pu, jusqu'ici^ rassembler des chiffres précis pour cet animal.

Tels sont, d'après mes recherches (2), les phénomènes généraux de l'action des diverses glandes qui composent le système salivaire. On peut voir, en comparant ce qui précède avec les idées émises par M. Cl. Bernard (3), que les résultats de mes' expériences ne sont guère en harmonie avec les théories de cet ingénieux physiologiste.

M. Bernard fait trois appareils salivaires: un pour la mastication, un autre pour la gustation et un troisième pour la déglutition.

Les parotides composeraient le premier et sécréteraient exclusivement pour la mastication .'Sans doute elles agissent pendant que cet acte s'opère, et eu cela elles partagent l'activité commune à toutes les glandes qui versent alors de grandes quantités de salive dans la bouche ; mais ce n'est pas l'acte de la trituration des aliments qui les fait fonctionner.

(1) Milne Edwards, Leçons snr la physiologie et Vanatomie comparée, t. VI^ p. 24â.

(2) G. Colin, Lecture à lu Société de biologie le 27 décembre 1851.

G. Colin, Recherches expérimentales sur la sécrétion de la salive chez les solipèdes, i«f mars 1852 {Comptes r&ndus de l'Académie des sciences^ t. XXXIV, p. 327). — Id./ Recherches expérimentales sur la sécrétion de la salive chez les ruminants {Comptes i^endus^ etc. , môme tome, 3 mai 1852, p. 681).

(3) Cl. Bernard, Recherches a'anatomie et de physiologie comparées sur les glandes safivaires chez l'homme et les animaux vertébrés {Comptes rendus^ même tome, p. 236, 16 février 1852).

En effet, d'une part, elles sécrètent : 1*" qaànd on met des aliments danslacafilé buccale, bien qu'à l'aide d'un appareil très-simple on rende impossible les plus légers mouvements des mâchoires ; 2^ elles sécrètent constamment, lors de l'ahstinence^ des quantités considérables de liquide chez les animaux ruminants ; 5** elles sécrètent assez souvent après le repas chez les chevaux qui, par suite d'une usure irrégulière des dents ou d'une atonie particulière des joues, conservent des aliments dans la bouche ; W* elles agissent quelquefois, très-rarement il est vrai, soi» l'influence du sel marin, qui impressionne le sens du goût^ bien qu'il n*y ail encore, dans ce cas, rien d'analogue à la mastication.

D'autre part, si ce dernier acte était la cause qui mit en jeu l'action des parotides, ces glandes sécréteraient, quand on force un animal à mâcher, pendant an temps assez long, de l'étoupe, du vieux linge ou d'autres substances sans savenr. Or, elles ne fonctionnent pas dans cette circonstance, bien qu'il y ait une véritable mastication.

Ce n'est donc pas la mastication qui est la cause, le point de départ de l'activité des parotides. Cet acte influence leur sécrétion comme celle de toutes les autres glandes, en facilitant l'impression des aliments sur le sens du goût.

Les maxillaires sont, dil-ou; les glandes de la gustation.

Il est incontestable qu'elles sécrètent lorsque l'animal mange, et, par conséquent, lorsqu'il y a gustation. Mais, dans ce cas, toutes les autres glandes, sans aucune exception, n'en font-elles pas autant ? Si les premières agissent sous l'influence des substances excitantes mises en contact avec la muqueuse buccale, c'est sans doute parce qu'elles sont plus sensibles que les au,. à cette espèce de stimulation. Les sublinguales, les molaires supérieures et les autres glandules éprouvent de même une surexcitation dans cette circonstance, ainsi qu'il est très- facile de le constater expérimentalement; en un mot, toutes les glandes à salive visqueuse sont mises en jeu consécutivement à l'impression déterminée par les substances sapides: la maxillaire ne semblerait-elle pas ressentir plus vivement l'action de ces saveurs parce qu'elle est d'un volume énorme et que son canal permet de bien voir couler la saiive ? Mais il n'est pas certain encore qu'elle sécrète alors plus que les autres, proportionnellement à sa masse.

D'ailleurs, si les maxillaires sont les glandes de la gustation, pourquoi ne sécrè* tent-elles pas pendant la rumination ? Les aliments ramenés à la bouche n*ont-ib donc plus de saveur? et, s'ils sont insipides, quel attrait Tanîmal peut-il avoir à les mâcher une seconde fols?

Enfln la salive de la maxillaire est-elle la seule qui puisse, tantôt délayer les matières sapides pour faciliter leur action, tantôt modérer la vivacité de leur impression? les autres salives épaisses, visqueuses comme elles, ne peuvent-elles remplir cet office ? Si la première jouit réellement, et à l'exclusion de toutes les autres, d'une telle propriété, comment se fait-il que, quand on a fait couler à Textérieur la salive des. deux maxillaires, l'animal continue à bien manger et à choisir le bon foin pour repousser le mauvais et la paille. Faut-il croire que, dans ce cas^ il n'y ait plus de gustation?

