SALIVE MAXILLAIRE
Eau distiUée
Rien
Rien.
Eau de puits
Se trouble légèrement
Reste limoide ......
Ne se trouble pas.
Chaleur. •
Se trouble et devient opaline.
Se trouble et devient plus vis-
Acide azotique
Légère effervescence sans trouble,
queuse.
Azotate d'argent
Précipité jaune-serin -en partie soluble dans l'acide azotique. .
Magma blanc opaque et consistant comme du mucus épaissi.
6ous-acétate de plomb, .
Précipité blanc floconneux ....
Magma blanc opaque et demisolide.
Sullale ferrique
Précipité blanc jaune-chamois. .
Magma gélatineux jaune rougeâtre assez consistant.
Chlorure mercurique . . .
Trouble et précipité blanc peu abondant
S'épaissit et se transforme en une glaire transparente. ;
Acide tannique , .
Rien ,.•...•..
S'épaissit^ devient filante et mu-
queuse.
Alcool à 88<» cent. . . . .
Léger trouble
Flocons glaireux et visqueux.
(1) Miloe Edwards, ouvr. cité, t. VI, p. 263.
(2) Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de r homme , p. A98. Paris, 1867.
La salive des sublinguales, peu épaisse, peu visqueuse, moins alcaline peat-èureque la salive des parotides et des maxillaires, n'a pas été analysée ; mais il est facîk d*en extraire assez sur le bœuf pour en apprécier les propriétés et la compositioo.
EnGn, la salive mixte, c'est-à-dire le mélange des divers fluides destinés à homecter la bouche pendant l'abstinencce, a d'autres caractères. Mais il faut distinguer ici trois espèces de salives mixtes, savoir : 1° celle de l'abstinence qui provient des sublinguales, des diverses glandules, et en très-faible partie, des maxiiiajres; 2'' celle du repas qui est un mélange de toutes les salives suivant les proportkMn normales ; 3** enCn, la salive mixte de la rumination, qui diffère de la première par Tabsence à peu près complète du fluide des maxillaires. Cette distinction est importante : si on l'eût faite, les analyses données par quelques auteurs auraient une autre valeur que celle qu'elles possèdent en réalité. La commission académique dont j'ai déjà parlé a employé un excellent moyen pour obtenir la seconde.
La salive mixte est plus épaisse, plus visqueuse que le produit des maxillaires et des sublinguales : elle a une alcalinité moins prononcée que la salive parotidjetine comme la commission Ta constaté. J'ai cru remarquer que le degré d'alcalinité est en raison inverse de la viscosité, tant pour les fluides salivaires que pour eertaini produits de sécrétion, tels que la bile, le suc pancréatique et les sucs intestiiiaox.
On voit d'après les analyses de ces diverses sallves,que ce liquide est, en somme, nne dissolution de deux ordres d'éléments; les uns organiques, les autres minéraux.
Les matières organiques sont la ptyaline et une matière analogue à l'albumine.
La ptyaline est une substance gélatineuse, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, incoagulable par la chaleur et les acides, précipilable par l'acétate de plomb et le sublimé, (jui parait unie à la potasse, à la soude et à la chaux. Elle est peut-être moins une matière spéciale que l'ensemble des matières organiques de la salive.
L'autre matière, soluble dans l'eau et dans l'alcool, est précipitable par le tannin ; elle se coagule par la chaleur, par les acides, comme le fait l'albumine ; elle se coagule aussi par le sulfate de magnésie, qui est sans action sur cette dernière snbstance.
Ces deux matières organiques encore mal étudiées, contribuent probablement à la viscosité de la salive ; néanmoins, cette propriété n'est pas proportionnée à leur quantité, car la salive parotidienne la plus riche eu principes organiques est, comme on le sait, la moins filante. Peut-être la viscosité de ce liquide dépend-elle, ainsi que le pense M. Robin, du mode d'association de l'eau avec ses éléments organiques^
Les principes salins sont : 1^ le carbonate de chaux, qui abonde dans la salive parotidienne, se dépose sur les dents, et entre, pour la plus grande partie, dans la constitution des calculs salivaires ;
2** La chaux, qui se transforme en carbonate quand la salive est exposée au contact de l'air ; elle est en forte proportion dans la salive parotidienne du cheval qui se trouble à mesure que cette base passe à l'état de carbonate ;
Z^ Des bicarbonates alcalins plus abondants dans la salive parotidienne que dans le mixte ;
A* Du phosphate de soude en forte proportion, du phosphate de chaux et de magnésie, dont la précipitation se fait facilement, en raison de leur feible solubilité ;
S"* Du sulfocyanure de potassium qui est constant chez l'honmie» d*après
INSALIVATION. 631
M. Longet (1), dans leis trois espèces de salives, et que Ton a signalé également dans la salive da cheTal et du chien; il n*y manque pas, en effet, d'après mes propres observations, si la coloration rouge déterminée par le perchlorure de fer est un sûr indice de sa présence. C'est sans preuve qu'on Ta dit plus abondant dans la salive du chien enragé, 5 laquelle même il donnerait la virulence.
À ces substances s'ajoutent daas quelques cas des principes accidentellement ih" iroduits daus le sang, tels que l'iodure de potassium, le mercure administré en frictions^ et à compter du moment où il produit le ptyalisme, l'urée, quelques principes de la bile. etc.
Quant aux débris épiihéliques, aux globules muqueux, à divers débris alimentaires, aux filamenls de Leptothrix buccalis^ à des fragments de cristaux, des particules de poussières, ils sont simplement mêlés à la saliye mixte, qui les ramasse dans la bouche, mais ils ne se trouvent pas dans les salives claires obtenues par les fistules récentes. Toutefois, dans les salives des fistules, les épithéliums deviennent abondants au point de déterminer un trouble très-marqué lorsque les canaux excréteurs ont éprouvé une ceHaine irritation.