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. Quant k Tapparefl saUTaimde la déglntitiou, est-il bien posûble aussi de le déli-* nodier, de lui assigner on mode d'action tout à fait spécial et un rôle exclusif? Ici encore Texpérience ne confirme point les vues systématiques.

J'ai dit que la sublinguale possède, dans les ruminants, un canal particulier qui, chez le bœuf, a une situation et un volume se prêtant à merveille à rétablissement d'une fistule. Or, quand on. a fixé un tube à ce canal, on voit la salive de la petite glande couler, et d'une manière continue, tant que l'animal mange, ou lorsque des substances excitantes sont mises en contact avec la muqueuse buccale, d'oCi il suit que la sublinguale agit comme la maxillaire. Je ne sais comment on a pu voir qu'elle sécréterait seulement pour la déglutition et à l'instant même du passage des aliments de la.boache dans le pharynx. Si le lait est vrai pour le chlen^ auquel on veut bien donner une sublinguale (1), il ne l'est certainement pas pour nos ruminants do* mestiques.

Enfin, les molaires et les autres glandoles, que M. Bernard fait appartenir à l'ap-* pareil de la déglutition^ fonctioqnent, selon tonte apparence, comme les sublin^ guales. filles fournissent d'abord la plupart des sucs qui humectent la bouche lors de l'abstinence ; de plus, elles versent, sous l'influence des excitants, plus de liquide que dans les circonstances ordinaires. La molaire inférieure, qui est si volumineuse diez les ruminants, et qui sécrète de la salive non yisqoeuse, doit être distraite de cette catégorie.

VI. — Influence du système nerveux sur l'action des glandes salivaires.

Les glandes annexées à la bouche fonctionnent évidemment par suite d'une excitation nerveuse. L'impression produite, par les aliments ou par les substances sapides, sur la muqueuse buccale, est transmise aux centres nerveux qui la réfléchissent sur les glandes. A cette action réflexe concourent des nerfs sensitifs qui conduisent l'impression aux centres et des nerfs moteurs qui apportent aux glandes la réaction des centres. Donc, il s'agit de déterminer les filets qui agissent alors, et de voir s'ils sont de même ordre pour toutes les glandes salivaires.

Ludwig, en 1851, a constaté l'action réflexe en coupant le lingual de la cin« quième paire au-dessus du point d'origine des filets qu'il envoie à la sous-maxU* laire. Après cette section, il a vu que la sécrétion de la sous-maxillaire ne pouvait plus être provoquée par les substances sapides mises en contact avec la muqueuse. Plus tard, M. Bernard s'est assuré jque l'impression portée aux centres par le lirfgual est réfléchie, sur |la sous-maxillaire, par le rameau moteur du facial connu sous le nom de corde du tympan, lequel se distribue dans la glande et accompagne le canal de "Wharton ; en effet, après la section de ce nerf, à son passage dans la caisse, il a vu que le vinaigre mis dans la bouche ne faisait plus couler une seule goutte de salive par l'orifice du barbillon. Le même effet se produisait après la section complète du facial dans la cavité crânienne. Dans ces deux conditions,

(1) Ce qu'on appeUe. ainsi est, d'après Cuvier et Duvernoy, un petit amas' de granulations pourvu d'un canal particulier, amas qui semble n'être qu'un prolongement des maxillaires. lLeç<mg iTanatoinie comparée f U IV, 1'* partie, p. A2A.)

on pouvait réublir la sécrétion en g^alvanisant le bont périphérique du nerf (1).

En ce qui concerne la parotide, la section du lingual produit les mêmes eSels que sur la maxillaire ; elle diminue la sécrétion, si elle a lieu d*uu seul côté, et la fait cesser si elle est faite ded deux en même temps ; mais celle do facial ne la suspend qu'autant qu'elle porto^ur la portion intra-crânienne, car les ûlets parotidieos paraissent venir des branches profondes du nerf, probablement comme le suppose M. Bernardi du petit nerf pétreux se rendant au ganglion otique. Si elle est faite seulement au point où le nerf sort du trou stylo-mastoîdeu, le vinaigre mis dans la bouche agit sur la parotide, comme dans les conditions ordinaires.

Il est facile, en galvanisant^ soit le lingual^ soit la corde du tympan, ou le fadal entier, de démontrer que c'est par l'intermédiaire de l'arc nerveux qu'ils forment, que les aliments provoquent la sécrétion salivaire. On peut aussi mettre en jeu la sécrétion en galvanisant la moelle allongée oà parait s'opérer la réflexion de l'im* pression guslative.

/ Le facial n'est peut-être pas le seul nerf qui apporte aux glandes salivaires l'excitation motrice capable.de les mettre en jeu. Les ûlets sympathiques émanés du ganglion cervical supérieur et accolés aux artères, sembleraient remplir une partie de cet office, car suivant les expériences de Czermach et de M. Bernard^ l'excitation du grand sympathique au cou provoque la salivation: Toutefois, d'après ce dernier physiologiste, tandis que l'irritation du facial provoquerait l'écoulement d'une salive fluide, celle du sympathique ferait verser une salive très-visqueuse. Indépendamment de la réflexion des impressions gustatives, dans la protubérance annulaire ou dans la moelle allongée, il y aurait encore, d'après M. Bernard, une réflexion opérée par des ganglions sympathiques, par le ganglion sous- maxillaire pour la glande du même nom ou par le ganglion otique pour la parotide. M. Bernard fonde cette manière de voir sur ce que, après la section du lingual, en deux points, faite de manière à laisser un tronçon en communication avec le ganglion^ on augmente la sécrétion salivaire en irritant Textrémité périphérique de ce tronçon; mais il peut très-bien se faire alors, comme le pense Schifî, que la stimulation produite sur les filets du lingual revienne à la glande par les filets du facial qui s'y trouvent accolés.

Il est quelques excitations produites loin de la bouche qui peuvent aussi, par action réflexe, réveiller la sécrétion salivaire. Frerichs a vu le sel porté directement dans estomac du chien, par une fistule, provoquer l'écoulement de la salive: Mayo a constaté la même particularité à la suite de l'injection du bouillon dans ce viscère. Ici, c'est probablement par le pneumogastrique que l'impression produite sur l'estomac est portée aux centres ; mais on ne peut dire sûrement si c'est par le facial ou par des divisions sympathiques qu'elle est réfléchie sur les glandes. Enfin on sait que chez l'homme et non chez le cheval, une simple impression nerveuse non matérielle^ comme la vue des aliments, peut mettre en jeu les glandes salivaires. Et l'observation de Mitscherlich, sur un individu porteur d'une fistule au canal de Sténon, rend le fait certain pour la parotide.

(1) Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du systètïie nerveux, t. II, p. 148 •t iuiv.

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L'action ner?ease constatée, peut-on savoir en quoi elle consiste, et comment elle met en jeu la sécrétion ? M. Bernard (1), considérant le facial comme Teigtateur de la sécrétion, suppose qu'il agit sur les vaisseaux et non sor la glande ; sur la circulation et non sur le travail intime de la sécrétion. D'après lui, le tyropanicolingual, en sa qualité de nerf moteur, ferait dilater les wisseaux, et, en les dilatant, accélérerait la circulation, au point que le sang passerait de l'artère dans la veine, en conservant l'impulsion du cœur et la teinte vermeille ; la galvanisation de ce nerf excitateur par excellence fait d'ailleurs couler abondamment la salive maxillaire. D'autre part, les filets ganglionnaires qui suivent les artères auraient une inincnce diamétralement o))posée à la première; ils seraient constricteurs des vaisseaux, ralentiraient la circulation, au point de donner au sang le temps de subir une désoxygénation complète ; ils le feraient sortir trè^noir des veines. Entre ces deux ordres de nerfe, l'antagonisme serait complet : l'influence des premiers correspondrait à l'aciion de la glande, celle des autres à son repos, fin ce qui concerne la parotide, l'action dn nerf auriculo-temporal serait l'analogue de celle de la corde du tympan sur la maxillaire, et les filets sympathiques venus de divers points joue» raient le rôle de dilatateurs.

L'antagonisme entre les deux ordres de nerfs, la dilatation des vaisseaux, attribuée aux uns, leur resserrement aux autres, la stimulation, l'action excitatrice qui s'exercerait seulement sur la circulation pour augmenter la pression du sang ou la diminuer, etc. , ne me paraissent pas des faits encore suffisamment établis. D'ailleurs, si les nerfs excitateurs augmentaient seulement la pression sanguine, comment pourrait-on voir dans cette augmentation la cause de la sécrétion, puisque Ludwig a vu la sécrétion continuer dans le cas où la pression de la salive dans les canaux est supérieure à celle du sang.

£n somme, et après ces réserves, il est un ensemble de faits desquels on doit déduire l'influence des nerfs sur l'action des glandes salivaires. D'une part, la stimulation directe ou la stimulation galvanique du lingual, peut, comme celle du facial ou des filets sympathiques qui enlacent les vaisseaux, ou même comme la stimulation du bulbe, provoquer la sécrétion salivaire. D'autre part, la section du lingual, celle du glosso-pharyngien, en empêchant l'impression de l'aliment d'arriver aux centres, celle du facial qui ne laisse pas l'action des centres arriver aux glandes, suspendent cette sécrétion. Enfin, les stimulations exercées sur la muqueuse buccale ont leur effet si l'arc nerveux est intact : elles l'ont encore, cet arc étant interrompu, si elles s'exercent sur la partie demeurée adhérente aux glandes. Il est donc difficile, en présence de ces faits, de concevoir comment on a pu songer h l'hypothèse d'une sécrétion salivaire indépendante des nerfis. Pourtant Eckard, en confirmant en 1867, sur les brebis, le fait de la sécrétion parotidienne pendant l'abstinence, signalé par moi dès 1852, s'est cru autorisé à regarder cette sécrétion comme soustraite à l'influence des nerfs cérébraux. Une telle déduction est manifestement en contradiction avec les lois physiologiques les mieux établies.

(1) Bernard, Leçons sur let propriétés des liquides de P organisme ^ t. II, 1859, p. 262, 266, 268, 273.

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